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	<title>Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui</title>
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	<description>L'association a pour but de d&#233;noncer les tentatives actuelles et r&#233;centes de recolonisation du monde, par l'agression &#233;conomique, culturelle et militaire ainsi que de d&#233;noncer les m&#233;faits du colonialisme ancien.</description>
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		<title>Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui</title>
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		<title>&#202;tre communiste au Venezuela</title>
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&lt;p&gt;Est-on d&#233;sormais sorti de la &#171; guerre hybride &#187; &#8211; ce type de conflit en &#171; zone grise &#187; qui d&#233;stabilise un pays par l'&#233;tranglement &#233;conomique, les cyber-attaques, les intrusions de groupes mercenaires, le sabotage d'infrastructures, l'ing&#233;rence &#233;lectorale et moult autres outils, &#224; commencer par la d&#233;sinformation ? La pression de Washington sur Caracas atteint un sommet in&#233;gal&#233; jusque-l&#224;. En d&#233;ployant depuis deux mois une imposante flotte navale dans les Cara&#239;bes, face aux c&#244;tes de la R&#233;publique bolivarienne du (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Am&#233;riques&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Est-on d&#233;sormais sorti de la &#171; guerre hybride &#187; &#8211; ce type de conflit en &#171; zone grise &#187; qui d&#233;stabilise un pays par l'&#233;tranglement &#233;conomique, les cyber-attaques, les intrusions de groupes mercenaires, le sabotage d'infrastructures, l'ing&#233;rence &#233;lectorale et moult autres outils, &#224; commencer par la d&#233;sinformation ? La pression de Washington sur Caracas atteint un sommet in&#233;gal&#233; jusque-l&#224;. En d&#233;ployant depuis deux mois une imposante flotte navale dans les Cara&#239;bes, face aux c&#244;tes de la R&#233;publique bolivarienne du Venezuela, le Pentagone est all&#233; jusqu'&#224; annoncer la mobilisation du &#171; Gerald R. Ford &#187;, le plus monumental de ses porte-avions.&lt;br class='autobr' /&gt;
par Maurice Lemoine &lt;br class='autobr' /&gt;
sur le site &lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Etre-communiste-au-Venezuela&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;medelu.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qui, devant un arsenal aussi disproportionn&#233;, peut croire &#224; la fable de la campagne contre le trafic de drogue ? Quelle que soit la forme de son d&#233;nouement, l'op&#233;ration ne poursuit qu'un seul objectif : un &#171; changement de r&#233;gime &#187; au Venezuela ; le renversement ou l'&#233;limination de Nicol&#225;s Maduro, rebaptis&#233; &#171; narco-dictateur &#187; par Donald Trump. C'est un processus progressif, mais chaque pas semble irr&#233;versible. &#171; La prochaine &#233;tape, c'est l'op&#233;ration terrestre &#187;, a menac&#233; le despote &#233;tatsunien, alors que la destruction en mer d'une quinzaine d'embarcations &#8211; pour un solde de l'ordre de 75 morts &#8211; &#233;tait en cours, sans que ne soit apport&#233;e aucune preuve tangible de leur implication dans le &#171; narcotrafic &#187;. Ce qui, de toute fa&#231;on, n'octroierait aucun droit de vie ou de mort &#224; quiconque sur ces &#233;ventuels d&#233;linquants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trump a estim&#233; ne pas avoir besoin d'un accord du Congr&#232;s pour valider des op&#233;rations militaires ou men&#233;es clandestinement par la CIA contre le Venezuela ou d'autres pays (rajoutant dans son collimateur la Colombie et son pr&#233;sident de gauche Gustavo Petro). En Am&#233;rique latine, les gouvernements inf&#233;od&#233;s au Bureau ovale &#8211; Argentine, Equateur, Paraguay, P&#233;rou, Salvador, Trinidad et Tobago, etc. &#8211; applaudissent plus ou moins discr&#232;tement. En France, d'Emmanuel Macron &#224; Rapha&#235;l Glucksmann, la droite a fait implicitement de m&#234;me en f&#233;licitant l'extr&#233;miste v&#233;n&#233;zu&#233;lienne Mar&#237;a Corina Machado, partisane d'un bombardement de son propre pays, pour son r&#233;cent &#171; Prix Nobel de la Paix &#187; [1].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gauche &#171; latina &#187; conna&#238;t ses classiques. Au prix de dizaines de milliers de victimes, elle a suffisamment subi les agressions de Washington pour comprendre la nature de ce qui se profile on ne peut plus ouvertement. De La Havane &#224; Bogot&#225;, cette gauche sonne le tocsin. Malgr&#233; son d&#233;sir de ne pas entrer dans une relation conflictuelle avec Washington, la pr&#233;sidente mexicaine Claudia Sheinbaum critique publiquement le d&#233;ploiement militaire am&#233;ricain. Puissance r&#233;gionale tr&#232;s mod&#233;r&#233;e, le Br&#233;sil a fait savoir qu'il &#171; s'oppose clairement &#224; une intervention ext&#233;rieure &#187; qui &#171; pourrait enflammer l'Am&#233;rique du Sud et conduire &#224; une radicalisation politique dans tout le continent. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En mode plus militant et &#233;voquant la Guerre d'Espagne, le puissant Mouvement des sans terre br&#233;silien (MST) annonce la cr&#233;ation de Brigades internationales si devait se produire une intervention militaire US au Venezuela. Au Chili, l'&#233;ventuelle Brigade internationaliste solidaire a par avance &#233;t&#233; baptis&#233;e &#171; Ram&#243;n Allende Garc&#233;s &#187;. Arri&#232;re-grand-p&#232;re de Salvador Allende, ce dernier lutta aux c&#244;t&#233;s de Sim&#243;n Bolivar lors des batailles de Boyac&#225; (1819) et de Carabobo, laquelle, en 1822, consacra l'ind&#233;pendance du Venezuela (alors int&#233;gr&#233; &#224; la Grande Colombie avec l'Equateur, le Panama et la Colombie) [2].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Europe en g&#233;n&#233;ral et en France en particulier, la gauche, courageusement&#8230; d&#233;tourne les yeux. Tout en manifestant un &#171; anti-imp&#233;rialisme &#187; aussi rituel que routinier, l'extr&#234;me-gauche &#171; anarcho-trotskisante &#187; s'est donn&#233;e pour t&#226;che principale de casser les solidarit&#233;s sur la base d'un &#171; ni Trump ni Maduro &#187; digne de l'hypocrite &#171; en m&#234;me temps &#187; macronnien. Une ligne hostile &#224; la R&#233;volution bolivarienne sur laquelle, depuis l'arriv&#233;e au pouvoir d'Hugo Ch&#225;vez, le Parti socialiste (PS) l'avait pr&#233;c&#233;d&#233;e. Fussent-ils catalogu&#233;s &#171; progressistes &#187;, les universitaires et autres docteurs en sciences politiques en mal de reconnaissance institutionnelle entendent demeurer &#171; m&#233;diatico-compatibles &#187;. Pour ce faire, ils s'alignent devant les micros sur la doxa dominante &#8211; et la confortent, s'il en &#233;tait besoin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la galaxie Bollor&#233; aux m&#233;dias dits de r&#233;f&#233;rence, en passant par le service public-priv&#233;, l'industrie du lavage de cerveau tient en effet sur &#171; le Venezuela de Maduro &#187; le m&#234;me discours que Fox News aux Etats-Unis. Une &#233;treinte telle que les plus lucides des observateurs, pour &#233;viter l'opprobre, finissent par s'autocensurer. Avec, outre le formatage de l' &#171; opinion publique &#187;, de d&#233;sastreux dommages collat&#233;raux : soumis &#224; une pression permanente sur ce th&#232;me devenu hautement toxique, m&#234;me les plus insoumis finissent par&#8230; se soumettre ! A l'exception de quelques individualit&#233;s, ils &#233;vitent d&#233;sormais de monter au cr&#233;neau pour d&#233;fendre le Venezuela (silence qui ne r&#233;duit en rien l'hostilit&#233; politico-m&#233;diatique &#224; leur &#233;gard, soit dit en passant).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour autant, tous ceux qui s'interrogent, &#224; gauche, en mode critique, sur la nature de la R&#233;volution bolivarienne, ne sont pas, par d&#233;finition, de mauvaise foi. Comment ne pas comprendre le doute qui saisit, plus encore que les autres, les militants du Parti communiste fran&#231;ais (PCF) lorsque c'est d'un &#171; parti fr&#232;re &#187;, le Parti communiste v&#233;n&#233;zu&#233;lien (PCV), que proviennent les plus funestes nouvelles sur la &#171; d&#233;rive &#187; de Maduro ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Traditionnel alli&#233; du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), c'est &#224; partir de 2019 que le PCV a provoqu&#233; la suspicion d'une partie de la gauche internationale &#224; l'&#233;gard du &#171; r&#233;gime &#187;, au terme d'un d&#233;ballage fracassant. En ao&#251;t 2020, une &#171; Lettre aux partis communistes et ouvriers du monde &#187; d&#233;nonce ainsi &#171; la politique &#233;conomique gouvernementale chaque fois plus soumise aux int&#233;r&#234;ts du capital, au d&#233;triment des conqu&#234;tes et des droits obtenus par les travailleurs, la paysannerie et les secteurs populaires au long du processus bolivarien [3] &#187;. Un an plus tard, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Oscar Figuera affirme que les diff&#233;rences entre le PCV et l'administration de Maduro sont d&#233;sormais &#171; irr&#233;conciliables &#187;, d&#233;nonce l' &#171; autoritarisme &#187; du gouvernement et conclue : &#171; Il ne s'agit pas de corriger des erreurs, mais de d&#233;monter le plan de Maduro. Ceci n'est pas un gouvernement chaviste. Il se fait appeler socialiste, mais il ne l'est pas [4]. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces dures accusations semblent confirm&#233;es quand, le 11 ao&#251;t 2023, le Tribunal supr&#234;me de justice (TSJ) annonce la destitution de la direction du PCV, jug&#233;e &#171; ill&#233;gitime &#187;, et son remplacement par une direction ad hoc, charg&#233;e de &#171; r&#233;tablir les processus d&#233;mocratiques au sein du parti &#187;. Un mois auparavant, Figuera avait accus&#233; &#171; un groupe de mercenaires au service du PSUV &#187; &#8211; &#171; une poign&#233;e de figures apparemment inconnues d&#233;clarant &#234;tre les bases du PCV &#187; pr&#233;cisa Tribuna Popular, l'organe du parti &#8211; de solliciter cette spoliation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour tenter de comprendre la nature du conflit, et parce que leur version des faits a fait l'objet d'un silence quasi-total de ce c&#244;t&#233; de l'Atlantique, nous avons retrouv&#233; deux de ces &#171; mercenaires &#187;, &#171; apparemment inconnus &#187; du PCV : Henry Parra (pr&#233;sident de la commission ad hoc), Griseldys Herrera (secr&#233;taire nationale d'organisation).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parra &#8211; maigre, le sourire facile, une certaine ironie dans la voix : &#171; Je milite au sein du PCV depuis septembre 1973. J'ai commenc&#233; dans la Jeunesse communiste [JC], cinq jours apr&#232;s la chute du camarade Allende. J'&#233;tais un jeune de 16 ans. &#187; Suit la longue description d'une trajectoire militante. Responsable de la JC pendant huit ans dans l'Etat du T&#225;chira ; s&#233;jour dans une &#233;cole de cadres en Union sovi&#233;tique ; membre du Comit&#233; central ; membre de la Commission nationale ex&#233;cutive ; d&#233;put&#233; PCV du T&#225;chira, quatre fois simultan&#233;ment&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Griseldys Herrera &#8211; secouant la t&#234;te et pesant ses mots : &#171; J'ai commenc&#233; formellement en 2000. Jusque-l&#224;, j'avais une militance empirique. Ma vision de jeune &#8211; on dit que tout jeune est r&#233;volutionnaire &#8211; m'a amen&#233;e &#224; int&#233;grer le PCV sur les principes marxistes-l&#233;ninistes. Depuis, je n'ai jamais cess&#233; de militer &#224; la base, comme femme, avec le Comit&#233; r&#233;gional de l'Etat de Monagas. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En accusateur principal de ces deux &#171; imposteurs &#187; qui, pour le compte du &#171; r&#233;gime &#187;, se sont empar&#233;s du parti : Oscar Figuera. Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral depuis 1996, celui-ci a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu en novembre 2022 au cours d'un Congr&#232;s rassemblant 83 participants &#8211; quand, en 2017, le Congr&#232;s pr&#233;c&#233;dent avait r&#233;uni 530 d&#233;l&#233;gu&#233;s !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'il ne p&#232;se pas d'un poids d&#233;terminant au sein de la R&#233;volution bolivarienne initi&#233;e en 1999 par Hugo Ch&#225;vez, le PCV y tient un r&#244;le &#233;minemment symbolique : fond&#233; en 1931, il a &#233;t&#233; le premier et longtemps le principal parti de gauche v&#233;n&#233;zu&#233;lien. A ce titre, il a connu la vie de toute formation politique (de quelque id&#233;ologie que ce soit) : des heures de gloire, des incertitudes, des erreurs, des d&#233;faites. Parmi les membres et dirigeants, il y eut des durs, des mod&#233;r&#233;s, des dissidents, des tra&#238;tres et des h&#233;ros. Des crises et des scissions, il y en eut aussi. Car celle qui nous occupe n'est pas la premi&#232;re. Sachant que, par de nombreux c&#244;t&#233;s, l'histoire du PCV a recoup&#233; celle de bien d'autres partis communistes latino-am&#233;ricains.