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	<title>Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui</title>
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	<description>L'association a pour but de d&#233;noncer les tentatives actuelles et r&#233;centes de recolonisation du monde, par l'agression &#233;conomique, culturelle et militaire ainsi que de d&#233;noncer les m&#233;faits du colonialisme ancien.</description>
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		<title>Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui</title>
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		<title>Le retaillisme, maladie s&#233;nile de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise, par Alain Ruscio</title>
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		<dc:creator>Alain RUSCIO</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le ministre Retailleau se situe dans une longue tradition &#171; Alg&#233;rie fran&#231;aise &#187; de la droite hexagonale pour laquelle, depuis 1962, l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante ne saurait &#234;tre l&#233;gitime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant 124 ans, jusqu'&#224; la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954 &#8211; d&#233;but de la guerre d'ind&#233;pendance &#8211; la grande majorit&#233; des Fran&#231;ais ont v&#233;cu dans une douce illusion, de &#171; La France, quoi qu'il arrive, n'abandonnera pas l'Alg&#233;rie &#187; (Charles de Gaulle, 18 ao&#251;t 1947)1 &#224; &#171; Les d&#233;partements d'Alg&#233;rie [&#8230;] sont fran&#231;ais depuis (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le ministre Retailleau se situe dans une longue tradition &#171; Alg&#233;rie fran&#231;aise &#187; de la droite hexagonale pour laquelle, depuis 1962, l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante ne saurait &#234;tre l&#233;gitime.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant 124 ans, jusqu'&#224; la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954 &#8211; d&#233;but de la guerre d'ind&#233;pendance &#8211; la grande majorit&#233; des Fran&#231;ais ont v&#233;cu dans une douce illusion, de &#171; La France, quoi qu'il arrive, n'abandonnera pas l'Alg&#233;rie &#187; (Charles de Gaulle, 18 ao&#251;t 1947)1 &#224; &#171; Les d&#233;partements d'Alg&#233;rie [&#8230;] sont fran&#231;ais depuis longtemps et d'une mani&#232;re irr&#233;vocable &#187; (Pierre Mend&#232;s France, 12 novembre 1954)2. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cent vingt-quatre ans, et m&#234;me un peu plus, puisque ce m&#234;me de Gaulle fut bel et bien port&#233; au pouvoir en mai 1958 par ses amis &#8211; parmi lesquels des parachutistes bien d&#233;cid&#233;s &#224; fondre sur Paris &#8211; de la mouvance Alg&#233;rie fran&#231;aise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Seulement voil&#224; : le G&#233;n&#233;ral, comme l'appelaient et l'appellent toujours ses thurif&#233;raires, &#233;tait un homme d'&#201;tat. S'il tenta de r&#233;former la situation coloniale (plan de Constantine) et de briser la r&#233;sistance du peuple alg&#233;rien (offensive meurtri&#232;re Challe), il dut se rendre vite &#224; la raison : l'ind&#233;pendance &#233;tait in&#233;luctable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;source &lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/le-retaillisme-maladie-senile-de-lalgerie-francaise-par-alain-ruscio/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;histoirecoloniale.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une litt&#233;rature abondante existe sur l'&#233;volution rapide des conceptions alg&#233;riennes du g&#233;n&#233;ral de Gaulle apr&#232;s mai 1958. De Gaulle lui-m&#234;me a donn&#233; une indication sur un petit fait qui eut de grandes cons&#233;quences. Fin ao&#251;t 1959, il fait un n.i&#232;me voyage en Alg&#233;rie. R&#233;cit : &#171; Dans un village kabyle, que l'on me faisait visiter et dont, manifestement, on s'effor&#231;ait qu'il soit un mod&#232;le, mon entr&#233;e &#224; la maison commune &#233;tait salu&#233;e de vivats, la municipalit&#233; se confondait en hommages, les enfants de l'&#233;cole entonnaient &#8220;La Marseillaise&#8220;. Mais, au moment o&#249; j'allais partir, le secr&#233;taire de mairie musulman, m'arr&#234;tait, courb&#233; et tremblant, pour murmurer : &#8220;Mon g&#233;n&#233;ral, ne vous y laissez pas prendre ! Tout le monde, ici, veut l'ind&#233;pendance&#8220; &#187;3. Le pr&#233;sident n'&#233;tait pas homme &#224; fixer son opinion sur une seule impression. Il est cependant probable qu'il eut confirmation, &#224; l'occasion de cette visite, de l'in&#233;luctabilit&#233; de la prise de distance entre France et Alg&#233;rie : si &#171; tout le monde &#187; (ou en tout cas une forte majorit&#233;) voulait l'ind&#233;pendance, &#224; quoi bon poursuivre un effort qui, militairement, nous assurerait longtemps encore une domination, mais qui aboutirait, plusieurs ann&#233;es (de souffrances et de deuils) plus tard, au m&#234;me r&#233;sultat ? Cet &#233;pisode trop oubli&#233; pr&#233;c&#233;da de deux semaines le discours dit de l'autod&#233;termination du 16 septembre 1959, v&#233;ritable tournant de la politique gaulliste sur la question alg&#233;rienne &#8211; et donc du cours total de la guerre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ce discours, ainsi que les actes qui suivirent et aboutirent aux accords sign&#233;s &#224; &#201;vian reconnaissant l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie, eurent &#233;galement un effet majeur sur la vie politique fran&#231;aise, effet que l'on ressent encore aujourd'hui. Une partie, majoritaire, de la mouvance gaulliste, dont les barons (&#224; la seule exception de Debr&#233;, voir infra) suivirent, accompagn&#232;rent et justifi&#232;rent cette &#233;volution. Mais, tr&#232;s vite, des dissidents du gaullisme (Soustelle en &#233;tant la figure de proue), ou des hommes de le vieille droite (Bidault, accroch&#233; &#224; l'Alg&#233;rie comme il l'avait &#233;t&#233; &#224; l'Indochine et au Maroc) s'y oppos&#232;rent de plus en plus farouchement. L'extr&#234;me droite, qui avait commenc&#233; &#224; relever la t&#234;te durant la guerre d'Indochine, r&#233;occupa le terrain avec de plus en plus d'&#233;nergie, d&#233;bouchant sur la violence absolue des deux c&#244;t&#233;s de la M&#233;diterran&#233;e (crimes de l'OAS).&lt;br class='autobr' /&gt;
La faille entre les gaullistes et les &#171; ultras &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est de ce moment que date la faille qui s&#233;para gaullistes et ultras, faille qui devint bient&#244;t un gouffre. Rarement homme de droite fut plus vilipend&#233;, insult&#233;, ha&#239; m&#234;me que de Gaulle de la part de ses anciens partisans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette opposition s'installa au sein m&#234;me du gouvernement d'alors. L'opposition de Michel Debr&#233; aux &#233;volutions du G&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; connue dans le cours m&#234;me des &#233;v&#233;nements. Mais, fid&#232;le &#224; de Gaulle plus qu'&#224; ses pens&#233;es profondes, Debr&#233; ravala son amertume (le Canard encha&#238;n&#233; l'avait affubl&#233; du sobriquet L'amer Michel) et accepta &#201;vian, avant de quitter Matignon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il est une autre opposition qui s'agita, plus secr&#232;te, plus hypocrite, mais aussi plus dangereuse, car li&#233;e aux &#233;l&#233;ments les plus actifs &#8211; les plus activistes &#8211; de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise : celle de Val&#233;ry Giscard d'Estaing4. L'homme &#233;tait jeune, brillant, et entamait alors une carri&#232;re politique fulgurante. Bien que non gaulliste (membre su Centre national des Ind&#233;pendants d'Antoine Pinay et de Paul Reynaud, qui se situait sans r&#233;serve &#224; la droite de la droite parlementaire), il fut membre contin&#251;ment des gouvernements d&#232;s le d&#233;but de la V&#232; R&#233;publique. Une rumeur sur une tendresse, pour ne pas dire plus, de Giscard pour l'OAS, courut dans le monde politique et sans doute journalistique d&#232;s le d&#233;but de la d&#233;cennie 1960, lanc&#233;e par une extr&#234;me droite trop heureuse de jeter la zizanie chez ses adversaires. Avant donc de devenir publique, l'accusation courait d&#233;j&#224; dans les milieux bien inform&#233;s. C'&#233;tait devenu un sujet de conversation fr&#233;quent : place Beauvau, o&#249; les gaullistes &#233;taient seuls ma&#238;tres &#224; bord depuis l'arriv&#233;e de Frey, en mai 1961, le jeune ministre &#233;tait m&#234;me une cible r&#233;guli&#232;re5. Avait-il une fiche ? C'est assez probable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans des documents savamment distill&#233;s, on commen&#231;a &#224; &#233;voquer avec insistance un myst&#233;rieux agent 12 A &#8211; ce qui signifiait : premier informateur de l'&#233;quipe n&#176; 12 de l'OAS-M&#233;tropole &#8211; on laissa entendre qu'il pouvait bien s'agir d'un collaborateur direct du jeune ministre. Un nom fut avanc&#233; : Michel Poniatowski, directeur de Cabinet et homme de confiance du ministre, quasiment son double. Celui qui devint ensuite Ponia &#233;tait en relations directes avec des &#233;l&#233;ments de l'OAS et de la droite extr&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s &#201;vian, le pire, pour le jeune ministre, &#233;tait &#224; venir. Car son nom, cette fois, fut rendu public. En janvier 1963, le proc&#232;s de Bastien-Thiry et de son commando du Petit-Clamart devait se tenir. Me Isorni (qui avait d&#233;fendu P&#233;tain) fut l'avocat du principal accus&#233;. D&#232;s le premier jour, il &#233;voqua &#171; l'amiti&#233; fervente qu'avait un ministre pour l'OAS &#187;, amiti&#233; qui avait amen&#233; celui-ci &#224; faire parvenir &#224; l'organisation des &#171; renseignements &#187;6. Vint le tour du principal accus&#233; de ce proc&#232;s, Bastien-Thiry. L'homme, un intellectuel, avait r&#233;dig&#233; lui-m&#234;me une longue d&#233;claration pr&#233;sentant son argumentaire. Apr&#232;s une justification de son combat, il affirma que &#171; deux ministres en exercice et probablement trois &#187; entretenaient des rapports avec l'OAS7. Il n'avan&#231;a qu'un nom : &#171; Le nom de ministre que je veux citer, c'est le ministre l'actuel gouvernement qui est &#224; la fois un polytechnicien et inspecteur des Finances, c&#8216;est-&#224;-dire M. Val&#233;ry Giscard d'Estaing, actuellement ministre des Finances &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par la suite, le trouble, chez les barons du gaullisme, ne cessa pas. Alors que la guerre d'Alg&#233;rie s'&#233;loignait, l'affaire Giscard fit m&#234;me l'objet en janvier 1963 d'une r&#233;union sp&#233;ciale, place Beauvau, chez Roger Frey. Georges Pompidou, devenu Premier ministre, dut mettre son autorit&#233; dans la balance pour demander aux ministres pr&#233;sents &#8211; dont la liste n'est pas connue &#8211; de ne pas ajouter foi aux accusations contre le jeune ministre des Finances8.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En conclusion sur cette question, et sans tomber dans la th&#233;orie du complot, l'hypoth&#232;se d'une cha&#238;ne d'informations reliant Giscard, directement ou non, &#224; l'OAS, via Poniatowski, puis Regard, para&#238;t assez plausible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans oublier les faits post&#233;rieurs : les liens av&#233;r&#233;s de Giscard avec les ex de l'OAS avant m&#234;me la campagne pr&#233;sidentielle de 1974.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#244;le de Val&#233;ry Giscard d'Estaing et de Michel Poniatowski&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Michel Poniatowski rencontra &#224; quelques reprises Pierre Sidos, le patron de Jeune Nation9. Du c&#244;t&#233; des ex-OAS, l'homme-cl&#233; fut Hubert Bassot, nagu&#232;re directeur du journal L'Esprit public, entr&#233; dans l'entourage de Giscard d&#232;s 1968. La campagne de 1974 marqua la r&#233;int&#233;gration dans la vie politique pr&#233;sentable des politiciens rou&#233;s de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise et / ou de l'OAS, Alain Griotteray, Hubert Bassot, Pierre Sergent10, etc. Ce dernier, amnisti&#233; depuis peu, si&#233;gea au QG de Giscard, dans la tour Montparnasse, plus pr&#233;cis&#233;ment dans le bureau habituel de Michel d'Ornano, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des R&#233;publicains Ind&#233;pendants11. Georges Bidault, lui aussi de retour apr&#232;s l'amnistie, appela &#233;galement &#224; voter Giscard, l'hebdomadaire Minute fit campagne pour cet homme nouveau, symbole de l'&#233;chec d'un gaullisme ex&#233;cr&#233;12. Comme par hasard, c'est &#233;galement &#224; cette &#233;poque qu'Alain Madelin, G&#233;rard Longuet et Claude Goasguen abandonn&#232;rent leurs engagements virils d'Ordre nouveau pour entamer une carri&#232;re dans le giscardisme qui les fera ministres respectables13.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Outre Ponia, un fid&#232;le du giscardisme d&#233;sormais pr&#233;sidentiel joua un grand r&#244;le dans cette redistribution des cartes : Jacques Dominati14 Il avait &#233;t&#233; d&#232;s sa jeunesse un militant RPF. Mais durant la guerre d'Alg&#233;rie, il refusa obstin&#233;ment l'&#233;volution du G&#233;n&#233;ral, ce qui lui valut l'exclusion de l'UNR, le parti gaulliste. Il &#233;tait alors d&#233;j&#224; li&#233; &#224; Jean-Marie Le Pen au sein de la Corpo de Droit, plus connue comme rassemblement de cogneurs que comme mouvement universitaire. Ses liens avec Le Pen ne se d&#233;mentirent pas. Dominati fut m&#234;me le parrain de sa fille a&#238;n&#233;e, Marie-Caroline, n&#233;e en 1960. Il &#233;tait un intime des r&#233;ceptions dans la somptueuse villa de Montretout jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 198015. Dominati eut comme chefs de cabinet deux ardents partisans de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise : de 1974 &#224; 1976, Jean-Marie Le Chevallier16, puis en 1977-1978 G&#233;rard Longuet. Pendant plusieurs ann&#233;es, ces hommes seront les traits d'union entre giscardiens et lep&#233;nistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En avril 1977, Dominati fut nomm&#233; officiellement par Barre (mais chacun savait que Giscard d&#233;cidait alors de tout), secr&#233;taire d'&#201;tat aux rapatri&#233;s. Choix pass&#233; inaper&#231;u &#224; l'&#233;poque, mais lourd de cons&#233;quences : les gens bien inform&#233;s savaient tr&#232;s bien quelle &#233;tait la signification politique de cette nomination : Giscard avait envoy&#233; un signe aux nostalg&#233;riques : il est temps de sortir publiquement de votre ghetto. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1980 : c&#233;r&#233;monie et monument &#224; Toulon &#224; la gloire de l'OAS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En tout cas, trois ans plus tard, Dominati sera l'homme par qui le scandale public arriva17. En juin 1980, il repr&#233;senta &#224; Toulon le gouvernement &#224; une c&#233;r&#233;monie dite du Souvenir, en fait une d&#233;fense et illustration de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise. La date n'avait pas &#233;t&#233; choisie par hasard : c'&#233;tait le 150 &#232; anniversaire du d&#233;barquement &#224; Sidi-Ferruch (1830). Avait &#233;t&#233; &#233;rig&#233; au c&#339;ur de la ville un dr&#244;le de monument, &#171; d'environ deux m&#232;tres de haut sur six m&#232;tres de large &#187; sur lequel figuraient les mots &#171; L'Alg&#233;rie fran&#231;aise. &#192; tous ceux, Europ&#233;ens et musulmans, qui, souvent au prix de leur vie, ont pacifi&#233;, fertilis&#233; et d&#233;fendu sa terre. 1830-1962 &#187;. Au pied de ce mur, une silhouette, &#171; un bas-relief repr&#233;sente un parachutiste couch&#233;, dont les &#233;paulettes sont arrach&#233;es, et on lit la formule &#8220;Pour une parole donn&#233;e&#8220; (allusion &#224; la promesse de garder l'Alg&#233;rie fran&#231;aise). Beaucoup ont reconnu dans ce parachutiste Roger Degueldre, lieutenant du 1er r&#233;giment &#233;tranger de parachutistes, d&#233;serteur, cr&#233;ateur des commandos Delta de l'OAS, condamn&#233; &#224; mort par la Cour de s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat et fusill&#233; au fort d'Ivry, le 6 juillet 1962 &#187;18. Tous les repr&#233;sentants de la droite r&#233;gionale, ce jour-l&#224;, avaient fait le voyage : outre le maire de Toulon, Maurice Arreckx &#8211; qui avait donn&#233; le terrain &#8211; on nota la pr&#233;sence des jeunes loups nouvellement &#233;lus Fran&#231;ois L&#233;otard et Jean-Claude Gaudin, enfin du maire de Nice, Jacques M&#233;decin19. Mais le puissant symbole &#233;tait surtout la pr&#233;sence massive de putschistes d'avril 1961 et d'anciens membres de l'OAS, &#224; la retraite en tant qu'activistes criminels, mais pas en tant qu'id&#233;ologues. Une foule de 3 000 personnes, essentiellement des Pieds-noirs, retrouva avec &#233;motion Edmond Jouhaud &#8211; qui pr&#233;sida la c&#233;r&#233;monie &#8211;, mais aussi Pierre Sergent, les colonels Argoud et Garde, Jo Ortiz, et d'une femme &#233;prouv&#233;e, la fille de Jean-Marie Bastien-Thiry. Cette c&#233;r&#233;monie donna lieu &#224; deux discours. Celui du secr&#233;taire d'&#201;tat aux rapatri&#233;s fut souvent interrompu par des cris hostiles de la foule &#8211; qui ne comprit pas imm&#233;diatement que Dominati &#233;tait de fait un alli&#233; &#8211;, puis par celui d'Edmond Jouhaud : &#171; Comment ne pas penser &#224; nos camarades de la m&#233;tropole qui, avec courage et r&#233;solution, se sont engag&#233;s dans la lutte men&#233;e pour l'Alg&#233;rie fran&#231;aise ? Ils ont connu la s&#233;v&#232;re vie des clandestins. Ils ont eu des camarades de combat arr&#234;t&#233;s, et parmi eux le colonel Bastien Thiry, qui fit le sacrifice de sa vie &#187;. Puis il salua &#171; la m&#233;moire de trois camarades de prison ex&#233;cut&#233;s sur ordre du gouvernement fran&#231;ais : Degueldre, Piegts et Dovecar20, fusill&#233;s le 7 juin1962 &#8230;Ils sont tomb&#233;s au champ d'honneur &#187;.21&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le lendemain, 18 juin, date symbolique pour les gaullistes s'il en est, une s&#233;ance houleuse a lieu &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Les d&#233;put&#233;s RPR, tr&#232;s remont&#233;s, conspuent Dominati. Pierre Messmer qualifie cet &#233;pisode de &#171; scandale &#187; et de &#171; provocation &#187;. Dominati, qui tente de s'expliquer, est accueilli par des cris de &#171; D&#233;mission ! d&#233;mission ! &#187; venant des bancs du RPR, mais aussi bien s&#251;r de ceux de la gauche. 