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	<title>Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui</title>
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	<description>L'association a pour but de d&#233;noncer les tentatives actuelles et r&#233;centes de recolonisation du monde, par l'agression &#233;conomique, culturelle et militaire ainsi que de d&#233;noncer les m&#233;faits du colonialisme ancien.</description>
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		<title>Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui</title>
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		<title>LA GRANDE GUERRE PATRIOTIQUE LIBERA L'UNION SOVIETIQUE sans l'aide de personne</title>
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		<dc:date>2025-04-26T18:21:55Z</dc:date>
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		<dc:creator>Atilio Boron, Emilio Taddei</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le 8 mai 2025 marque le 80e anniversaire de la fin de ce que l'on appelle la Seconde Guerre mondiale sur le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations europ&#233;en. Ce jour-l&#224;, la capitulation des forces du Troisi&#232;me Reich, intervenue la veille, est entr&#233;e en vigueur. Le point culminant du conflit mondial sera atteint sur le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations Asie-Pacifique le 2 septembre 1945 avec la capitulation inconditionnelle de l'empire japonais, &#224; la suite des bombardements nucl&#233;aires am&#233;ricains d'Hiroshima et de Nagasaki, respectivement (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 8 mai 2025 marque le 80e anniversaire de la fin de ce que l'on appelle la Seconde Guerre mondiale sur le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations europ&#233;en. Ce jour-l&#224;, la capitulation des forces du Troisi&#232;me Reich, intervenue la veille, est entr&#233;e en vigueur. Le point culminant du conflit mondial sera atteint sur le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations Asie-Pacifique le 2 septembre 1945 avec la capitulation inconditionnelle de l'empire japonais, &#224; la suite des bombardements nucl&#233;aires am&#233;ricains d'Hiroshima et de Nagasaki, respectivement les 6 et 9 ao&#251;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; interview d' Atilio Boron par Emilio Taddei&lt;/p&gt; &lt;p&gt;source &lt;a href=&#034;https://rebelion.org/en-la-gran-guerra-patria-rusia-se-libero-del-nazismo-sin-la-ayuda-de-nadie/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://rebelion.org/en-la-gran-guerra-patria-rusia-se-libero-del-nazismo-sin-la-ayuda-de-nadie/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;En 2025, les anniversaires de cet &#233;v&#233;nement historique, qui a inaugur&#233; d'abord la red&#233;finition de l'ordre mondial de la guerre froide, puis une p&#233;riode d'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine aux commandes du syst&#232;me mondial, co&#239;ncident avec une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements diplomatico-militaires qui signalent l'&#233;clipse du cycle de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine. Quelques semaines apr&#232;s sa seconde investiture &#224; la pr&#233;sidence des &#201;tats-Unis, Donald Trump a sap&#233; les fondements de l'OTAN, l'alliance atlantique forg&#233;e apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale. En d&#233;cidant de n&#233;gocier directement avec Vladimir Poutine pour mettre fin &#224; la guerre en Ukraine et de rel&#233;guer la diplomatie europ&#233;enne, l'invit&#233; de la Maison Blanche a politiquement d&#233;moli le pacte de d&#233;fense collective qui unit Am&#233;ricains et Europ&#233;ens depuis 1949. Le raisonnement derri&#232;re cette d&#233;cision semble &#234;tre que Washington estime que la solidarit&#233; transatlantique ne correspond plus &#224; ses int&#233;r&#234;ts, du moins pas avec la centralit&#233; que ce lien a eu pendant sept d&#233;cennies et demie. C'est pourquoi la priorit&#233; de Trump est aujourd'hui la normalisation des relations avec la Russie de Poutine et non plus le sort de l'Ukraine, sauf si celui-ci est directement li&#233; &#224; l'int&#233;r&#234;t strat&#233;gique du Nord de s'emparer de diverses ressources naturelles strat&#233;giques sous-jacentes sur le sol ukrainien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces gestes du pr&#233;sident am&#233;ricain - qui s'ajoutent &#224; la d&#233;cision d'imposer des droits de douane sur les importations en provenance de diff&#233;rents pays, ce qui a &#233;branl&#233; les fondements du commerce mondial - font voler en &#233;clats les liens d'amiti&#233; tiss&#233;s pendant soixante-quinze ans de part et d'autre de l'oc&#233;an Atlantique, l'appartenance commune proclam&#233;e au camp des d&#233;mocraties lib&#233;rales jusqu'&#224; aujourd'hui. Elle ridiculise &#233;galement l'in&#233;puisable gratitude des Europ&#233;ens envers les Am&#233;ricains pour la victoire de 1945 ; une attitude qui, dans le m&#234;me temps, a permis aux &#233;lites politiques et aux classes dirigeantes europ&#233;ennes de minimiser le r&#244;le d&#233;cisif jou&#233; par l'Arm&#233;e rouge dans la d&#233;faite militaire du r&#233;gime nazi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Charles de Gaulle, personnage cl&#233; de l'issue militaire de la Seconde Guerre mondiale et des n&#233;gociations qui ont ciment&#233; l'ordre institutionnel et &#233;conomique de l'apr&#232;s-guerre, a affirm&#233; que &#171; le jour viendra o&#249; les Am&#233;ricains partiront et o&#249; l'ordre du monde changera &#187;. Ce jour est-il arriv&#233;, et la comm&#233;moration du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale co&#239;ncide-t-elle avec un moment de clivage dans la transition de l'ordre mondial ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce contexte, Tekt&#243;nikos a interview&#233; le politologue et sociologue argentin Atilio Boron, professeur d'universit&#233;, ancien directeur ex&#233;cutif du Conseil latino-am&#233;ricain des sciences sociales (CLACSO), auteur de nombreux ouvrages et actuellement directeur du Centro de Complementaci&#243;n Curricular de la Facultad de Humanidades y Artes de la Universidad Nacional de Avellaneda et du Programa Latinoamericano de Educaci&#243;n a Distancia en Ciencias Sociales del Centro Cultural de la Cooperaci&#243;n Floreal Gorini.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Selon vous, quels sont les traits distinctifs de cette p&#233;riode historique qui ont influenc&#233; le d&#233;veloppement de la Seconde Guerre mondiale ?&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les facteurs sont nombreux, mais &#224; mon avis les plus importants sont les suivants : d'une part, la terrible r&#233;solution des n&#233;gociations qui ont eu lieu &#224; la fin de la Premi&#232;re Guerre mondiale, qui a aliment&#233; le revanchisme allemand face &#224; l'humiliation &#224; laquelle l'Allemagne a &#233;t&#233; soumise dans le trait&#233; de Versailles. Il y a bien eu une voix discordante dans le concert triomphaliste des vainqueurs de la Premi&#232;re Guerre mondiale. C'est celle de John Maynard Keynes, qui a rassembl&#233; ses critiques dans un livre remarquable publi&#233; en 1920 sous le titre &#171; The Economic Consequences of Peace &#187; (Les cons&#233;quences &#233;conomiques de la paix). Keynes soutenait que le trait&#233; &#233;tait injuste, vexatoire &#224; l'&#233;gard des citoyens allemands, et qu'il entraverait &#233;galement le redressement &#233;conomique de l'Allemagne et, partant, les efforts de reconstruction &#233;conomique des pays europ&#233;ens. Les &#171; r&#233;parations &#187; impos&#233;es &#224; l'Allemagne &#233;taient exorbitantes. La question des dettes contract&#233;es par les forces bellig&#233;rantes n'a pas non plus &#233;t&#233; abord&#233;e, selon Keynes. Humilier et condamner l'Allemagne &#224; la pauvret&#233; pouvait avoir pour effet de provoquer une r&#233;action agressive et violente, renfor&#231;ant les &#233;l&#233;ments conservateurs en Allemagne qui minaient d&#233;j&#224; la R&#233;publique de Weimar. Bref, une erreur qui a &#233;t&#233; l'une des plus importantes dans l'issue de la trag&#233;die.