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne pr&#233;tendra pas ici retracer le long itin&#233;raire du PCV, mais en d&#233;tacher quelques &#233;tapes significatives susceptibles d'&#233;clairer ce qui s'y passe en ce moment. En pr&#233;ambule, on s'arr&#234;tera sur 1922, ann&#233;e au cours de laquelle un impressionnant jet de p&#233;trole jaillit du puits &#171; Los Barrosos 2 &#187;, sur la c&#244;te est du lac de Maracaibo. L'&#233;v&#233;nement marque, sans qu'il le sache encore, le futur du pays. Et l'apparition d'une classe ouvri&#232;re. De ce fait, le 5 mars 1931, nait &#224; Caracas une premi&#232;re cellule communiste. Clandestine, elle s'affilie &#224; l'Internationale &#8211; le Komintern [5]. Il lui faut bien du courage. La sanglante dictature du &#171; Benmerito &#187; Juan Vicente G&#243;mez (1908&#8211;1935) a alors &#233;limin&#233; toute forme de d&#233;mocratie. G&#243;mez comble les &#171; Big Three &#187; (Dutch Shell, Gulf et Standard Oil) de privil&#232;ges. Consid&#233;r&#233; comme une trahison de la patrie, le d&#233;lit de &#171; communisme &#187; est puni de vingt ans de prison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;G&#243;mez est redoutable, redout&#233; et ha&#239;. G&#243;mez &#233;crase toutes les r&#233;sistances. G&#243;mez d&#233;joue tous les complots. G&#243;mez meurt de sa belle mort. Mal pay&#233;s, humili&#233;s, mourant de paludisme et d'accidents du travail, les milliers d'ouvriers du p&#233;trole sont f&#233;rocement exploit&#233;s. De d&#233;cembre 1936 &#224; janvier 1937, les militants communistes organisent en sous-main la premi&#232;re gr&#232;ve de ce secteur d'activit&#233;. Pr&#233;sident provisoire, le g&#233;n&#233;ral L&#243;pez Contreras r&#233;agit : accus&#233;s de &#171; men&#233;es communistes &#187;, 46 agitateurs sont exil&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; le p&#233;ril, le parti appara&#238;t en pleine lumi&#232;re, &#224; l'occasion de sa premi&#232;re Conf&#233;rence, le 8 ao&#251;t 1937. Semi-l&#233;gaux, ses militants vont bient&#244;t soutenir le gouvernement d'Isa&#237;as Medina Angarita. Ce dernier s'appuie sur des intellectuels et des &#171; bourgeois progressistes &#187; &#8211; Uslar Pietri, Eduardo Mendoza, Brice&#241;o Iragorri. Une nouvelle loi p&#233;troli&#232;re renforce les obligations des compagnies &#8211; d&#233;j&#224; &#224; la solde des multinationales, la presse tonne qu'on veut les &#233;corcher ! Mais, surtout &#8211; et la Seconde Guerre mondiale ayant &#233;clat&#233; &#8211;, le Komintern a ordonn&#233; au PCV de collaborer avec Medina, favorable aux alli&#233;s. En remerciement, un statut l&#233;gal sera octroy&#233; au parti en 1945.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le gouvernement de Medina jouit de l'appui de l'opinion publique. Entre en sc&#232;ne un nouvel acteur, Action d&#233;mocratique (AD). Depuis 1938, AD dispose en la personne de Romulo Betancourt d'un leader de premier plan. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; bri&#232;vement communiste dans les ann&#233;es 1920, Betancourt est pass&#233; au trotskisme. Le voil&#224; social-d&#233;mocrate. C&#244;t&#233; pile, il critique vivement la r&#233;partition encore insatisfaisante des revenus p&#233;troliers ; c&#244;t&#233; face, il s'oppose &#224; la politique sociale de Medina. Le 18 octobre 1945, soutenu par un groupe de jeunes officiers m&#233;contents et&#8230; l'ambassadeur des Etats-Unis &#8211; &#171; Incredible, isn't it ? &#187; &#8211;, Betancourt renverse Medina.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux jours avant le &#171; golpe &#187;, le PCV &#171; pro-Medina &#187; avait offert son premier grand meeting politique dans le &#171; Nuevo Circo &#187; de Caracas. Un ch&#339;ur de 500 personnes y avait chant&#233; publiquement et l&#233;galement l'Internationale ! Derri&#232;re la partie centrale de l'estrade, se dressait une gigantesque &#233;toile rouge accompagn&#233;e de la faucille et du marteau ; &#224; gauche, sur fond rouge, les silhouettes de Marx, L&#233;nine et Staline ; &#224; droite, sur arri&#232;re-plan tricolore, celles d'Isa&#237;as Medina, Sim&#243;n Bol&#237;var et Ezequiel Zamora [6].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sim&#243;n Bol&#237;var : &#171; El Libertador &#187; &#8211; tout le monde conna&#238;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ezequiel Zamora : &#171; G&#233;n&#233;ral du peuple souverain &#187;, h&#233;ros de la Guerre f&#233;d&#233;rale, chef du mouvement social paysan au cri de &#171; Terre et hommes libres, &#233;lection populaire, mort &#224; l'oligarchie ! &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'embl&#233;e, un marxisme tr&#232;s ostensiblement estampill&#233; &#171; Venezuela &#187;. Pour ne pas dire &#171; bolivarien &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne rappellera ici que pour m&#233;moire la fameuse biographie de Sim&#243;n Bol&#237;var &#233;crite par Karl Marx en 1857, pour la New American Cyclopaedia (NAC). Dans une lecture tr&#232;s europ&#233;enne d'une r&#233;gion dont il ne conna&#238;t strictement rien, ne travaillant que sur des sources de seconde main, le c&#233;l&#232;bre philosophe, qui a par ailleurs d'autres m&#233;rites, ne masque pas son antipathie pour le &#171; Libertador &#187;. Le pr&#233;sentant comme un chef militaire incomp&#233;tent, ambitieux et manipulateur, soulignant avec gourmandise ses suppos&#233;es &#171; erreurs strat&#233;giques &#187;, Marx fait de Bolivar un repr&#233;sentant des int&#233;r&#234;ts de l'oligarchie cr&#233;ole plut&#244;t qu'un r&#233;volutionnaire attach&#233; aux id&#233;aux de libert&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans s'attarder ici sur ce jugement p&#233;remptoire encore instrumentalis&#233; &#224; l'occasion aujourd'hui, on rappellera ce que du marxisme dit en 1965 un certain Fidel Castro : &#171; C'est un guide pour l'action r&#233;volutionnaire, non un dogme. Tenter de r&#233;duire le marxisme &#224; une sorte de cat&#233;chisme est anti-marxiste. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sous Betancourt, quoi qu'on en pense, le pays n'est plus celui de Juan Vicente G&#243;mez. Politique p&#233;troli&#232;re impos&#233;e aux compagnies : &#171; fifty-fifty &#187;. Augmentation des salaires, octroi d'une semaine de repos par an (AD doit pouvoir compter sur les travailleurs &#8211; certains militaires songent d&#233;j&#224; au coup d'Etat). Une r&#233;vision de la Constitution de 1936 permet l'&#233;lection du pr&#233;sident au suffrage universel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Campagne &#233;lectorale men&#233;e tambour battant. AD fait &#233;lire Romulo Gallegos (1948). Un &#233;crivain, issu de milieu modeste, &#233;pris de libert&#233;. Gallegos lance des r&#233;formes et r&#233;duit les privil&#232;ges des compagnies p&#233;troli&#232;res &#233;trang&#232;res. Il pousse toutefois un peu trop loin quand il fait voter une loi &#171; d'&#233;ducation r&#233;volutionnaire &#187; et une loi agraire destin&#233;e &#224; redistribuer les terres. Le 24 novembre 1948, un coup d'Etat le renverse, et avec lui son groupe d'intellectuels, meilleurs orateurs que tacticiens [7]. Une junte militaire prend le pouvoir, dirig&#233;e par trois colonels &#8211; Carlos Delgado Chalbaud, Luis Felipe Llovera, Marcos P&#233;rez Jim&#233;nez. Quatre ans plus tard, au terme d'un assassinat et de quelques coups tordus, il n'en reste qu'un. Marcos P&#233;rez Jim&#233;nez. Le plus mauvais des trois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout comme AD, le PCV plonge dans la clandestinit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'arm&#233;e, encore l'arm&#233;e, toujours l'arm&#233;e&#8230; Impossible d'ignorer cet acteur. D&#232;s 1955, le PCV prend acte et d&#233;veloppe une strat&#233;gie de captation d'officiers. Paradoxalement, le terreau s'y pr&#234;te. Le dictateur aime les grands travaux. Euphorie, sp&#233;culation, gaspillage. Il perfectionne la corruption. Les contrats vont &#224; ceux qui offrent les plus g&#233;n&#233;reuses commissions. Des aviateurs et des marins s'indignent de la fortune des officiers andins de l'arm&#233;e de terre, compatriotes de P&#233;rez Jim&#233;nez ; des colonels et g&#233;n&#233;raux voient avec effarement les privil&#232;ges des policiers [8]. Souvent m&#233;tis, les cadres subalternes savent que le racisme des classes dirigeantes leur interdira &#224; coup s&#251;r l'acc&#232;s aux grades &#233;lev&#233;s. En sourdine, dans certaines parties des casernes, il r&#232;gne un fort m&#233;contentement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Int&#233;gr&#233; par des noms qui, au cours des d&#233;cennies suivantes, deviendront familiers &#8211; Douglas Bravo, Teodoro Petkoff, Eloy Torres, Arr&#225;ez Morles &#8211;, le parti arrive &#224; la conclusion qu'il est possible d'impulser une r&#233;volution &#171; civico-militaire &#187;. &#171; Les militants communistes, racontera bien plus tard Douglas Bravo, avaient des liens directs, pour des raisons familiales ou d'amiti&#233;, ou humaines, avec des membres des Forces arm&#233;es nationales [FAN], dont la composition sociale est &#233;minemment populaire [9]. &#187; En m&#234;me temps que plusieurs brigades arm&#233;es, int&#233;gr&#233;es par des membres du parti et de la Jeunesse communiste &#8211; Luben Petkoff, Ar&#237;stides Rojas, &#171; Caraquita &#187; Urbina, Alfredo Maneiro &#8211;, na&#238;t en 1957 le Front militaire de carri&#232;re. Douglas Bravo, dont c'est la mission, revendiquera bient&#244;t la captation de plus de 200 officiers. Lorsque surgira l'ann&#233;e charni&#232;re de 1958, un &#233;tat-major clandestin rassemblera des civils du PCV et une cinquantaine de ces officiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La police politique de P&#233;rez Jim&#233;nez multiplie exactions et arrestations. Les diverses oppositions s'agr&#232;gent. Depuis le d&#233;but de 1957 il existe, en exil, une Junte patriotique (JP) dirig&#233;e par le journaliste Fabricio Ojeda (Union r&#233;publicaine d&#233;mocratique ; URD). En font partie &#224; haut niveau Silvestre Ortiz Bucar&#225;n (AD), Enrique Aristiguieta Gramko (Copei ; social-chr&#233;tien) et Guillermo Garc&#237;a Ponce du PCV. Aucun des membres de cette junte n'a plus de trente-cinq ans. Gr&#226;ce au parti communiste, la JP a des liens avec certains militaires. Le 1er janvier 1958, sous les ordres du colonel Hugo Trejo, une faction de l'arm&#233;e se soul&#232;ve. Partie de Maracay, une escadrille l&#226;che quelques bombes sur Caracas. L'op&#233;ration &#233;choue. Du moins, en apparence. La col&#232;re populaire prend de l&#8216;ampleur. Le 5 janvier, lors d'une manifestation &#224; El Silencio (Caracas), les brigades de choc du PCV font pour la premi&#232;re fois usage de leurs armes. La Junte patriotique lance un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Les ouvriers du p&#233;trole posent leurs outils. L'Eglise soutient officiellement la cause des conjur&#233;s. Caracas se h&#233;risse de barricades. Le peuple laisse exploser sa col&#232;re. Jusque-l&#224; loyaux au dictateur, les chefs de la Force arm&#233;e nationale sentent le vent tourner. Le 23 janvier, les armes &#224; la main, les cellules du PC participent &#224; l'apog&#233;e. Pour &#233;chapper &#224; l'&#233;meute, P&#233;rez Jim&#233;nez saute dans un avion. Les valises bourr&#233;es de 300 millions de dollars, il s'enfuit &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pr&#233;sid&#233;e par le commandant en chef de la marine, l'amiral Wolfgang Larrazabal, une junte s'installe au pouvoir. L'amiral est un homme honn&#234;te, plut&#244;t port&#233; vers la d&#233;mocratie. Les t&#234;tes pensantes de l'&#233;tat-major voient les choses d'une autre fa&#231;on. Richard Nixon aussi. En avril 1958, le vice-pr&#233;sident am&#233;ricain a la d&#233;sastreuse id&#233;e de d&#233;barquer &#224; Caracas. Personne n'a oubli&#233; la collusion entre les Etats-Unis et P&#233;rez Jim&#233;nez. La foule gronde, hue, chahute la voiture du &#171; yankee &#187;, les &#233;tudiants donnent le ton : &#171; Fuera Nixon ! &#187; &#171; Muerte al imperialismo ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;ponse intervient rapidement. Le 21 juillet 1958, le g&#233;n&#233;ral Castro L&#233;on, ministre de la D&#233;fense, pr&#233;sente &#224; la junte un ultimatum exigeant la dissolution du PCV et d'AD, sous peine de &#171; pronunciamiento &#187;. R&#233;action populaire, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est imm&#233;diatement d&#233;clench&#233;e. Pendant ce temps, &#224; Washington, le D&#233;partement d'Etat s'active aussi. A son instigation est sign&#233;, le 31 octobre, l'historique Pacte de Punto Fijo. Un sympathique partage du pouvoir : une alternance entre les trois partis dominants &#8211; AD, Copei, URD &#8211; permettra d'assurer la stabilit&#233; du pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;lections ont lieu le 7 d&#233;cembre. Le PCV et la gauche soutiennent Larrazabal. A commencer par Romulo Betancourt, les exil&#233;s politiques sont rentr&#233;s. Pour avoir b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien des communistes, Larrazabal perd les voix d'une partie des classes moyennes. Les r&#233;seaux d'AD font le reste. C'est finalement Betancourt qui l'emporte. Le 13 f&#233;vrier 1959, l'ex-tombeur de Medina Angarita prend ses fonctions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux grandes victoires viennent n&#233;anmoins de se succ&#233;der. Le renversement de P&#233;rez Jim&#233;nez puis, &#224; Cuba, coup de tonnerre encore plus puissant, celui de Fulgencio Batista. Pendant toute l'ann&#233;e 1958, au Venezuela, une campagne de collecte de fonds &#8211; &#171; Un bolivar pour la Sierra Maestra &#187; &#8211; s'est donn&#233;e pour but d'aider la r&#233;volution cubaine. Aux derniers mois de la marche triomphale des &#171; barbudos &#187;, Larraz&#225;bal leur a envoy&#233; un avion plein d'armes pour illustrer la solidarit&#233; latino-am&#233;ricaine. Ensuite, Caracas a &#233;t&#233; la premi&#232;re capitale &#224; reconna&#238;tre le pouvoir r&#233;volutionnaire install&#233; &#224; La Havane.