22&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Strat&#233;gie ? Politique de la porte entr'ouverte ? Toujours est-il que la pr&#233;sence minist&#233;rielle de juin 1980 sembla lib&#233;rer une partie de la droite d'un complexe et ouvrit une &#232;re de franche coop&#233;ration avec les partisans les plus farouches de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chez tous, la m&#234;me th&#233;matique, la m&#234;me hargne, synth&#233;tis&#233;e des ann&#233;es plus tard par le pamphl&#233;taire Georges-Marc Benamou : &#171; La d&#233;colonisation n'a pas eu lieu ; de Gaulle a &#8220;d&#233;gag&#233;&#8220; &#8211; l'expression est de lui. La l&#233;gende nous a vendu un &#8220;visionnaire&#8220; ; le g&#233;n&#233;ral-pr&#233;sident fut, h&#233;las, un pi&#232;tre n&#233;gociateur. Et si mal avis&#233;, comme on commence &#224; le d&#233;couvrir aujourd'hui. Si l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie &#233;tait &#233;videmment in&#233;luctable, sinon souhaitable, elle a &#233;t&#233; accomplie par de Gaulle dans l'impr&#233;vision, le l&#226;chage des deux populations, l'abandon &#224; un clan des richesses mini&#232;res du Sahara, la manipulation et &#8211; toujours &#8211; le mensonge, bref dans les pires conditions possibles [&#8230;]. De Gaulle renonce &#224; vraiment d&#233;coloniser. Il choisit alors de larguer l'Alg&#233;rie ; pas de la conduire &#224; l'ind&#233;pendance &#187;23.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'est-ce &#224; dire, sinon que l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie est catalogu&#233;e d&#233;finitivement comme ill&#233;gitime ? Si elle a &#233;t&#233; &#171; largu&#233;e &#187;, une autre politique &#233;tait possible. Laquelle ? On peut deviner. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le discours de Retailleau sur l'Alg&#233;rie rel&#232;ve d'une tradition fran&#231;aise toujours vivace&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les observateurs de la vie politique fran&#231;aise qui ont cru discerner dans le discours de Bruno Retailleau &#224; l'&#233;gard de l'Alg&#233;rie une nouveaut&#233; se sont donc lourdement tromp&#233;s. En fait le locataire de la place Beauvau se situe dans la droite ligne d'une tradition fran&#231;aise h&#233;las toujours vivace : le refus obstin&#233;, contre vents et mar&#233;es, contre l'&#233;vidence m&#234;me, contre ce qu'il est convenu d'appeler le cours de l'histoire, de l'ind&#233;pendance d'un &#233;tat alg&#233;rien au sud de la M&#233;diterran&#233;e. Leur combat est certes d'arri&#232;re-garde et &#233;videmment perdu, mais il est un obstacle r&#233;el &#224; la compr&#233;hension, &#224; l'entente et &#224; la r&#233;conciliation entre France et Alg&#233;rie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 9 avril 1955, Fran&#231;ois Mauriac, qui n'avait rien d'un extr&#233;miste, malgr&#233; ses engagements assum&#233;s contre les brutalit&#233;s coloniales, &#233;crit dans son fameux Bloc-notes : &#171; Le d&#233;sastre indochinois n'est pas dig&#233;r&#233;, voil&#224; le premier fait. Il existe un cadavre quelque part, dont toute la vie politique fran&#231;aise se trouve empuantie et que les assassins cherchent &#224; faire dispara&#238;tre sans y &#234;tre encore parvenus &#187;24. Rempla&#231;ons &#171; indochinois &#187; par &#171; alg&#233;rien &#187; et nous aurons une image de l'&#233;tat du d&#233;bat fran&#231;ais en ce d&#233;but de XXI&#232; si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le cadavre de la guerre d'Alg&#233;rie empuantit toujours l'atmosph&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; 1) Charles de Gaulle, D&#233;claration, 18 ao&#251;t 1947, in Discours et Messages, Vol. II, Dans l'attente, 1946-1958, Plon, Paris, 1970. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 2) Pierre Mend&#232;s France, Assembl&#233;e nationale, 12 novembre 1954. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 3) Charles de Gaulle, M&#233;moires d'espoir, Plon, Paris, 1970. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 4) Une partie de cette contribution est reprise de mon ouvrage Nostlag&#233;rie. L'interminable histoire de l'OAS, &#201;ditions La D&#233;couverte, Paris, 2015. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 5) Jean-Pax M&#233;fret, Bastien-Thiry. Jusqu'au bout de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise, Pygmalion, Paris, 2003. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 6) 28 janvier 1963. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 7) 11 f&#233;vrier 1963. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 8) Mathias Bernard, Val&#233;ry Giscard d'Estaing. Les ambitions d&#233;&#231;ues, Paris, Armand Colin, 2014. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 9) T&#233;moignage de Sidos in Site Jeune Nation, 17 ao&#251;t 2013. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 10) Apr&#232;s son retour en France, il avait &#233;t&#233; peu de temps tent&#233; par l'aventure alors nouvelle du Front national (1972). Apr&#232;s la campagne giscardienne de 1974, Sergent fut ensuite membre du Centre National des Ind&#233;pendants et Paysans, figura sur la liste Simone Veil aux &#233;lections europ&#233;ennes de 1979, avant de revenir vers le Front national, qui en fera un d&#233;put&#233; (1986). &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 11) Bernard Guetta, &#171; Un candidat trop muscl&#233; &#187;, Le Nouvel Observateur, 13 mai 1974 &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 12) Mathias Bernard, La guerre des droites, de l'affaire Dreyfus &#224; nos jours, Paris, Odile Jacob, 2007 &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 13) Patrick Devedjian, par contre, rejoindra le RPR &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 14) &#171; M. Dominati : du gaullisme au giscardisme par l'Alg&#233;rie fran&#231;aise &#187;, Le Monde, 19 juin 1977. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 15) Renaud D&#233;ly, &#171; On aura tout vu &#224; Montretout &#187;, Lib&#233;ration, 27 janvier 2006. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 16) C'est Dominati qui pr&#233;senta Le Chevallier &#224; Le Pen. On sait que Le Chevallier devint bien plus tard un maire FN controvers&#233; de Toulon. Voir Renaud D&#233;ly, &#171; Ami personnel de Jean-Marie Le Pen, Jean-Marie Le Chevallier &#187;, Lib&#233;ration, 20 juin 1995. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 17) Fran&#231;ois Nadiras, &#171; Toulon- Marignane : histoires de plaques et de st&#232;les &#187;, in S&#233;bastien Jahan &amp; Alain Ruscio (dir.), Histoire de la Colonisation. R&#233;habilitations, Falsifications, Instrumentalisations, &#201;d. Les Indes Savantes, Paris, 2007. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt;
18) Le Monde, 17 juin 1980, cit&#233; par Fran&#231;ois Nadiras, loc. cit. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt;
19) M&#233;decin avait &#233;t&#233; en ce domaine pr&#233;curseur. Il avait inaugur&#233; dans sa ville de Nice, le 25 f&#233;vrier 1973, un monument repr&#233;sentant une main tenant une urne, avec, sur la face arri&#232;re, l'inscription : &#171; Roger Degueldre symbole de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise &#187;. Mais il n'y avait pas, alors, de repr&#233;sentant de l'&#201;tat (Jean-Philippe Ould-Aoudia, &#171; L'OAS, aujourd'hui, au c&#339;ur de la R&#233;publique &#187;, in S&#233;bastien Jahan &amp; Alain Ruscio, op. cit. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 20) Degueldre &#233;tait le chef des commandos Delta, charg&#233;s des ex&#233;cutions ; Il avait entre autres ordonn&#233; l'assassinat de six membres des Centres sociaux &#224; la veille du cessez-le feu (Alger, 15 mars 1962) Piegts et Dovecar avaient poignard&#233; &#224; mort le commissaire principal d'Alger, Roger Gavaury, pour le seul motif qu'il &#233;tait l&#233;galiste et fid&#232;le &#224; la R&#233;publique (31 mai 1961). &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 21) Le Monde, 19 juin 1980, cit&#233; par Fran&#231;ois Nadiras, loc. cit &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 22) Id. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt; 23) Georges-Marc Benamou, Un mensonge fran&#231;ais. Retours sur la guerre d'Alg&#233;rie, Robert Laffont, Paris, 2003. &#8617;&#65038;&lt;br class='autobr' /&gt;
24) L'Express, 9 avril 1955. &#8617;&#65038;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;source &lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/le-retaillisme-maladie-senile-de-lalgerie-francaise-par-alain-ruscio/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;histoirecoloniale.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>la violation de l'int&#233;grit&#233; territoriale affirm&#233;e par l'ONU de l'archipel des Comores a fait de Mayotte une poudri&#232;re </title>
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		<dc:creator>Alain RUSCIO</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le 12 novembre 2022, un fait de soci&#233;t&#233; - et non un fait divers - sanglant a attir&#233; les regards sur un &#171; d&#233;partement fran&#231;ais &#187;, Mayotte : un jeune homme y a &#233;t&#233; assassin&#233; &#224; coups de machette. Du coup, les tensions entre bandes sont devenues incontr&#244;lables par les autorit&#233;s locales, qui ont clam&#233; leur crainte d'une &#171; guerre civile &#187;. La m&#233;tropole y a engag&#233; le RAID. D'o&#249; vient cette flamb&#233;e ? Mais, &#171; naturellement &#187;, ont affirm&#233; bien des politiciens (nationaux et locaux) et des m&#233;dias, de l'invasion des &#171; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 12 novembre 2022, un fait de soci&#233;t&#233; - et non un fait divers - sanglant a attir&#233; les regards sur un &#171; d&#233;partement fran&#231;ais &#187;, Mayotte : un jeune homme y a &#233;t&#233; assassin&#233; &#224; coups de machette. Du coup, les tensions entre bandes sont devenues incontr&#244;lables par les autorit&#233;s locales, qui ont clam&#233; leur crainte d'une &#171; guerre civile &#187;. La m&#233;tropole y a engag&#233; le RAID. D'o&#249; vient cette flamb&#233;e ? Mais, &#171; naturellement &#187;, ont affirm&#233; bien des politiciens (nationaux et locaux) et des m&#233;dias, de l'invasion des &#171; Comoriens &#187;. Le &#171; grand remplacement &#187; version Oc&#233;an Indien. Et s'il &#233;tait n&#233;cessaire de revoir la gen&#232;se de ces drames ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;par Alain Ruscio, pour &lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/comores-mayotte-un-resultat-du-neo-colonialisme-francais-par-alain-ruscio/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;histoirecoloniale.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comores, Mayotte, n&#233;o-colonialisme fran&#231;ais : petit cours d'histoire r&#233;cente&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un fait de soci&#233;t&#233; sanglant vient d'attirer les regards sur un &#171; d&#233;partement fran&#231;ais &#187;, Mayotte : un jeune homme a &#233;t&#233; assassin&#233; &#224; coups de machette1. Du coup, les tensions entre bandes sont devenues incontr&#244;lables par les autorit&#233;s locales, qui ont clam&#233; leur crainte d'une &#171; guerre civile &#187;. Il est important de revenir sur la gen&#232;se de ces drames.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Comores : groupe d'&#238;les d'Afrique (&#8230;). Les quatre grandes &#238;les qu'il comprend sont Mayotte, Anjouan, Moh&#233;li et la Grande Comore &#187;. Ainsi s'exprime Pierre Larousse auteur du Grand Dictionnaire universel du XIX&#232;me si&#232;cle2. Oui, on a bien lu : les Comores constituent un ensemble g&#233;ographique ancien. Ajoutons : uni par l'appartenance ethnique, l'histoire et la religion (l'islam). Et, d'ailleurs, les Fran&#231;ais, quand ils en prirent possession par &#233;tapes, &#224; partir de 1843, le consid&#233;r&#232;rent comme tel, jusqu'au terme du processus colonial (ind&#233;pendance de 1975). Toute puissance de l'Homme Blanc ! Il a m&#234;me r&#233;ussi &#224; changer la g&#233;ographie&#8230; quand &#231;a l'arrange. La g&#233;ographie et le vocabulaire. Ainsi, les Comoriens sont-ils devenus des Mahorais (les bons, habitants de Mayotte, ceux qui ont la chance d'habiter un d&#233;partement fran&#231;ais) et des &#233;tranger-&#232;re-s (les mauvais-es, ceux-celles habitant les autres &#238;les, qui ont le culot de risquer leur vie pour &#233;chapper &#224; la mis&#232;re, qui viennent pondre leurs rejetons par milliers sur nos terres).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pas un homme politique, pas un sp&#233;cialiste, pas un journaliste, sauf erreur ou omission, depuis le d&#233;but de la pr&#233;sente crise, n'a simplement &#233;nonc&#233; cette v&#233;rit&#233; : les Mahorais sont des Comoriens. L'appellation m&#234;me de Mahorais, en tant qu'entit&#233; autonome, est de date r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Petit cours d'histoire r&#233;cente&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le grande vague ind&#233;pendantiste atteint l'archipel des Comores &#8211; donc, indissociablement, les quatre &#238;les &#8211;, les partisans du d&#233;tachement d'avec la m&#233;tropole remportent les &#233;lections (1972). Dans une D&#233;claration commune, le Mouvement de lib&#233;ration des Comores et la France acceptent, le 15 juin 1973, que la population soit consult&#233;e sur le statut de l'archipel. La m&#234;me ann&#233;e, l&#8216;Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU ent&#233;rine ce processus, &#171; prend note avec int&#233;r&#234;t de la d&#233;claration du repr&#233;sentant de la France selon laquelle le Gouvernement fran&#231;ais affirme &#8220;la vocation des Comores &#224; l'ind&#233;pendance&#8220; &#187; (point 3) et, point essentiel, &#171; affirme l'unit&#233; et l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'archipel des Comores &#187; (point 4) (r&#233;solution 3161, 14 d&#233;cembre 1973)3. En 1974, une nouvelle r&#233;solution de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU &#171; r&#233;affirme le droit inali&#233;nable du peuple de l'archipel des Comores &#224; l'autod&#233;termination et &#224; l'ind&#233;pendance &#187; (point 1) et, surtout, &#171; r&#233;affirme l'unit&#233; et l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'archipel des Comores &#187; (point 4) (r&#233;solution 3291, 13 d&#233;cembre 1974)4.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est &#224; noter qu'&#224; ce moment aucun politicien fran&#231;ais n'&#233;voque une division ult&#233;rieure du territoire comorien. Peut-on imaginer voix plus officielle que celle de Val&#233;ry Giscard d'Estaing, alors tout nouvellement &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique ? &#171; Pour ce qui est de l'&#238;le Mayotte, le texte a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; par l'Assembl&#233;e nationale, il s'agit de l'archipel des Comores (&#8230;). C'est une population qui est homog&#232;ne, dans laquelle n'existe pratiquement pas de peuplement d'origine fran&#231;aise, ou un peuplement tr&#232;s limit&#233;. &#201;tait-il raisonnable d'imaginer qu'une partie de l'archipel devienne ind&#233;pendante et qu'une &#238;le, quelle que soit la sympathie qu'on puisse &#233;prouver pour ses habitants, conserve un statut diff&#233;rent ? Je crois qu'il faut accepter les r&#233;alit&#233;s contemporaines. Les Comores sont une unit&#233;, ont toujours &#233;t&#233; une unit&#233;. Il est naturel que leur sort soit un sort commun, m&#234;me si en effet certains d'entre eux pouvaient souhaiter (et ceci naturellement nous touche), eh bien que nous ne puissions pas, ne devions pas en tirer les cons&#233;quences, m&#234;me si certains pouvaient souhaiter une autre solution ? Nous n'avons pas, &#224; l'occasion de l'ind&#233;pendance d'un territoire, &#224; proposer de briser l'unit&#233; de ce qui a toujours &#233;t&#233; l'unique archipel des Comores &#187; (Conf&#233;rence de presse, 24 octobre 1974)5.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les habitants de toutes les &#238;les sont donc invit&#233;s, deux mois apr&#232;s cette d&#233;claration qui engageait la France, &#224; participer &#224; un r&#233;f&#233;rendum. Le 22 d&#233;cembre 1974, ils se prononcent pour l'ind&#233;pendance. Le 6 juillet 1975, l'archipel des Comores proclame son ind&#233;pendance. Le 9, Andr&#233; Rossi, alors porte-parole du gouvernement, semble confirmer la position officielle fran&#231;aise : &#171; Le gouvernement se d&#233;clare dispos&#233; &#224; entamer avec les nouvelles autorit&#233;s les pourparlers concernant les transferts de responsabilit&#233;s. S'agissant de l'&#238;le de Mayotte, le gouvernement tiendra compte de la volont&#233; ainsi manifest&#233;e &#187;6.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le n&#233;o-colonialisme fran&#231;ais ne pouvait ni ne voulait perdre tout point d'appui au c&#339;ur de cet Oc&#233;an indien, lieu de passage des grandes voies de navigation. C'est en effet, bien plus que les richesses de l'&#238;le, la position g&#233;ostrat&#233;gique de Mayotte, au c&#339;ur de l'Oc&#233;an Indien, sur l'un des axes majeurs du commerce mondial, qui int&#233;resse le n&#233;o-colonialisme. Il faut en cet endroit planter un morceau de France. Un morceau militaire. D&#232;s 1975, la base de la L&#233;gion &#233;trang&#232;re, auparavant dans la Grande Comore, est transf&#233;r&#233;e &#224; Mayotte. En 1976 est install&#233;e une base navale de grande dimension. En 2021, le site des archives de la D&#233;fense nationale la pr&#233;sente de cette fa&#231;on : &#171; Les 1 700 militaires d&#233;ploy&#233;s garantissent la protection du territoire national et animent la coop&#233;ration r&#233;gionale depuis La R&#233;union et Mayotte. &#187; Cette base &#171; constitue le point d'appui principal du th&#233;&#226;tre &#8220;Oc&#233;an Indien&#8220; pour assurer la surveillance des zones &#233;conomiques exclusives associ&#233;es &#224; l'ensemble des &#238;les de la zone de responsabilit&#233;, contribuer &#224; la lutte contre l'&#233;mergence de nouvelles menaces li&#233;es aux trafics et conserver une capacit&#233; r&#233;gionale d'intervention rapide &#187;7. On ne saurait mieux dire. Face &#224; de tels enjeux, la parole giscardienne &#8211; peut-&#234;tre imprudemment engag&#233;e &#8211; ne pesa pas lourd.