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vous avez mentionn&#233; plusieurs facteurs.&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Oui, un autre facteur extr&#234;mement important, contenu dans les r&#233;serves de Keynes sur le trait&#233;, &#233;tait l'effondrement de la R&#233;publique de Weimar et la mont&#233;e du nazisme, avec son id&#233;ologie totalitaire et sa recherche incessante du lebensraum, l'&#171; espace vital &#187; dont les id&#233;ologues nazis estimaient que l'Allemagne &#233;tait priv&#233;e non seulement en Europe, mais aussi dans le monde colonial. Il convient de rappeler que l'Allemagne est arriv&#233;e tardivement &#224; la table o&#249; les grandes puissances se partagent le monde, principalement en Afrique. En fait, comme l'a not&#233; Immanuel Wallerstein dans ses &#233;crits, il n'y a pas eu deux guerres mondiales, mais une seule qui a commenc&#233; en 1914 et a fait une pause avec une sorte d'armistice qui a dur&#233; jusqu'en 1939, lorsque la phase finale de cette guerre a &#233;clat&#233;. Tant la Premi&#232;re que la Seconde Guerre mondiale ont &#233;t&#233; l'expression militaire de la lutte inter-imp&#233;rialiste, d&#233;nonc&#233;e par L&#233;nine d&#232;s 1914, et qui, &#224; son terme en 1945, a install&#233; une nouvelle puissance dirigeante dans le syst&#232;me, les &#201;tats-Unis, &#233;vin&#231;ant de cette position le Royaume-Uni, dont la capacit&#233; &#224; remplir ce r&#244;le a commenc&#233; &#224; d&#233;cliner de mani&#232;re significative &#224; partir du d&#233;but du XXe si&#232;cle. Et permettez-moi de citer un troisi&#232;me &#233;l&#233;ment qui &#233;tait tr&#232;s pr&#233;sent dans l'esprit des dirigeants britanniques et am&#233;ricains : la menace que repr&#233;sentait l'existence m&#234;me de l'Union sovi&#233;tique. Winston Churchill, personnage m&#233;prisable pour son racisme, pour la cruaut&#233; avec laquelle il a r&#233;prim&#233; les protestations dans le monde colonial britannique et pour son absence totale de scrupules, l'a fait savoir plus d'une fois lorsqu'il a d&#233;clar&#233; que l'effort militaire am&#233;ricain et britannique devait se limiter &#224; l'Europe occidentale et laisser l'Union sovi&#233;tique et l'Allemagne se saigner &#224; blanc, car toutes deux &#233;taient des r&#233;gimes incompatibles avec les int&#233;r&#234;ts et les valeurs des puissances occidentales. La lenteur et la diminution de l'aide apport&#233;e par les Alli&#233;s pour combattre sur le front oriental ont &#233;t&#233; froidement calcul&#233;es par Churchill et mises en &#339;uvre malgr&#233; les doutes de Franklin D. Roosevelt quant &#224; une telle strat&#233;gie. Mais l'Union sovi&#233;tique n'a pas seulement vaincu le nazisme, elle a aussi d&#233;jou&#233; les trahisons secr&#232;tes de ses alli&#233;s : le Royaume-Uni et les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Quelle importance attribuez-vous, dans l'origine du conflit et son d&#233;veloppement ult&#233;rieur, &#224; la mont&#233;e en puissance des organisations de gauche et de la classe ouvri&#232;re apr&#232;s la r&#233;volution russe, d'une part, et &#224; la relation entre ce fait et les imp&#233;ratifs de production et d'accumulation de capital des bourgeoisies europ&#233;ennes, d'autre part ?
&lt;/strong&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sans la r&#233;volution russe, je ne sais pas si la Seconde Guerre mondiale aurait &#233;clat&#233; ; elle l'aurait probablement fait, mais il est permis d'en douter. Quoi qu'il en soit, la crise de 1929 et la Grande D&#233;pression qui a suivi ont attis&#233; les feux des organisations gauchistes dans toute l'Europe. Le fascisme italien et le nazisme allemand sont des r&#233;ponses r&#233;actionnaires claires &#224; la menace pos&#233;e par la gauche qui, comme Antonio Gramsci nous l'a rappel&#233; plus d'une fois, a &#233;t&#233; jet&#233;e dans l'action politique et la conqu&#234;te du pouvoir par l'effet mobilisateur colossal de l'IGM, probablement l'une des confrontations les plus sanglantes de l'histoire. En Russie, il est impossible de comprendre le triomphe de la r&#233;volution bolchevique en dehors de l'effet d&#233;vastateur de la Grande Guerre, ou de la mont&#233;e de la gauche en Italie, en Allemagne et dans l'Empire austro-hongrois. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Grande D&#233;pression a accentu&#233; ces tendances et stimul&#233; la r&#233;ponse r&#233;pressive des &#201;tats bourgeois et des forces politiques traditionnelles de droite. &#201;videmment, comme je l'ai d&#233;j&#224; dit, les bourgeoisies nationales se sont retranch&#233;es derri&#232;re leurs gouvernements, ont poursuivi leurs politiques bellicistes &#224; l'ext&#233;rieur et leurs politiques r&#233;pressives &#224; l'int&#233;rieur. Ce n'est pas une co&#239;ncidence si l'Allemagne, l'Italie et le Japon, trois &#171; retardataires &#187; dans le monde de l'industrialisation, ont form&#233; l'Axe, qui a d&#233;fi&#233; les anciennes puissances coloniales : le Royaume-Uni et la France, d&#233;sormais alli&#233;s &#224; des &#201;tats-Unis r&#233;ticents, qui ont d&#251; monter l'op&#233;ration Pearl Harbor pour obtenir le consensus int&#233;rieur n&#233;cessaire pour s'impliquer dans ce qui, pour le citoyen am&#233;ricain ordinaire, &#233;tait une querelle purement europ&#233;enne. Il faut rappeler qu'&#224; l'&#233;poque, le service militaire &#233;tait obligatoire dans ce pays, ce qui explique le rejet de l'opinion publique et son implication tardive dans les deux guerres mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Quelle importance accordez-vous &#224; l'existence de l'Union sovi&#233;tique et, en particulier, &#224; l'Arm&#233;e Rouge dans la d&#233;faite militaire du r&#233;gime nazi et, par cons&#233;quent, dans la capacit&#233; de garantir un cycle de paix mondiale qui sera rompu dans les ann&#233;es 90 avec la dissolution du bloc communiste et le d&#233;but d'une br&#232;ve p&#233;riode de Pax Americana ? &lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une importance fondamentale. Celui qui arrive &#224; Berlin est l'Arm&#233;e Rouge, et plus tard les Fran&#231;ais, les Anglais et les Am&#233;ricains l'ont fait. De plus, le c&#233;l&#232;bre front de l'Est a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de batailles sans pr&#233;c&#233;dent par rapport &#224; celles qui se sont d&#233;roul&#233;es en Europe occidentale. Il n'y a l&#224; rien de semblable, m&#234;me de loin, au si&#232;ge de Leningrad, aujourd'hui Saint-P&#233;tersbourg, qui a dur&#233; 872 jours et a fait un million et demi de victimes ; ou la bataille de Stalingrad, aujourd'hui Volgograd, plus courte mais encore plus sanglante et qui a d&#233;finitivement fait pencher la balance des fid&#232;les contre Hitler. C'est pourquoi en Russie, comme auparavant en Union sovi&#233;tique, on se souvient de la Seconde Guerre mondiale comme de la Grande Guerre patriotique au cours de laquelle la Russie s'est lib&#233;r&#233;e du nazisme sans l'aide de personne. De toute &#233;vidence, le formidable succ&#232;s sovi&#233;tique, pay&#233; de la vie d'une vingtaine de millions de victimes, a &#233;t&#233; une composante d&#233;cisive de la p&#233;riode de paix mondiale relative, et je dis relative parce que l'imp&#233;rialisme s'est lanc&#233; de toutes ses forces pour tenter de s'emparer des pays asiatiques en y installant des gouvernements vassaux, notamment en Chine, en Cor&#233;e et au Vietnam.