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;but 1959, surgit pr&#233;cis&#233;ment &#224; Caracas cette force de la nature qu'est Fidel Castro. Il est mieux re&#231;u que Nixon ! La plupart des instigateurs de la R&#233;volution v&#233;n&#233;zu&#233;lienne sont pr&#233;sents &#224; l'a&#233;roport pour l'accueillir : Larraz&#225;bal, Fabricio Ojeda (URD), Luis Beltr&#225;n Prieto (AD), Gustavo Machado (PCV). En revanche, &#224; quelques jours de s'installer &#224; Miraflores &#8211; le palais pr&#233;sidentiel &#8211; Betancourt rechigne &#224; rencontrer Castro. Sous une cordialit&#233; apparente, il ne le fait qu'en se pin&#231;ant le nez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aux 300 000 V&#233;n&#233;zu&#233;liens rassembl&#233;s &#224; Caracas sur la place du Silencio, le chef de l'&#238;le rebelle parle trois heures d'affil&#233;e. Il a commenc&#233; ainsi : &#171; Pourquoi suis-je venu au Venezuela ? Je suis venu au Venezuela, en premier lieu, par gratitude ; en second lieu, par un devoir &#233;l&#233;mentaire de r&#233;ciprocit&#233; envers toutes les institutions qui g&#233;n&#233;reusement m'ont invit&#233; &#224; participer, en ce jour glorieux qu'est le 23 janvier, au bonheur du Venezuela, mais aussi pour une autre raison : parce que le peuple cubain a besoin de l'aide du Venezuela ; parce que le peuple cubain, en cette heure difficile, bien que glorieuse de son histoire, a besoin du soutien moral du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien. &#187; Chacune des paroles de &#171; Fidel &#187; suscite des tonnerres d'applaudissements. Entre les deux pays, un lien affectif est n&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s sa prise de pouvoir, Betancourt s'efforce de rassurer les &#171; mod&#233;r&#233;s &#187;. Il y parvient. Si l'appui des masses lui a servi pour se faire &#233;lire, il n'est pas question de les laisser participer au pouvoir. La pression exerc&#233;e par Washington est forte et Caracas d&#233;pend &#233;conomiquement des Etats-Unis. Betancourt accentue son virage &#224; droite. M&#234;me l'aile gauche d'AD trouve trop timide son programme r&#233;formiste. Son refus cat&#233;gorique de voir Ernesto &#171; Che &#187; Guevara ou Ra&#250;l Castro participer &#224; un meeting du PCV en comm&#233;moration de la R&#233;volution russe accentue les tensions [10]. En avril 1961, bien que lui refusant tout soutien mat&#233;riel, Betancourt soutient l'invasion de la Baie des cochons. En novembre, alors que Cuba s'est d&#233;clar&#233;e &#171; socialiste &#187;, les relations diplomatiques sont rompues. A la mi-d&#233;cembre, le pr&#233;sident John F. Kennedy d&#233;barque &#224; son tour &#224; Caracas pour t&#233;moigner de son appui &#224; l'action men&#233;e contre &#171; le communisme &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Constitution de la R&#233;publique du Venezuela a &#233;t&#233; approuv&#233;e majoritairement le 23 janvier 1961. Vingt-quatre heures ne se sont pas &#233;coul&#233;es que Betancourt suspend les garanties constitutionnelles et entame une forte r&#233;pression contre les syndicats, les &#233;tudiants et les militants des partis de gauche. Par l'interm&#233;diaire de Fabricio Ojeda, les transfuges du secteur radical d'AD, qui ont cr&#233;&#233; le Mouvement de la gauche r&#233;volutionnaire (MIR) [11], commencent &#224; coop&#233;rer avec le PCV. Lors de son IIIe Pl&#233;num, en mars 1961, celui-ci adopte une double conduite : d'une part, il va continuer par tous les moyens l'action l&#233;gale au travers de ses sept d&#233;put&#233;s et deux s&#233;nateurs, sa presse et les syndicats ; de l'autre, il forme dans l'obscurit&#233; un appareil clandestin. Comptant toujours sur son contingent de 200 officiers, dont un certain nombre &#224; la t&#234;te de bataillons, le parti, sous l'impulsion de Pompeyo M&#225;rquez (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral), Teodoro Petkoff (dirigeant de la JC), Guillermo Garc&#237;a Ponce et Douglas Bravo, se dirige vers la r&#233;sistance arm&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les masses urbaines s'organisent. Le gouvernement Betancourt r&#233;pond : Caracas vit au quotidien les quadrillages rue par rue, les perquisitions, les implantations de postes arm&#233;s. Le 28 juin 1961, premi&#232;re insurrection militaire : 40 morts &#224; Barcelona. Le 4 mai 1962, un groupe de civils et de soldats aux ordres du capitaine Jes&#250;s Molina Villegas prennent Car&#250;pano. Ce &#171; Carupanazo &#187; est rapidement neutralis&#233;. Un mois plus tard, nouveau soul&#232;vement &#171; civico-militaire &#187; sur l'importante base navale de Puerto Cabello &#8211; le &#171; Porte&#241;azo &#187;. Au prix de 400 morts, un si&#232;ge et un bombardement mettent un terme &#224; la mutinerie. Entre autres cons&#233;quences, ces actions entra&#238;nent l'interdiction du PCV et du MIR (le 11 mai) ainsi que l'emprisonnement de nombreux officiers qui leur sont li&#233;s &#8211; et dont certains gagneront ult&#233;rieurement la gu&#233;rilla.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, le PCV et le MIR ont maintenant form&#233; un Front de lib&#233;ration nationale (FLN) dot&#233; d'une structure op&#233;rationnelle : les Forces arm&#233;es de lib&#233;ration nationale (FALN). Objectivement justifi&#233;es par les d&#233;sastreuses conditions sociales, des unit&#233;s de gu&#233;rilleros agissent et se d&#233;veloppent dans six Etat &#8211; M&#233;rida, Zulia, Miranda, Lara, Trujillo, Falc&#243;n.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au-del&#224; des apparences et des g&#233;n&#233;ralit&#233;s, les diverses options discut&#233;es et mises en &#339;uvre n'ont jamais fait l'unanimit&#233; au sein du parti. Une s&#233;paration y existait entre des militants honn&#234;tes du prol&#233;tariat, qui avaient consacr&#233; leur vie &#224; la lutte syndicale dans les entreprises dites &#171; nationales &#187; ou les trusts &#233;tatsuniens et les masses vivant en marge dans les campagnes ou les &#171; ranchitos &#187; [12], dans un combat quotidien pour la survie. Exploit&#233;s, certes, les premiers entendaient pr&#233;server leurs avantages acquis et se trouvaient dans une situation privil&#233;gi&#233;e par rapport aux seconds [13]. D'o&#249; la moindre app&#233;tence pour une guerre, au sens premier du mot. D'autre part, la notion d' &#171; alliance civico-militaire &#187; entra&#238;nait de fortes r&#233;sistances. Dans le d&#233;bat id&#233;ologique, rapportera le dirigeant historique Francisco &#171; el flaco &#187; Prada, &#171; existait la vision m&#233;canique de ce que militaire et fasciste sont une m&#234;me chose. La vision que nous vend le sovi&#233;tisme classique c'est que, avec les militaires, on ne peut rien faire. Notre histoire nous [a] dit autre chose [14]. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les actions d'&#233;clat de la gu&#233;rilla urbaine attirent en 1963 l'attention du monde entier (enl&#232;vement du footballeur argentin Alfredo Di Stefano, s&#233;questration de l'attach&#233; militaire am&#233;ricain, arraisonnement du cargo Anzoategui et d'un avion, etc.) L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, sur le plan international, a toutefois &#233;t&#233; bouscul&#233;e par un &#233;pisode d&#233;terminant : la crise des fus&#233;es (avril &#224; octobre 1962). Au terme du bras de fer entre Washington et Moscou, l'URSS s'est engag&#233;e &#224; retirer ses missiles de Cuba, mais aussi sa solidarit&#233; aux mouvements arm&#233;s du continent. Du nord au sud, les partis communistes ent&#233;rinent cette d&#233;cision. Seuls, dans un premier temps, le PCV (dont le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Pompeyo Marquez moisit en prison) et le Parti communiste colombien (PCC), qui, en 1964, fondera les Forces arm&#233;es r&#233;volutionnaires de Colombie (FARC), ne se croient pas oblig&#233;s d'ob&#233;ir &#224; Moscou [15]. Il n'emp&#234;che qu'en interne, au Venezuela, le d&#233;bat fait rage. Sur la ligne du repli pr&#244;n&#233; par l'Union sovi&#233;tique, une aile du parti, retranch&#233;e dans une semi-clandestinit&#233; ou recluse en prison, souhaite d&#233;cr&#233;ter une tr&#234;ve unilat&#233;rale et revenir &#224; l'action politique l&#233;gale. En adoptant la ligne de &#171; paix d&#233;mocratique &#187; en avril 1964, elle prend le dessus. A la fin 1965, la crise culmine. Les gu&#233;rillas des campagnes n'&#233;tant plus soutenues par les directions des villes, l'approvisionnement mat&#233;riel, les v&#234;tements et les armes font d&#233;faut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les causes profondes qui ont provoqu&#233; le passage au maquis sont toujours pr&#233;sentes. Douglas Bravo et Fabricio Ojeda refusent de d&#233;poser les armes. &#171; Les authentiques r&#233;volutionnaires, les authentiques marxistes-l&#233;ninistes qui militaient jadis au sein du vieux PC se sont regroup&#233;s en un nouveau parti, le vrai PC, le Parti de la R&#233;volution [PRV] &#187;, expliquera Douglas Bravo [16]. Commandant en chef des FALN, c'est lui qui dirige la formation, accompagn&#233; par les chefs de la gu&#233;rilla (dont les militaires ralli&#233;s), un secteur du PCV et une bonne partie des dirigeants communistes de Caracas (sans oublier les jeunes militants du MIR). Dans ses premiers &#233;crits intitul&#233;s &#171; Les Documents de la montagne &#187; (1964-1965), le communiste Douglas Bravo a revendiqu&#233; &#224; nouveau l'alliance entre civils et militaires patriotes, mais est all&#233; plus loin dans le processus de &#171; cr&#233;olisation &#187; de la r&#233;volution : &#171; Quand on nous a expuls&#233;s du Parti communiste c'est parce que nous revendiquions les &#233;l&#233;ments th&#233;oriques de Sim&#243;n Bolivar, de Sim&#243;n Rodriguez, de Zamora et d'autres de nos penseurs, dont les postulats se choquaient avec ceux de l'orthodoxie de la pens&#233;e sovi&#233;tique. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On retrouve &#224; ce moment, &#224; vingt ans de distance, les Bolivar et Zamora mis en avant par le PCV de 1945. Les a rejoint Sim&#243;n Rodriguez (1769-1854), le pr&#233;cepteur du jeune Bolivar, &#224; qui il demanda, pour lutter contre le joug espagnol, &#171; d'inventer, d'&#234;tre original, de ne plus copier la vieille Europe &#187; [17].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La rupture id&#233;ologique irr&#233;versible des rebelles avec le PCV, l'URSS et les partis prosovi&#233;tiques aura lieu en ao&#251;t 1966, lorsque Douglas Bravo th&#233;orisera un &#171; marxisme-l&#233;ninisme-bolivarien &#187; et &#171; la nationalisation de la pens&#233;e r&#233;volutionnaire &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En d&#233;cembre 1963, Action d&#233;mocratique a conserv&#233; le pouvoir en la personne de Ra&#250;l Leoni. L'arm&#233;e intensifie les op&#233;rations de &#171; pacification &#187;. Malgr&#233; de nouvelles pointes de violence insurrectionnelle en 1966 et 1967, la machine antigu&#233;rilla mise en place par le Southern Command [18] s'est r&#233;v&#233;l&#233;e d'une redoutable efficacit&#233;. Les gu&#233;rilleros ne portent plus que des coups limit&#233;s &#171; &#224; la clique militaire oligarchique, principal appareil r&#233;pressif de la bourgeoisie fantoche au service de l'imp&#233;rialisme yankee &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entre camarades du &#171; Gallo Rojo &#187; (le &#171; Coq Rouge &#187;, embl&#232;me du parti), l'affrontement ne manque pas non plus d'intensit&#233;. Le coup d'Etat contre le progressiste Juan Bosch et l'invasion de la R&#233;publique dominicaine par les &#171; marines &#187; US, en 1965, a revalid&#233;, s'il &#233;tait n&#233;cessaire, l'analyse des radicaux. D&#232;s 1966, Fabricio Ojeda et Douglas Bravo ont d&#233;nonc&#233; le comportement du bureau politique du PCV aupr&#232;s de La Havane. Le 13 mars 1967, dans un discours retentissant, Fidel Castro d&#233;nonce &#171; la trahison &#187; du PCV. Depuis l'exil, le nouveau secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du parti, Jes&#250;s Faria condamne en retour Bravo, stigmatisant &#171; le minuscule groupe antiparti dirig&#233; par un ancien membre du Comit&#233; central de tendances militaristes et caudillistes &#187; [19]. Bravo est expuls&#233; du Bureau politique. La rupture entre les FALN et le parti est consomm&#233;e lors de la conf&#233;rence de l'Organisation de solidarit&#233; des peuples latino-am&#233;ricains (OLAS), qui se tient &#224; La Havane en ao&#251;t 1967, en l'absence du PCV. Cette dislocation permet un relatif rapprochement entre le parti communiste et le gouvernement Leoni.