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mayotte devait rester fran&#231;aise elle le resta. Financ&#233;s par les services fran&#231;ais, les notables de Mayotte, rest&#233;s tr&#232;s francophiles, jouent la carte du maintien du niveau de vie. La campagne se d&#233;roule dans de dr&#244;les de conditions : affrontements, intimidations et m&#234;me expulsions des Comoriens partisans de l'unit&#233; de l'archipel. Le r&#233;sultat : Mayotte vote &#224; 63,8 % en faveur du maintien dans l'aire fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le revirement de Val&#233;ry Giscard d'Estaing&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Giscard &#224; l'&#201;lys&#233;e, Chirac &#224; Matignon organisent en f&#233;vrier1976 un r&#233;f&#233;rendum pour la seule Mayotte. Le Bulletin portait la formule : &#171; Je souhaite que Mayotte reste au sein de la R&#233;publique fran&#231;aise &#187;. 80 % des Mahorais &#233;taient alors analphab&#232;tes, l'immense majorit&#233; ignoraient m&#234;me le fran&#231;ais, ne savaient pas situer la France sur une carte du monde, faisait remarquer un journaliste du Monde &#224; la veille du scrutin (Bruno Dethomas, 7 f&#233;vrier 1976). Le 8 f&#233;vrier, finalement, 99,4 % des votes exprim&#233;s se portent en faveur du maintien au sein du domaine fran&#231;ais. Quelques jours plus tard, le secr&#233;taire d'&#201;tat aux DOM-TOM, Olivier Stirn, &#233;voque la mise en place d'une d&#233;partementalisation dans les &#171; quatre ou cinq ans &#224; venir &#187;. Il organise le 11 avril un r&#233;f&#233;rendum sur le th&#232;me : &#171; Souhaitez-vous que Mayotte conserve ou abandonne son statut de territoire d'outre-mer ? &#187;. En fait, tr&#232;s peu de Mahorais r&#233;pondent &#224; cette question, 80 % d'entre eux glissant dans l'urne un bulletin non officiel r&#233;clamant&#8230; la d&#233;partementalisation8. Manipulation qui, &#224; l'&#233;vidence, n'avait pu se produire qu'avec la complicit&#233; des Fran&#231;ais. Finalement, le choix se porte sur un statut interm&#233;diaire, appel&#233; Collectivit&#233; territoriale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s lors, la France fut &#8211; et reste &#8211; hors de la loi internationale. Attitude s&#233;v&#232;rement d&#233;nonc&#233;e par l'ONU : le 12 novembre 1975, &#171; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, ayant examin&#233; la demande d'admission des Comores ; r&#233;affirmant la n&#233;cessit&#233; de respecter l'unit&#233; et l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'archipel des Comores, compos&#233; des &#238;les d'Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Moh&#233;li (&#8230;) d&#233;cide d'admettre les Comores &#224; l'Organisation des Nations unies &#187; (r&#233;solution 3385) . Seul le veto fran&#231;ais emp&#234;cha le conseil de s&#233;curit&#233;, le 6 f&#233;vrier 1976, de faire de m&#234;me (11 voix pour, 3 abstentions)9.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le couronnement du coup de force fut la transformation de la Collectivit&#233; en d&#233;partement , en 2009, dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale de l'opinion m&#233;tropolitaine, totalement sous-inform&#233;e. Il n'y eut pas de v&#233;ritable campagne, seuls les partisans du Oui s'exprimant &#224; visage d&#233;couvert. Avec l'argument majeur que l'on devine : regardez la mis&#232;re abyssale, l&#224;, &#224; quelques kilom&#232;tres de vos c&#244;tes. Les rares politiciens venus de m&#233;tropole pour tenter de soutenir le Non, par exemple deux parlementaires communistes, furent trait&#233;s sans m&#233;nagement. Le r&#233;sultat ne faisait aucun doute : le 29 mars, il y eut 95,2 % de Oui, pour une participation honorable, 61,02 %. Une partie de la presse se r&#233;jouit de cette adh&#233;sion. Le pr&#233;sident Sarkozy, digne h&#233;ritier en ce domaine de Chirac et de Giscard, s'enthousiasma : &#171; C'est un moment historique pour Mayotte et pour les Mahorais. C'est un r&#234;ve port&#233; par plusieurs g&#233;n&#233;rations qui se r&#233;alise &#187;10.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le processus sera totalement achev&#233; par l'acc&#232;s d&#233;finitif au statut de d&#233;partement fran&#231;ais &#8211; le 101 &#232; &#8211; le 31 mars 2011.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais une d&#233;cision, f&#251;t-elle prise avec l'appui de la force, ne peut nier des liens familiaux, amicaux, &#233;conomiques, tiss&#233;s depuis des si&#232;cles. Par ailleurs, la diff&#233;rence des niveaux de vie produit un effet d'aspiration. Divers avantages sociaux de m&#233;tropole seront progressivement, dans les ann&#233;es qui suivront, &#233;tendues &#224; Mayotte. Mais cette extension sera lente, afin de ne pas accentuer les d&#233;s&#233;quilibres r&#233;gionaux (&#8230;et de ne pas grever le budget de la m&#233;tropole) : ainsi, le SMIC vers&#233;, 1 131 &#8364;, correspond aux trois quarts du montant de m&#233;tropole (1 498), le Revenu de Solidarit&#233; Active (RSA) est de 268 &#8364; &#224; Mayotte, pour 8 &#224; 900 selon les cas en m&#233;tropole11. Sans compter les petits boulots non d&#233;clar&#233;s qui semble-t-il foisonnent sur l'&#238;le. &#192; comparer aux statistiques officielles concernant les trois autres &#238;les : 70 US dollars, soit 57 &#8364; de salaire moyen mensuel12. R&#233;sultat : malgr&#233; ses 84 % qui vivent sous le seuil de pauvret&#233; &#224; Mayotte, le PIB par habitant est neuf fois sup&#233;rieur &#224; celui des autres &#238;les des Comores.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Depuis 1975, les mouvements migratoires n'ont jamais cess&#233;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aussi, depuis 1975, les mouvements migratoires n'ont jamais cess&#233;. Le 18 janvier 1995, un autre grand homme de la R&#233;publique fran&#231;aise, Edouard Balladur, obligea d&#233;sormais les Comoriens &#224; demander un visa, assorti de conditions draconiennes, pour se rendre sur une &#238;le qui &#233;tait leur. Ainsi, un d&#233;cret sign&#233; &#224; Paris voulut mettre fin &#224; des circulations humaines vieilles de plusieurs si&#232;cles. Il arrive ce qui devait arriver : les embarcations venant &#224; Mayotte furent plus nombreuses encore. Avec cette fois-ci d'immenses dangers encourus. Et les cons&#233;quences que l'on imagine : &#171; Les soixante-dix kilom&#232;tres qui s&#233;parent les deux &#238;les13 sont devenus l'un des principaux cimeti&#232;res marins de la plan&#232;te, expliquait en 2009 R&#233;mi Carayol, du Monde Diplomatique14. Entre 3 000 et 6 000 personnes auraient, selon les associations, perdu ces quatorze derni&#232;res ann&#233;es dans des embarcations (kwassa kwassa) de six &#224; neuf m&#232;tres de long, surcharg&#233;es, qui empruntent des voies de plus en plus dangereuses pour &#233;viter les patrouille &#187;. Ceux qui parviennent &#224; Mayotte ne sont pas tir&#233;s d'affaire. Les reconduites sur les &#238;les de d&#233;part sont syst&#233;matiques. Une chasse aux clandestins renvoie chez elles 20.000 personnes par an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces reconduites n'ont ni efficacit&#233; d&#233;mographique, ni effet dissuasif. Il y avait, lors du r&#233;f&#233;rendum de 1974, de l'ordre de 40.000 habitants sur l'&#238;le ; en 2002, ils &#233;taient 160 000, 200 000 en 2009, 256 000 en 2017, ce qui donne &#224; l'&#238;le la plus forte densit&#233; des d&#233;partements fran&#231;ais (hors &#206;le-de-France) avec 690 habitants au km&#178;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pour quels int&#233;r&#234;ts ? &#201;conomique(s) ? La m&#233;tropole a engouffr&#233; en pure perte des milliards d'Euros (une moyenne de 680 millions d'euros par an, d'apr&#232;s une enqu&#234;te du Monde de 201115). Les exportations de Mayotte atteignent p&#233;niblement 2 % des importations. La r&#233;ponse est-elle dans la transformation r&#233;cente de l'&#201;l&#233;ment Marine de Mayotte, d&#233;j&#224; cit&#233;, en Base Navale Mayotte (9 septembre 2016) ? Les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais sont bien gard&#233;s : notre Marine veille. Avec l'extension des eaux territoriales qui accompagne cette pr&#233;sence. Et puis, seconde (mais non mineure) raison : n'y a-t-il pas l&#224; des reliquats du vieil esprit colonial, la grandeur du pays associ&#233;e &#224; sa pr&#233;sence outre-mer, l'attachement aux confettis de l'Empire s'&#233;tant substitu&#233; aux c&#233;l&#232;bres taches roses de nos colonies nagu&#232;re sur toutes les cartes de g&#233;ographie ? Andr&#233; Oraison, chercheur &#224; La R&#233;union, sp&#233;cialiste de Droit international, a trouv&#233; les mots justes : &#171; raisons un peu cocardi&#232;res, nationalistes &#187;16.&lt;br class='autobr' /&gt;
478 personnes &#233;loign&#233;es en une semaine suite aux op&#233;rations de lutte contre la d&#233;linquance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#233;sultat est l&#224;, cruel. Les Mahorais d&#233;noncent d&#233;sormais les autres Comoriens, tentant de pr&#233;server leur privil&#232;ges, appelant &#233;trangers ceux qui sont du m&#234;me peuple, souvent leurs propres cousins, s'effrayant (&#224; juste titre) de la criminalit&#233; qui galope. Terrible monde qui voit se concurrencer aujourd'hui, s'affronter demain, qui sait s'entretuer plus tard, les pauvres et les pauvrissimes. Andr&#233; Oraison conclut : &#171; Les Mahorais ont estim&#233; qu'il valait mieux rester Fran&#231;ais parce que l'aide de la France pouvait les aider &#224; se d&#233;velopper faisant de l'&#238;le un eldorado. Eh bien aujourd'hui on ne peut plus parler d'eldorado &#224; Mayotte, c'est devenu plut&#244;t une poudri&#232;re, une bombe &#224; retardement, c'est un Titanic &#224; la d&#233;rive &#187;17.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et tout cela sous l'&#339;il des politiciens qui, tous gouvernements confondus depuis 1975, ont organis&#233; dans le pire des cas, laiss&#233; cro&#238;tre dans le meilleur, cette catastrophe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; 1 &#171; Le portail des Outre-mer &#187;, France Info, 14 novembre 2022. &lt;a href=&#034;https://la1ere.francetvinfo.fr/replay-meurtre-a-la-machette-a-mayotte-a-la-une-de-l-info-outre-mer-1340060.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://la1ere.francetvinfo.fr/replay-meurtre-a-la-machette-a-mayotte-a-la-une-de-l-info-outre-mer-1340060.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; 2 Vol. XVII, 2 &#232;me suppl&#233;ment, 1877.&lt;br class='autobr' /&gt;
3 &lt;a href=&#034;http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3161(XXVIII&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3161(XXVIII&lt;/a&gt;)&amp;Lang=F&lt;br class='autobr' /&gt; 4 &lt;a href=&#034;http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3291(XXIX&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3291(XXIX&lt;/a&gt;)&amp;Lang=F.&lt;br class='autobr' /&gt; 5 Deuxi&#232;me r&#233;union de presse de M. Val&#233;ry Giscard d'Estaing, pr&#233;sident de la R&#233;publique, sur la politique ext&#233;rieure, Paris, Palais de l'&#201;lys&#233;e, le jeudi 24 octobre 1974.&lt;br class='autobr' /&gt; 6 Cit&#233; par Thomas Sn&#233;garoff, chronique historique, France-Info, 10 juin 2015, &lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/histoires-d-info/quand-la-france-arracha-mayotte-aux-comores-1974-1976_1780287.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/histoires-d-info/quand-la-france-arracha-mayotte-aux-comores-1974-1976_1780287.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; 7 &lt;a href=&#034;https://archives.defense.gouv.fr/fre/operations/territoire-national/forces-de-souverainete/forces-armees-dans-la-zone-sud-de-l-ocean-indien/breves/fazsoi-les-militaires-de-la-base-navale-de-mayotte-s-entrainent-a-la-lutte-contre-les-pollutions&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://archives.defense.gouv.fr/fre/operations/territoire-national/forces-de-souverainete/forces-armees-dans-la-zone-sud-de-l-ocean-indien/breves/fazsoi-les-militaires-de-la-base-navale-de-mayotte-s-entrainent-a-la-lutte-contre-les-pollutions&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; 8 &#171; Mayotte : pour la d&#233;partementalisation &#187;, March&#233;s Tropicaux, 19 avril 1976.&lt;br class='autobr' /&gt; 9 Louis Wiznitter, Le Monde, 8 f&#233;vrier 1976.&lt;br class='autobr' /&gt; 10 Hugues B&#233;ringer, &#8220;De la colonie au departement d'outre-mer : l'&#233;volution institutionnelle de Mayotte dans la France&#8221;, Outre-mer, Revue d'histoire, n&#176; 374-375, 2012.&lt;br class='autobr' /&gt; 11 Calcul effectu&#233; pour une personne seule.&lt;br class='autobr' /&gt; 12 &lt;a href=&#034;http://www.journaldunet.com/business/salaire/comores/pays-com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.journaldunet.com/business/salaire/comores/pays-com&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; 13 Ndzouani (l'ancienne Anjouan) et Mayotte.&lt;br class='autobr' /&gt; 14 Le Monde Diplomatique, &#171; D&#233;partemantalisation sous tension &#224; Mayotte &#187;, juin 2009.&lt;br class='autobr' /&gt; 15 Beno&#238;t Hopquin et Laurent Canavate, &#171; Mayotte, bleu-blanc-boom &#187;, Le Monde, 31 mars 2011.&lt;br class='autobr' /&gt; 16 Interview &#224; Zinfos 974, 2 juin 1976.&lt;br class='autobr' /&gt;
17 Idem.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ils ont os&#233; ! plus que jamais, non &#224; une statue de Bigeard &#224; Toul !</title>
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		<dc:date>2024-10-24T19:15:07Z</dc:date>
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		<dc:creator>Alain RUSCIO</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'Association Histoire coloniale et postcoloniale&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont os&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus que jamais non &#224; une statue de Bigeard &#224; Toul !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, ils ont os&#233;. Malgr&#233; une mobilisation citoyenne &#8211; argument&#233;e &#8211; d'une rare intensit&#233;, la municipalit&#233; de Toul, appuy&#233;e sur tout ce que la &#171; nostalg&#233;rie &#187; compte encore de d&#233;fenseurs acharn&#233;s, est pass&#233;e &#224; l'acte. Ce matin 24 octobre, une statue de Marcel Bigeard en tenue de para, le regard fi&#232;rement fix&#233; sur l'horizon, en m&#226;le conqu&#233;rant, vient d'&#234;tre pos&#233;e sur son socle, au c&#339;ur de la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Association &lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Histoire coloniale et postcoloniale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ils ont os&#233; !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais non &#224; une statue de Bigeard &#224; Toul !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, ils ont os&#233;. Malgr&#233; une mobilisation citoyenne &#8211; argument&#233;e &#8211; d'une rare intensit&#233;, la municipalit&#233; de Toul, appuy&#233;e sur tout ce que la &#171; nostalg&#233;rie &#187; compte encore de d&#233;fenseurs acharn&#233;s, est pass&#233;e &#224; l'acte. Ce matin 24 octobre, une statue de Marcel Bigeard en tenue de para, le regard fi&#232;rement fix&#233; sur l'horizon, en m&#226;le conqu&#233;rant, vient d'&#234;tre pos&#233;e sur son socle, au c&#339;ur de la ville. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;texte de cet hommage tardif ? Bigeard, natif de la ville, est pr&#233;sent&#233; comme une &#171; gloire &#187; locale. Et alors, pourrait-on r&#233;pliquer, &#171; &#234;tre n&#233; quelque part &#187; ne donne strictement aucun droit &#224; un quelconque hommage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le maire de Toul joue-t-il sur la capacit&#233; d'oubli des Fran&#231;ais ? Ou bien est-il lui-m&#234;me ignorant en Histoire ? Il faut lui rappeler alors qui fut cet officier fran&#231;ais, engag&#233; dans deux aventures coloniales, Indochine et Alg&#233;rie, meurtri&#232;res pour les populations concern&#233;es, mais aussi traumatisantes pour ceux des Fran&#231;ais qui y furent jet&#233;s, catastrophiques presque vingt ans durant pour la renomm&#233;e de la France. &lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, rappeler, rappeler encore ce que fut, ce que fit Bigeard : un tortionnaire, d&#233;nonc&#233; comme tel durant ces deux guerres, preuves incontestables &#224; l'appui, un homme qui organisa et couvrit de son autorit&#233; des tortures, des assassinats (le peuple alg&#233;rien n'a pas oubli&#233; les &#171; crevettes Bigeard &#187;, ces patriotes pr&#233;cipit&#233;s du haut des h&#233;licopt&#232;res dans la M&#233;diterran&#233;e), plus tard un politicien qui usa et abusa de la notion de &#171; race blanche &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'obstination de la municipalit&#233; de Toul rencontrera la n&#244;tre. C'est d&#233;sormais une protestation nationale qu'il faut mettre en place, assortie de nouvelles rencontres d'information. Tous les citoyens &#233;pris de justice &#8211; et de v&#233;rit&#233; historique &#8211; doivent &#233;lever le ton. Et, pourquoi pas, aller vers une manifestation d'ampleur nationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Association &lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Histoire coloniale et postcoloniale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;voir la gen&#232;se de cette op&#233;ration sur le site histoirecolonial.net :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Toul &lt;/strong&gt; : Bigeard et les guerres coloniales, conf&#233;rence de Fabrice Riceputi et Alain Ruscio&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/evenement/toul-bigeard-et-les-guerres-coloniales-conference-de-fabrice-riceputi-et-alain-ruscio/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;11 mars 2024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;Toul &lt;/strong&gt; : honorer Bigeard et la torture coloniale ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/toul-honorer-bigeard-et-la-torture-coloniale/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;15 mars 2024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Perpignan, Toul,&lt;/strong&gt; un d&#233;ni des crimes coloniaux&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/perpignan-toul-un-meme-negationnisme-colonial-a-combattre/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;15 avril 2024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Toul&lt;/strong&gt; : Manifestation m&#233;morielle sur le &#171; fait colonial &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/evenement/toul-manifestation-memorielle-sur-le-fait-colonial/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;30 ao&#251;t 