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la d&#233;sint&#233;gration de l'URSS, fin 1991 et, peu de temps apr&#232;s, la dissolution du Pacte de Varsovie, alliance d&#233;fensive cr&#233;&#233;e &#224; la suite de la formation de l'OTAN, les &#201;tats-Unis sont apparus comme la seule superpuissance de la plan&#232;te, donnant lieu &#224; une s&#233;rie de fantasmes tels que le &#034;nouveau si&#232;cle am&#233;ricain&#034;. Les adeptes de cette illusion, consid&#233;r&#233;e comme enfantine (sic !) de Zbigniew Brzezinski, ils ont compl&#232;tement sous-estim&#233; les processus de restructuration qui &#233;taient tranquillement mais efficacement en cours dans le syst&#232;me international. Brzezinski a remarqu&#233; la fragilit&#233; de cet unipolarisme qui reposait sur une hypoth&#232;se absolument erron&#233;e : que la Chine et la Russie accepteraient de devenir des &#201;tats-clients dociles de Washington, et en peu de temps, au d&#233;but du si&#232;cle en cours, il est devenu plus qu'&#233;vident que l'unipolarisme &#233;tait vou&#233; &#224; dispara&#238;tre plus t&#244;t que m&#234;me ses croyants les plus prudents ne le pensaient La p&#233;riode qui suit la fin de l'IIGM co&#239;ncide avec la construction d'une nouvelle architecture institutionnelle et militaire mondiale.Quel r&#244;le l'Am&#233;rique latine a-t-elle jou&#233; par rapport &#224; la strat&#233;gie am&#233;ricaine dans la consolidation de l'ordre d'apr&#232;s-guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;La p&#233;riode qui suit la fin de l'IIGM co&#239;ncide avec la construction d'une nouvelle architecture institutionnelle et militaire mondiale.Quel r&#244;le l'Am&#233;rique latine a-t-elle jou&#233; par rapport &#224; la strat&#233;gie am&#233;ricaine dans la consolidation de l'ordre d'apr&#232;s-guerre ?&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un r&#244;le tr&#232;s marginal, malheureusement. L'empire a insist&#233;, depuis 1823 avec la doctrine Monroe, pour faire de la d&#233;sunion des pays situ&#233;s au sud du Rio Grande l'un des principes cardinaux de sa politique h&#233;misph&#233;rique. Et malheureusement, il a &#233;t&#233; tr&#232;s difficile de sortir de ce carcan. Au d&#233;but des ann&#233;es 1950 du si&#232;cle dernier, Per&#243;n, Vargas et Ib&#225;&#241;ez del Campo l'ont essay&#233; avec l'ABC, qui entendait coordonner les politiques de l'Argentine, du Br&#233;sil et du Chili dans une alliance mod&#233;r&#233;ment nationaliste. Mais cela ne s'est pas concr&#233;tis&#233;. Apr&#232;s l'IIGM, les &#201;tats-Unis ont lanc&#233; l'entreprise d'organiser leur empire &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, avec des initiatives et des commandements militaires du Pentagone con&#231;us pour chacune des grandes macro-r&#233;gions de la plan&#232;te : l'Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes, ont dissous son identit&#233; sous un anodin &#034;H&#233;misph&#232;re occidental&#034; ; le Moyen-Orient ; Europe ; Afrique ; Asie du Sud-Est, et ainsi de suite. Cela s'est renforc&#233; en 1947 avec la signature du TIAR, le Trait&#233; Interam&#233;ricain d'Assistance R&#233;ciproque, instrument de d&#233;fense mutuelle entre les pays d'Am&#233;rique contre toute attaque d'une puissance extra-continentale (en r&#233;f&#233;rence &#233;vidente &#224; l'Union sovi&#233;tique) et la cr&#233;ation de l'OEA, un an plus tard. Il convient de noter que l'&#233;quivalent europ&#233;en du TIAR, l'OTAN, n'a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; que deux ans plus tard, refl&#233;tant que l'obsession am&#233;ricaine de prot&#233;ger les pays des &#034;griffes du communisme sovi&#233;tique&#034; avait ses priorit&#233;s : d'abord pr&#233;server &#034;l'h&#233;misph&#232;re occidental&#034;, c'est-&#224;-dire l'Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes, de la menace, puis prendre soin des Europ&#233;ens. Quoi qu'il en soit, et pour r&#233;pondre franchement &#224; la question : dans la consolidation de l'ordre mondial d'apr&#232;s-guerre, le r&#244;le de cette partie du monde &#233;tait celui d'un spectateur ob&#233;issant ou, si vous voulez, d'un vassal ob&#233;issant, acceptant sans consid&#233;ration majeure le leadership am&#233;ricain et faisant des ennemis de ce pays deviennent aussi les ennemis de Notre Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Quatre-vingts ans apr&#232;s la fin de ce conflit de guerre et sur le point de se souvenir de cette date, quels sont selon vous les &#233;l&#233;ments qui caract&#233;risent le fonctionnement du syst&#232;me international ?&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Bri&#232;vement, car la r&#233;ponse &#224; cette question n&#233;cessiterait un d&#233;veloppement tr&#232;s pouss&#233;. Je voudrais simplement signaler deux aspects parmi plusieurs : premi&#232;rement, que &#034;l'ordre mondial fond&#233; sur des r&#232;gles&#034;, affaibli depuis sa naissance parce qu'elles &#233;taient con&#231;ues pour favoriser d'abord les int&#233;r&#234;ts des &#201;tats-Unis, se dirige vers son d&#233;clin d&#233;finitif. C'est un &#034;ordre&#034; qui, depuis soixante-cinq ans, permet &#224; Washington de perp&#233;trer, sans frais, un crime contre l'humanit&#233; tel que le blocus de Cuba ; ou que le Royaume - Uni a refus&#233; de se conformer &#224; la r&#233;solution de 1965 de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies exhortant Londres et Buenos Aires &#224; ouvrir des pourparlers pour r&#233;soudre la situation coloniale des &#238;les Malouines ; ou qu'un g&#233;nocide brutal comme celui perp&#233;tr&#233; ces jours-ci par le r&#233;gime raciste isra&#233;lien &#224; Gaza ne provoque aucune r&#233;action de la part des agences dudit &#034;ordre&#034; ; ou que Washington s'abstienne de capturer Benjamin Netanyahu lors de sa r&#233;cente visite aux &#201;tats-Unis, ignorant le mandat d'arr&#234;t &#233;mis par la Cour p&#233;nale internationale pour &#234;tre le principal responsable des &#034;crimes de guerre et crimes contre l'humanit&#233;&#034; perp&#233;tr&#233;s contre le peuple palestinien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le deuxi&#232;me facteur : le d&#233;clin irr&#233;versible des &#201;tats-Unis en tant que superpuissance plan&#233;taire. De toute &#233;vidence, il s'agit d'un processus graduel, mais irr&#233;pressible. Parmi les conseillers les plus intelligents et les plus pr&#233;par&#233;s de l'establishment am&#233;ricain, le d&#233;clin n'est pas contest&#233;, comme en t&#233;moigne, par exemple, le fait que rien de moins que la Rand Corporation insiste sur cette th&#232;se depuis plusieurs ann&#233;es maintenant ou que Brzezinski, dans son dernier livre &#034;Vision strat&#233;gique : L'Am&#233;rique et la Crise du Pouvoir mondial&#034;, publi&#233; en 2012, avait pour pr&#233;occupation centrale d'examiner les strat&#233;gies possibles pour faire face au d&#233;clin de la sup&#233;riorit&#233; am&#233;ricaine. Ce qui provoque de fortes controverses, c'est son rythme ou l'angle de la chute, pour utiliser une m&#233;taphore a&#233;ronautique, pas si la baisse existe