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De 1969 &#224; 1974, le social-chr&#233;tien Rafael Caldera dirige le pays. Des convulsions continuent d'agiter le PCV. Mais, venues, cette fois, de&#8230; son aile droite ! Th&#233;oricien, membre du bureau politique jusqu'en 1969, Teodoro Petkoff entre en dissidence. Apr&#232;s avoir &#233;crit un livre sur l'invasion de la Tch&#233;coslovaquie par le Pacte de Varsovie, il attaque avec virulence la &#171; vieille garde &#187;, qui reste majoritaire, ainsi que l'orthodoxie du parti. Appelant lui aussi ses camarades &#224; red&#233;finir les rapports du PCV avec l'Union sovi&#233;tique (mais pas pour les m&#234;mes raisons), il les incite &#224; poser les probl&#232;mes du socialisme en termes nouveaux. Align&#233; sur le pr&#233;sident du parti, Gustavo Machado, et son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, Jes&#250;s Faria, l'organe officiel du PCV, Tribuna popular, tente d'&#233;touffer la pol&#233;mique. Sans r&#233;sultat probant : accompagn&#233; du leader historique Pompeyo M&#225;rquez, Petkoff claque la porte et fonde le Mouvement vers le socialisme (MAS).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, commente le quotidien fran&#231;ais Le Monde, le Venezuela compte deux partis communistes &#187;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;j&#224; ! On n'est ni en 2020 ni en 2025. On est en 1971.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Saut temporel : durant son passage par le MAS, de tendance sociale-d&#233;mocrate, Petkoff deviendra en 1996 un tr&#232;s n&#233;olib&#233;ral ministre du Plan, pendant le second mandat de Rafael Caldera. Deux ans plus tard, il quittera le MAS, en d&#233;saccord avec le soutien du parti &#224; la candidature d'Hugo Ch&#225;vez &#224; la pr&#233;sidence. Le MAS passera &#224; l'opposition en 2002. Journaliste et directeur du quotidien Tal Cual, Petkoff, jusqu'&#224; son d&#233;c&#232;s (2018), s'opposera frontalement au chavisme (mais condamnera la tentative de coup d'Etat du 11 avril 2002).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce qui le concerne, et &#224; partir de 2004, Pompeyo M&#225;rquez &#8211; lui aussi ministre (des fronti&#232;res) pendant le second mandat du n&#233;olib&#233;ral Caldera &#8211; deviendra jusqu'&#224; sa mort en juin 2017 l'un des porte-paroles (particuli&#232;rement appr&#233;ci&#233; du fait de son pass&#233;) de la droite la plus r&#233;calcitrante, contre le chef de l'Etat bolivarien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Frustr&#233; de s'&#234;tre fait &#171; voler &#187; sa r&#233;volution et devenu, sur le tard, ardent &#171; &#233;cologiste &#187;, Douglas Bravo s'opposera lui aussi &#224; Ch&#225;vez, mais sans jamais pactiser avec la droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En appui &#224; l'arm&#233;e, les b&#233;rets vers nord-am&#233;ricains ont mis sur pied des bataillons de &#171; chasseurs &#187; sp&#233;cialistes de la contre-gu&#233;rilla. La lutte arm&#233;e a &#233;t&#233; militairement vaincue. C'est Caldera, pendant son premier passage &#224; la pr&#233;sidence, qui a men&#233; &#224; son terme l'&#339;uvre de pacification. Les gu&#233;rilleros sortent de la clandestinit&#233;. Le pouvoir autorise la r&#233;apparition l&#233;gale du PCV. Ne demeurent dans le maquis que quelques groupes irr&#233;ductibles &#8211; dont les mao&#239;stes de Bandera Roja. C'est pour &#233;radiquer une de ces r&#233;surgences que, en 1976, on exp&#233;die le jeune lieutenant Hugo Ch&#225;vez, &#224; Cumana. Pendant ses crapahuts entre bourgades d&#233;sh&#233;rit&#233;es et paillottes mis&#233;rables, il d&#233;couvre le d&#233;nuement des paysans. Tant de souffrances le scandalise. Il peut comprendre leur r&#233;volte. Il la comprend. Il va s'attaquer &#224; la forteresse bourgeoise. Il m&#233;prise d&#233;finitivement ses lois. Il commence &#224; conspirer. Sa source d'inspiration ? La Sainte Trinit&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne : Bolivar, Rodr&#237;guez, Zamora.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Arrivent et Carlos Andr&#233;s P&#233;rez (1974-1979) et le boom p&#233;trolier. Le Venezuela devient le &#171; Venezuela saoudite &#187;. Tout ce qui fonctionne le mieux demeure tout de m&#234;me la corruption. Mais le fut&#233; social-d&#233;mocrate &#233;tablit des relations avec la Chine, Cuba et l'URSS. S&#233;duits ou &#171; pragmatiques &#187;, la PCV, le MIR et le MAS se rallient. Sans r&#233;ellement enthousiasmer les bases populaires : lors des &#233;lections, le PCV obtient entre 0,5 % et 1 % des voix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les pr&#233;sidents se succ&#232;dent. Gouvernement apr&#232;s gouvernement, les exclus vivent le cauchemar d'une interminable crise &#233;conomique et sociale. Il y a donc une logique &#224; ce que, sorti de la clandestinit&#233;, le communiste dissident Douglas Bravo et son PRV demeurent fid&#232;les &#224; la strat&#233;gie &#171; civico-militaire &#187;. Douglas a le contact avec un conspirateur de l'arm&#233;e de l'air, William Izarra. &#171; Il me passait le nom d'officiers pour que je les contacte &#187;, racontera celui-ci, &#233;voquant l'ex-gu&#233;rillero.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au sein du PRV, milite un professeur de la Facult&#233; des sciences de l'Universit&#233; des Andes et du Coll&#232;ge La Salle de M&#233;rida : Ad&#225;n Ch&#225;vez. C'est lui qui met son fr&#232;re Hugo en contact avec cette branche des officiers rebelles et Douglas Bravo. Au sein de cette loggia, Francisco Arias Cardenas exerce une tr&#232;s forte influence. Ch&#225;vez, lui, s'appuie fondamentalement sur sa promotion (Sim&#243;n Bolivar II) et ses Centaures (&#233;l&#232;ves de l'Acad&#233;mie militaire). Par des chemins diff&#233;rents, tous se retrouvent sur les fondamentaux &#171; bolivariens &#187;. &#171; Ce qui est s&#251;r, t&#233;moignera Cardenas, &#233;voquant son groupe, c'est que les concepts essentiels de r&#233;f&#233;rences historiques que nous avons adopt&#233;s venaient du PRV. C'est incontestable. Je les avais lus dans Ruptura (organe officiel du mouvement politique Rupture, bras l&#233;gal du PRV-FALN). &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extinction de l'utopie sociale-d&#233;mocrate. Le chaudron v&#233;n&#233;zu&#233;lien explose une premi&#232;re fois, le 27 f&#233;vrier 1989. Carlos Andr&#233;s P&#233;rez occupe Miraflores pour un second mandat. Impos&#233; par le FMI, son ajustement structurel frappe les gueux de plein fouet. Spontan&#233;s, anarchiques, d&#233;pourvus de leaders, des dizaines de milliers de recal&#233;s de l'Histoire mettent Caracas &#224; sac. L'insurrection se termine par une tuerie &#8211; 347 morts (officiellement), au moins 3 000 (chiffre g&#233;n&#233;ralement admis par les historiens).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pr&#233;c&#233;dant sa prochaine dissolution, l'effondrement de l'Union sovi&#233;tique rend alors le PCV inaudible et inop&#233;rant. M&#234;me dans le contexte d'une crise aussi fondamentale, ce n'est pas en son sein que se jouera l'avenir du pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En revanche, chez les militaires rebelles, ce &#171; Caracazo &#187; est le d&#233;tonateur qui l&#233;gitime d&#233;finitivement l'id&#233;e du soul&#232;vement. Lequel aura finalement lieu sans les civils &#8211; trop &#171; divis&#233;s &#187; et &#171; indisciplin&#233;s &#187;. En 1991, Ch&#225;vez, que son charisme a transform&#233; en leader de la s&#233;dition, prend ses distances avec Bravo et les ex-gu&#233;rilleros du PRV. Le 4 f&#233;vrier 1992, il passe &#224; l'action et tente de renverser Carlos Andr&#233;s P&#233;rez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le soul&#232;vement militaire du 4-F &#233;choue. Les V&#233;n&#233;zu&#233;liens d&#233;couvrent &#224; la t&#233;l&#233;vision le lieutenant-colonel Hugo Ch&#225;vez, ce curieux soldat. Un &#171; courageux &#187;. Plut&#244;t atypique. Devant les cam&#233;ras, il assume sa responsabilit&#233;. Dans un pays o&#249; personne n'est jamais responsable de rien ! Une vague de sympathie surgit spontan&#233;ment dans les &#171; barrios &#187;. Lourdement condamn&#233;s, les rebelles int&#232;grent la prison San Carlos, &#224; Caracas. Les militants du PCV se grattent l'occiput. Ils ne savent que penser. &#171; C'&#233;tait un militaire, se souvient Henry Parra. Pour nous, un militaire latino sentait mauvais. Un gorille de plus ! &#187; Dans son &#233;ditorial, Tribuna Popular, l'organe du parti, s'interroge tout de m&#234;me, quelques jours apr&#232;s les &#233;v&#233;nements : &#171; Comment peut-on esp&#233;rer que cette situation [&#233;conomique et sociale] ne se fasse pas sentir au sein des Forces arm&#233;es ? Ne sont-ils pas des enfants du peuple, les officiers et les soldats ? &#187; Moins d'un mois plus tard, Tribuna Popular va plus loin en publiant l'une des toutes premi&#232;res interviews des quatre principaux leaders du 4-F. Au journaliste Lino P&#233;rez Loyo, alors secr&#233;taire politique du Comit&#233; r&#233;gional du PCV &#224; Caracas, le d&#233;tenu Ch&#225;vez expose ses vues : &#171; N'ayons pas peur. Nous ne sommes pas anticommunistes &#8211; et un salut &#224; tous ces gens. Les communistes, comme les militaires (&#8230;), comme le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien, ont le droit d'&#234;tre entendus [20]. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1993, Carlos Andr&#233;s P&#233;rez est d&#233;chu pour corruption. Dissident du Copei, &#233;lu par une coalition de dix-sept partis, groupes et groupuscules allant de l'extr&#234;me droite &#224; l'extr&#234;me gauche (dont le PCV), Rafael Caldera revient au pouvoir. La situation sociale demeure si explosive que, pour desserrer l'&#233;tau de l'agitation populaire, il annonce en 1994 l'amnistie des militaires rebelles, &#224; condition qu'ils abandonnent l'arm&#233;e. La mort dans l'&#226;me, Ch&#225;vez se d&#233;pouille de son uniforme. Pas de ses ambitions. Il a mis &#224; profit son passage &#224; l'ombre pour cr&#233;er le Mouvement bolivarien r&#233;volutionnaire-200 (MBR-200). Il entreprend de parcourir le pays. De &#171; pueblo &#187; en &#171; pueblo &#187;, sa voix vibre sur un registre qui va devenir familier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A gauche, l'intrusion de cet ouragan dans la vie politique ne fait pas que des heureux. Au journaliste Ignacio Ramonet, Ch&#225;vez confiera : &#171; Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Parti Communiste a affirm&#233;, lorsque je suis sorti de prison, que &#8220;la pr&#233;sence du caudillo Ch&#225;vez nui[sai]t au mouvement populaire&#8221;. Il s'opposait m&#234;me &#224; ce que je participe &#224; des marches et &#224; des manifestations. Ils n'avaient rien compris. Ce qu'il y avait chez eux c'&#233;tait de la r&#233;cup&#233;ration &#233;lectorale et de l'opportunisme [21]. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le basculement de la base a lieu, les yeux fix&#233;s sur La Havane, le 14 d&#233;cembre 1994. &#171; On a compris qui &#233;tait Ch&#225;vez quand il a &#233;t&#233; re&#231;u par Fidel Castro. &#199;a a &#233;t&#233; la r&#233;f&#233;rence. Si Fidel le recevait ainsi, c'est qu'il &#233;tait des n&#244;tres ! &#187; D&#232;s lors, il n'y a plus de d&#233;bat. Anim&#233; par Henry &#171; el Gallo &#187; Parra, le comit&#233; r&#233;gional du T&#225;chira est le premier &#224; se prononcer pour soutenir la candidature de Ch&#225;vez &#224; la pr&#233;sidence. Au niveau national, le PCV devance &#233;galement les autres partis pour annoncer son soutien. Ch&#225;vez &#233;lu, fin 1998, le parti int&#232;gre l'Alliance patriotique et rejoint les forces bolivariennes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les militants du &#171; Gallo Rojo &#187; sont dans la rue, au milieu de la multitude enrag&#233;e quand, du 11 au 13 avril 2002, le chef de l'Etat est bri&#232;vement renvers&#233;. L'alliance des communistes avec les forces bolivariennes leur permettra en 2005 de faire &#233;lire huit d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Union ou pas, la direction du PCV voit sans enthousiasme d&#233;mesur&#233; la cr&#233;ation par Ch&#225;vez, en 2007, du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV). Tout en maintenant l'appui &#171; de la classe ouvri&#232;re consciente &#187; &#187; aux &#171; forces motrices de la r&#233;volution dans sa phase actuelle de transition &#187; [22], le PCV choisit de conserver son ind&#233;pendance. Il n'en autorise pas moins l'un des siens, le chef d'organisation David Vel&#225;squez, &#224; devenir ministre du Pouvoir populaire pour la participation et la protection sociale (PADES).