2024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Toul &lt;/strong&gt; : le collectif &#171; Pas de statue pour Bigeard &#187; poursuit son combat&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/toul-le-collectif-pas-de-statue-pour-bigeard-poursuit-son-combat/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;1 septembre 2024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Di&#234;n Bi&#234;n Phu : &#171; le Valmy des peuples colonis&#233;s &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain RUSCIO</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il y a soixante-dix ans, le 7 mai 1954 &#224; Di&#234;n Bi&#234;n Phu, un peuple colonis&#233; insurg&#233; infligeait une d&#233;faite militaire d&#233;cisive &#224; une puissance coloniale majeure, la France, elle-m&#234;me soutenue &#224; bout de bras par la superpuissance &#233;tats-unienne. Les Vietnamiens remportaient une guerre de huit ann&#233;es, au cours de laquelle la France avait exp&#233;riment&#233; notamment les bombardements au napalm et la torture. Une guerre qui tua davantage que la guerre d'Alg&#233;rie, essentiellement des &#171; indig&#232;nes &#187;. Certaines (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a soixante-dix ans, le 7 mai 1954 &#224; Di&#234;n Bi&#234;n Phu, un peuple colonis&#233; insurg&#233; infligeait une d&#233;faite militaire d&#233;cisive &#224; une puissance coloniale majeure, la France, elle-m&#234;me soutenue &#224; bout de bras par la superpuissance &#233;tats-unienne. Les Vietnamiens remportaient une guerre de huit ann&#233;es, au cours de laquelle la France avait exp&#233;riment&#233; notamment les bombardements au napalm et la torture. Une guerre qui tua davantage que la guerre d'Alg&#233;rie, essentiellement des &#171; indig&#232;nes &#187;. Certaines estimations comptent un million de morts. Les Vi&#234;t Minh communistes dirig&#233;s par Ho Chi Minh et le g&#233;n&#233;ral Giap mettaient aussi un terme &#224; un si&#232;cle de d'occupation fran&#231;aise de l'Indochine, un pan de notre histoire coloniale qui reste dans la m&#233;moire collective fran&#231;aise un angle mort. En France, l'&#233;v&#233;nement est comm&#233;mor&#233;, quoiqu'assez discr&#232;tement, et presque toujours du point de vue des vaincus, les militaires fran&#231;ais qui furent, tels le g&#233;n&#233;ral Salan ou le colonel Bigeard, d&#232;s le lendemain de cette d&#233;faite transform&#233;s en h&#233;ros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour histoirecoloniale.net, l'historien sp&#233;cialiste de l'Indochine Alain Ruscio revient sur l'&#233;v&#233;nement et sur son importance consid&#233;rable dans l'histoire de tous les peuples colonis&#233;s alors en lutte. Notamment pour les jeunes nationalistes alg&#233;riens, galvanis&#233;s par la victoire vietnamienne, qui d&#233;clench&#232;rent &#224; leur tour une insurrection arm&#233;e contre la France coloniale moins de sept mois plus tard, le 1er novembre 1954. Selon le leader nationaliste alg&#233;rien Ferhat Abbas, Di&#234;n Bi&#234;n Phu fut &#171; le Valmy des peuples colonis&#233;s&#171; . Il ajoutait : &#171; c'est l'affirmation de l'homme asiatique et africain face &#224; l'homme de l'Europe. C'est la confirmation des droits de l'homme &#224; l'&#233;chelle universelle. A Di&#234;n Bi&#234;n Phu, la France a perdu la seule l&#233;gitimation de sa pr&#233;sence, c'est-&#224;-dire le droit du plus fort &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;source &lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/dien-bien-phu-le-valmy-des-peuples-colonises/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;histoirecoloniale.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;DIEN BIEN PHU, QUELQUE PART ENTRE LE &#171; QUATORZE JUILLET &#187; ET LE &#171; VALMY &#187; DE LA DECOLONISATION&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par Alain Ruscio*&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* Historien, membre de l'association histoire coloniale et postcoloniale, auteur notamment de Dien Bien Phu, la fin d'un illusion, L'Harmattan, 1986 et Dien Bien Phu, mythes et r&#233;alit&#233;s. Les &#233;chos d'une bataille, 1954-2004, en collaboration avec Serge Tign&#232;res, Les Indes Savantes, 2005.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a soixante-dix ans, le 7 mai 1954, les derniers d&#233;fenseurs du camp de Dien Bien Phu, harass&#233;s, bris&#233;s par une bataille continue de 55 jours, reconnaissaient, la mort dans l'&#226;me, la sup&#233;riorit&#233; de l'adversaire. Le 20 juillet, &#224; Gen&#232;ve, les n&#233;gociateurs fran&#231;ais et vietnamiens signaient les accords de cessez-le-feu, couverts de son autorit&#233; par la communaut&#233; internationale : les &#201;tats-Unis (gu&#232;re enthousiastes), le Royaume-Uni, l'Union sovi&#233;tique et la Chine populaire (participant alors &#224; sa premi&#232;re Conf&#233;rence internationale) &#171; prenaient acte &#187;. Une guerre s'achevait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi donc, ces Viets, ces petits hommes jaunes, nagu&#232;re si m&#233;pris&#233;s, &#233;taient venus &#224; bout de l'une des principales arm&#233;es occidentales, soutenue par le puissant alli&#233; am&#233;ricain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On imagine sans doute mal, aujourd'hui, l'&#233;cho que put avoir la lutte men&#233;e par le Viet Minh[1]t dans le monde colonis&#233; ou domin&#233;, en particulier dans l'outre-mer fran&#231;ais. Et ce bien avant Dien Bien Phu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant la guerre, il y eut une courte parenth&#232;se, une tentative de dialogue entre les gouvernants fran&#231;ais, tous issus de la R&#233;sistance, et le jeune gouvernement vietnamien, dirig&#233; par Ho Chi Minh. Le 6 mars 1946, d&#233;l&#233;gu&#233;s fran&#231;ais (Sainteny) et vietnamien (Ho Chi Minh) signent, &#224; Hanoi, un accord. Paris reconna&#238;t la &#171; R&#233;publique du Vietnam &#187; comme un &#171; &#201;tat libre, ayant son gouvernement, son parlement, son arm&#233;e, ses finances, au sein de l'Union fran&#231;aise &#187;. La notion d'ind&#233;pendance a cependant &#233;t&#233; soigneusement &#233;cart&#233;e par la partie fran&#231;aise. Il n'emp&#234;che : l'impression qui pr&#233;vaut est que la France est en passe de r&#233;ussir la mise en place de relations nouvelles avec ses colonies. L'&#233;cho de cet accord d&#233;passe largement la r&#233;gion. Du 21 au 26 mars, l'Assembl&#233;e Constituante analyse la situation outre-mer. Beaucoup d'&#233;lus &#233;voquent l'Indochine : Lamine Gueye (AOF), Raymond Verg&#232;s (R&#233;union)&#8230; Surtout, les d&#233;put&#233;s du Mouvement D&#233;mocratique de R&#233;novation Malgache (MDRM) d&#233;posent sur le bureau de l'Assembl&#233;e constituante une proposition de loi reprenant mot &#224; mot les formules du 6 mars : la France reconna&#238;t Madagascar comme un &#171; &#201;tat libre, ayant son gouvernement &#187;, etc. La majorit&#233; (frileuse) de l'Assembl&#233;e refuse &#8211; &#233;videmment &#8211; de prendre en compte cette demande.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, la notion de contagion est pr&#233;sente d&#232;s les tout d&#233;buts de l'&#232;re de la d&#233;colonisation. Et le Viet Nam est d&#233;j&#224; un mod&#232;le. On en a confirmation au cours de l'&#233;t&#233;, alors que la guerre n'est pas commenc&#233;e, alors que des illusions peuvent encore &#234;tre nourries sur la bonne volont&#233; de la France nouvelle, Ho Chi Minh se rend &#224; Paris pour y n&#233;gocier un statut d&#233;finitif pour son pays. On sait qu'il en repartira bredouille. Mais on peut d&#233;j&#224; noter que cet homme, si r&#233;serv&#233;, si modeste, a acquis un &#233;norme prestige aux yeux des nationalistes des autres colonies. Bien qu'il soit alors relativement jeune (il a 56 ans), beaucoup de colonis&#233;s des autres zones de l'Empire le consid&#232;rent un peu comme un grand fr&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fin novembre 1946, pourtant, la guerre commence. Le salut au Viet Minh emplit encore le grand Vel' d'Hiv', le 5 juin 1947. Les &#233;lus d'outre-mer tiennent alors un meeting sur le th&#232;me &#171; L'Union fran&#231;aise en p&#233;ril &#187; (car, au conflit franco-vietnamien s'ajoute alors la r&#233;pression &#224; Madagascar, qui bat son plein). Y prennent la parole des hommes politiques appel&#233;s, plus tard, &#224; des destins divers : F&#233;lix Houphou&#235;t-Boigny pour le Rassemblement D&#233;mocratique Africain (RDA, alors apparent&#233; au groupe communiste &#224; l'Assembl&#233;e), Aim&#233; C&#233;saire pour le PCF, Lamine Gueye pour la SFIO, Ch&#233;rif pour le Manifeste alg&#233;rien[2]. Plusieurs t&#233;moignages en attestent : les yeux des colonis&#233;s sont alors tourn&#233;s vers les maquis Viet Minh. R&#233;sisteront-ils &#224; la force m&#233;canique alors infiniment sup&#233;rieure du corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La censure tatillonne et la r&#233;pression qui r&#232;gnent alors outre-mer, ne permettent pas une expression spectaculaire et publique de la solidarit&#233;. Certains textes du RDA font cependant express&#233;ment r&#233;f&#233;rence &#224; la lutte du peuple vietnamien[3]. En 1949, alors que la guerre, sur le terrain, n'est pas encore tr&#232;s spectaculaire, l'&#233;crivain Maurice Genevoix sillonne l'Afrique. Comme il est alors fr&#233;quent, il en ram&#232;ne un ouvrage, fait de notes prises sur le champ et de r&#233;flexions sur la situation. &#171; Partout o&#249; je suis all&#233;, &#233;crit-il, Tunisie, Alg&#233;rie, Maroc, S&#233;n&#233;gal, Soudan, Guin&#233;e, C&#244;te d'Ivoire ou Niger, il &#233;tait tout de suite &#233;vident que l'importance des &#233;v&#233;nements d'Indochine &#233;tait tenue d'avance pour d&#233;cisive &#187;[4]. Nous sommes cinq ans avant Dien Bien Phu&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au Maghreb, les &#233;chos ne sont pas moindres. En Alg&#233;rie, le PPA-MTLD et le PCA, souvent en divergence sur bien d'autres th&#232;mes, saluent les succ&#232;s de l'arm&#233;e populaire de Giap. Alger R&#233;publicain exalte la lutte des dockers CGT d'Alger et d'Oran qui refusent de charger du mat&#233;riel militaire &#224; destination de l'Indochine. D&#233;but 1949, un ministre en vue du gouvernement Ho Chi Minh, le Dr Pham Ngoc Thach, avait &#233;crit &#224; Abd El Krim, alors en exil au Caire, afin de lui demander de lancer un appel aux soldats maghr&#233;bins pr&#233;sents en Indochine. Le vieux leader rifain s'ex&#233;cuta volontiers : &#171; La victoire du colonialisme, m&#234;me &#224; l'autre bout du monde, est notre d&#233;faite et l'&#233;chec de notre cause. La victoire de la libert&#233; dans n'importe quel endroit du monde est notre victoire, le signal de l'approche de notre ind&#233;pendance &#187; (avril 1949)[5]. L'ann&#233;e d'apr&#232;s, le PC Marocain, contact&#233; par le Viet Minh via le PCF, envoie un membre de son Comit&#233; Central, Mohamed Ben Omar Lahrach aupr&#232;s de Ho Chi Minh[6]. Ce militant, connu sous le nom de g&#233;n&#233;ral Maarouf par les Maghr&#233;bins ou de Anh Ma par les Vietnamiens, aura en permanence une fonction fort importante, multipliant les appels &#224; la d&#233;sertion &#224; ses fr&#232;res membres du corps exp&#233;ditionnaire, obtenant souvent des r&#233;sultats[7].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La succession des revers de l'arm&#233;e fran&#231;aise, en Indochine, devait &#233;videmment accentuer encore la prise de conscience de la solidarit&#233; entre colonis&#233;s, un peu partout dans l'Union fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Devant la d&#233;gradation continue de la carte de guerre, le g&#233;n&#233;ral Navarre, huiti&#232;me commandant en chef en huit ann&#233;es, tenta un coup, salu&#233; avec enthousiasme par une grande partie du monde politique et journalistique occidental : bloquer l'avanc&#233;e de l'ennemi par un puissant camp retranch&#233;. Ce fut Dien Bien Phu. On conna&#238;t la suite. La d&#233;faite sans appel de l'arm&#233;e fran&#231;aise fut un d&#233;sastre pour les uns, l'aube d'une &#232;re nouvelle pour d'autres. Une solide &#233;tude de l'opinion &#8211; notamment en utilisant les rapports de police &#8211; et de la presse manque encore. Cependant, divers indices laissent penser que l'on s'est r&#233;joui dans plus d'un foyer, d'Alger &#224; Tananarive, en passant par Dakar. En 1956, le Bulletin d'information de la F&#233;d&#233;ration de France du FLN titra : &#171; La voie de Dien Bien Phu &#187;[8]. Plus tard, le Pr&#233;sident du Gouvernement provisoire de la R&#233;publique alg&#233;rienne (GPRA), Ben Youcef Ben Khedda, n'h&#233;sita pas &#224; &#233;crire dans ses M&#233;moires : &#171; Le 7 mai 1954, l'arm&#233;e d'Ho Chi Minh inflige au corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais au Viet Nam l'humiliant d&#233;sastre de Dien Bien Phu (&#8230;). Cette d&#233;faite, cuisante pour la France, agit en puissant d&#233;tonateur sur tous ceux qui pensent que l'option de l'insurrection &#224; court terme est d&#233;sormais l'unique rem&#232;de, la seule strat&#233;gie possible pour surmonter la crise du PPA-MTLD (&#8230;). L'action directe prend le pas sur toutes les autres consid&#233;rations et devient la priorit&#233; des priorit&#233;s &#187;[9]. M&#234;me constatation, mais exactement invers&#233;e, du c&#244;t&#233; des ma&#238;tres du moment. Le directeur de la S&#233;curit&#233; g&#233;n&#233;rale d'alors, Jean Vaujour, &#233;voqua dans ses souvenirs une &#171; explosion de joie &#187; jusque dans &#171; les douars alg&#233;riens les plus recul&#233;s &#187;[10]. Le 7 mai, le sous-pr&#233;fet de Batna, Jean Deleplanque, en tourn&#233;e d'inspection, constata : &#171; &#192; la sortie, venant de la mechta de Timgad, j'ai entendu des youyous, et j'ai senti qu'il y avait une sorte de bascule qui s'&#233;tait op&#233;r&#233;e dans l'opinion (&#8230;). Je me demande jusqu'&#224; quel point ce n'est pas le d&#233;but de la perte de l'Alg&#233;rie &#187;[11]. M&#234;me chose au Maroc : quatre jours apr&#232;s la bataille, le d&#233;put&#233; gaulliste Christian Fouchet, outr&#233;, d&#233;plora &#171; une sourde rumeur d'un bout &#224; l'autre de l'Union fran&#231;aise &#187; qui mettait &#171; la crainte dans le c&#339;ur des uns et fai[sai]t se dresser les autres. Savez-vous que, dans les bo&#238;tes aux lettres de Casablanca, certains Fran&#231;ais trouvent de petites cartes postales sur lesquelles il est &#233;crit : &#8220;Casablanca le Dien Bien Phu des Fran&#231;ais&#8220; ? &#187;[12]. En Tunisie, la victoire fut &#233;galement c&#233;l&#233;br&#233;e dans les quartiers populaires o&#249; l'on servit un plat sp&#233;cialement con&#231;u &#224; cette occasion, appel&#233; tagine Dien Bien Phu ![13]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une chose est certaine : Dien Bien Phu n'est pas seulement entr&#233;e dans l'Histoire de deux pays (pour la France, le symbole d'une obstination anachronique, entra&#238;nant une catastrophe, pour le Viet Nam, celui de la reconqu&#234;te de l'ind&#233;pendance nationale). La bataille a &#233;t&#233; v&#233;cue, re&#231;ue et analys&#233;e, de par le monde, comme une rupture annon&#231;ant d'autres combats. L'odeur de la poudre s'&#233;tait &#224; peine dissip&#233;e, dans la cuvette du &#171; Tonkin &#187;, qu'elle impr&#233;gnait les Aur&#232;s. Et l'&#233;cho de la bataille n'attendit pas son premier anniversaire pour voir r&#233;unis, &#224; Bandoeng, les &#171; damn&#233;s de la terre &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux hommes, un dans chaque camp, ont trouv&#233; les parall&#232;les historiques justes pour analyser la port&#233;e du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1962, dans la pr&#233;face de La nuit coloniale, le leader nationaliste Ferhat Abbas &#233;crivit : &#171; Dien Bien Phu ne fut pas seulement une victoire militaire. Cette bataille reste un symbole. Elle est le Valmy des peuples colonis&#233;s. C'est l'affirmation de l'homme asiatique et africain face &#224; l'homme de l'Europe. C'est la confirmation des droits de l'homme &#224; l'&#233;chelle universelle. A Dien Bien Phu, la France a perdu la seule l&#233;gitimation de sa pr&#233;sence, c'est-&#224;-dire le droit du plus fort &#187;[14]. Un peu plus de dix ann&#233;es plus tard, &#224; l'occasion de la c&#233;l&#233;bration du 20 &#232; anniversaire de la bataille, Jean Pouget, ancien officier du corps exp&#233;ditionnaire, amer mais lucide, &#233;crit pour sa part : &#171; La chute de Dien Bien Phu marque la fin du temps de la colonisation et inaugure l'&#232;re de l'ind&#233;pendance du tiers monde. Aujourd'hui, il n'y a plus, en Asie, en Afrique ou en Am&#233;rique, une r&#233;volte, une r&#233;bellion ou une insurrection qui ne se r&#233;f&#232;re &#224; la victoire du g&#233;n&#233;ral Giap. Dien Bien Phu est devenue le 14 juillet de la d&#233;colonisation &#187;[15].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[1] Abr&#233;viation de Viet Nam Doc Lap Dong Minh, ou Front pour l'ind&#233;pendance du Viet Nam. L'expression, longtemps p&#233;jorative, est pass&#233;e dans le langage courant en histoire. Nous l'emploierons ici dans cette acception.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[2] L'Humanit&#233;, 6 juin 1947.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[3] Voir Au service de l'Afrique noire. Le Rassemblement D&#233;mocratique Africain dans la lutte anti-imp&#233;rialiste, brochure, s.d. (1949).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[4] Afrique blanche, Afrique noire, Paris, Flammarion, 1949.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[5] Voir Abdelkrim Khattabi et son r&#244;le dans le Comit&#233; de lib&#233;ration du Maghreb, Colloque Universit&#233; de Bagdad, 1988 ; texte cit&#233; in Abdallah Saaf, Histoire d'Anh Ma, Paris, L'Harmattan, 1996&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[6] Voir Abdallah Saaf, Histoire d'Anh Ma, Paris, &#201;d. L'Harmattan, 1996.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[7] Voir Nelcya Delano&#235;, Poussi&#232;res d'Empire, Paris, PUF, 2002&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[8] Bulletin n&#176; 2, 1956, AD 93, Archives du PCF, Fonds Andr&#233; Moine, 332 J-4, Dossier FLN F&#233;d&#233;ration de France&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[9] Les origines du 1 er novembre 1954, Alger, Ed. Dahlab, 1989, pages 245-246. Voir &#233;galement le t&#233;moignage de Mohamed Harbi, &#171; L'&#233;cho sur les rives de la M&#233;diterran&#233;e &#187;, Carnets du Vietnam, n&#176; sp&#233;cial Dien Bien Phu, f&#233;vrier 2004.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[10] De la r&#233;volte &#224; la r&#233;volution. Aux premiers jours de la guerre d'Alg&#233;rie, Paris, Albin Michel, 1985.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[11] Propos recueillis par Patrice G&#233;linet, La guerre d'Alg&#233;rie, Ed. Acropole, Edi8, 2016, pp. 206-207.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[12] Assembl&#233;e nationale, 11 mai 1954.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[13] Juliette Bessis, &#171; La crise de l'autonomie et de l'ind&#233;pendance tunisienne, classe politique et pays r&#233;el &#187;, note 40, p. 272, in Ren&#233; Gallissot (dir.), &#171; Mouvement ouvrier, communisme et nationalismes &#187;, Cahiers du Mouvement Social, n&#176; 3, 1978&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[14] Paris, Julliard, 1962&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[15] &#171; Le mythe et la r&#233;alit&#233; &#187;, Le Figaro, 7 mai 1974&lt;/p&gt; &lt;p&gt;source &lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/dien-bien-phu-le-valmy-des-peuples-colonises/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;histoirecoloniale.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A Perpignan, le maire r&#233;p&#232;te la propagande colonialiste. A Toul, il projette d'honorer un symbole de la torture en Alg&#233;rie.</title>