ou n'est qu'un simple fantasme. Bien s&#251;r, ce processus est bas&#233; sur les multiples menaces prof&#233;r&#233;es par Donald Trump (achat du Groenland, annexion du Canada, r&#233;cup&#233;ration forc&#233;e du canal de Panama, etc.) et les mesures maladroites et brutales - guerre tarifaire-r&#233;cemment prises par la Maison Blanche et qui refl&#232;tent le d&#233;sespoir qui pr&#233;vaut dans le bloc dominant des &#201;tats-Unis. Des mesures qui, comme l'augmentation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des tarifs douaniers, ont &#224; peine r&#233;sist&#233; pendant une journ&#233;e &#224; la pression des march&#233;s et aux menaces de repr&#233;sailles des autres grands acteurs du syst&#232;me international, &#224; commencer par la Chine, et ont d&#251; &#234;tre mises en &#034;pause&#034; pendant quatre-vingt-dix jours car l'&#233;poque o&#249; ces d&#233;cisions de l'empire &#233;taient impos&#233;es sans frais sont d&#233;j&#224; choses du pass&#233;. Disons enfin que le d&#233;clin am&#233;ricain n'est pas seulement d&#251; &#224; des causes internes, mais est accentu&#233; par l'&#233;mergence imparable de nouveaux centres de puissance &#233;conomique, technologique et aussi militaire en dehors de l'Occident collectif. Le fait que la Chine soit aujourd'hui la plus grande &#233;conomie du monde &#8211; mesur&#233;e en termes de parit&#233; de pouvoir d'achat et celle qui a la plus grande gravitation mondiale en raison de son caract&#232;re de premier partenaire commercial ou financier d'environ cent cinquante pays ; ou que la Russie renaisse de ses cendres apr&#232;s la d&#233;sint&#233;gration de l'Union sovi&#233;tique ; ou que l'Inde est sur le point de devenir la troisi&#232;me &#233;conomie mondiale ; ou que le centre de gravit&#233; de l'&#233;conomie internationale s'est d&#233;plac&#233; vers l'Asie Pacifique et clairement &#233;loign&#233; de l'Atlantique Nord et que la Chine est en t&#234;te, avec un large avantage, dans la course aux nouvelles technologies sont autant de jalons qui marquent la trajectoire descendante de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Enfin, que pensez-vous de la d&#233;claration r&#233;cemment faite par le Pr&#233;sident fran&#231;ais Emmanuel Macron et r&#233;affirm&#233;e par la Pr&#233;sidente du Conseil europ&#233;en Ursula Von Leyden selon laquelle la Russie constitue une v&#233;ritable menace militaire pour l'Europe en particulier et pour l'Ouest atlantique en g&#233;n&#233;ral, comme argument pour l&#233;gitimer la d&#233;cision de mettre en &#339;uvre une politique europ&#233;enne ambitieuse de r&#233;armement ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mon opinion est que l'Europe a assimil&#233; sans critique le discours am&#233;ricain traditionnel (paradoxalement mis en attente par Trump) qui assimile la Russie de Vladimir Poutine &#224; l'Union sovi&#233;tique. Cette politique a &#233;t&#233; soigneusement cultiv&#233;e et &#233;galement par les gouvernements des d&#233;mocrates et des R&#233;publicains depuis la chute du mur de Berlin et l'implosion de l'URSS et a p&#233;n&#233;tr&#233; tr&#232;s profond&#233;ment dans les dirigeants, mais aussi dans l'opinion publique europ&#233;enne, o&#249; la russophobie autrefois latente ou dormante est maintenant ouverte et bruyante. C'est une politique absurde, car s'il y a un pays qui a &#233;t&#233; envahi dans l'histoire europ&#233;enne, ce pays est la Russie ; les Mongols l'ont essay&#233;, puis Napol&#233;on et plus tard Hitler. Il a &#233;galement &#233;t&#233; envahi par la Su&#232;de et la Pologne, et dans la guerre civile qui a &#233;clat&#233; apr&#232;s le triomphe de la R&#233;volution d'octobre, des parties du territoire sovi&#233;tique ont &#233;t&#233; envahies par les &#201;tats-Unis, l'Angleterre, la France, le Japon, ainsi que d'autres puissances occidentales. Mais l'efficacit&#233; de la propagande am&#233;ricaine est &#233;crasante, comparable seulement &#224; la stupidit&#233; des dirigeants politiques europ&#233;ens. Le budget initial de r&#233;armement, 800 000 millions d'euros, aura pour effet d'exacerber l'agitation citoyenne, d'alimenter les conflits sociaux et, au bout du chemin, d'affaiblir davantage les d&#233;mocraties europ&#233;ennes oligarchis&#233;es, vid&#233;es de tout contenu par la Commission europ&#233;enne et la Banque Centrale europ&#233;enne. Tektonikos.website internet Emilio Taddei&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://rebelion.org/en-la-gran-guerra-patria-rusia-se-libero-del-nazismo-sin-la-ayuda-de-nadie/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://rebelion.org/en-la-gran-guerra-patria-rusia-se-libero-del-nazismo-sin-la-ayuda-de-nadie/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;traduction merci DeepL et Yandex.translate&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En &#201;quateur, l'insurrection populaire a &#233;t&#233; vaincue.</title>
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		<dc:creator>Atilio Boron</dc:creator>



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&lt;p&gt;ATILIO BOR&#211;N : En &#201;quateur, l'insurrection populaire a &#233;t&#233; vaincue. 16/10/2019 &#034;....ce qui s'est r&#233;ellement pass&#233;, c'est une d&#233;faite de l'insurrection populaire, dont l'&#233;norme sacrifice a &#233;t&#233; offert sans rien de concret en &#233;change. Et, pour couronner le tout, &#224; une fausse table de n&#233;gociations...&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Fin de la pr&#233;tendue n&#233;gociation entre les dirigeants de la CONAIE et L&#233;nin Moreno ce 14 octobre, la d&#233;faite du soul&#232;vement populaire a &#233;t&#233; consum&#233;e. La mobilisation avait commenc&#233;, selon un tuit officiel de la (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;ATILIO BOR&#211;N : En &#201;quateur, l'insurrection populaire a &#233;t&#233; vaincue.&lt;br class='autobr' /&gt;
16/10/2019 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;....ce qui s'est r&#233;ellement pass&#233;, c'est une d&#233;faite de l'insurrection populaire, dont l'&#233;norme sacrifice a &#233;t&#233; offert sans rien de concret en &#233;change. Et, pour couronner le tout, &#224; une fausse table de n&#233;gociations...&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fin de la pr&#233;tendue n&#233;gociation entre les dirigeants de la CONAIE et L&#233;nin Moreno ce 14 octobre, la d&#233;faite du soul&#232;vement populaire a &#233;t&#233; consum&#233;e. La mobilisation avait commenc&#233;, selon un tuit officiel de la CONAIE, pour mettre fin &#034;aux politiques &#233;conomiques de mort et de mis&#232;re g&#233;n&#233;r&#233;es par le FMI et aux politiques extractivistes qui touchent nos territoires&#034;. Dans la &#034;D&#233;claration tr&#232;s compl&#232;te et d&#233;taill&#233;e de l'Agenda de lutte des organisations de peuples, nationalit&#233;s et communaut&#233;s autochtones et amazoniennes pour la mobilisation nationale et l'exercice de notre autod&#233;termination&#034;, approuv&#233;e &#224; Puyo (Pastaza) le 7 octobre 2019, insistait sur le rejet des &#034;mesures &#233;conomiques, Nous exigeons l'annulation compl&#232;te de la lettre d'intention sign&#233;e avec le Fonds mon&#233;taire international, dont le contenu n'a pas &#233;t&#233; rendu public en violation de l'obligation de transparence des actes de l'ex&#233;cutif ; ainsi que la fin des tentatives de privatisation des entreprises publiques dissimul&#233;es sous le signe de la &#034; concession &#034;.