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'emp&#234;che que les &#171; orthodoxes &#187; vivent mal la popularit&#233; du &#171; comandante &#187;, la mont&#233;e en puissance imm&#233;diate de ce parti multi classes qu'est le PSUV. Le 19 juin 2009, devant l'Assembl&#233;e nationale, le d&#233;put&#233; communiste (et futur secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral) Oscar Figuera remet implicitement &#224; l'ordre du jour la pol&#233;mique &#171; Marx-Bolivar &#187;, en mettant en cause le &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187; pr&#244;n&#233; par le chef de l'Etat et en martelant que &#171; l'unique socialisme qui existe est le socialisme scientifique &#187;. En janvier 2010, avec l'inconscience (ou l'arrogance) de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le b&#339;uf, le comit&#233; central appelle &#224; la formation d'une direction collective du processus r&#233;volutionnaire, &#171; incluant le pr&#233;sident Ch&#225;vez &#187; [23]. C'est trop g&#233;n&#233;reux !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les r&#233;gions, la base militante n'a pas r&#233;ellement conscience de cette animosit&#233; r&#233;currente. Elle travaille durement pour accompagner la politique sociale de Ch&#225;vez. Personne ne rate, le dimanche, le programme t&#233;l&#233;vis&#233; qu'il anime, &#171; Alo Pr&#233;sidente &#187;. Chacun se passionne pour ces plages de p&#233;dagogie politico-id&#233;ologique. &#171; La premi&#232;re chose qu'apprend un jeune de la JC, avant le marxisme-l&#233;ninisme, c'est l'anti-imp&#233;rialisme, pr&#233;cise Henry Parra. En tant que latinos, c'est la premi&#232;re chose qu'on apprend. Ch&#225;vez &#233;tait un patriote, sur la m&#234;me ligne que nous, donc, nous le d&#233;fendions. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut toutefois, comme Parra, monter au comit&#233; central, pour d&#233;couvrir avec effarement l'existence de tr&#232;s fortes dissensions. &#171; On n'y discutait plus de programme ni d'avanc&#233;es politiques, on dissertait &#224; n'en plus finir sur le culte de la personnalit&#233;, l'autoritarisme, la bureaucratie, etc&#8230; ; pour critiquer Ch&#225;vez, tous les pr&#233;textes devenaient bons. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien qu'en 2010/2011 les divergences se soient accentu&#233;es, le PCV appuie Ch&#225;vez pour ce qui sera sa derni&#232;re campagne pr&#233;sidentielle, en octobre 2012. Si aux voix de ses militants s'ajoutent celles de chavistes critiques trouvant par ce vote un moyen d'exprimer leur relatif m&#233;contentement, c'est bien l'appartenance du parti au Grand p&#244;le patriotique (GPP) qui lui permet de rassembler 485 000 des 8 millions de voix se portant sur le leader bolivarien (3 % du total des suffrages) [24].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le leader de la r&#233;volution disparu (5 mars 2013), &#171; le PCV demeure fermement avec ceux qui, comme Ch&#225;vez, savent vivre et mourir avec dignit&#233; pour les plus hauts int&#233;r&#234;ts du peuple [25]. &#187; R&#233;aliste, dans un contexte encore marqu&#233; par l'intense &#233;motion qu'a provoqu&#233; la disparition du &#171; comandante &#187;, le parti appuie l'&#233;lection de celui qu'il a d&#233;sign&#233; comme son dauphin, Nicol&#225;s Maduro. Il le fera encore en 2018, tout en multipliant les critiques, alors que la &#171; guerre &#233;conomique &#187; bat son plein. A tel point que, lors d'un Congr&#232;s national, des gu&#233;rilleros survivants des ann&#233;es 1960 quittent la salle, non sans avoir lanc&#233; &#224; Figuera : &#171; C'est pour cette r&#233;volution que nous nous sommes tous battus, alors cesse d'insulter ceux qui sont morts pour elle [26] ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'agression dissimul&#233;e, mais &#233;conomiquement d&#233;vastatrice de Washington, succ&#232;de une guerre ouverte, encore plus mortif&#232;re. Le d&#233;put&#233; Juan Guaido s'autoproclame pr&#233;sident le 23 janvier 2019. Donald Trump multiplie les sanctions. Trente milliards d'avoirs ext&#233;rieurs du pays sont confisqu&#233;s. Son industrie p&#233;troli&#232;re paralys&#233;e. Son secteur minier et aurif&#232;re mis au ban. Ses importations de m&#233;dicaments et d'aliments entrav&#233;es. En cons&#233;quence, les articles de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; disparaissent. Des queues interminables se forment pour se les procurer. Les conditions de travail se d&#233;t&#233;riorent. Les salaires s'effondrent, min&#233;s par l'inflation. &#171; Toutes les options sont sur la table ! &#171; , gronde chaque jour un peu plus fort la clique au pouvoir &#224; la Maison Blanche (Trump, Mike Pence, Mike Pompeo, John Bolton, etc.). L'&#233;conomie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne s'effondre. Pour beaucoup, dans le pays comme &#224; l'&#233;tranger, le &#171; r&#233;gime &#187; va se diviser ; l'arm&#233;e va se rebeller ; la population va se soulever ; les jours de Maduro sont compt&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Quand le bateau coule, les premiers qui le quittent sont les rats &#187;, ricane avec le recul Parra. En 2020, la &#171; c&#250;pula &#187; (direction) du PCV rompt publiquement avec le chef de l'Etat en raison de &#171; la mise en &#339;uvre d'un programme d'ajustement agressif, impopulaire et ultralib&#233;ral &#187; camoufl&#233; derri&#232;re &#171; un discours anti-imp&#233;rialiste et &#8220;de gauche&#8221; fallacieux &#187;. Une &#171; trahison du chavisme &#187;, si l'on doit r&#233;sumer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parra : &#171; Ils ont rendu Maduro responsable du d&#233;sastre &#233;conomique et social, alors qu'il y a un blocus criminel, mille mesures prises par Trump contre notre patrie. Dans cette situation, n'importe quel bon trotskiste t'expliquera que le coupable c'est Maduro ! Ils ont totalement d&#233;contextualis&#233; la situation. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le PCV &#171; figueriste &#187; (&#171; dirig&#233; par Figuera &#187;) et d'autres formations tr&#232;s secondaires quittent le Grand p&#244;le patriotique pour cr&#233;er l'Alternative populaire r&#233;volutionnaire (APR). Lors des l&#233;gislatives de d&#233;cembre 2020, cette &#171; opposition de gauche &#187; pr&#233;sente ses candidats. Une ample partie de la droite sous le charme de Guaido boycottant le scrutin, le PSUV l'emporte largement (68,4 %). L'ensemble APR/PCV ne recueille qu'un maigre 2,7 %.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le T&#225;chira est la zone la plus &#171; chaude &#187; du Venezuela, l&#224; o&#249; les &#171; guarimbas &#187; (manifestations insurrectionnelles de l'opposition en 2014 et 2017) ont &#233;t&#233; les plus violentes, l&#224; o&#249; la proximit&#233; de la fronti&#232;re colombienne repr&#233;sente un authentique danger. En 2021, &#224; l'occasion de l'&#233;lection des gouverneurs, deux candidats s'y pr&#233;sentent contre la droite : l'un du Grand p&#244;le patriotique, Freddy Bernal, un leader chaviste historique, particuli&#232;rement respect&#233; ; l'autre du PCV, Juan Carlos Guevara. Personne n'a consult&#233; le Comit&#233; r&#233;gional pour imposer ce dernier. Agressif, Guevara se pr&#233;sente comme &#171; le seul candidat de gauche &#187; : Bernal, d&#233;clare-t-il, &#171; repr&#233;sente Nicol&#225;s Maduro et ses politiques n&#233;ocapitalistes et lib&#233;rales. Il repr&#233;sente l'agression contre la gauche, l'atteinte aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs et l'exploitation de la classe ouvri&#232;re du pays. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Si tu divises, tu peux perdre, soupire Parra. Si la droite avait gagn&#233;, et elle le pouvait, elle ramenait les paramilitaires. Alors, avec un groupe de camarades, on a d&#233;cid&#233; qu'on n'allait pas appuyer la candidature du candidat lanc&#233; par le PCV. On a fait campagne pour Bernal, je le connais depuis des ann&#233;es. Et, heureusement, on a gagn&#233;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Repr&#233;sailles : le 12 novembre 2021, est annonc&#233;e l'expulsion d'Henry Parra (et du secr&#233;taire politique r&#233;gional Jaime Otero) : &#171; Il me reste seulement &#224; dire, expose la messag&#232;re Yhon Luna, que le Parti communiste du Venezuela se renforce en se d&#233;purant de l'individualisme et de l'opportunisme. Depuis le PCV, nous vous souhaitons un bon voyage. &#187; L' &#171; exclusion &#187; a lieu de fa&#231;on informelle, aucune des proc&#233;dures internes du parti n'a &#233;t&#233; respect&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une contestation silencieuse se d&#233;veloppe au sein de la base. Beaucoup de militants s'en vont. &#171; Le mouvement d'insurrection est parti du Monagas, raconte Griseldys Herrera. Les statuts du parti disent qu'il est marxiste-l&#233;niniste et qu'il appuie la r&#233;volution. En accompagnant le discours et les actions anti-chavistes, le &#8220;figuerisme&#8221; changeait la ligne. On s'est r&#233;unis avec un groupe de camarades et on a commenc&#233; &#224; discuter. &#8220;Ils&#8221; savent qu'ils font le jeu de la droite ! Tout a une limite, &#8220;camarada&#8221; ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Llaneros &#187;, andinos &#187;, &#171; orientales &#187; [27], les protestataires sont localis&#233;s et contact&#233;s. Depuis les cellules et les comit&#233;s r&#233;gionaux, l'opposition interne s'organise&#8230; A Caracas, n'importe quelle excuse devient valable pour que ces m&#233;contents ne participent plus &#224; aucune activit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que le XVIe Congr&#232;s national du 6 novembre 2022 ne r&#233;unit que 83 d&#233;l&#233;gu&#233;s, quand ils &#233;taient 530 cinq ans auparavant. &#171; Quiconque &#233;tait en d&#233;saccord avec &#8220;la ligne anti-chaviste&#8221; n'a pas pu participer. &#187; Figuera est confirm&#233; &#224; son poste de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral et dot&#233; d'un Comit&#233; central quasiment familial, compl&#233;t&#233; de &#171; camarades historiques &#187; de 85 ou 90 ans, dont certains n'ont m&#234;me pas assist&#233; au Congr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce d&#233;ni de d&#233;mocratie d&#233;clenche d&#233;finitivement la r&#233;bellion. &#171; Le peuple militant du PCV &#187; revendique ses droits. Il n'a plus d'instances pour le faire &#224; l'int&#233;rieur du parti, la derni&#232;re &#224; laquelle il aurait pu recourir &#233;tant&#8230; le Congr&#232;s. &#171; Il y aurait bien eu la Cour c&#233;leste, s'esclaffe Parra, mais nous sommes ath&#233;es ! &#187; En d&#233;sespoir de cause, les &#171; camaradas &#187; se tournent vers le Tribunal supr&#234;me de justice (TSJ). Assist&#233;s d'un groupe d'avocats, ils ont &#233;labor&#233; un document d&#233;montrant qu'ils sont militants et r&#233;clament un nouveau Congr&#232;s. Le 11 ao&#251;t 2023, le TSJ leur donne raison. Il ordonne que soit nomm&#233;e une commission ad hoc &#8211; pas un Bureau politique ! &#8211; charg&#233;e d'organiser un nouveau Congr&#232;s auquel participeront tous les militants [28].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Personne n'est exclu, personne n'est expuls&#233;. Pas plus Figuera qu'un autre. Si Figuera demeure en dehors du processus, c'est qu'il n'accepte pas la d&#233;cision du TSJ. Qu'il la questionne. Qu'il l'attaque. Qu'il d&#233;nonce les militants issus des vingt-quatre Etats du Venezuela lorsque, en mai 2023, ils &#233;lisent un pr&#233;sident de Commission &#8211; Henry Parra. &#171; Des mercenaires du dictateur Maduro ! &#187;, pr&#233;tend Figuera, mettant en &#233;moi nombre de PC dispers&#233;s dans le monde entier. D&#232;s lors, toutes les outrances sont de mises : &#171; Ils veulent en terminer avec le PCV parce qu'ils pr&#233;tendent liquider l'histoire r&#233;volutionnaire, liquider le pass&#233;, &#233;crit le dirigeant &#171; orthodoxe &#187; Rafael Uzc&#225;tegui. Le pr&#233;sident Nicol&#225;s Maduro n'a pas d'histoire, aucun souvenir qu'il puisse exhiber en tant que r&#233;volutionnaire ; il a besoin de s'identifier &#224; une gauche qui n'existe pas et liquider tout ce qui t&#233;moigne de l'accumulation de valeurs r&#233;volutionnaires [29]. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ancien syndicaliste, le &#171; pr&#233;sident-ouvrier &#187; Maduro a &#233;t&#233; ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de Ch&#225;vez durant la longue p&#233;riode au cours de laquelle leur politique recevait l'appui du PCV.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans sa logique victimaire, et dans l'immuable phras&#233;ologie indigeste qui accompagne tout communiqu&#233; &#8211; &#171; en tant que parti r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re , agissant en totale ind&#233;pendance par rapport aux facteurs du capital et de l'Etat bourgeois, orient&#233; par les principes du marxisme-l&#233;ninisme, de l'anticolonialisme, de l'anti-imp&#233;rialisme et de l'internationalisme prol&#233;tarien, en protection de la paix et de la souverainet&#233; des peuples et inspir&#233; de l'id&#233;al &#233;mancipateur, latino-am&#233;ricaniste et unificateur du lib&#233;rateur Simon Bolivar [30]&#8230; &#187; &#8211; le &#171; figuerisme &#187; fustige en 2023 l'in&#233;ligibilit&#233; de la leader d'extr&#234;me droite Mar&#237;a Corina Machado, laquelle n'a de cesse de r&#233;clamer des sanctions et m&#234;me une intervention militaire contre le Venezuela. C'est cet appui de plus en plus ostensible &#224; la droite d&#233;complex&#233;e qui vaudra &#224; Figuera, en janvier 2024, l'expulsion, cette fois bien r&#233;elle, du PCV. Lequel, en vue de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 28 juillet, se range derri&#232;re Maduro : &#171; Le Grand p&#244;le patriotique est l'endroit d'o&#249; jamais nous n'aurions d&#251; sortir ! O&#249; tu es dans la tranch&#233;e, ou hors de la tranch&#233;e. Tu ne peux pas &#234;tre au milieu. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 25 juin 2024, le &#171; figuerisme &#187; (rebaptis&#233; &#171; PCV-Dignit&#233; &#187;) avise que, pour la pr&#233;sidentielle, il n'appuiera &#171; ni Nicol&#225;s Maduro ni l'autre faction bourgeoise qui l'affronte depuis l'opposition &#187;. Non sans cr&#233;er une certaine surprise, le parti se rallie au candidat Enrique M&#225;rquez, du mouvement Centrados en la gente (&#171; Centr&#233;s sur les gens &#187;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Elu d&#233;put&#233; une premi&#232;re fois en 2000, M&#225;rquez s'est toujours oppos&#233; &#224; Ch&#225;vez, trait&#233; de &#171; caudillo &#187; et, pire encore, de&#8230; &#171; communiste &#187; ! Un temps membre du parti Un Nuevo Tiempo (UNT), dont il a &#233;t&#233; expuls&#233; en 2018 pour avoir refus&#233; de suivre la consigne d'abstention en soutenant le candidat de droite mod&#233;r&#233;e Henry Falc&#243;n, il est pass&#233; par le Conseil national &#233;lectoral dont il a &#233;t&#233; membre, en tant que repr&#233;sentant de l'opposition, de 2021 &#224; 2023.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mod&#233;r&#233;, M&#225;rquez ? Derri&#232;re sa candidature se cache en r&#233;alit&#233; le &#171; Plan B &#187; de l'extr&#234;me droite. Apr&#232;s la confirmation de l'in&#233;ligibilit&#233; de Mar&#237;a Corina Machado, il a &#233;t&#233; pressenti pour repr&#233;senter l'opposition en cas de rejet par le pouvoir de la candidature d'Edmundo Gonz&#225;lez Urrutia, l'homme de paille choisi pour la remplacer. M&#225;rquez repr&#233;senterait &#233;galement l'extr&#234;me droite si Gonz&#225;lez, ce &#171; petit vieux &#187;, devait abandonner la campagne en raison de sa sant&#233; fragile et se retirer avant le jour du scrutin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Secret de Polichinelle [31], ce pacte provoque de vives r&#233;actions au sein de ce qui reste du PCV &#171; orthodoxe &#187;. Avec, en retour, un grand classique : &#171; Apr&#232;s une longue enqu&#234;te, le plenum de notre comit&#233; central a d&#233;couvert que les responsables historiques de notre d&#233;partement de relations internationales &#8211; le d&#233;put&#233; Carolus Wimmer et Ursula Aguilera &#8211; &#233;taient en r&#233;alit&#233; des tra&#238;tres au service du r&#233;gime de Maduro. &#187; Imm&#233;diate, une nouvelle purge en termine avec toute contestation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec Edmundo Gonz&#225;lez, M&#225;rquez est le seul candidat (sur dix) qui refuse de signer l'Accord de respect des r&#233;sultats &#233;lectoraux promu par le CNE. Avec Edmundo Gonz&#225;lez, il est le seul qui, cautionnant le &#171; d&#233;compte &#187; parall&#232;le et ill&#233;gal mis en place par l'extr&#234;me droite, refuse de reconna&#238;tre la victoire de Maduro. En sa compagnie, le &#171; figuerisme &#187; hurle &#224; la dictature ! M&#225;rquez ouvre de nombreuses proc&#233;dures judiciaires pour demander l'annulation de l'&#233;lection. Puis M&#225;rquez est arr&#234;t&#233;. Le &#171; figuerisme &#187; m&#232;ne campagne et alerte la &#171; communaut&#233; internationale &#187; sur le th&#232;me de la pers&#233;cution.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'apr&#232;s les autorit&#233;s, M&#225;rquez a &#233;t&#233; d&#233;tenu pour deux raisons : il aurait r&#233;dig&#233; un document pr&#233;voyant de faire pr&#234;ter serment en tant que &#171; chef de l'Etat &#233;lu &#187; &#224; Edmundo Gonz&#225;lez, dans une ambassade, hors du Venezuela. Pr&#233;tendant ainsi recr&#233;er de fait une pr&#233;sidence ill&#233;gitime similaire &#224; celle du patron des patrons Pedro Carmona, durant le bref coup d'Etat contre Ch&#225;vez en 2002, ou de Juan Guaido, durant la com&#233;die de l'auto-proclamation (janvier 2019-janvier 2023). Par ailleurs, M&#225;rquez aurait des liens avec un agent du FBI impliqu&#233; dans la d&#233;stabilisation du pays et d&#233;tenu peu de temps auparavant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Il n'y a pas de division. Ici, il n'y a qu'un seul PCV, dont nous sommes responsables en ce moment. &#187; Un temps, la Commission ad hoc de Parra et des siens n'a gu&#232;re avanc&#233;. Quatre scrutins se succ&#233;daient &#8211; r&#233;f&#233;rendum sur l'Esequibo, puis pr&#233;sidentielle en 2024 ; l&#233;gislatives et gouverneurs, puis municipales en 2025. &#171; On &#233;tait en campagne permanente, il n'&#233;tait pas possible de parler du Congr&#232;s. Maintenant, il n'y a plus d'&#233;lections pendant quatre ans. On peut s'y coller. &#187; Le 25 octobre dernier a eu lieu une conf&#233;rence nationale extraordinaire &#171; pour la r&#233;cup&#233;ration du PCV &#187;. Au terme du rassemblement, les repr&#233;sentants venus de tout le pays ont pr&#233;vu d'organiser le XVIe Congr&#232;s en 2026 &#8211; &#171; pas avec des cellules fant&#244;mes, comme pour celui de Figuera &#187;. Comme il se doit en cette p&#233;riode tendue, le communiqu&#233; final a mentionn&#233; l'engagement de d&#233;fendre la patrie &#171; face &#224; une possible agression de l'Empire nord-am&#233;ricain appel&#233; aujourd'hui &#8220;le Royaume des Etats-Unis&#8221; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &#171; figuerisme &#187;, pour sa part, multiplie les diatribes in&#233;vitablement divis&#233;es en deux volets : l'un contre l'&#171; agression politique et militaire am&#233;ricaine &#187; ; l'autre contre l'utilisation de cette conjoncture par le &#171; gouvernement ill&#233;gitime &#187; et &#171; social-d&#233;mocrate &#187; de Maduro &#171; pour aggraver la r&#233;pression interne et la crise sociale &#187;. Sans multiplier les exemples d'absurdit&#233;s, on retiendra celle particuli&#232;rement significative du membre du Bureau politique Carlos Lazo accusant Maduro de profiter &#233;galement de la menace militaire US &#171; pour faire avancer son projet de c&#233;der la souverainet&#233; [du pays]. A de nombreuses reprises, Maduro a offert le pays au capital transnational en &#233;change de reconnaissance et de son maintien au pouvoir (&#8230;) Maduro se pr&#233;sente aux Etats-Unis comme le principal garant de leurs int&#233;r&#234;ts &#187; [32]. Que l'on appr&#233;cie ou pas le chef de l'Etat v&#233;n&#233;zu&#233;lien, tout, dans ce type de discours, respire la plus caricaturale des mauvaises foi. Et que penser des injonctions &#224; un d&#233;part volontaire de Maduro pour que soit &#233;vit&#233;e au pays une possible invasion de &#171; marines &#187; &#233;tatsuniens [33] ? Elles ne sont que duplication du discours de la droite radicale et totale soumission &#224; l'intimidation et au chantage exerc&#233;s par l'administration Trump sur la R&#233;publique bolivarienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant ce temps, 40 000 conseils communaux et pr&#232;s de 5 000 communes d&#233;veloppent l'exp&#233;rience de d&#233;mocratie participative la plus ambitieuse jamais vue depuis longtemps &#224; l'&#233;chelle d'un pays [34]. Pendant ce temps, dans le cadre de l'alliance &#171; civico-militaire-polici&#232;re &#187; &#8211; grand classique de l'histoire du pays &#8211; des centaines de milliers de V&#233;n&#233;zu&#233;liens se mobilisent au sein de la Milice bolivarienne, au coude &#224; coude avec leur pr&#233;sident, pour d&#233;fendre la r&#233;volution, ou m&#234;me tout simplement la souverainet&#233; nationale, si le pire devait arriver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; On a &#233;t&#233; insult&#233;s, trait&#233;s de mercenaires, on vient d'un parti totalement d&#233;truit ! &#187; Alors que, comme l'extr&#234;me droite, le &#171; figuerisme &#187; a refus&#233; de participer aux derni&#232;res l&#233;gislatives et municipales, le PCV a entrepris de sortir du trou dans lequel la strat&#233;gie du courant &#171; anti-chavistes &#187; l'avait jet&#233;. Avec une &#233;vidente r&#233;ussite. Certes modestes, les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes. A la pr&#233;sidentielle, le parti a recueilli 103 000 voix. Vient l'&#233;lection des d&#233;put&#233;s : 196 000 voix. Puis les municipales : 260 000 voix. Un progr&#232;s lent, mais r&#233;gulier. Lors des l&#233;gislatives, le parti est pass&#233; d'un &#224; six d&#233;put&#233;s. Le PCV dispose en outre d&#233;sormais de quatre d&#233;put&#233;s r&#233;gionaux, 82 conseillers et quatre maires &#8211; l&#224; aussi en progression.&lt;br class='autobr' /&gt;
En face, &#171; le groupe Figuera est mort ! Ils n'ont plus aucun groupe r&#233;gional, on en a vingt-quatre ! &#187; Il a n&#233;anmoins fallu au PCV faire campagne sans pouvoir utiliser un seul local, dans tout le Venezuela. Il a organis&#233; ses r&#233;unions dans les maisons des camarades, sous les manguiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Henry Parra : &#171; Ils sont rest&#233;s avec tous les biens mat&#233;riels et nous avec les militants ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Reste la bataille de l'&#171; international &#187;. Pour l'heure, les &#171; figueristes &#187; ont le dessus. &#171; Ils frayent avec l'extr&#234;me droite, mais on les croit communistes, l&#226;che Griseldys Herrera. Ils tiennent parce qu'ils ont conserv&#233; les r&#233;seaux du parti. &#187; Sans gravit&#233; exceptionnelle lorsque le sous-groupuscule PCRF (Parti communiste r&#233;volutionnaire de France) organise une collecte de fonds pour soutenir Tribuna Popular, organe du PCV &#171; soumis &#224; une pers&#233;cution intol&#233;rable de la part de l'Etat v&#233;n&#233;zu&#233;lien et du gouvernement social-d&#233;mocrate de Nicolas Maduro &#187; [35]. Moins anecdotique lorsqu'une d&#233;l&#233;gation &#171; figueriste &#187; figure &#224; la F&#234;te de l'Humanit&#233; (12 au 14 septembre 2025), invit&#233;e par un Parti communiste fran&#231;ais (PCF) peu inform&#233; et divis&#233;, ou pour le moins troubl&#233; par la situation (bien qu'&#224; la base, du fait de sa proximit&#233; avec Cuba, la cause de la R&#233;volution bolivarienne d&#233;clenche de la sympathie).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La visite &#171; figueriste &#187; a en fait &#233;t&#233; plut&#244;t br&#232;ve. Compos&#233;e d'un V&#233;n&#233;zu&#233;lien vivant &#224; Madrid et d'un Europ&#233;en r&#233;mun&#233;r&#233;, cette d&#233;l&#233;gation cens&#233;e repr&#233;senter la &#171; gauche v&#233;n&#233;zu&#233;lienne &#187; fut install&#233;e sur un stand partag&#233; avec des militants du Parti communiste colombien (PCC). Elle n'y resta que le samedi et, le dimanche, disparut. &#171; Tant qu'ils se sont content&#233;s de parler de corruption, on a laiss&#233; faire, nous expliqua, le dimanche en question, une militante du PCC. Mais, quand ils ont commenc&#233; &#224; expliquer aux visiteurs que le Venezuela est une dictature, on a mis le hol&#225;. Nous, on conna&#238;t la r&#233;alit&#233; de la r&#233;gion. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sents quasi-clandestinement sur la F&#234;te, Parra et Herrera ont pu intervenir et d&#233;noncer l'ampleur de l'agression imp&#233;rialiste &#233;tatsunienne sur les stands du P&#244;le de renaissance communiste en France (PRCF) et de l'Union pour la Reconstruction Communiste (URC) [36].