		<link>http://www.acca.1901.org/spip.php?article172</link>
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		<dc:date>2024-04-03T18:28:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain RUSCIO, Fabrice Riceputi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;A Perpignan, le maire Rassemblement National, Louis Aliot, s'est livr&#233; le 23 mars 2024 &#224; l'une de ces provocations dont l'extr&#234;me droite raciste nostalgique de l'&#233;poque coloniale a le secret. Ce fut d&#233;j&#224; le cas il y a quelques temps lorsqu'il baptisa une esplanade de la ville du nom d'un criminel notoire de l'OAS-m&#233;tropole et cofondateur du Front National, Pierre Sergent. Cette fois, en collaboration avec une association &#171; nostalg&#233;rique &#187; bien connue, le &#171; Cercle Alg&#233;rianiste &#187;, il a inaugur&#233; une (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A Perpignan, le maire Rassemblement National, Louis Aliot, s'est livr&#233; le 23 mars 2024 &#224; l'une de ces provocations dont l'extr&#234;me droite raciste nostalgique de l'&#233;poque coloniale a le secret. Ce fut d&#233;j&#224; le cas il y a quelques temps lorsqu'il baptisa une esplanade de la ville du nom d'un criminel notoire de l'OAS-m&#233;tropole et cofondateur du Front National, Pierre Sergent. Cette fois, en collaboration avec une association &#171; nostalg&#233;rique &#187; bien connue, le &#171; Cercle Alg&#233;rianiste &#187;, il a inaugur&#233; une exposition intitul&#233;e &#171; Soixante ans apr&#232;s l'histoire se r&#233;p&#232;te : FLN et Hamas, m&#234;mes m&#233;thodes, m&#234;me strat&#233;gie &#187;. Outre des images d'atrocit&#233;s commises dans le sud d'Isra&#235;l par le mouvement islamiste Hamas le 7 octobre 2023 (ou parfois ou suppos&#233;ment commises par lui), y sont expos&#233;es des photographies d'&#171; atrocit&#233;s &#187; attribu&#233;es, &#224; tort ou &#224; raison, au FLN, prises et largement diffus&#233;es par l'arm&#233;e fran&#231;aises en Alg&#233;rie, notamment dans une brochure de propagande imprim&#233;e par le gouvernement de Guy Mollet en 1957 et envoy&#233;e &#224; tous les maires de France pour justifier la militarisation &#224; outrance de la r&#233;pression du nationalisme alg&#233;rien. Fabrice Riceputi et Alain Ruscio reviennent ci-dessous sur cette lamentable initiative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;source &lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/perpignan-toul-un-meme-negationnisme-colonial-a-combattre/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;histoirecoloniale.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A Toul, comme nous l'avons rapport&#233;, c'est une municipalit&#233; de gauche, dont le maire est un ancien membre du Parti socialiste, qui projette d'&#233;riger dans l'espace public une statue g&#233;ante du colonel parachutiste Marcel Bigeard en uniforme, l'un des symboles de la torture coloniale durant la &#171; bataille d'Alger &#187;. Ce projet suscite une vive opposition. Une r&#233;union publique o&#249; sont intervenus Fabrice Riceputi et Alain Ruscio a r&#233;uni 150 personnes dans la petite ville de Toul. Une p&#233;tition est en ligne, que nous appelons &#224; signer. La presse nationale, par exemple L'Humanit&#233;, a commenc&#233; &#224; se saisir de cette affaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le point commun entre l'exposition de Perpignan et la statue de Toul est &#233;videmment le d&#233;ni des crimes du colonialisme. Elle illustrent, dans un cas comme dans l'autre, le v&#233;ritable n&#233;gationnisme historique dont on constate une fois de plus qu'il a cours tr&#232;s au-del&#224; des rangs de l'extr&#234;me droite. S'agissant de la pratique de la torture en Alg&#233;rie et de l'implication du colonel Marcel Bigeard, le maire de Toul n'a-t-il pas os&#233; d&#233;clarer sur une radio locale qu'il &#171; faudrait un d&#233;bat entre historiens &#187; pour en discuter ? Et que la statue de Bigeard pouvait &#234;tre install&#233;e dans l'espace public car ce dernier &#171; n'a jamais &#233;t&#233; condamn&#233;, au contraire de P&#233;tain &#187; ? (1) Ces propos scandaleux confirment si besoin &#233;tait la pertinence de l'&lt;strong&gt;Appel lanc&#233; le 4 mars &lt;/strong&gt; dernier au pr&#233;sident Macron, &#224; l'initiative de l'&#233;diteur anticolonialiste historique &lt;a href=&#034;http://acca.1901.org/spip.php?article168&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Nils Andersson, &#224; reconna&#238;tre et &#224; condamner solennellement l'usage criminel de la torture par la France en Alg&#233;rie.&lt;/a&gt; Si l'actuel pr&#233;sident a reconnu en septembre 2018 l'instauration en 1957 &#224; Alger d'un &#171; syst&#232;me &#187; de terreur dont Maurice Audin fut victime comme des milliers d'autres Alg&#233;riens, il ne l'a manifestement pas fait avec la force et la solennit&#233; n&#233;cessaires et n'a pas &#233;t&#233; entendu par tout le monde. Cela n'a pas &#233;t&#233; l'occasion d'une r&#233;flexion des plus hautes autorit&#233;s de l'Etat et des composantes de notre soci&#233;t&#233;. Car, dans l'espace colonial, la R&#233;publique fran&#231;aise a trahi ses valeurs et cela a &#233;t&#233; rendu possible par une c&#233;cit&#233; et une complicit&#233; des grandes institutions de l'Etat, de la presque totalit&#233; des forces politiques et de la presse de ce pays. Tout n'a pas &#233;t&#233; dit par le pr&#233;sident de la R&#233;publique lors de sa visite &#224; Josette Audin en septembre 2018.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'absence d'une r&#233;flexion collective sur cette p&#233;riode est une des causes, sans &#234;tre la seule, qui explique l'essor de l'extr&#234;me droite en France. Et elle laisse entrevoir la possibilit&#233; de la reproduction de m&#233;canismes funestes comparables dans notre futur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(1) Propos tenus successivement sur Radio D&#233;clic et devant une d&#233;l&#233;gation du collectif toulois contre la statue de Bigeard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;source &lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/perpignan-toul-un-meme-negationnisme-colonial-a-combattre/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;histoirecoloniale.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;voir aussi : l'Humanit&#233; &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/politique/guerre-dalgerie/scandale-a-toul-une-statue-pour-honorer-le-general-bigeard-tortionnaire-en-algerie&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Scandale &#224; Toul : une statue pour honorer le g&#233;n&#233;ral Bigeard, tortionnaire en Alg&#233;rie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La violation de l'int&#233;grit&#233; territoriale affirm&#233;e par l'ONU de l'archipel des Comores a fait de Mayotte une poudri&#232;re</title>
		<link>http://www.acca.1901.org/spip.php?article139</link>
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		<dc:date>2022-12-05T15:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain RUSCIO</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le 12 novembre 2022, un fait de soci&#233;t&#233; - et non un fait divers - sanglant a attir&#233; les regards sur un &#171; d&#233;partement fran&#231;ais &#187;, Mayotte : un jeune homme y a &#233;t&#233; assassin&#233; &#224; coups de machette. Du coup, les tensions entre bandes sont devenues incontr&#244;lables par les autorit&#233;s locales, qui ont clam&#233; leur crainte d'une &#171; guerre civile &#187;. La m&#233;tropole y a engag&#233; le RAID. D'o&#249; vient cette flamb&#233;e ? Mais, &#171; naturellement &#187;, ont affirm&#233; bien des politiciens (nationaux et locaux) et des m&#233;dias, de l'invasion des &#171; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 12 novembre 2022, un fait de soci&#233;t&#233; - et non un fait divers - sanglant a attir&#233; les regards sur un &#171; d&#233;partement fran&#231;ais &#187;, Mayotte : un jeune homme y a &#233;t&#233; assassin&#233; &#224; coups de machette. Du coup, les tensions entre bandes sont devenues incontr&#244;lables par les autorit&#233;s locales, qui ont clam&#233; leur crainte d'une &#171; guerre civile &#187;. La m&#233;tropole y a engag&#233; le RAID. D'o&#249; vient cette flamb&#233;e ? Mais, &#171; naturellement &#187;, ont affirm&#233; bien des politiciens (nationaux et locaux) et des m&#233;dias, de l'invasion des &#171; Comoriens &#187;. Le &#171; grand remplacement &#187; version Oc&#233;an Indien. Et s'il &#233;tait n&#233;cessaire de revoir la gen&#232;se de ces drames ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;source : &lt;a href=&#034;https://histoirecoloniale.net/Comores-Mayotte-un-resultat-du-neo-colonialisme-francais-par-Alain-Ruscio.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://histoirecoloniale.net/Comores-Mayotte-un-resultat-du-neo-colonialisme-francais-par-Alain-Ruscio.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comores, Mayotte, n&#233;o-colonialisme fran&#231;ais :&lt;br class='autobr' /&gt;
petit cours d'histoire r&#233;cente&lt;/p&gt; &lt;p&gt;par Alain Ruscio, pour histoirecoloniale.net&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un fait de soci&#233;t&#233; sanglant vient d'attirer les regards sur un &#171; d&#233;partement fran&#231;ais &#187;, Mayotte : un jeune homme a &#233;t&#233; assassin&#233; &#224; coups de machette [1]. Du coup, les tensions entre bandes sont devenues incontr&#244;lables par les autorit&#233;s locales, qui ont clam&#233; leur crainte d'une &#171; guerre civile &#187;. Il est important de revenir sur la gen&#232;se de ces drames.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Comores : groupe d'&#238;les d'Afrique (&#8230;). Les quatre grandes &#238;les qu'il comprend sont Mayotte, Anjouan, Moh&#233;li et la Grande Comore &#187;. Ainsi s'exprime Pierre Larousse auteur du Grand Dictionnaire universel du XIX&#232;me si&#232;cle [2]. Oui, on a bien lu : les Comores constituent un ensemble g&#233;ographique ancien. Ajoutons : uni par l'appartenance ethnique, l'histoire et la religion (l'islam). Et, d'ailleurs, les Fran&#231;ais, quand ils en prirent possession par &#233;tapes, &#224; partir de 1843, le consid&#233;r&#232;rent comme tel, jusqu'au terme du processus colonial (ind&#233;pendance de 1975). Toute puissance de l'Homme Blanc ! Il a m&#234;me r&#233;ussi &#224; changer la g&#233;ographie&#8230; quand &#231;a l'arrange. La g&#233;ographie et le vocabulaire. Ainsi, les Comoriens sont-ils devenus des Mahorais (les bons, habitants de Mayotte, ceux qui ont la chance d'habiter un d&#233;partement fran&#231;ais) et des &#233;tranger-&#232;re-s (les mauvais-es, ceux-celles habitant les autres &#238;les, qui ont le culot de risquer leur vie pour &#233;chapper &#224; la mis&#232;re, qui viennent pondre leurs rejetons par milliers sur nos terres).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pas un homme politique, pas un sp&#233;cialiste, pas un journaliste, sauf erreur ou omission, depuis le d&#233;but de la pr&#233;sente crise, n'a simplement &#233;nonc&#233; cette v&#233;rit&#233; : les Mahorais sont des Comoriens. L'appellation m&#234;me de Mahorais, en tant qu'entit&#233; autonome, est de date r&#233;cente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Petit cours d'histoire r&#233;cente&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque le grande vague ind&#233;pendantiste atteint l'archipel des Comores &#8211; donc, indissociablement, les quatre &#238;les &#8211;, les partisans du d&#233;tachement d'avec la m&#233;tropole remportent les &#233;lections (1972). Dans une D&#233;claration commune, le Mouvement de lib&#233;ration des Comores et la France acceptent, le 15 juin 1973, que la population soit consult&#233;e sur le statut de l'archipel. La m&#234;me ann&#233;e, l&#8216;Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU ent&#233;rine ce processus, &#171; prend note avec int&#233;r&#234;t de la d&#233;claration du repr&#233;sentant de la France selon laquelle le Gouvernement fran&#231;ais affirme &#8220;la vocation des Comores &#224; l'ind&#233;pendance&#8220; &#187; (point 3) et, point essentiel, &#171; affirme l'unit&#233; et l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'archipel des Comores &#187; (point 4) (r&#233;solution 3161, 14 d&#233;cembre 1973) [3]. En 1974, une nouvelle r&#233;solution de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU &#171; r&#233;affirme le droit inali&#233;nable du peuple de l'archipel des Comores &#224; l'autod&#233;termination et &#224; l'ind&#233;pendance &#187; (point 1) et, surtout, &#171; r&#233;affirme l'unit&#233; et l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'archipel des Comores &#187; (point 4) (r&#233;solution 3291, 13 d&#233;cembre 1974) [4].&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Il est &#224; noter qu'&#224; ce moment aucun politicien fran&#231;ais n'&#233;voque une division ult&#233;rieure du territoire comorien. Peut-on imaginer voix plus officielle que celle de Val&#233;ry Giscard d'Estaing, alors tout nouvellement &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique ? &#171; Pour ce qui est de l'&#238;le Mayotte, le texte a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; par l'Assembl&#233;e nationale, il s'agit de l'archipel des Comores (&#8230;). C'est une population qui est homog&#232;ne, dans laquelle n'existe pratiquement pas de peuplement d'origine fran&#231;aise, ou un peuplement tr&#232;s limit&#233;. &#201;tait-il raisonnable d'imaginer qu'une partie de l'archipel devienne ind&#233;pendante et qu'une &#238;le, quelle que soit la sympathie qu'on puisse &#233;prouver pour ses habitants, conserve un statut diff&#233;rent ? Je crois qu'il faut accepter les r&#233;alit&#233;s contemporaines. Les Comores sont une unit&#233;, ont toujours &#233;t&#233; une unit&#233;. Il est naturel que leur sort soit un sort commun, m&#234;me si en effet certains d'entre eux pouvaient souhaiter (et ceci naturellement nous touche), eh bien que nous ne puissions pas, ne devions pas en tirer les cons&#233;quences, m&#234;me si certains pouvaient souhaiter une autre solution ? Nous n'avons pas, &#224; l'occasion de l'ind&#233;pendance d'un territoire, &#224; proposer de briser l'unit&#233; de ce qui a toujours &#233;t&#233; l'unique archipel des Comores &#187; (Conf&#233;rence de presse, 24 octobre 1974) [5].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les habitants de toutes les &#238;les sont donc invit&#233;s, deux mois apr&#232;s cette d&#233;claration qui engageait la France, &#224; participer &#224; un r&#233;f&#233;rendum. Le 22 d&#233;cembre 1974, ils se prononcent pour l'ind&#233;pendance. Le 6 juillet 1975, l'archipel des Comores proclame son ind&#233;pendance. Le 9, Andr&#233; Rossi, alors porte-parole du gouvernement, semble confirmer la position officielle fran&#231;aise : &#171; Le gouvernement se d&#233;clare dispos&#233; &#224; entamer avec les nouvelles autorit&#233;s les pourparlers concernant les transferts de responsabilit&#233;s. S'agissant de l'&#238;le de Mayotte, le gouvernement tiendra compte de la volont&#233; ainsi manifest&#233;e &#187; [6].&lt;br class='autobr' /&gt;