&#8221; L'Agenda et d'autres d&#233;clarations de la CONAIE d&#233;non&#231;aient &#233;galement &#034; les avantages &#233;normes que la bourgeoisie continue de tirer de multiples politiques de r&#233;activation &#233;conomique &#034; et affirmaient que &#034; le moment d'une action &#233;tait arriv&#233; pour conqu&#233;rir les revendications populaires et emp&#234;cher l'&#233;crasement des r&#233;formes sur l'&#233;conomie des m&#233;nages pauvres. Cela s'est traduit, selon les dirigeants du mouvement, par des mesures scandaleuses en faveur des banques et des grandes entreprises qui ont &#233;t&#233; exon&#233;r&#233;es du paiement de 4,295 millions de dollars d'imp&#244;ts ainsi que de la &#034;colonisation&#034; par leurs repr&#233;sentants des principales positions de l'administration publique et de la d&#233;r&#233;gulation et pr&#233;carisation de la demande de travail dans le &#034;package&#034; du FMI. Rappelons que les mesures annonc&#233;es par Moreno le 1er octobre dernier pr&#233;voyaient que les travailleurs des entreprises publiques &#034; devaient contribuer une journ&#233;e de leur salaire par mois &#034; et que pour &#034; r&#233;duire la masse salariale, les contrats occasionnels seraient renouvel&#233;s avec 20% de r&#233;mun&#233;ration en moins, le temps des vacances &#233;tant r&#233;duit de 30 &#224; 15 jours. A cela s'ajoutait l'&#233;norme augmentation des prix des carburants provoqu&#233;e par l'&#233;limination des subventions instaur&#233;e il y a quarante ans, qui alourdirait le prix de presque tous les biens de consommation populaires et entra&#238;nerait une forte baisse des revenus de la population[1].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut s'&#233;tonner que ce beau programme ait &#233;t&#233; compl&#232;tement exclu de la discussion entre les dirigeants des peuples autochtones et le pr&#233;sident &#233;quatorien. On ne comprend donc pas le triomphalisme de certains protagonistes et observateurs du conflit en parlant de la &#034;n&#233;gociation&#034; qui a mis fin &#224; la r&#233;volte. Hormis la question du prix de l'essence - sans doute importante - tout les autres mesures restent intactes, comme si l'&#233;norme mobilisation populaire contre les impositions du FMI n'avait pas eu lieu. Les questions qui ont fait l'objet de ce &#034;paquet&#034; ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;es de la discussion, tout comme la demande, pr&#233;c&#233;demment exprim&#233;e par les dirigeants autochtones, d'annuler la lettre d'intention sign&#233;e avec le FMI &#034;de mani&#232;re non consult&#233;e&#034;. Et ce n'est pas tout : Le fait que Moreno soit arriv&#233; au pouvoir avec le programme de la r&#233;volution citoyenne de l'ancien pr&#233;sident Rafael Correa, qui envisageait de continuer &#224; appliquer les mesures post-n&#233;olib&#233;rales qui avaient &#233;t&#233; farouchement combattues par les &#233;lites &#233;conomiques de l'&#201;quateur et avec un programme qui avait repositionn&#233; ce pays parmi les gouvernements progressistes de la r&#233;gion, est &#233;galement rest&#233; dans l'oubli, du moins pour le moment, s'effor&#231;ant de s'&#233;manciper de la lourde tutelle que Washington exer&#231;ait traditionnellement sur les nations situ&#233;es dans ce qu'ils appellent si respectueusement &#034; l'arri&#232;re-cour &#034; de l'Am&#233;rique. Par une spectaculaire volte-face politique, Moreno d&#233;tourna ce mandat avec une rapidit&#233; et une radicalit&#233; rarement vues &#224; l'&#233;poque, transformant Rafael Correa -jusqu'au jour de sa prise de fonction, Moreno ne se lassait pas de dire qu'il avait &#233;t&#233; l'une des plus grandes figures d'Equateur, surpass&#233;e par Eloy Alfaro- en un personnage inf&#226;me qui causa les pires malheurs jamais endur&#233;s et l'a pers&#233;cut&#233; et pers&#233;cute avec un acharnement et une furie maladive. Moreno n'a pas seulement invers&#233; le chemin parcouru par Correa, mais il l'a fait en se soumettant bassement aux injonctions de Washington : Il a abandonn&#233; l'ALBA ; il a offert une base militaire US aux Galapagos (l'un des derniers refuges non contamin&#233;s de l'humanit&#233;) ; il a expuls&#233; les autorit&#233;s et le personnel de l'UNASUR du b&#226;timent construit &#224; la p&#233;riph&#233;rie de Quito, pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'&#233;quateur ; et s'agenouilla devant Donald Trump pour satisfaire avec une ignominie sans pareille (dans un continent prodigue de l&#232;che-bottes de l'empire) le moindre caprice de l'empereur. En commen&#231;ant par essayer de d&#233;truire l'Unasur et de promouvoir l'inf&#226;me groupe de Lima pour attaquer la r&#233;volution bolivarienne. Bref, l'&#201;quateur est pass&#233; de l'autod&#233;termination nationale conquise par le gouvernement de Correa &#224; devenir un &#034;proxy&#034;, c'est-&#224;-dire un &#201;tat-pion qui se limite &#224; ob&#233;ir aux ordres &#233;manant de Washington et des oligarchies dominantes corrompues en &#201;quateur. Rien, absolument rien de tout cela, n'est apparu dans les &#034;n&#233;gociations&#034; que la direction de la CONAIE a men&#233;es avec Moreno et qui ont mis fin au conflit. Il n'y a pas eu non plus dans cette &#034; n&#233;gociation &#034; particuli&#232;re une condamnation de la brutalit&#233; de la r&#233;pression polici&#232;re et militaire, des morts (minimum dix), pr&#232;s de 100 disparus, des centaines de bless&#233;s et des milliers d'arrestations. Et rien n'a &#233;t&#233; dit sur la demande de d&#233;mission des ministres ultra-r&#233;actionnaires de l'int&#233;rieur et de la d&#233;fense et sur les violations des droits humains. La grande commotion qui a fait trembler l'&#201;quateur, serait due uniquement au prix de l'essence !? Et le paquet de mesures du FMI ? Apparemment, les montagnes ont accouch&#233; d'une souris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Permettons-nous quelques hypoth&#232;ses pour essayer de comprendre ce qui s'est pass&#233; et pourquoi. Tout d'abord, ce qui caract&#233;risait cette r&#233;volte, c'&#233;tait son &#233;norme faiblesse id&#233;ologique et politique qu'elle pouvait difficilement cacher. Sous la multitude de ses mobilisations, il lui manquait une direction politique motiv&#233;e par un v&#233;ritable d&#233;sir de changement et une opposition au r&#233;gime en place. En r&#233;alit&#233;, vu avec l'avantage que donne le temps pass&#233;, on pourrait dire avec une certaine exag&#233;ration qu'il s'agissait d'un diff&#233;rend au sein du projet Moreno et rien de plus, et que la spontan&#233;it&#233; de la protestation d&#233;clench&#233;e par le d&#233;cret du 1er octobre a &#233;t&#233; salu&#233;e par ses dirigeants, pas du tout int&#233;ress&#233;s par une prise de conscience des masses rebelles. Le reste &#233;tait une liti&#232;re rh&#233;torique dont le but &#233;tait plus de confondre les masses que de clarifier leur conscience et le sens de leur lutte. Deuxi&#232;mement, la trahison de Moreno trouve son miroir dans celui de certains des dirigeants les plus notoires de la CONAIE, en particulier Jaime Vargas, qui a jet&#233; par-dessus bord ses propres morts et disparus afin d'obtenir en &#233;change la promesse - comprenez bien, &#034;la promesse&#034; - d'un nouveau d&#233;cret que seul un illusionniste, ou un complice pervers, peut croire vouloir dire inverser le chemin de la soumission totale au FMI. Nous pouvons nous attendre &#224; une discussion approfondie au sein de la CONAIE parce qu'il y a des indications qu'un secteur de la direction, et que dire de la base, ne soutiennent pas l'accord conclu avec le r&#233;gime Moreno. Non seulement Vargas &#233;tait d'accord avec lui, mais aussi