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec en chef de file le Parti communiste grec (KKE), vent debout contre &#171; l'attaque du PSUV, avec la complicit&#233; des forces r&#233;actionnaires de droite &#187;, contre &#171; le camarade Figuera &#187;, les partis europ&#233;ens demeurent enclins &#224; soutenir ce dernier, qu'ils connaissent et fr&#233;quentent depuis longtemps. En Am&#233;rique latine, le PC chilien s'est cass&#233; en deux &#8211; une faction s'alignant sur le pr&#233;sident Gabriel Boric, repr&#233;sentant d'une gauche dite &#171; morale &#187; plus proche de son nombril que des r&#233;alit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On aurait pourtant tort de croire que Maduro et le PCV alli&#233; au chavisme sont isol&#233;s. Au contraire. Au sein de la famille se r&#233;clamant du marxisme, ils jouissent d'un fort appui. C'est bien devant le Parti communiste du Br&#233;sil (PCdoB) et avec son assentiment que le pr&#233;sident Luiz In&#225;cio Lula da Silva, d&#233;non&#231;ant la croissante pression am&#233;ricaine, d&#233;clare qu' &#171; aucun pr&#233;sident d'aucun pays ne doit dicter ce que seront le Venezuela et Cuba &#187;. Proche de la famille communiste, le Mouvement des sans terre (MST) non seulement soutient Caracas, mais collabore directement avec les Communes et le gouvernement de Maduro. Les d&#233;l&#233;gations &#8211; et non des moindres &#8211; ne manquent pas &#224; Caracas, que ce soit, &#224; haut niveau, pour des n&#233;gociations officielles ou, &#224; l'&#233;tage &#171; solidarit&#233; &#187;, lors des Congr&#232;s antifascistes r&#233;guli&#232;rement organis&#233;s : Partis communistes cubain, colombien, p&#233;ruvien, argentin, chinois, vietnamien, sud-cor&#233;en, philippin, n&#233;palais, sud-africain, espagnol, portugais, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Alors, conclut Griseldys Herrera, notre combat c'est d'expliquer aux autres que les &#8220;figueristes&#8221; ont cr&#233;&#233; une matrice d'opinion hors contexte en pr&#233;tendant &#234;tre des pers&#233;cut&#233;s politiques. En r&#233;alit&#233;, ils utilisent en permanence les installations du parti, et ils accusent le gouvernement d'&#234;tre fasciste, tout en s'exprimant librement et se d&#233;pla&#231;ant all&#233;grement dans tout le Venezuela. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Maurice Lemoine&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='[1] Lire &#171; Le P&#232;re Nobel est une ordure &#187; (14 octobre 2025) &#8211; [2] Lire (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Etre-communiste-au-Venezuela&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;medelu.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[1] Lire &#171; Le P&#232;re Nobel est une ordure &#187; (14 octobre 2025) &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Le-Pere-Nobel-est-une-ordure-3110&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.medelu.org/Le-Pere-Nobel-est-une-ordure-3110&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[2] Lire Thierry Deronne, &#171; Au Venezuela, Marx rencontre la commune, Bolivar&#8230; et la Guerre d'Espagne &#187; (26 octobre 2025) &#8211; &lt;a href=&#034;https://venezuelainfos.wordpress.com/2025/10/26/au-venezuela-marx-rencontre-la-commune-bolivar-et-la-guerre-despagne/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://venezuelainfos.wordpress.com/2025/10/26/au-venezuela-marx-rencontre-la-commune-bolivar-et-la-guerre-despagne/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;https://elcomun.es/2020/09/10/carta-a-los-partidos-comunistas-y-obreros-del-mundo-del-partido-comunista-de-venezuela/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://elcomun.es/2020/09/10/carta-a-los-partidos-comunistas-y-obreros-del-mundo-del-partido-comunista-de-venezuela/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[4] Aporrea, Caracas, 8 juillet 2021.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[5] N&#233;e en 1919, la Troisi&#232;me Internationale communiste ou Komintern vise &#224; exporter la r&#233;volution mondiale selon le mod&#232;le sovi&#233;tique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[6] El Nacional (pp. 15), Caracas, 17 octobre 1945.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[7] Gallegos vivra exil&#233; &#224; Cuba puis au Mexique jusqu'en 1958, ann&#233;e de son retour au Venezuela, o&#249; il r&#233;side jusqu'&#224; sa mort, en 1969.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[8] Jean Ulric, Venezuela, Petite plan&#232;te, Paris, 1966.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[9] Alberto Garrido, Guerrilla y conspiracion militar en Venezuela, Editorial venezolana, M&#233;rida, 1999.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[10] Xavier Calmettes, &#171; La r&#233;forme contre la r&#233;volution ? Les relations v&#233;n&#233;zolano-cubaines (1958-1961) &#187;, Revue interdisciplinaire de travaux sur les Am&#233;riques &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.revue-rita.com/notes-de-recherche6/xavier-calmettes.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.revue-rita.com/notes-de-recherche6/xavier-calmettes.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[11] Plus tard encore, de cette mouvance, surgira le Mouvement &#233;lectoral du peuple (MEP).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[12] Bidonvilles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[13] Th&#232;se d&#233;velopp&#233;e par Louis Constant in Avec Douglas Bravo dans les maquis v&#233;n&#233;zu&#233;liens, &#171; Dossiers partisans &#187;, Fran&#231;ois Maspero, Paris, 1968.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[14] Alberto Garrido, Guerrilla y conspiracion militar en Venezuela, op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[15] Les FARC se d&#233;finissent alors comme une organisation politico-militaire marxiste-l&#233;niniste d'inspiration bolivarienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[16] Avec Douglas Bravo dans les maquis v&#233;n&#233;zu&#233;liens, op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[17] Lire Thierry Deronne, &#171; Au Venezuela, renaissance et victoire du Parti communiste &#187; (17 juin 2025) &#8211; &lt;a href=&#034;https://venezuelainfos.wordpress.com/2025/06/17/au-venezuela-renaissance-et-victoire-du-parti-communiste/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://venezuelainfos.wordpress.com/2025/06/17/au-venezuela-renaissance-et-victoire-du-parti-communiste/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[18] Commandement Sud de l'arm&#233;e des Etats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[19] Marcel Niedergang, Les 20 Am&#233;riques latines, Seuil, Paris, 1969.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[20] &lt;a href=&#034;https://prensapcv.wordpress.com/2013/03/25/lealtad-historica-con-chavez-y-la-revolucion/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://prensapcv.wordpress.com/2013/03/25/lealtad-historica-con-chavez-y-la-revolucion/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[21] Ignacio Ramonet, Hugo Ch&#225;vez. Ma premi&#232;re vie, Galil&#233;e, Paris, 2015.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[22] Point n&#168;2 de la r&#233;solution politique du XIIIe Congr&#232;s (extraordinaire) de 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[23] Informe pol&#237;tico del 32 Pleno del CC, 16 y 17 de enero 2010.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[24] Le syst&#232;me &#233;lectoral permet de voter sp&#233;cifiquement pour l'un des partis qui appuie un candidat (PSUV, PCV, PPT, Tupamaros, etc.) ce qui permet, par addition, de conna&#238;tre le r&#233;sultat final du candidat, mais aussi le poids relatif de chacun des partis au sein de la coalition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[25] &lt;a href=&#034;https://prensapcv.wordpress.com/2013/03/25/lealtad-historica-con-chavez-y-la-revolucion/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://prensapcv.wordpress.com/2013/03/25/lealtad-historica-con-chavez-y-la-revolucion/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[26] Thierry Deronne, &#171; Au Venezuela, renaissance et victoire du Parti communiste &#187;, op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[27] &#171; Llaneros &#187; : des plaines (&#171; los llanos &#187;) ; &#171; andinos &#187; : des Andes ; &#171; orientales &#187; : de la r&#233;gion bord&#233;e par la Cara&#239;be, au nord-est du pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[28] Dans les statuts, un d&#233;l&#233;gu&#233; pour cinq cellules.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[29] &lt;a href=&#034;https://prensapcv.wordpress.com/wp-content/uploads/2023/07/tp_3040.pdf&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://prensapcv.wordpress.com/wp-content/uploads/2023/07/tp_3040.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[30] Entre autres, Tribuna Popular, 28 novembre 2023.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[31] M&#234;me France Info l'&#233;voquera, c'est dire que le secret &#233;tait largement &#233;vent&#233; ! &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.franceinfo.fr/monde/venezuela/venezuela-la-figure-de-l-opposition-enrique-marquez-detenue-arbitrairement-affirme-sa-coalition_7001837.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.franceinfo.fr/monde/venezuela/venezuela-la-figure-de-l-opposition-enrique-marquez-detenue-arbitrairement-affirme-sa-coalition_7001837.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[32] &lt;a href=&#034;https://www.aporrea.org/tiburon/n411346.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.aporrea.org/tiburon/n411346.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[33] Neirlay Andrade (PCV) : &#171; Los venezolanos estamos hoy entre dos espadas &#187;, Contrapunto, 30 octobre 2025 &#8211; &lt;a href=&#034;https://contrapunto.com/entrevistas-ctp/neirlay-andrade-los-venezolanos-estamos-hoy-entre-dos-espadas/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://contrapunto.com/entrevistas-ctp/neirlay-andrade-los-venezolanos-estamos-hoy-entre-dos-espadas/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[34] Lire &#171; Communes et communards du Venezuela &#187; (6 janvier 2025) &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Communes-et-communards-du-Venezuela&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.medelu.org/Communes-et-communards-du-Venezuela&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[35] &lt;a href=&#034;https://www.pcrf-ic.fr/Soutenons-la-presse-ouvriere-au&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.pcrf-ic.fr/Soutenons-la-presse-ouvriere-au&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[36] Organisation n&#233;e de la fusion, en 2024, de l'Association nationale des communistes (ANC) et du Rassemblement communiste (RC).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le P&#232;re Nobel est une ordure</title>
		<link>http://www.acca.1901.org/spip.php?article231</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Lemoine</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dilemme pour les cinq distingu&#233;s membres du jury du Prix Nobel de la Paix. Ils sont dans la derni&#232;re &#233;tape d'un processus entam&#233; il y a plusieurs mois. Le testament d'Alfred Nobel stipule qu'ils doivent r&#233;compenser &#171; la personnalit&#233; ou la communaut&#233; ayant le plus ou le mieux contribu&#233; au rapprochement des peuples, &#224; la suppression ou &#224; la r&#233;duction des arm&#233;es permanentes, &#224; la r&#233;union et &#224; la propagation des progr&#232;s pour la paix &#187;. Au d&#233;part, 338 concurrents &#233;taient en lice : 224 personnalit&#233;s et 94 (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dilemme pour les cinq distingu&#233;s membres du jury du Prix Nobel de la Paix. Ils sont dans la derni&#232;re &#233;tape d'un processus entam&#233; il y a plusieurs mois. Le testament d'Alfred Nobel stipule qu'ils doivent r&#233;compenser &#171; la personnalit&#233; ou la communaut&#233; ayant le plus ou le mieux contribu&#233; au rapprochement des peuples, &#224; la suppression ou &#224; la r&#233;duction des arm&#233;es permanentes, &#224; la r&#233;union et &#224; la propagation des progr&#232;s pour la paix &#187;. Au d&#233;part, 338 concurrents &#233;taient en lice : 224 personnalit&#233;s et 94 organisations. La liste en est tenue secr&#232;te. Mais le monde entier en conna&#238;t au moins un. Le magicien de la paix, le grand ordonnateur des accords qui ne marchent pas. Donald Trump. S'ils ne l'honorent pas, une temp&#234;te de d&#233;sagr&#233;ments s'annonce sur les &#233;crans radar. Il est capable d'envoyer la Garde nationale US occuper Oslo. Peut-&#234;tre conviendrait-il de trouver une solution astucieuse. Par exemple : octroyer le prix &#224; l'un de ses proches, un alli&#233; id&#233;ologique et politique, un complice en turpitudes, un associ&#233; en abjections. Lui offrir, en quelque sorte, un lot de consolation.&lt;br class='autobr' /&gt;