Mayotte : un mort et quatre bless&#233;s dans des affrontements entre bandes en 2020.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le n&#233;o-colonialisme fran&#231;ais ne pouvait ni ne voulait perdre tout point d'appui au c&#339;ur de cet Oc&#233;an indien, lieu de passage des grandes voies de navigation. C'est en effet, bien plus que les richesses de l'&#238;le, la position g&#233;ostrat&#233;gique de Mayotte, au c&#339;ur de l'Oc&#233;an Indien, sur l'un des axes majeurs du commerce mondial, qui int&#233;resse le n&#233;o-colonialisme. Il faut en cet endroit planter un morceau de France. Un morceau militaire. D&#232;s 1975, la base de la L&#233;gion &#233;trang&#232;re, auparavant dans la Grande Comore, est transf&#233;r&#233;e &#224; Mayotte. En 1976 est install&#233;e une base navale de grande dimension. En 2021, le site des archives de la D&#233;fense nationale la pr&#233;sente de cette fa&#231;on : &#171; Les 1 700 militaires d&#233;ploy&#233;s garantissent la protection du territoire national et animent la coop&#233;ration r&#233;gionale depuis La R&#233;union et Mayotte. &#187; Cette base &#171; constitue le point d'appui principal du th&#233;&#226;tre &#8220;Oc&#233;an Indien&#8220; pour assurer la surveillance des zones &#233;conomiques exclusives associ&#233;es &#224; l'ensemble des &#238;les de la zone de responsabilit&#233;, contribuer &#224; la lutte contre l'&#233;mergence de nouvelles menaces li&#233;es aux trafics et conserver une capacit&#233; r&#233;gionale d'intervention rapide &#187; [7]. On ne saurait mieux dire. Face &#224; de tels enjeux, la parole giscardienne &#8211; peut-&#234;tre imprudemment engag&#233;e &#8211; ne pesa pas lourd.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mayotte devait rester fran&#231;aise elle le resta. Financ&#233;s par les services fran&#231;ais, les notables de Mayotte, rest&#233;s tr&#232;s francophiles, jouent la carte du maintien du niveau de vie. La campagne se d&#233;roule dans de dr&#244;les de conditions : affrontements, intimidations et m&#234;me expulsions des Comoriens partisans de l'unit&#233; de l'archipel. Le r&#233;sultat : Mayotte vote &#224; 63,8 % en faveur du maintien dans l'aire fran&#231;aise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le revirement de Val&#233;ry Giscard d'Estaing&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Giscard &#224; l'&#201;lys&#233;e, Chirac &#224; Matignon organisent en f&#233;vrier1976 un r&#233;f&#233;rendum pour la seule Mayotte. Le Bulletin portait la formule : &#171; Je souhaite que Mayotte reste au sein de la R&#233;publique fran&#231;aise &#187;. 80 % des Mahorais &#233;taient alors analphab&#232;tes, l'immense majorit&#233; ignoraient m&#234;me le fran&#231;ais, ne savaient pas situer la France sur une carte du monde, faisait remarquer un journaliste du Monde &#224; la veille du scrutin (Bruno Dethomas, 7 f&#233;vrier 1976). Le 8 f&#233;vrier, finalement, 99,4 % des votes exprim&#233;s se portent en faveur du maintien au sein du domaine fran&#231;ais. Quelques jours plus tard, le secr&#233;taire d'&#201;tat aux DOM-TOM, Olivier Stirn, &#233;voque la mise en place d'une d&#233;partementalisation dans les &#171; quatre ou cinq ans &#224; venir &#187;. Il organise le 11 avril un r&#233;f&#233;rendum sur le th&#232;me : &#171; Souhaitez-vous que Mayotte conserve ou abandonne son statut de territoire d'outre-mer ? &#187;. En fait, tr&#232;s peu de Mahorais r&#233;pondent &#224; cette question, 80 % d'entre eux glissant dans l'urne un bulletin non officiel r&#233;clamant&#8230; la d&#233;partementalisation [8]. Manipulation qui, &#224; l'&#233;vidence, n'avait pu se produire qu'avec la complicit&#233; des Fran&#231;ais. Finalement, le choix se porte sur un statut interm&#233;diaire, appel&#233; Collectivit&#233; territoriale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s lors, la France fut &#8211; et reste &#8211; hors de la loi internationale. Attitude s&#233;v&#232;rement d&#233;nonc&#233;e par l'ONU : le 12 novembre 1975, &#171; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, ayant examin&#233; la demande d'admission des Comores ; r&#233;affirmant la n&#233;cessit&#233; de respecter l'unit&#233; et l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'archipel des Comores, compos&#233; des &#238;les d'Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Moh&#233;li (&#8230;) d&#233;cide d'admettre les Comores &#224; l'Organisation des Nations unies &#187; (r&#233;solution 3385) . Seul le veto fran&#231;ais emp&#234;cha le conseil de s&#233;curit&#233;, le 6 f&#233;vrier 1976, de faire de m&#234;me (11 voix pour, 3 abstentions) [9].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le couronnement du coup de force fut la transformation de la Collectivit&#233; en d&#233;partement , en 2009, dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale de l'opinion m&#233;tropolitaine, totalement sous-inform&#233;e. Il n'y eut pas de v&#233;ritable campagne, seuls les partisans du Oui s'exprimant &#224; visage d&#233;couvert. Avec l'argument majeur que l'on devine : regardez la mis&#232;re abyssale, l&#224;, &#224; quelques kilom&#232;tres de vos c&#244;tes. Les rares politiciens venus de m&#233;tropole pour tenter de soutenir le Non, par exemple deux parlementaires communistes, furent trait&#233;s sans m&#233;nagement. Le r&#233;sultat ne faisait aucun doute : le 29 mars, il y eut 95,2 % de Oui, pour une participation honorable, 61,02 %. Une partie de la presse se r&#233;jouit de cette adh&#233;sion. Le pr&#233;sident Sarkozy, digne h&#233;ritier en ce domaine de Chirac et de Giscard, s'enthousiasma : &#171; C'est un moment historique pour Mayotte et pour les Mahorais. C'est un r&#234;ve port&#233; par plusieurs g&#233;n&#233;rations qui se r&#233;alise &#187; [10].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le processus sera totalement achev&#233; par l'acc&#232;s d&#233;finitif au statut de d&#233;partement fran&#231;ais &#8211; le 101 &#232; &#8211; le 31 mars 2011.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais une d&#233;cision, f&#251;t-elle prise avec l'appui de la force, ne peut nier des liens familiaux, amicaux, &#233;conomiques, tiss&#233;s depuis des si&#232;cles. Par ailleurs, la diff&#233;rence des niveaux de vie produit un effet d'aspiration. Divers avantages sociaux de m&#233;tropole seront progressivement, dans les ann&#233;es qui suivront, &#233;tendues &#224; Mayotte. Mais cette extension sera lente, afin de ne pas accentuer les d&#233;s&#233;quilibres r&#233;gionaux (&#8230;et de ne pas grever le budget de la m&#233;tropole) : ainsi, le SMIC vers&#233;, 1 131 &#8364;, correspond aux trois quarts du montant de m&#233;tropole (1 498), le Revenu de Solidarit&#233; Active (RSA) est de 268 &#8364; &#224; Mayotte, pour 8 &#224; 900 selon les cas en m&#233;tropole [11]. Sans compter les petits boulots non d&#233;clar&#233;s qui semble-t-il foisonnent sur l'&#238;le. &#192; comparer aux statistiques officielles concernant les trois autres &#238;les : 70 US dollars, soit 57 &#8364; de salaire moyen mensuel [12]. R&#233;sultat : malgr&#233; ses 84 % qui vivent sous le seuil de pauvret&#233; &#224; Mayotte, le PIB par habitant est neuf fois sup&#233;rieur &#224; celui des autres &#238;les des Comores.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 1975, les mouvements migratoires n'ont jamais cess&#233;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aussi, depuis 1975, les mouvements migratoires n'ont jamais cess&#233;. Le 18 janvier 1995, un autre grand homme de la R&#233;publique fran&#231;aise, Edouard Balladur, obligea d&#233;sormais les Comoriens &#224; demander un visa, assorti de conditions draconiennes, pour se rendre sur une &#238;le qui &#233;tait leur. Ainsi, un d&#233;cret sign&#233; &#224; Paris voulut mettre fin &#224; des circulations humaines vieilles de plusieurs si&#232;cles. Il arrive ce qui devait arriver : les embarcations venant &#224; Mayotte furent plus nombreuses encore. Avec cette fois-ci d'immenses dangers encourus. Et les cons&#233;quences que l'on imagine : &#171; Les soixante-dix kilom&#232;tres qui s&#233;parent les deux &#238;les [13] sont devenus l'un des principaux cimeti&#232;res marins de la plan&#232;te, expliquait en 2009 R&#233;mi Carayol, du Monde Diplomatique [14]. Entre 3 000 et 6 000 personnes auraient, selon les associations, perdu ces quatorze derni&#232;res ann&#233;es dans des embarcations (kwassa kwassa) de six &#224; neuf m&#232;tres de long, surcharg&#233;es, qui empruntent des voies de plus en plus dangereuses pour &#233;viter les patrouille &#187;. Ceux qui parviennent &#224; Mayotte ne sont pas tir&#233;s d'affaire. Les reconduites sur les &#238;les de d&#233;part sont syst&#233;matiques. Une chasse aux clandestins renvoie chez elles 20.000 personnes par an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces reconduites n'ont ni efficacit&#233; d&#233;mographique, ni effet dissuasif. Il y avait, lors du r&#233;f&#233;rendum de 1974, de l'ordre de 40.000 habitants sur l'&#238;le ; en 2002, ils &#233;taient 160 000, 200 000 en 2009, 256 000 en 2017, ce qui donne &#224; l'&#238;le la plus forte densit&#233; des d&#233;partements fran&#231;ais (hors &#206;le-de-France) avec 690 habitants au km&#178;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pour quels int&#233;r&#234;ts ? &#201;conomique(s) ? La m&#233;tropole a engouffr&#233; en pure perte des milliards d'Euros (une moyenne de 680 millions d'euros par an, d'apr&#232;s une enqu&#234;te du Monde de 2011 [15]). Les exportations de Mayotte atteignent p&#233;niblement 2 % des importations. La r&#233;ponse est-elle dans la transformation r&#233;cente de l'&#201;l&#233;ment Marine de Mayotte, d&#233;j&#224; cit&#233;, en Base Navale Mayotte (9 septembre 2016) ? Les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais sont bien gard&#233;s : notre Marine veille. Avec l'extension des eaux territoriales qui accompagne cette pr&#233;sence. Et puis, seconde (mais non mineure) raison : n'y a-t-il pas l&#224; des reliquats du vieil esprit colonial, la grandeur du pays associ&#233;e &#224; sa pr&#233;sence outre-mer, l'attachement aux confettis de l'Empire s'&#233;tant substitu&#233; aux c&#233;l&#232;bres taches roses de nos colonies nagu&#232;re sur toutes les cartes de g&#233;ographie ? Andr&#233; Oraison, chercheur &#224; La R&#233;union, sp&#233;cialiste de Droit international, a trouv&#233; les mots justes : &#171; raisons un peu cocardi&#232;res, nationalistes &#187; [16].&lt;br class='autobr' /&gt;
478 personnes &#233;loign&#233;es en une semaine suite aux op&#233;rations de lutte contre la d&#233;linquance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#233;sultat est l&#224;, cruel. Les Mahorais d&#233;noncent d&#233;sormais les autres Comoriens, tentant de pr&#233;server leur privil&#232;ges, appelant &#233;trangers ceux qui sont du m&#234;me peuple, souvent leurs propres cousins, s'effrayant (&#224; juste titre) de la criminalit&#233; qui galope. Terrible monde qui voit se concurrencer aujourd'hui, s'affronter demain, qui sait s'entretuer plus tard, les pauvres et les pauvrissimes. Andr&#233; Oraison conclut : &#171; Les Mahorais ont estim&#233; qu'il valait mieux rester Fran&#231;ais parce que l'aide de la France pouvait les aider &#224; se d&#233;velopper faisant de l'&#238;le un eldorado. Eh bien aujourd'hui on ne peut plus parler d'eldorado &#224; Mayotte, c'est devenu plut&#244;t une poudri&#232;re, une bombe &#224; retardement, c'est un Titanic &#224; la d&#233;rive &#187; [17].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et tout cela sous l'&#339;il des politiciens qui, tous gouvernements confondus depuis 1975, ont organis&#233; dans le pire des cas, laiss&#233; cro&#238;tre dans le meilleur, cette catastrophe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[1] &#171; Le portail des Outre-mer &#187;, France Info, 14 novembre 2022. &lt;a href=&#034;https://la1ere.francetvinfo.fr/repl..&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://la1ere.francetvinfo.fr/repl..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] Vol. XVII, 2 &#232;me suppl&#233;ment, 1877.&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] &lt;a href=&#034;http://www.un.org/french/documents/...(XXVIII&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.un.org/french/documents/...(XXVIII&lt;/a&gt;)&amp;Lang=F&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] &lt;a href=&#034;http://www.un.org/french/documents/...(XXIX&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.un.org/french/documents/...(XXIX&lt;/a&gt;)&amp;Lang=F.&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] Deuxi&#232;me r&#233;union de presse de M. Val&#233;ry Giscard d'Estaing, pr&#233;sident de la R&#233;publique, sur la politique ext&#233;rieure, Paris, Palais de l'&#201;lys&#233;e, le jeudi 24 octobre 1974.&lt;br class='autobr' /&gt;
[6] Cit&#233; par Thomas Sn&#233;garoff, chronique historique, France-Info, 10 juin 2015, &lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/replay-..&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.francetvinfo.fr/replay-..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] &lt;a href=&#034;https://archives.defense.gouv.fr/fr..&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://archives.defense.gouv.fr/fr..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] &#171; Mayotte : pour la d&#233;partementalisation &#187;, March&#233;s Tropicaux, 19 avril 1976.&lt;br class='autobr' /&gt;
[9] Louis Wiznitter, Le Monde, 8 f&#233;vrier 1976.&lt;br class='autobr' /&gt;
[10] Hugues B&#233;ringer, &#8220;De la colonie au departement d'outre-mer : l'&#233;volution institutionnelle de Mayotte dans la France&#8221;, Outre-mer, Revue d'histoire, n&#176; 374-375, 2012.&lt;br class='autobr' /&gt;
[11] Calcul effectu&#233; pour une personne seule.&lt;br class='autobr' /&gt;
[12] &lt;a href=&#034;http://www.journaldunet.com/busines..&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.journaldunet.com/busines..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[13] Ndzouani (l'ancienne Anjouan) et Mayotte.&lt;br class='autobr' /&gt;
[14] Le Monde Diplomatique, &#171; D&#233;partemantalisation sous tension &#224; Mayotte &#187;, juin 2009.&lt;br class='autobr' /&gt;
[15] Beno&#238;t Hopquin et Laurent Canavate, &#171; Mayotte, bleu-blanc-boom &#187;, Le Monde, 31 mars 2011.&lt;br class='autobr' /&gt;
[16] Interview &#224; Zinfos 974, 2 juin 1976.&lt;br class='autobr' /&gt;
[17] Idem.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le s&#233;paratisme, voil&#224; l'ennemi. Mais o&#249; se situe-t-il ?</title>
		<link>http://www.acca.1901.org/spip.php?article92</link>
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		<dc:date>2020-08-22T15:20:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain RUSCIO</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#192; quoi reconna&#238;t-on un r&#233;actionnaire ? &#192; ce qu'il traque, derri&#232;re chaque mouvement de contestation au sein de la soci&#233;t&#233;, des &#171; puissances occultes &#187;, des &#171; agitateurs &#187;, des &#171; meneurs &#187;, des &#171; &#233;l&#233;ments &#233;trangers &#187;. Pas de doute : l'h&#244;te actuel de l'&#201;lys&#233;e appartient &#224; cette famille politique. Il a compris, lui, que le malaise de nos &#171; compatriotes musulmans &#187;, comme ils sont nomm&#233;s avec un brin de condescendance (dit-on &#171; nos compatriotes catholiques &#187; ? &#171; protestants &#187; ?), est le fruit de la pression d'imams (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; quoi reconna&#238;t-on un r&#233;actionnaire ? &#192; ce qu'il traque, derri&#232;re chaque mouvement de contestation au sein de la soci&#233;t&#233;, des &#171; puissances occultes &#187;, des &#171; agitateurs &#187;, des &#171; meneurs &#187;, des &#171; &#233;l&#233;ments &#233;trangers &#187;. Pas de doute : l'h&#244;te actuel de l'&#201;lys&#233;e appartient &#224; cette famille politique. Il a compris, lui, que le malaise de nos &#171; compatriotes musulmans &#187;, comme ils sont nomm&#233;s avec un brin de condescendance (dit-on &#171; nos compatriotes catholiques &#187; ? &#171; protestants &#187; ?), est le fruit de la pression d'imams &#233;trangers (1).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Est venue la crise du coronavirus, g&#233;r&#233;e de main de ma&#238;tre par nos gouvernants. Un na&#239;f aurait pu penser que la France officielle avait d&#233;sormais une priorit&#233;, la sant&#233; des habitants. Mais il fallait que Jean Castex, le nouveau Premier ministre, marque aussi son territoire (il aime ce mot, para&#238;t-il). Le mercredi 15 juillet, il a annonc&#233; la pr&#233;paration d'un projet de loi &#171; contre les s&#233;paratismes &#187;, ciblant explicitement &#171; l'islamisme radical sous toutes ses formes &#187; (2).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quel m&#233;pris, au passage : l'esprit de ces &#171; compatriotes &#187; serait-il &#224; ce point mall&#233;able ? De simples paroles d'un imam extr&#233;miste auraient-elles le pouvoir de transformer des fid&#232;les calmes et &#171; int&#233;gr&#233;s &#187; en ennemis acharn&#233;s de la R&#233;publique ? Conception polici&#232;re de l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s, vieille rengaine, th&#233;oris&#233;e nagu&#232;re par Gustave Le Bon (Psychologie des foules, 1895), reprise par tous les r&#233;actionnaires du monde : les masses sont des blocs amorphes qu'il est toujours possible de mobiliser, de fanatiser par des formules-choc, en faisant appel aux passions et non &#224; la raison. Les Fran&#231;ais qui ont de la m&#233;moire (et parmi eux, les historiens) savent que ces arguments ont servi durant des d&#233;cennies au Parti colonial. Le Viet Minh, les fellaghas, les nationalistes de tous poils ? Des &#171; &#233;l&#233;ments (&#8230;) fanatiques ou man&#339;uvr&#233;s (car seuls, n'est-ce pas ? le fanatisme ou l'inconscience peuvent pousser &#224; vouloir sortir du statut de colonis&#233;) &#187; (Roland Barthes, &#171; Grammaire africaine &#187;, in Mythologies, 1957) (3).