avec le r&#244;le jou&#233; par Salvador Quishpe, ancien pr&#233;fet de Morona et ennemi acharn&#233; de Correa, dont l'animosit&#233; envers Correa l'a conduit &#224; forger un complot obsc&#232;ne avec Moreno. Il n'est nullement risqu&#233; de pr&#233;dire que ce conflit latent ne tardera pas &#224; &#233;clater. Troisi&#232;mement, le pr&#233;sident s'est d&#233;plac&#233; astucieusement, bien conseill&#233; par Enrique Ayala Mora, pr&#233;sident du Parti socialiste de l'&#201;quateur et d'autres mercenaires de la politique &#233;quatorienne (unis par le ressentiment maladif de l'ancien pr&#233;sident Correa) comme Pablo Celi, Juan Sebasti&#225;n Rold&#225;n et Gustavo Larrea, visiteurs r&#233;guliers et collaborateurs de &#034;l'ambassade&#034; (qui ne les a pas d&#233;crits comme &#034;agents&#034;) qui lui ont appris comment n&#233;gocier avec les Indiens : promesses, gestes de sympathie, photos, montage t&#233;l&#233;vis&#233;, exaltation de la fausse unit&#233; &#034; nous sommes tous &#233;quatoriens &#034;, une fraternit&#233; d'op&#233;rette en charge du grand cam&#233;l&#233;on de la politique latino-am&#233;ricaine, Len&#237;n Moreno, pour faire revenir les rebelles dans leurs communaut&#233;s, laissant le champ libre au gouvernement pour poursuivre son projet sans entraves. Quatri&#232;mement, le succ&#232;s de la strat&#233;gie du gouvernement repose aussi sur un fait aussi certain que regrettable : La p&#233;n&#233;tration profonde des id&#233;es de l' &#034;anti-politique&#034; dans la soci&#233;t&#233; civile &#233;quatorienne, qui per&#231;oit les partis politiques comme des nids incurables de corruption, ainsi que l'attaque virulente et soutenue contre le corr&#233;lationnisme et tout ce qui lui semble, la complicit&#233; du pouvoir judiciaire dans la validation de la violation syst&#233;matique de l'Etat de droit sous le gouvernement Moreno et le r&#244;le manipulateur de l'oligarchie m&#233;diatique qui ne cessa de (mal)informer et de se d&#233;sinformer durant tout le conflit. Cinqui&#232;mement, bien que l'insurrection autochtone ait re&#231;u l'appui de larges secteurs de la population, ce n'&#233;tait rien de plus qu'un refrain qui accompagnait passivement les initiatives des dirigeants de la CONAIE. On ne peut interpr&#233;ter autrement le fait anormal que seuls les dirigeants de cette organisation (tr&#232;s influenc&#233;s, on le sait, par certaines ONG qui agissent en &#201;quateur et qui sont les tentacules invisibles de l'empire et m&#234;me certaines agences f&#233;d&#233;rales du gouvernement des &#201;tats-Unis) auraient &#233;t&#233; assis &#224; la table des n&#233;gociations. Et les autres secteurs du camp populaire ? Rien ! D'un seul coup, tous les autres acteurs ont disparu et tous ses composants &#034;dissous dans l'air&#034;, ne laissant aucune trace dans le conflit. L'affaiblissement des partis et des syndicats a grandement facilit&#233; les choses pour le gouvernement et pour la direction conservatrice de la CONAIE. C'est un fait honteux et extravagant que la cible principale de cette attaque aurait &#233;t&#233; Rafael Correa et non le bourreau qui assassinait ses propres troupes dans les rues de Quito. Cela r&#233;v&#232;le la profondeur d'un conflit entre l'ancien pr&#233;sident et l'organisation qui, &#224; ce stade, a servi &#224; emp&#234;cher le corr&#233;lationisme, ainsi que d'autres forces politiques et sociales, de converger dans la direction de la r&#233;volte. De plus, le gouvernement a emprisonn&#233; plusieurs des dirigeants les plus importants du corre&#237;smo, &#224; commencer par rien de moins que le pr&#233;fet de Pichincha, Paola Pab&#243;n, sans la moindre protestation des dirigeants de la CONAIE contre un tel outrage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour conclure : loin d'&#234;tre un triomphe, ce qui s'est r&#233;ellement pass&#233;, c'est une d&#233;faite de l'insurrection populaire, dont l'&#233;norme sacrifice a &#233;t&#233; offert sans rien de concret en &#233;change. Et ce, pour couronner le tout, &#224; une fausse table de n&#233;gociations. Une direction indig&#232;ne na&#239;ve ou corrompue parce que, paraphrasant ce que le Che a dit de l'imp&#233;rialisme, &#034;Moreno ne peut pas &#234;tre cru, m&#234;me un tout petit peu, rien ! Et cette direction a cru le &#034;capo&#034; d'un r&#233;gime franchement dictatorial et corrompu ; elle a cru un personnage comme Moreno, un tra&#238;tre en s&#233;rie qui cent fois n'a pas tenu ses promesses et ne les tiendra pas cent et une fois, sans aucun scrupule et se foutant &#233;perdument des n&#233;gociateurs indig&#232;nes ! Le pr&#233;sident est aussi sorti affaibli du conflit : il a d&#251; fuir Quito* et mont&#233; une n&#233;gociation, frauduleuse mais efficace devant la t&#233;l&#233;vision. Le FMI lui reprochera son attitude et reviendra &#224; la charge, l'obligeant &#224; respecter ce qu'il a convenu, malgr&#233; les promesses qu'il a faites &#224; la CONAIE. Il ne faudra pas longtemps avant que les masses populaires &#233;quatoriennes, non seulement les peuples originaires, mais aussi les couches pauvres de la ville et de la campagne, les secteurs interm&#233;diaires appauvris et d&#233;munis, bref, la majorit&#233; de la population &#233;quatorienne prenne conscience de la grande arnaque perp&#233;tr&#233;e par Moreno et ses impardonnables conseillers avec l'incroyable complicit&#233; des dirigeants de la CONAIE et d&#233;cide de reprendre le chemin de la rue. C'est une v&#233;n&#233;rable tradition du peuple &#233;quatorien qui a renvers&#233; plusieurs pr&#233;sidents r&#233;actionnaires et si cette fois-ci, alors qu'il a fait un effort extraordinaire, les choses ont mal tourn&#233;, il est probable que les r&#233;sultats seront tr&#232;s diff&#233;rents la prochaine fois. Si l'on faisait un un parall&#232;le avec l'histoire de la r&#233;volution russe, ce que nous avons vu en &#201;quateur semblait &#234;tre un &#034;octobre&#034; et s'est av&#233;r&#233; &#234;tre un &#034;f&#233;vrier&#034;. C'est pourquoi le &#034;Kerensky&#034; &#233;quatorien est toujours au pouvoir, comme le &#034;Kerensky&#034; Russe est rest&#233; au pouvoir jusqu'&#224; octobre. T&#244;t ou tard, l'&#201;quatorien verra aussi son octobre et, si les masses populaires tirent la le&#231;on, &#224; l'avenir, elles ne se tromperont pas et quand elles se rebelleront, elles se d&#233;barrasseront de leur direction capitaliste, mettant fin au r&#233;gime de spahis de l'empire, immoral et r&#233;trograde comme peu l'ont &#233;t&#233; dans notre Histoire de l'Am&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* Le gouvernement s'est install&#233; &#224; Guayaqui, ville bien plus s&#251;re pour lui car g&#233;r&#233;e par l'extr&#234;me-droite, (NDT)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[1] Cf. &lt;a href=&#034;https://www.culturalsurvival.org/news/declaratoria-de-agenda-de-lucha-de-organizaciones-pueblos-nacionalidades-y-comunidades&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.culturalsurvival.org/news/declaratoria-de-agenda-de-lucha-de-organizaciones-pueblos-nacionalidades-y-comunidades&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit avec l'aide de &lt;a href=&#034;http://www.DeepL.com/Translator&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.DeepL.com/Translator&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Y-a-t-il une r&#233;volution au V&#233;n&#233;zuela ?</title>