A moins que le P&#232;re Nobel ne soit tout simplement stupide. Ou irresponsable. Ou d&#233;go&#251;tant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peu importe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faute de r&#233;compenser un homme capable de d&#233;lirer &#171; personne dans l'Histoire n'a jamais [comme moi] r&#233;solu huit guerres en l'espace de neuf mois &#187;, ils offrent leur breloque &#224; une femme qui a tout fait pour en d&#233;clencher une &#8211; et n'a pas r&#233;ussi. Mais n'a aucunement l'intention de renoncer &#224; son conflit arm&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En cons&#233;quence&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;source &lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Le-Pere-Nobel-est-une-ordure-3110&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;medelu.org&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
repris sur legrandsoir.info&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le prix Nobel de la paix a &#233;t&#233; attribu&#233; vendredi 10 octobre &#224; la cheffe de l'opposition v&#233;n&#233;zu&#233;lienne Maria Corina Machado pour ses efforts &#171; en faveur d'une transition juste et pacifique de la dictature &#224; la d&#233;mocratie &#187;. Doctement, le directeur de l'ONG Pen Norway et pr&#233;sident du comit&#233; Nobel, J&#248;rgen Watne Frydnes, a comment&#233; : &#171; Maria Corina Machado est l'un des exemples les plus extraordinaires de courage civique en Am&#233;rique latine ces derniers temps. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Machado est n&#233;e avec une cuill&#232;re d'argent dans la bouche. Au sein de l'oligarchie. Passons. On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille &#8211; le probl&#232;me n'est pas l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A moins que&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le pr&#233;sident socialiste Hugo Ch&#225;vez, en 2010, a nationalis&#233; une partie de l'entreprise sid&#233;rurgique de papa &#8211; Sivensa.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais d&#232;s le11 avril 2002, lors du coup d'Etat contre Ch&#225;vez, Machado fait partie de la joyeuse cohorte qui signe le d&#233;cret &#233;mis par le pr&#233;sident de facto, le patron des patrons Pedro Carmona. Qu'est-ce qu'on s'amuse ! Le d&#233;cret dissout l'Assembl&#233;e nationale et tous les corps constitu&#233;s. &#171; Boss &#187; des Etats-Unis, le sympathique pr&#233;sident George W. Bush reconna&#238;t imm&#233;diatement Carmona. Le contraire eut &#233;t&#233; &#233;tonnant. Il a un peu aid&#233; l'op&#233;ration en sous-main.&lt;br class='autobr' /&gt;
.../...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;voir l'article complet sur le site &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Le-Pere-Nobel-est-une-ordure-3110&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;medelu.org&lt;/a&gt; c'est plus facile &#224; lire ET voir les illustrations !&lt;br class='autobr' /&gt;
du tr&#232;s bon Maurice LEMOINE !!!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;les derniers paragraphes :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 1er octobre, juste avant d'&#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;e et encens&#233;e, Machado, sur Fox News, d&#233;clarait encore que &#171; les V&#233;n&#233;zu&#233;liens devraient &#234;tre reconnaissants &#187; si Trump bombardait le Venezuela.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi le flot des f&#233;licitations qui ont suivi la spectaculaire r&#233;compense, est arriv&#233;e celle du pr&#233;sident fran&#231;ais Emmanuel Macron. &#171; Dans ces temps de p&#233;rils pour la libert&#233; de plus en plus menac&#233;e, a fait savoir celui qui, entre deux Lecornu, postule avec obstination pour le prix Nobel du Comique, Maria Corina Machado incarne avec &#233;clat l'esp&#233;rance de tout un peuple, un id&#233;al universel. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus au fait des r&#233;alit&#233;s du monde, le chef de l'Etat colombien Gustavo Petro s'est directement adress&#233; &#224; Machado : &#171; Avec tout le respect que je vous dois, inciter Netanyahou &#224; agir en faveur du Venezuela n'aidera pas le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Cela ne peut qu'entra&#238;ner un g&#233;nocide contre le peuple et une agression arm&#233;e et internationale ill&#233;gale contre votre pays [7]. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Je suis en &#233;tat de choc, je n'arrive pas &#224; y croire &#187;, a confi&#233; Mar&#237;a Corina Machado en apprenant sa nomination. Elle n'est pas la seule. Partout, ceux qui ont encore une cervelle se d&#233;solent, s'emportent, vomissent, serrent les poings, crachent leur col&#232;re et leur indignation. M&#234;me Trump exprime sa stup&#233;faction. Quelques minutes apr&#232;s l'attribution du prix &#224; (celle dont on ne sait pas si elle va demeurer) son amie, il a affirm&#233; que le comit&#233; avait fait passer &#171; la politique avant la paix &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, presque tout le monde est d'accord.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelque chose de pourri au Royaume de Norv&#232;ge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Le-Pere-Nobel-est-une-ordure-3110&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;medelu.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dans les entrailles de l'USAID</title>
		<link>http://www.acca.1901.org/spip.php?article208</link>
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		<dc:creator>Maurice Lemoine</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Ton ami n'est pas celui qui t'aide quand tu as des ennuis, c'est celui qui t'&#233;vite d'en avoir. &#187; Jean-Claude Belfiore, Paradis du crime, 1986&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore un superbe article de Maurice Lemoine. On vous propose l'introduction ci-dessous et recommandons la lecture sur le site d'origine SOURCE https://www.medelu.org/Dans-les-entrailles-de-l-USAID&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux Etats-Unis, il arrive toujours un moment o&#249; l'envie de remettre le cirque en route a sonn&#233;. En apparence sans cadre th&#233;orique ni doctrinal, prenant forme en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ton ami n'est pas celui qui t'aide quand tu as des ennuis,&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est celui qui t'&#233;vite d'en avoir. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Claude Belfiore,&lt;br class='autobr' /&gt;
Paradis du crime, 1986&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Encore un superbe article de Maurice Lemoine. &lt;br class='autobr' /&gt;
On vous propose l'introduction ci-dessous et recommandons la lecture sur le site d'origine&lt;br class='autobr' /&gt;
SOURCE &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Dans-les-entrailles-de-l-USAID&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.medelu.org/Dans-les-entrailles-de-l-USAID&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Dans-les-entrailles-de-l-USAID&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;https://www.medelu.org/Dans-les-ent...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, il arrive toujours un moment o&#249; l'envie de remettre le cirque en route a sonn&#233;. En apparence sans cadre th&#233;orique ni doctrinal, prenant forme en avan&#231;ant, les m&#233;canismes mis en &#339;uvre par Donald Trump d&#233;fient effectivement l'orthodoxie. Guerre commerciale avec la Chine, le Mexique et le Canada, humiliation publique de Volodimir Zelensky, razzia sur les mati&#232;res premi&#232;res de l'Ukraine, m&#233;pris affich&#233; pour l'Union europ&#233;enne, menaces sur le Groenland ou le Panam&#225;, sanctions aggrav&#233;es pour la R&#233;publique bolivarienne du Venezuela&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rien d'autre ? Si, bien s&#251;r ! En interne, l'annonce d'un cataclysme. Une purge politique de l'administration f&#233;d&#233;rale, jug&#233;e trop dispendieuse et inf&#233;od&#233;e aux d&#233;mocrates. Des milliers de contractuels et d'agents f&#233;d&#233;raux se retrouvent &#224; la rue &#8211; y compris au sein du D&#233;partement de la Justice ou de secteurs sensibles du Pentagone et du FBI. Voil&#224;. L'impr&#233;visible. Un monde s'&#233;croule, r&#232;gles &#224; la d&#233;rive, codes annul&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'il est bien &#233;duqu&#233;, le dogue allemand n'est pas plus agressif que les autres chiens. En revanche, le DOGE am&#233;ricain s'apparente au pit-bull : un animal dangereux repr&#233;sentant un p&#233;ril grave et imm&#233;diat. Pour mener le carnage, Donald Trump a confi&#233; au ploutocrate Elon Musk, l'un de ses soutiens cl&#233;s durant la campagne &#233;lectorale, la direction du D&#233;partement de l'efficacit&#233; gouvernementale, le DOGE en question. Celui-ci mord tr&#232;s fort : 2,3 millions de fonctionnaires sont dans un premier temps incit&#233;s &#224; d&#233;missionner en b&#233;n&#233;ficiant d'une compensation salariale jusqu'en septembre. Qu'ils refusent ce plan de d&#233;part et le pire leur arrivera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Agence des Etats-Unis pour le d&#233;veloppement international (USAID) a ouvert le bal. Supervis&#233;e par le Pr&#233;sident, le D&#233;partement d'Etat et le Conseil de s&#233;curit&#233; nationale (NSC), elle est pr&#233;sente dans plus de cent pays et compte pr&#232;s de 10 000 employ&#233;s. D&#232;s le 26 janvier, Trump a annonc&#233; &#171; une r&#233;&#233;valuation et un r&#233;alignement de l'aide &#233;trang&#232;re &#233;tatsunienne &#187;, affirmant devant la presse qu'elle a &#233;t&#233; dirig&#233;e &#171; par une poign&#233;e de lunatiques radicaux &#187;. Pour Musk, qui la consid&#232;re comme une organisation criminelle, &#171; un nid de vip&#232;res radicales-marxistes d&#233;testant l'Am&#233;rique &#187;, il est temps que meure cette institution. De fait, son si&#232;ge situ&#233; &#224; Washington, le Ronald Reagan Building (RRB), a &#233;t&#233; ferm&#233; le 3 f&#233;vrier et ses activit&#233;s ont &#233;t&#233; suspendues pour 90 jours. A l'exception de 611 fonctionnaires essentiels, responsable des fonctions critiques, de la direction centrale et de programmes sp&#233;cialement d&#233;sign&#233;s, tous les employ&#233;s ont &#233;t&#233; plac&#233;s en cong&#233; administratif dans le monde entier. En attendant une r&#233;duction d'effectifs qui devrait affecter environ 2000 d'entre eux aux Etats-Unis, les agents &#171; mis au repos &#187; &#224; Washington n'ont eu droit qu'&#224; quinze minutes pour r&#233;cup&#233;rer leurs affaires personnelles au RRB. Le m&#233;pris &#233;lev&#233; &#224; la hauteur d'un art, au pays de la libert&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Insanit&#233; et d&#233;raison, l'affaire d'embl&#233;e fait grand bruit. Le budget de l'USAID a atteint 44 milliards de dollars en 2024. D'apr&#232;s le Service de suivi financier (FTS) du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), les Etats-Unis avaient allou&#233; 327,4 millions de dollars au seul &#171; financement humanitaire &#187; dans le monde entier pour 2025. Or, dans de multiples pays, imm&#233;diatement apr&#232;s l'ordre ex&#233;cutif sign&#233; dans le Bureau Ovale, entit&#233;s internationales, gouvernements, organisations non gouvernementales (ONG), fournisseurs de biens et de services ont &#233;t&#233; avis&#233;s de la suspension du financement des programmes en cours ou pr&#233;vus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En France, dans une vertueuse chronique publi&#233;e par le quotidien Le Monde (25 f&#233;vrier), Najat Vallaud-Belkacem et Guillaume Gonin s'insurgent &#8211; &#171; L'USAID apporte nourriture, eau et soins aux victimes des catastrophes naturelles et de malnutrition &#187; &#8211; rappelant, pour expliciter leur propos, &#171; comment Ebola fut en grande partie contenu gr&#226;ce &#224; la politique de pr&#233;vention et de traitement de l'Agence &#187;. D'autres s'inqui&#232;tent publiquement de l'interruption des financements apport&#233;s aux activit&#233;s de la Commission interam&#233;ricaine des droits de l'homme (CIDH), aux op&#233;rations a&#233;riennes anti-drogue de la police colombienne, &#224; l'accueil des V&#233;n&#233;zu&#233;liens ayant cherch&#233; refuge au Br&#233;sil ou aux programmes de substitution de la culture de coca dans plusieurs pays d'Am&#233;rique du Sud, pour ne citer que quelques exemples &#233;difiants. .../...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;c'est long mais &#224; lire in extenso&lt;/p&gt; &lt;p&gt;SOURCE &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Dans-les-entrailles-de-l-USAID&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.medelu.org/Dans-les-entrailles-de-l-USAID&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Dans-les-entrailles-de-l-USAID&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;https://www.medelu.org/Dans-les-ent...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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