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Le s&#233;paratisme musulman, voil&#224; l'ennemi &#187; a donc d&#233;clar&#233; Macron. Courage, originalit&#233; ? Non. En mars 2018, un appel, dit des &#171; 100 intellectuels contre le s&#233;paratisme islamiste &#187; avait recueilli l'adh&#233;sion de Bernard Kouchner, d'Alain Finkielkrault, d'&#201;lisabeth L&#233;vy, de Pascal Bruckner, de Luc Ferry, de Pierre Nora, etc. (4). On a envie de dire, comme dans les cours de r&#233;cr&#233;, &#171; Macron, Castex, copieurs ! &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis 1989 (affaire du &#171; voile de Creil &#187;), une certaine soci&#233;t&#233; fran&#231;aise joue &#224; se faire peur. Plus de trente ans de couvertures du Figaro-Magazine, du Point, de L'Express, de l'in&#233;vitable Valeurs actuelles exhibant les voiles des femmes musulmanes et le syst&#232;me pileux facial des hommes musulmans. Pr&#232;s d'un tiers de si&#232;cle de discours d&#233;finitifs sur &#171; nos valeurs &#187;, le &#171; vivre ensemble &#187; empoisonn&#233;s par des minorit&#233;s agissant dans l'ombre, de lois d&#233;finitives&#8230; avant les suivantes. Pendant ce temps, le monde a chang&#233;, plus peut-&#234;tre que durant tout le si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent : le mur de Berlin est tomb&#233;, la Chine monte chaque jour en puissance, des pays entiers (dont, tiens, des pays musulmans) connaissent des mouvements profonds dans les mentalit&#233;s et dans les comportements, la r&#233;volution technologique bouleverse chaque jour nos soci&#233;t&#233;s&#8230; et la France officielle, une grande partie de la France m&#233;diatique r&#233;p&#232;tent : &#171; le voile ! le voile ! le voile ! &#187;. Comme des cabris, aurait dit de Gaulle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ce sont les &#233;lites bien pensantes qui ont entam&#233; le combat. Car ce fut, car c'est, un combat, partie int&#233;grante du Choc des civilisations (nagu&#232;re, on appelait cela Croisade) d&#233;cr&#233;t&#233; il y a quelques d&#233;cennies outre-Atlantique, quand l'ennemi communiste &#233;tant &#224; terre, il fallait bien en trouver un autre. C'est le pr&#233;sident d&#233;chu Giscard qui nous pr&#233;vient, en pages int&#233;rieures d'un num&#233;ro m&#233;morable du Figaro-Magazine (dossier : &#171; Serons-nous encore Fran&#231;ais dans trente ans ? &#187;) : &#171; Le type de probl&#232;me auquel nous aurons &#224; faire face se d&#233;place de celui de l'immigration vers celui de l'invasion &#187; (5). C'est Finkielkraut qui, du haut d'une tribune de la salle de la Mutualit&#233;, jette le cri d'alarme : &#171; Jamais l'expression &#8220;ennemi intime&#8220; n'a &#233;t&#233; aussi justifi&#233;e qu'aujourd'hui &#187; (6), envol&#233;e qui lui valut sans doute plus tard d'&#234;tre coopt&#233; &#224; l'Acad&#233;mie fran&#231;aise aupr&#232;s dudit Giscard. C'est le vicomte Philippe de Villiers qui, non sans quelque vantardise, pr&#233;tend : &#171; J'ai &#233;t&#233; le premier homme politique &#224; ouvrir ce d&#233;bat. Je serai rejoint par tout le monde. Le d&#233;bat (&#8230;), ce sera celui du choix entre l'islamisme et la R&#233;publique. Et je serai l'ultime d&#233;fenseur de la R&#233;publique face &#224; l'islamisme &#187; (7). C'est Houellebecq qui d&#233;cr&#232;te que &#171; la religion la plus con, c'est l'islam &#187; (8) C'est Ivan Rioufol, prolifique &#233;ditorialiste du Figaro et bavard imp&#233;nitent sur les plateaux t&#233;l&#233;, qui se d&#233;couvre anticolonialiste ( ! ) : &#171; Une immigration de peuplement soucieuse de garder ses propres codes et lois s'apparente &#224; une colonisation &#187; (9). C'est le d&#233;put&#233; socialiste Jean Glavany qui nous apprend que &#171; le port du voile int&#233;gral a deux sources principales, le salafisme et l'id&#233;ologie talibane. Ce sont, surtout la seconde, des barbaries. N&#233;gocie-t-on avec la barbarie, ou la combat-on ? &#187; (10). Et Vals regrettant l'absence de &#171; blancos &#187; ? Et Sarkozy et sa frauduleuse &#171; identit&#233; nationale &#187; ? Et Hortefeux (&#171; Quand y en a un, &#231;a va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des probl&#232;mes &#187;) (11) ? Et Morano et sa croisade contre les casquettes des jeunes de banlieue ? Et Zemmour ? Comment n'a-t-on pas encore compris que le fait d'offrir une tribune quotidienne &#224; cet homme, condamn&#233; plusieurs fois pour incitation &#224; la haine raciale, est ressenti par une partie de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise comme une claque en pleine figure ? Et Bernard-Henri L&#233;vy ? Les mille micros ouverts devant ce co-responsable (avec Sarkozy) des drames de la Libye et de la r&#233;gion (et ce n'est que le d&#233;but&#8230;) sont une insulte aux Fran&#231;ais ayant des racines au Maghreb et qui craignent que la folie guerri&#232;re atteigne leurs familles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Andr&#233; Bercoff a r&#233;sum&#233; l'&#233;tat d'esprit de ce monde : notre pays est en train de devenir un &#171; Talibanistan &#187; ; il nous reste &#171; un seul devoir : celui de r&#233;sistance &#187; (12). R&#233;sistants en peau de lapin, aurait dit ma grand' m&#232;re. Heureusement qu'il s'agit l&#224; de fantasmes. Car, sinon, on aurait du souci &#224; se faire s'il n'y avait que les poitrines bercoffiennes, behach&#233;liennes ou rioufolesques pour repousser les talibans&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Monsieur Macron n'a rien invent&#233;, il n'est que le dernier (provisoirement) maillon de cette longue cha&#238;ne d'id&#233;ologues et de politiciens r&#233;acs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Regardez en face, messieurs qu'on nomme grands qui pr&#233;sidez aux destin&#233;es du pays, regardez en face cette r&#233;alit&#233; : cette th&#233;matique de l'ennemi int&#233;rieur est le principal vecteur de basculement vers l'extr&#233;misme islamiste. Chaque passage de Zemmour et consorts &#224; la t&#233;l&#233;vision est un pas suppl&#233;mentaire, pour certains musulmans, vers le m&#233;contentement, puis l'exasp&#233;ration (&#171; S'ils continuent, je vais le mettre, ce voile, rien que pour les emmerder &#187;, phrase authentique entendue par l'auteur de ces lignes). Et le chemin vers la rage, &#233;tape ultime avant la radicalisation, peut parfois &#234;tre entam&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hors de question, bien s&#251;r, de nier que certains d&#233;magogues barbus, insupportables, se croyant en Afghanisan, pr&#234;chent la guerre sainte, influencent les plus faibles, les plus vuln&#233;rables, au pied des immeubles des cit&#233;s. Hors de question d'affirmer que toutes les jeunes femmes musulmanes qui ont opt&#233; pour le port du foulard l'ont fait de fa&#231;on volontaire. Que des jeunes de banlieue, r&#233;cemment convertis, confondent foi et intol&#233;rance (&#171; Tu ne fais pas le ramadan, mon fr&#232;re ? &#187;). Que certaines prisons soient devenues des &#233;coles de la vengeance, au nom d'un Coran par ailleurs m&#233;connu. Le poids de l'islamisme agressif, le signe d'&#233;galit&#233; entre la volont&#233; de revanche sociale et la haine de la France sont de tristes &#233;vidences que chaque personne qui sillonne certains quartiers peut constater. Il y a des agitateurs et des agit&#233;s, des meneurs et des men&#233;s, plus grave des jihadeurs et des jihad&#233;s. Et il y a&#8230; des s&#233;paratistes et des s&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais o&#249; diable sont les racines de cette situation ? Le drame du regard suspicieux ou agressif sur l'islam de France est de ne jamais, jamais, tenter de chercher les causes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi, donc, une partie des Fran&#231;ais ne se sentent-ils pas&#8230; Fran&#231;ais ? Voil&#224; une bonne et belle vraie question qui vaudrait la peine de faire marcher les m&#233;ninges.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est parce qu'ils savent, plus ou moins confus&#233;ment, que ce pays n'a toujours pas r&#233;gl&#233; la question du racisme. Et que le racisme &#224; la fran&#231;aise a plant&#233; ses racines &#8211; entre autres, mais surtout &#8211; dans notre histoire coloniale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est parce que le pays dans lequel ils sont n&#233;s, leur pays, a recrut&#233; leurs arri&#232;re-grands-parents pour combattre en 1914, reconstruire apr&#232;s 1918, recrut&#233; leurs grands-parents pour combattre en 1939, reconstruire apr&#232;s 1945, recrut&#233; leurs parents, dans les ann&#233;es 60, pour construire les maisons qu'ils ne pouvaient habiter (eux qui massivement &#233;taient bidonvillis&#233;s), fabriquer les voitures qu'ils ne pouvaient conduire (eux qui allaient travailler, par des matins blafards, dans des m&#233;tros surcharg&#233;s ou sur des vielles mobylettes)&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est parce que le pays dans lequel ils vivent, leur pays, a us&#233; et abus&#233; de centaines de milliers de man&#339;uvres, d'&#233;boueurs, de balayeurs (&#171; Monsieur Waloumba est un Noir du Cameroun qui &#233;tait venu en France pour la balayer &#187;, Romain Gary, La vie devant soi, 1975) (13), renvoy&#233;s ensuite dans leurs gourbis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est parce que les enfants d'Italiens, de Polonais, d'Espagnols, de Portugais, n'ont pas &#224; faire sans cesse la preuve qu'ils sont int&#233;gr&#233;s, qu'ils sont Fran&#231;ais. Les enfants de familles originaires des anciennes colonies, si. Et les enfants de leurs enfants. On en est parfois &#224; la troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration. Et, bient&#244;t une quatri&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est parce que le pays dans lequel ils vivent les traite diff&#233;remment, leur impose un taux de ch&#244;mage double de celui des autres jeunes Fran&#231;ais. C'est parce que Mohamed, habitant de la cit&#233; des Francs-Moisins, &#224; Saint-Denis, a six fois moins de chance d'obtenir un entretien d'embauche que Marc, domicili&#233; &#224; Paris. Six fois ! Et m&#234;me pas pour l'obtention d'un emploi : pour un simple entretien d'embauche !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est parce qu'ils ont un faci&#232;s d&#233;rangeant. Le d&#233;fenseur des Droits Jacques Toubon a indiqu&#233; que 80 % des &#171; jeunes hommes per&#231;us comme noirs, arabes/maghr&#233;bins &#187; ont &#233;t&#233; contr&#244;l&#233;s au moins une fois par les forces de l'ordre. &#171; L'enqu&#234;te r&#233;v&#232;le &#233;galement que la fr&#233;quence importante des contr&#244;les aupr&#232;s d'une cat&#233;gorie de la population alimente chez celles et ceux qui en font l'objet un sentiment de discrimination et de d&#233;fiance envers les institutions polici&#232;res et judiciaires &#187; (14). Dans le v&#233;cu au quotidien de ces &#171; jeunes hommes per&#231;us comme noirs, arabes/maghr&#233;bins &#187;, un contr&#244;le, &#231;a va, mais trois&#8230; on conna&#238;t la suite. Mais dix contr&#244;les, parfois, le m&#234;me jour ? Assortis de quel vocabulaire ? De quel tutoiement ? Quelle sensibilit&#233; humaine l'accepterait ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'ils sifflent La Marseillaise, c'est que le v&#233;cu de trois ou quatre g&#233;n&#233;rations, entass&#233; comme par strates successives, arrive d&#233;sormais &#224; fleur de c&#339;ur, &#224; fleur de peau, &#224; fleur de l&#232;vres : et si ce &#171; sang impur &#187; d&#233;nonc&#233; par l'hymne national &#233;tait le leur ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est l'avenir de la France, ni plus, ni moins, qui est en cause. Il y a quelques ann&#233;es, une somme fort savante sur l'histoire de l'immigration avait pris pour titre La mosa&#239;que France (15). Une mosa&#239;que, c'est la r&#233;union de milliers de petits &#233;clats qui forment un ensemble harmonieux, chacun gardant sa couleur, sa brillance, sa taille, sa forme. Belle image. Que l'on prenne bien garde que ces &#233;clats ne finissent par vivre s&#233;par&#233;ment. Et donc que le tableau global perde tout sens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Monsieur le pr&#233;sident, ne cherchez pas chez les autres, les musulmans, complices ou proies na&#239;ves de meneurs, les causes profondes de la d&#233;chirure de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Les s&#233;paratistes ne sont pas l&#224; o&#249; vous les traquez. Il est dans la morgue des &#233;lites. M&#233;ditez, vous qui vous piquez de lectures profondes ces lignes de Simone Weil (et comme vous &#234;tes cultiv&#233;, vous savez qu'il s'agit de la philosophe, avec un &#171; W &#187;, pas de la ministre r&#233;cemment d&#233;c&#233;d&#233;e, avec un &#171; V &#187;) : &#171; Pour quiconque a un peu de fiert&#233;, il suffit d'avoir &#233;t&#233; humili&#233; pour avoir la r&#233;volte au c&#339;ur. Ceux qu'on appelle les &#8220;meneurs&#8220;, c'est-&#224;-dire les militants, ne cr&#233;ent pas les sentiments de r&#233;volte, ils les expriment simplement. Ceux qui cr&#233;ent les sentiments de r&#233;volte, ce sont les hommes qui osent humilier leurs semblables &#187;. Elles datent de 1938. (16).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1 Discours, Mulhouse, 18 f&#233;vrier 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 &#171; Pourquoi Emmanuel Macron et le gouvernement parlent-ils de &#8220;s&#233;paratisme&#8221; plut&#244;t que de &#8220;communautarisme&#8221; ? &#187;, Site France-Info, 17 juillet ; &lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/religion-laicite/pourquoi-emmanuel-macron-et-le-gouvernement-parlent-ils-de-separatisme-plutot-que-de-communautarisme_4048131.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/religion-laicite/pourquoi-emmanuel-macron-et-le-gouvernement-parlent-ils-de-separatisme-plutot-que-de-communautarisme_4048131.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
3 Paris, Seuil&lt;br class='autobr' /&gt;
4 Le Figaro, 19 mars.&lt;br class='autobr' /&gt;
5 Le Figaro Magazine, 20 septembre 1991.&lt;br class='autobr' /&gt;
6 Mutualit&#233;, 28 novembre 1989, Le Monde, 30 novembre&lt;br class='autobr' /&gt;
7 Marianne, 27 octobre 2006, propos recueillis par Octave Bonnaud&lt;br class='autobr' /&gt;
8 Lire, septembre 2001&lt;br class='autobr' /&gt;
9 21 janvier 2005&lt;br class='autobr' /&gt;
10 Intervention, Mission d'information sur la pratique du port du voile int&#233;gral sur le territoire national, audition du 21 octobre 2009, Compte-rendu n&#176; 9, Site Internet Assembl&#233;e nationale.fr&lt;br class='autobr' /&gt;
11 5 septembre 2009. Transcription in Le Monde, 12 septembre et sur de nombreux Sites Internet&lt;br class='autobr' /&gt;
12 Le Monde, 13 janvier 2010&lt;br class='autobr' /&gt;
13 Roman sign&#233; &#201;mile Ajar, Paris, Mercure de France, 1975.&lt;br class='autobr' /&gt;
14 Enqu&#234;te sur l'acc&#232;s aux droits.Volume I, Relations police/population : le cas des contr&#244;les d'identit&#233;. 2014.&lt;br class='autobr' /&gt;
15 La mosa&#239;que France. Histoire de l'immigration et des &#233;trangers en France, sous la direction de Yves Lequin, Paris, Larousse, 1998&lt;br class='autobr' /&gt;
16 &#171; Qui est coupable des men&#233;es anti-fran&#231;aises ?, 1938), in &#201;crits historiques et politiques, Paris, Gallimard, 1960.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comores, Mayotte, n&#233;o-colonialisme fran&#231;ais : petit cours d'histoire r&#233;cente</title>
		<link>http://www.acca.1901.org/spip.php?article62</link>
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		<dc:date>2018-03-16T17:16:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain RUSCIO</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Comores : groupe d'&#238;les d'Afrique (&#8230;). Les quatre grandes &#238;les qu'il comprend sont Mayotte, Anjouan, Moh&#233;li et la Grande Comore &#187;. Ainsi s'exprime Pierre Larousse auteur du Grand Dictionnaire universel du XIX &#232; si&#232;cle (1). Oui, on a bien lu : les Comores constituent un ensemble g&#233;ographique ancien. Ajoutons : uni par l'appartenance ethnique, l'histoire et la religion (l'islam). Et, d'ailleurs, les Fran&#231;ais, quand ils en prirent possession par &#233;tapes, &#224; partir de 1843, le consid&#233;r&#232;rent comme tel, jusqu'au (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Comores : groupe d'&#238;les d'Afrique (&#8230;). Les quatre grandes &#238;les qu'il comprend sont Mayotte, Anjouan, Moh&#233;li et la Grande Comore &#187;. Ainsi s'exprime Pierre Larousse auteur du Grand Dictionnaire universel du XIX &#232; si&#232;cle (1). Oui, on a bien lu : les Comores constituent un ensemble g&#233;ographique ancien. Ajoutons : uni par l'appartenance ethnique, l'histoire et la religion (l'islam). Et, d'ailleurs, les Fran&#231;ais, quand ils en prirent possession par &#233;tapes, &#224; partir de 1843, le consid&#233;r&#232;rent comme tel, jusqu'au terme du processus colonial (ind&#233;pendance de 1975). Toute puissance de l'Homme Blanc ! Il a m&#234;me r&#233;ussi &#224; changer la g&#233;ographie&#8230; quand &#231;a l'arrange. La g&#233;ographie et le vocabulaire. Ainsi, les Comoriens sont-ils devenus des Mahorais (les bons, ceux qui ont la chance d'habiter un d&#233;partement fran&#231;ais) et les &#233;tranger-&#232;re-s (les mauvais-es, ceux-celles qui ont le culot de risquer leur vie pour &#233;chapper &#224; la mis&#232;re, qui viennent pondre leurs rejetons par milliers sur nos terres).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pas un homme politique, pas un sp&#233;cialiste, pas un journaliste, sauf erreur ou omission, depuis le d&#233;but de la pr&#233;sente crise, n'a simplement &#233;nonc&#233; cette v&#233;rit&#233; : la France est en ce domaine une hors-la-loi internationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Petit cours d'histoire r&#233;cente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque le grande vague ind&#233;pendantiste atteint l'archipel des Comores - donc les quatre &#238;les -, les ind&#233;pendantistes remportent les &#233;lections (1972). Dans une D&#233;claration commune, le Mouvement de lib&#233;ration des Comores et la France acceptent, le 15 juin 1973, que la population soit consult&#233;e sur le statut de l'archipel. La m&#234;me ann&#233;e, l&#8216;Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU ent&#233;rine ce processus, &#171; prend note avec int&#233;r&#234;t de la d&#233;claration du repr&#233;sentant de la France selon laquelle le Gouvernement fran&#231;ais affirme &#8220;la vocation des Comores &#224; l'ind&#233;pendance&#8220; &#187; (point 3) et, point essentiel, &#171; affirme l'unit&#233; et l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'archipel des Comores &#187; (point 4) (r&#233;solution 3161, 14 d&#233;cembre 1973) (2). En 1974, une nouvelle r&#233;solution de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU &#171; r&#233;affirme le droit inali&#233;nable du peuple de l'archipel des Comores &#224; l'autod&#233;termination et &#224; l'ind&#233;pendance &#187; (point I) et, surtout, &#171; r&#233;affirme l'unit&#233; et l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'archipel des Comores &#187; (point IV) (r&#233;solution 3291, 13 d&#233;cembre 1974) (3).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est &#224; noter qu'&#224; ce moment aucun politicien fran&#231;ais n'&#233;voque une division ult&#233;rieure du territoire comorien. Peut-on imaginer voix plus officielle que celle de Val&#233;ry Giscard d'Estaing, alors tout nouvellement &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique ? &#171; Pour ce qui est de l'&#238;le Mayotte, le texte a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; par l'Assembl&#233;e nationale, il s'agit de l'archipel des Comores (&#8230;). C'est une population qui est homog&#232;ne, dans laquelle n'existe pratiquement pas de peuplement d'origine fran&#231;aise, ou un peuplement tr&#232;s limit&#233;. &#201;tait-il raisonnable d'imaginer qu'une partie de l'archipel devienne ind&#233;pendante et qu'une &#238;le, quelle que soit la sympathie qu'on puisse &#233;prouver pour ses habitants, conserve un statut diff&#233;rent ? Je crois qu'il faut accepter les r&#233;alit&#233;s contemporaines. Les Comores sont une unit&#233;, ont toujours &#233;t&#233; une unit&#233;. Il est naturel que leur sort soit un sort commun, m&#234;me si en effet certains d'entre eux pouvaient souhaiter (et ceci naturellement nous touche), eh bien que nous ne puissions pas, ne devions pas en tirer les cons&#233;quences, m&#234;me si certains pouvaient souhaiter une autre solution ? Nous n'avons pas, &#224; l'occasion de l'ind&#233;pendance d'un territoire, &#224; proposer de briser l'unit&#233; de ce qui a toujours &#233;t&#233; l'unique archipel des Comores &#187; (Conf&#233;rence de presse, 24 octobre 1974) (4).