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&lt;p&gt;Quelques voyages r&#233;cents en Espagne et en Italie m'ont donn&#233; l'occasion de m'entretenir avec de nombreux intellectuels, universitaires et politiciens progressistes existant encore dans ces pays. Apr&#232;s avoir pass&#233; en revue la situation europ&#233;enne inqui&#233;tante et l'avanc&#233;e de l'extr&#234;me droite, mes interlocuteurs m'ont demand&#233; de leur parler de l'actualit&#233; latino-am&#233;ricaine, car, m'ont-ils assur&#233;, ils avaient du mal &#224; comprendre ce qui s'y passait. J'ai commenc&#233; par passer en revue l'offensive brutale du (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Am&#233;riques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelques voyages r&#233;cents en Espagne et en Italie m'ont donn&#233; l'occasion de m'entretenir avec de nombreux intellectuels, universitaires et politiciens progressistes existant encore dans ces pays. Apr&#232;s avoir pass&#233; en revue la situation europ&#233;enne inqui&#233;tante et l'avanc&#233;e de l'extr&#234;me droite, mes interlocuteurs m'ont demand&#233; de leur parler de l'actualit&#233; latino-am&#233;ricaine, car, m'ont-ils assur&#233;, ils avaient du mal &#224; comprendre ce qui s'y passait. J'ai commenc&#233; par passer en revue l'offensive brutale du gouvernement de Donald Trump contre le Venezuela et Cuba ; j'ai poursuivi en passant en revue l'involution politique malheureuse subie par l'Argentine et le Br&#233;sil aux mains de Macri et Bolsonaro et les vents encourageants de changement qui sont venus du Mexique ; le caract&#232;re central des prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles qui auront lieu en octobre en Argentine, en Bolivie et en Uruguay cl&#244;turant ainsi ce premier panorama de la politique r&#233;gionale, d&#233;non&#231;ant la perp&#233;tuation du terrorisme d'Etat en Colombie, avec un nombre choquant d'assassinats de dirigeants politiques et sociaux qui ont surpris mes interlocuteurs parce qu'ils &#233;taient presque totalement ignor&#233;s en Europe, ce qui en dit long sur les m&#233;dias d&#233;j&#224; d&#233;finitivement convertis en organes de propagande de droite et imp&#233;rialiste. Lorsque je me suis arr&#234;t&#233; pour donner des informations plus d&#233;taill&#233;es sur l'ampleur criminelle de l'agression perp&#233;tr&#233;e contre la R&#233;publique bolivarienne du Venezuela, surgissait, telle un coup de tonnerre, la question : &#034; peut-on vraiment parler d'une r&#233;volution au Venezuela ?&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma r&#233;ponse a toujours &#233;t&#233; oui, bien qu'il faille la nuancer car les r&#233;volutions - et pas seulement au Venezuela - sont toujours des processus, jamais des actes consomm&#233;s une bonne fois pour toutes. Impressionn&#233; par une visite &#224; la Chapelle Sixtine pour contempler, une fois de plus, l'&#339;uvre g&#233;niale de Michel-Ange, il m'est venu &#224; l'esprit que pour beaucoup de mes interlocuteurs - et pas seulement europ&#233;ens - la r&#233;volution est quelque chose comme le peintre florentin a repr&#233;sent&#233; la cr&#233;ation des hommes ou des &#233;toiles : Dieu, avec un geste, le sourcil fronc&#233;, un doigt qui montre un lieu et l&#224; est l'homme, l&#224; est Jupiter, l&#224; est la r&#233;volution ! Ce &#034;cr&#233;ationnisme r&#233;volutionnaire&#034; soutenu avec une ardeur religieuse m&#234;me par les ath&#233;es - qui &#224; la place de Dieu installent l'Histoire avec un H majuscule, bien h&#233;gelienne - contraste avec l'analyse marxiste des r&#233;volutions qui &#224; partir de Marx, Engels et L&#233;nine ont toujours &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;es comme des processus et jamais comme des &#233;clairs divins qui, un jour tranquille, tournent irr&#233;m&#233;diablement une page de l'histoire. Poursuivant l'analogie inspir&#233;e par la Chapelle Sixtine, on pourrait dire que contre le &#034;cr&#233;ationnisme r&#233;volutionnaire&#034;, expression d'un id&#233;alisme r&#233;siduel profond&#233;ment anti-mat&#233;rialiste, s'impose le &#034;darwinisme r&#233;volutionnaire&#034;, c'est-&#224;-dire une r&#233;volution con&#231;ue comme un processus continu et &#233;volutif de changements et r&#233;formes &#233;conomiques, sociaux, culturels et politiques qui aboutit &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau type historique de soci&#233;t&#233;. En d'autres termes, la r&#233;volution est une longue construction dans le temps, o&#249; la lutte de classe est exacerb&#233;e jusqu'&#224; l'inimaginable. Un processus qui remet en cause le d&#233;terminisme triomphaliste des &#034;cr&#233;ationnistes&#034; et qui a toujours une fin ouverte, car chaque r&#233;volution porte en son sein les germes de la contre-r&#233;volution, qui ne peut &#234;tre neutralis&#233;e que par la conscience et l'organisation des forces r&#233;volutionnaires. Ce serait la conception s&#233;culi&#232;re et darwinienne - c'est-&#224;-dire marxiste - de la r&#233;volution, et non th&#233;ologique. Et ce n'est pas trop, anticipant mes critiques habituels, de se rappeler que ce n'est pas par hasard que Marx a d&#233;di&#233; le premier volume de Capital &#224; Charles Darwin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;volutions sociales sont donc des processus acc&#233;l&#233;r&#233;s de changement dans la structure et aussi, ne l'oublions pas, dans la superstructure culturelle et politique des soci&#233;t&#233;s. Des processus difficiles, jamais lin&#233;aires, toujours soumis &#224; d'&#233;normes pressions et devant faire face &#224; d'immenses obstacles de la part des forces int&#233;rieures mais surtout de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, gardien supr&#234;me de l'ordre capitaliste international. Cela s'est produit avec la Grande R&#233;volution d'Octobre puis avec les r&#233;volutions en Chine, au Vietnam, &#224; Cuba, au Nicaragua, en Afrique du Sud, en Indon&#233;sie, en Cor&#233;e. L'image vulgaris&#233;e, malheureusement dominante dans une grande partie des militants et de l'intellectualit&#233; de la gauche, d'une r&#233;volution comme une fl&#232;che s'&#233;levant en ligne droite vers le ciel du socialisme est d'une grande beaut&#233; po&#233;tique mais n'a rien &#224; voir avec la r&#233;alit&#233;. Les r&#233;volutions sont des processus dans lesquels les confrontations sociales acqui&#232;rent une brutalit&#233; singuli&#232;re parce que les classes et les institutions qui d&#233;fendent l'ordre ancien font feu de tout bois pour avorter ou noyer dans leur berceau les sujets sociaux porteurs de la nouvelle soci&#233;t&#233;. La violence est impos&#233;e par ceux qui d&#233;fendent un ordre social fondamentalement injuste et non par ceux qui luttent pour se lib&#233;rer de leurs cha&#238;nes. Nous le constatons aujourd'hui au Venezuela, &#224; Cuba et dans tant d'autres pays de Notre Am&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela dit, quelle a &#233;t&#233; ma r&#233;ponse &#224; mes interlocuteurs ? Oui, il y a une r&#233;volution en cours au Venezuela et la meilleure preuve en est que les forces de la contre-r&#233;volution se sont d&#233;cha&#238;n&#233;es dans ce pays avec une intensit&#233; inhabituelle. Une v&#233;ritable temp&#234;te d'agressions et d'attaques de toutes sortes, qui ne peut &#234;tre comprise que comme la r&#233;ponse dialectique &#224; la pr&#233;sence d'une r&#233;volution dans le processus de construction, avec ses contradictions in&#233;vitables. C'est pourquoi un test infaillible pour savoir si un processus r&#233;volutionnaire est en cours dans un pays est fourni par l'existence de la contre-r&#233;volution, c'est-&#224;-dire d'une attaque, ouverte ou cach&#233;e, plus ou moins violente selon les cas, destin&#233;e &#224; d&#233;truire un processus que certains &#034;docteurs &#232;s r&#233;volution&#034; consid&#232;rent inoffensif, r&#233;formiste ou m&#234;me pas. Mais les sujets de la contre-r&#233;volution et de l'imp&#233;rialisme, comme leur grand chef d'orchestre, ne commettent pas de telles erreurs grossi&#232;res et avec un certain instinct ils essaient par tous les moyens de mettre un terme &#224; ce processus car ils savent tr&#232;s bien que, une fois franchie une mince ligne sans retour, le r&#233;tablissement de l'ancien ordre avec ses exactions, privil&#232;ges et pr&#233;rogatives serait impossible. Ils ont appris de ce qui s'est pass&#233; &#224; Cuba et ils ne veulent pas prendre le moindre risque. La r&#233;volution est-elle toujours inachev&#233;e au Venezuela ? Sans aucun doute. Elle fait face &#224; des d&#233;fis tr&#232;s s&#233;rieux en raison des pressions de l'imp&#233;rialisme et de ses propres faiblesses, du cancer de la corruption ou de certaines politiques gouvernementales mal con&#231;ues et mal ex&#233;cut&#233;es ? Sans aucun doute. Mais c'est un processus r&#233;volutionnaire qui tend vers une fin inacceptable pour la droite et l'imp&#233;rialisme, et c'est pourquoi il est combattu avec fureur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Colombie, par contre, les forces de la contre-r&#233;volution agissent de concert avec le gouvernement pour tenter d'&#233;craser la r&#233;volution naissante qui fr&#233;mit de l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re. Ces forces visent-elles &#224; renverser les gouvernements du Honduras, du Guatemala, du P&#233;rou, du Chili, de l'Argentine, du Br&#233;sil ? Non, parce que dans ces pays il n'y a pas de gouvernements r&#233;volutionnaires et donc l'empire et ses pions ne m&#233;nagent pas leurs efforts pour soutenir ces gouvernements lamentables. Ils attaquent le Venezuela ?. Oui, et aussi durement que possible, en appliquant chacune des recettes des guerres de cinqui&#232;me g&#233;n&#233;ration, parce qu'ils savent qu'une r&#233;volution s'y d&#233;roule. Et pourquoi tant de col&#232;re contre le gouvernement de Nicolas Maduro ? Facile : parce que le Venezuela poss&#232;de la plus grande r&#233;serve de p&#233;trole de la plan&#232;te et est, avec le Mexique, l'un des deux pays les plus importants au monde pour les Etats-Unis, m&#234;me si ses diplomates, son acad&#233;mie et ses &#034;paniaguados&#034; des m&#233;dias rejettent avec moquerie cet argument. C'est fatigant de les combattre parce que ces gens remplissent simplement le r&#244;le qui leur est assign&#233; et pour lequel ils sont g&#233;n&#233;reusement r&#233;compens&#233;s. Le Venezuela a plus de p&#233;trole que l'Arabie Saoudite, et beaucoup plus d'eau, de min&#233;raux strat&#233;giques et de biodiversit&#233;. Et tout cela &#224; trois ou quatre jours de navigation des ports am&#233;ricains. Et le Mexique a aussi du p&#233;trole, de l'eau (surtout au Chiapas), de grandes r&#233;serves de min&#233;raux strat&#233;giques et, comme si cela ne suffisait pas, c'est un pays frontalier avec les &#201;tats-Unis. Un empire qui se croit imprenable parce qu'il est prot&#233;g&#233; par deux grands oc&#233;ans mais qui se sent vuln&#233;rable par le sud, o&#249; une longue fronti&#232;re de 3169 kilom&#232;tres est son talon d'Achille irr&#233;m&#233;diable qui le place face &#224; une Am&#233;rique latine en perp&#233;tuelle fermentation politique en qu&#234;te de sa seconde et d&#233;finitive ind&#233;pendance. D'o&#249; l'importance absolument exceptionnelle que rev&#234;tent ces deux pays, une question qui est incompr&#233;hensiblement sous-estim&#233;e, m&#234;me par la gauche. Et Cuba ? Comment expliquer les plus de soixante ans de harc&#232;lement contre cette &#238;le rebelle h&#233;ro&#239;que ? Parce que depuis 1783, John Adams, deuxi&#232;me pr&#233;sident des Etats-Unis, affirmait dans une lettre de Londres (o&#249; il avait &#233;t&#233; envoy&#233; pour r&#233;tablir des liens commerciaux avec le Royaume-Uni) qu'&#233;tant donn&#233; le grand nombre de colonies que la Couronne britannique poss&#233;dait dans les Cara&#239;bes, Cuba devait &#234;tre annex&#233;e sans plus attendre afin de contr&#244;ler la porte d'entr&#233;e au bassin des Cara&#239;bes. Cuba, enclave g&#233;opolitique exceptionnelle, est une vieille et maladive obsession am&#233;ricaine qui commence bien avant le triomphe de la R&#233;volution cubaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'offensive contre-r&#233;volutionnaire ne s'arr&#234;te pas dans les trois pays mentionn&#233;s ci-dessus. C'est aussi contre le gouvernement d'Evo Morales en Bolivie, qui a r&#233;alis&#233; une prodigieuse transformation &#233;conomique, sociale, culturelle et politique, faisant de l'un des trois pays les plus pauvres de l'h&#233;misph&#232;re occidental (avec Ha&#239;ti et le Nicaragua) l'un des plus prosp&#232;res de la r&#233;gion, selon des organisations comme la CEPAL, la Banque mondiale et la presse financi&#232;re mondiale. Il a repris le contr&#244;le de ses richesses naturelles, a sorti des millions de personnes de l'extr&#234;me pauvret&#233; et il l'a fait avec Evo Morales, membre d'un de ces groupes ethniques autochtones qui est devenu pr&#233;sident, un exploit historique sans pareil dans cette partie du monde. Et le Nicaragua est aussi dans la ligne de mire, parce que peu importe le nombre de d&#233;fauts ou d'erreurs que peut avoir la r&#233;volution sandiniste, la simple pr&#233;sence d'un gouvernement qui ne veut pas s'agenouiller devant le Caligula am&#233;ricain (comme le font Macri, Bolsonaro, Duque et compagnie) est plus que suffisante pour d&#233;cha&#238;ner les furies de l'enfer contre son gouvernement. Et, en outre, il y a la question cruciale - en termes g&#233;opolitiques - du nouveau canal inter-oc&#233;anique que les Chinois pourraient construire et qui constitue un v&#233;ritable crachat sur le visage de ceux qui se sont empar&#233;s &#224; nouveau du canal de Panama et l'ont satur&#233;, une fois encore, de bases militaires pr&#234;tes &#224; semer la mort et la destruction dans nos pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je termine en rappelant une phrase sage de Fidel quand il a dit que &#034; la principale erreur que nous avons faite &#224; Cuba a &#233;t&#233; de croire qu'il y avait quelqu'un qui savait comment faire une r&#233;volution &#034;. Il n'y a pas de manuel ou de livre de recettes. Il s'agit de processus continus. Il est n&#233;cessaire de fixer nos regards non seulement sur le moment pr&#233;sent, sur la foudre d&#233;concertante de la situation qui accable aujourd'hui le Venezuela, mais aussi de visualiser la direction du mouvement historique et de prendre en compte toutes ses contradictions. Ce faisant, il ne fait aucun doute que le Venezuela est au milieu d'un processus r&#233;volutionnaire convuls&#233; qui, esp&#233;rons-le, et &#034;pour le bien de tous&#034;, comme l'a dit Mart&#237;, finira par l'emporter sur les forces de l'empire et la r&#233;action. Notre Am&#233;rique a besoin de cette victoire. Tout effort pour faciliter un r&#233;sultat aussi heureux sera bienvenu&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Traduit avec l'aide de &lt;a href=&#034;http://www.DeepL.com/Translator&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.DeepL.com/Translator&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article de Atilio Boron paru sur son propre site, dans rebelion.org, telesurtv.net et legransoir.info entre autres...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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