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les habitants de toutes les &#238;les sont donc invit&#233;s, deux mois apr&#232;s cette d&#233;claration qui engageait la France, &#224; participer &#224; un r&#233;f&#233;rendum. Le 22 d&#233;cembre 1974, ils se prononcent pour l'ind&#233;pendance. Mais le n&#233;o-colonialisme fran&#231;ais ne pouvait ni ne voulait perdre tout point d'appui au c&#339;ur de cet Oc&#233;an indien, lieu de passage des grandes voies de navigation, n&#339;ud strat&#233;gique. Mayotte devait rester fran&#231;aise elle le resta. Financ&#233;s par les services fran&#231;ais, les notables de Mayotte, rest&#233;s tr&#232;s francophiles, jouent la carte du maintien du niveau de vie. La campagne se d&#233;roule dans de dr&#244;les de conditions : affrontements, intimidations et m&#234;me expulsions des Comoriens partisans de l'unit&#233; de l'archipel. Le r&#233;sultat : Mayotte vote &#224; 63,8 % en faveur du maintien dans l'aire fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s lors, la France de Giscard (puis celle des tous les pr&#233;sidents qui lui succ&#233;d&#232;rent) se mit - et reste - hors de la loi internationale. Attitude s&#233;v&#232;rement d&#233;nonc&#233;e par l'ONU : le 12 novembre 1975, &#171; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, ayant examin&#233; la demande d'admission des Comores ; r&#233;affirmant la n&#233;cessit&#233; de respecter l'unit&#233; et l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'archipel des Comores, compos&#233; des &#238;les d'Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Moh&#233;li (&#8230;) d&#233;cide d'admettre les Comores &#224; l'Organisation des Nations unies &#187; (r&#233;solution 3385) (5). Seul le veto fran&#231;ais emp&#234;cha le conseil de s&#233;curit&#233;, le 6 f&#233;vrier 1976, de faire de m&#234;me (11 voix pour, 3 abstentions)(6).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le gouvernement Chirac (un Giscard quelque peu amn&#233;sique &#233;tant pr&#233;sident) d&#233;cida alors de passer outre. Nouvelle violation de la loi internationale. Il organisa en f&#233;vrier1976 un r&#233;f&#233;rendum &#224; Mayotte. Le Bulletin portait la formule : &#171; Je souhaite que Mayotte reste au sein de la R&#233;publique fran&#231;aise &#187;. 80 % des Mahorais &#233;taient alors analphab&#232;tes, l'immense majorit&#233; ignoraient m&#234;me le fran&#231;ais, ne savaient pas situer la France sur une carte du monde, faisait remarquer un journaliste du Monde &#224; la veille du scrutin (Bruno Dethomas, 7 f&#233;vrier 1976). Le 8 f&#233;vrier, finalement, 99,4 % des votes exprim&#233;s fse portent en faveur du maintien au sein du domaine fran&#231;ais. Quelques jours plus tard, le secr&#233;taire d'&#201;tat aux DOM-TOM, Olivier Stirn, &#233;voque la mise en place d'une d&#233;partementalisation dans les &#171; quatre ou cinq ans &#224; venir &#187;. Il organise le 11 avril un r&#233;f&#233;rendum sur le th&#232;me : &#171; Souhaitez-vous que Mayotte conserve ou abandonne son statut de territoire d'outre-mer ? &#187;. En fait, tr&#232;s peu de Mahorais r&#233;pondent &#224; cette question, 80 % d'entre eux glissant dans l'urne un bulletin non officiel r&#233;clamant&#8230; la d&#233;partementalisation (7). Manipulation qui, &#224; l'&#233;vidence, n'avait pu se produire qu'avec la complicit&#233; des Fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Finalement, le choix se porte sur un statut interm&#233;diaire, appel&#233; Collectivit&#233; territoriale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Co&#239;ncidence absolue, est implant&#233; l'ann&#233;e d'apr&#232;s (juillet 1977) l'&#201;l&#233;ment Marine de Mayotte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le couronnement du coup de force fut la transformation de la Collectivit&#233; en d&#233;partement8, en 2009, dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale de l'opinion m&#233;tropolitaine, totalement sous-inform&#233;e. Il n'y eut pas de v&#233;ritable campagne, seuls les partisans du Oui s'exprimant &#224; visage d&#233;couvert. Avec l'argument majeur que l'on devine : regardez la mis&#232;re abyssale, l&#224;, &#224; quelques kilom&#232;tres de vos c&#244;tes. Les rares politiciens venus de m&#233;tropole pour tenter de soutenir le Non, par exemple deux parlementaires communistes, furent trait&#233;s sans m&#233;nagement. Le r&#233;sultat ne faisait aucun doute : le 29 mars, il y eut 95,2 % de Oui, pour une participation honorable, 61,02 %. Une partie de la presse se r&#233;jouit de cette adh&#233;sion. Le pr&#233;sident Sarkozy, digne h&#233;ritier en ce domaine de Chirac et de Giscard, s'enthousiasma : &#171; C'est un moment historique pour Mayotte et pour les Mahorais. C'est un r&#234;ve port&#233; par plusieurs g&#233;n&#233;rations qui se r&#233;alise &#187; (9).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le processus sera totalement achev&#233; par l'acc&#232;s d&#233;finitif au statut de d&#233;partement fran&#231;ais &#8211; le 101 &#232; &#8211; le 31 mars 2011.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais une d&#233;cision, f&#251;t-elle prise avec l'appui de la force, ne peut nier des liens familiaux, amicaux, &#233;conomiques, tiss&#233;s depuis des si&#232;cles. Par ailleurs, la diff&#233;rence des niveaux de vie produit un effet d'aspiration. Divers avantages sociaux de m&#233;tropole seront progressivement, dans les ann&#233;es qui suivront, &#233;tendues &#224; Mayotte. Mais cette extension sera lente, afin de ne pas accentuer les d&#233;s&#233;quilibres r&#233;gionaux (&#8230; et de ne pas grever le budget de la m&#233;tropole) : ainsi, le SMIC vers&#233;, 1.131 &#8364;, correspond aux trois quarts du montant de m&#233;tropole (1.498), le Revenu de Solidarit&#233; Active (RSA) est de 268 &#8364; &#224; Mayotte, pour 8 &#224; 900 selon les cas en m&#233;tropole (10). Sans compter les petits boulots non d&#233;clar&#233;s qui semble-t-il foisonnent sur l'&#238;le. &#192; comparer aux statistiques officielles concernant les trois autres &#238;les : 70 US dollars, soit 57 &#8364; de salaire moyen mensuel (11). R&#233;sultat : malgr&#233; ses 84 % qui vivent sous le seuil de pauvret&#233; &#224; Mayotte, le PIB par habitant est neuf fois sup&#233;rieur &#224; celui des autres &#238;les des Comores.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aussi, depuis 1975, les mouvements migratoires n'ont jamais cess&#233;. Le 18 janvier 1995, un autre grand homme de la R&#233;publique fran&#231;aise, Edouard Balladur, obligea d&#233;sormais les Comoriens &#224; demander un visa, assorti de conditions draconiennes, pour se rendre sur une &#238;le qui &#233;tait leur. Ainsi, un d&#233;cret sign&#233; &#224; Paris voulut mettre fin &#224; des circulations humaines vieilles de plusieurs si&#232;cles. Il arrive ce qui devait arriver : les embarcations venant &#224; Mayotte furent plus nombreuses encore. Avec cette fois-ci d'immenses dangers encourus. Et les cons&#233;quences que l'on imagine : &#171; Les soixante-dix kilom&#232;tres qui s&#233;parent les deux &#238;les (12) sont devenus l'un des principaux cimeti&#232;res marins de la plan&#232;te, expliquait en 2009 R&#233;mi Carayol, du Monde Diplomatique (13). Entre 3.000 et 6.000 personnes auraient, selon les associations, perdu ces quatorze derni&#232;res ann&#233;es dans des embarcations (kwassa kwassa) de six &#224; neuf m&#232;tres de long, surcharg&#233;es, qui empruntent des voies de plus en plus dangereuses pour &#233;viter les patrouille &#187;. Ceux qui parviennent &#224; Mayotte ne sont pas tir&#233;s d'affaire. Les reconduites sur les &#238;les de d&#233;part sont syst&#233;matiques. Une chasse aux clandestins renvoie chez elles 20.000 personnes par an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces reconduites n'ont ni efficacit&#233; d&#233;mographique, ni effet dissuasif. Il y avait, lors du r&#233;f&#233;rendum de 1974, de l'ordre de 40.000 habitants sur l'&#238;le ; en 2002, ils &#233;taient 160.000, 200.000 en 2009, 256.000 en 2017, ce qui donne &#224; l'&#238;le la plus forte densit&#233; des d&#233;partements fran&#231;ais (hors &#206;le-de-France) avec 690 habitants au km&#178;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pour quels int&#233;r&#234;ts ? &#201;conomique(s) ? La m&#233;tropole a engouffr&#233; en pure perte des milliards d'Euros (une moyenne de 680 millions d'euros par an, d'apr&#232;s une enqu&#234;te du Monde de 2011) (14). Les exportations de Mayotte atteignent p&#233;niblement 2 % des importations. La r&#233;ponse est-elle dans la transformation r&#233;cente de l'&#201;l&#233;ment Marine de Mayotte, d&#233;j&#224; cit&#233;, en Base Navale Mayotte (9 septembre 2016) ? Les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais sont bien gard&#233;s : notre Marine veille. Avec l'extension des eaux territoriales qui accompagne cette pr&#233;sence. Et puis, seconde (mais non mineure) raison : n'y a-t-il pas l&#224; des reliquats du vieil esprit colonial, la grandeur du pays associ&#233;e &#224; sa pr&#233;sence outre-mer, l'attachement aux confettis de l'Empire s'&#233;tant substitu&#233; aux c&#233;l&#232;bres t&#226;ches roses de nos colonies nagu&#232;re sur toutes les cartes de g&#233;ographie ? Andr&#233; Oraison, chercheur &#224; La R&#233;union, sp&#233;cialiste de Droit international, a trouv&#233; les mots justes : &#171; raisons un peu cocardi&#232;res, nationalistes &#187;(15). &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#233;sultat est l&#224;, cruel. Les Mahorais d&#233;noncent d&#233;sormais les autres Comoriens, tentant de pr&#233;server leur privil&#232;ges, appelant &#233;trangers ceux qui sont du m&#234;me peuple, souvent leurs propres cousins, s'effrayant (&#224; juste titre) de la criminalit&#233; qui galope. Terrible monde qui voit se concurrencer aujourd'hui, s'affronter demain, qui sait s'entretuer plus tard, les pauvres et les pauvrissimes. Andr&#233; Oraison conclut : &#171; Les Mahorais ont estim&#233; qu'il valait mieux rester Fran&#231;ais parce que l'aide de la France pouvait les aider &#224; se d&#233;velopper faisant de l'&#238;le un eldorado. Eh bien aujourd'hui on ne peut plus parler d'eldorado &#224; Mayotte, c'est devenu plut&#244;t une poudri&#232;re, une bombe &#224; retardement, c'est un Titanic &#224; la d&#233;rive &#187;(16).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et tout cela sous l'&#339;il des politiciens qui, tous gouvernements confondus depuis 1975, ont organis&#233; dans le pire des cas, laiss&#233; cro&#238;tre dans le meilleur, cette catastrophe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alain Ruscio, historien&lt;/p&gt; &lt;p&gt;notes&lt;br class='autobr' /&gt;
1) Vol. XVII, 2 &#232;me suppl&#233;ment, 1877. &lt;br class='autobr' /&gt;
2) &lt;a href=&#034;http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3161(XXVIII&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3161(XXVIII&lt;/a&gt;)&amp;Lang=F&lt;br class='autobr' /&gt;
3) &lt;a href=&#034;http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3291(XXIX&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3291(XXIX&lt;/a&gt;)&amp;Lang=F&lt;br class='autobr' /&gt;
4) Deuxi&#232;me r&#233;union de presse de M. Val&#233;ry Giscard d'Estaing, pr&#233;sident de la R&#233;publique, sur la politique ext&#233;rieure, Paris, Palais de l'&#201;lys&#233;e, le jeudi 24 octobre 1974, &lt;a href=&#034;http://discours.vie-publique.fr/notices/747002568.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://discours.vie-publique.fr/notices/747002568.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
5) &lt;a href=&#034;http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3385(XXX&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3385(XXX&lt;/a&gt;)&amp;Lang=F&lt;br class='autobr' /&gt;
6) Louis Wiznitter, Le Monde, 8 f&#233;vrier 1976&lt;br class='autobr' /&gt;
7) &#171; Mayotte : pour la d&#233;partementalisation &#187;, March&#233;s Tropicaux, 19 avril 1976&lt;br class='autobr' /&gt;
8) Hugues B&#233;ringer, &#8220;De la colonie au department d'outre-mer : l'&#233;volution institutionnelle de Mayotte dans la France&#8221;, Outre-mer, Revue d'histoire, n&#176; 374-375, 2012&lt;br class='autobr' /&gt;
9) Message, 29 mars 2009, Le Figaro, 31 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
10) Calcul effectu&#233; pour une personne seule.&lt;br class='autobr' /&gt;
11) &lt;a href=&#034;http://www.journaldunet.com/business/salaire/comores/pays-com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.journaldunet.com/business/salaire/comores/pays-com&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
12) Ndzouani (l'ancienne Anjouan) et Mayotte&lt;br class='autobr' /&gt;
13) &#171; D&#233;partemantalisation sous tension &#224; Mayotte &#187;, juin 2009.&lt;br class='autobr' /&gt;
14) Beno&#238;t Hopquin et Laurent Canavate, &#171; Mayotte, bleu-blanc-boom &#187;, Le Monde, 31 mars 2011&lt;br class='autobr' /&gt;
15) Interview &#224; Zinfos 974, 2 juin 1976.&lt;br class='autobr' /&gt;
16) id&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'antiracisme, l'anticolonialisme ont d'autres combats &#224; mener</title>
		<link>http://www.acca.1901.org/spip.php?article56</link>
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		<dc:date>2017-10-07T11:50:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain RUSCIO</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#224; propos du d&#233;bat : Travail de m&#233;moire et histoire. Faut-il d&#233;baptiser les lieux publics Colbert ? paru dans L'Humanit&#233; le Mardi, 3 Octobre, 2017&lt;br class='autobr' /&gt;
L'esclavage et la colonisation sont &#224; coup s&#251;r deux moments parmi les plus sombres de notre histoire : cette constatation, qui n'est certes pas partag&#233;e par tous aujourd'hui encore, aurait paru totalement scandaleuse &#224; nos a&#239;eux. C'est pourquoi, fi&#232;rement, ils ont attribu&#233; par centaines des noms de rues, ils ont &#233;rig&#233; par dizaines des statues &#224; de faux h&#233;ros, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#224; propos du d&#233;bat :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Travail de m&#233;moire et histoire. Faut-il d&#233;baptiser les lieux publics Colbert ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
paru dans &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/travail-de-memoire-et-histoire-faut-il-debaptiser-les-lieux-publics-colbert-642923&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'Humanit&#233; le Mardi, 3 Octobre, 2017&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'esclavage et la colonisation sont &#224; coup s&#251;r deux moments parmi les plus sombres de notre histoire : cette constatation, qui n'est certes pas partag&#233;e par tous aujourd'hui encore, aurait paru totalement scandaleuse &#224; nos a&#239;eux. C'est pourquoi, fi&#232;rement, ils ont attribu&#233; par centaines des noms de rues, ils ont &#233;rig&#233; par dizaines des statues &#224; de faux h&#233;ros, militaires sabreurs, politiciens colonialistes, id&#233;ologues racistes. Question pr&#233;alable : si on accepte le principe de d&#233;baptiser, de d&#233;boulonner, de d&#233;truire tous les symboles de ce pass&#233;-l&#224;, par quoi, par qui, commencer ? Faut-il demander &#224; la municipalit&#233; bien-pensante de Neuilly de se d&#233;barrasser de la statue &#233;questre du duc d'Orl&#233;ans, qui commanda une des exp&#233;ditions meurtri&#232;res de la conqu&#234;te de l'Alg&#233;rie ? Ou &#224; la Ville de Paris de mettre &#224; bas celle de Francis Garnier, qui ouvrit les portes du Tonkin (nord du Vietnam) &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise, pr&#233;lude &#224; un si&#232;cle de malheurs pour ce pays ? Faut-il lancer un commando contre la statue de Jules Ferry, certes p&#232;re de l'&#233;cole publique (Fran&#231;ois Hollande le rappela nagu&#232;re), mais aussi le premier homme politique qui osa, du haut de la tribune de la Chambre, &#233;voquer des &#171; races inf&#233;rieures &#187; ? Faut-il d&#233;noncer l'appellation &#171; place du Mar&#233;chal-de-Lattre &#187;, ce militaire qui, le premier, ordonna l'usage du napalm au Vietnam ? Franchissons une &#233;tape : il serait biens&#233;ant de d&#233;truire toutes les fresques qui ornent la fa&#231;ade de l'ancien mus&#233;e des Colonies, aujourd'hui de l'Immigration, car elles m&#234;lent indistinctement &#171; indig&#232;nes &#187; et animaux sauvages, selon une association d'id&#233;es qui ne g&#234;nait pas grand monde en 1931. Il faudrait &#233;galement, et d'urgence, d&#233;baptiser l'h&#244;pital Broca, car ce sinistre &#171; savant &#187; des ann&#233;es 1850-1870 d&#233;pe&#231;a des corps, pesa des cerveaux&#8230; pour &#171; prouver &#187; que les Blancs &#233;taient plus intelligents que tous les autres humains. Et pourquoi pas renommer le boulevard d'Indochine boulevard du Vietnam (avouons que &#231;a aurait de la gueule), car l'Indochine fut une cr&#233;ation coloniale&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais une question vient &#224; l'esprit : qui en d&#233;ciderait ? Des politiciens ? Hors de question. Des historiens ? Mais choisis par qui, selon quels crit&#232;res ? Des comit&#233;s mixtes regroupant les descendants des anciens ma&#238;tres et des anciens esclaves, des colonisateurs et des colonis&#233;s ? A&#239;e ! Un savant dosage entre ces trois cat&#233;gories ? Inimaginable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'antiracisme, l'anticolonialisme ont, &#224; mon avis, d'autres combats &#224; mener. Un vrai effort p&#233;dagogique est sans aucun doute n&#233;cessaire autour des lieux, parmi bien d'autres, que nous venons de citer. Imaginons une &#233;ducation nationale qui inclurait dans ses pratiques des circuits au cours desquels les enseignants pourraient, sans agressivit&#233;, rappeler ce que firent ces statufi&#233;s ? Imaginons des maires consacrant dans les bulletins municipaux une rubrique de d&#233;mystification des &#171; h&#233;ros &#187; de la traite n&#233;gri&#232;re ou des conqu&#234;tes coloniales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un effort est &#224; faire dans une autre direction. Depuis quelques ann&#233;es, un r&#233;&#233;quilibrage a &#233;t&#233; tent&#233; (je parle pour Paris, l'exemple que je connais le mieux). La plaque du pont Saint-Michel &#224; la m&#233;moire des victimes alg&#233;riennes du 17 octobre 1961, celle place de Charonne, l'inauguration de la place Maurice-Audin, de l'esplanade Pierre-Vidal-Naquet, furent des actes de simple justice historique. Pourquoi ne pas poursuivre dans cette voie ? L'auteur de ces lignes a rappel&#233; r&#233;cemment que des esprits libres avaient, d&#232;s les ann&#233;es 1930, propos&#233; d'&#233;riger une statue &#224; l'&#233;mir Abdelkader ? Et si on reprenait cette id&#233;e, autrement plus charg&#233;e de symboles que toutes les destructions r&#233;clam&#233;es ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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