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	<title>Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui</title>
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	<description>L'association a pour but de d&#233;noncer les tentatives actuelles et r&#233;centes de recolonisation du monde, par l'agression &#233;conomique, culturelle et militaire ainsi que de d&#233;noncer les m&#233;faits du colonialisme ancien.</description>
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		<title>Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui</title>
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		<title>A propos de Jacques Roumain et d'Ha&#239;ti </title>
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		<dc:creator> Gaetano Garcia</dc:creator>



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&lt;p&gt;A propos de Jacques Roumain et d'Ha&#239;ti&lt;br class='autobr' /&gt;
Samedi 27 avril 2013, par Gaetano Garcia&lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques Roumain, &#338;uvres compl&#232;tes &#201;dition critique coordonn&#233;e par L&#233;on-Fran&#231;ois Hoffmann. Nanterre, ALLCA/Paris Ediciones Unesco (&#171; Archivos &#187; 58), 2003, 1690 p. Gaetano Ciarcia p. 261-263&lt;br class='autobr' /&gt;
La parution dans une collection &#233;dit&#233;e par l'Unesco des &#338;uvres compl&#232;tes de Jacques Roumain, homme de lettres et ethnologue ha&#239;tien, a co&#239;ncid&#233; avec le bicentenaire de la proclamation de l'ind&#233;pendance de la premi&#232;re R&#233;publique noire. En (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A propos de Jacques Roumain et d'Ha&#239;ti&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Samedi 27 avril 2013, par Gaetano Garcia&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jacques Roumain, &#338;uvres compl&#232;tes &#201;dition critique coordonn&#233;e par L&#233;on-Fran&#231;ois Hoffmann. Nanterre, ALLCA/Paris Ediciones Unesco (&#171; Archivos &#187; 58), 2003, 1690 p. Gaetano Ciarcia p. 261-263&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La parution dans une collection &#233;dit&#233;e par l'Unesco des &#338;uvres compl&#232;tes de Jacques Roumain, homme de lettres et ethnologue ha&#239;tien, a co&#239;ncid&#233; avec le bicentenaire de la proclamation de l'ind&#233;pendance de la premi&#232;re R&#233;publique noire. En Ha&#239;ti, depuis la lib&#233;ration du colonialisme et de l'esclavage, le discours, &#233;rudit et fictionnel, &#233;crit en fran&#231;ais s'est constitu&#233; en ar&#232;ne de pouvoir, occup&#233;e par la lutte des factions et des individus pr&#233;tendant diriger une soci&#233;t&#233; compos&#233;e, en majorit&#233;, d'une masse analphab&#232;te. Figure embl&#233;matique de cette impr&#233;gnation politique du champ litt&#233;raire ha&#239;tien, Jacques Roumain est n&#233; en 1907 &#224; Port-au-Prince o&#249; il mourut &#224; l'&#226;ge de 37 ans, apr&#232;s une vie marqu&#233;e par l'exp&#233;rience de la prison et l'errance. Il est surtout connu gr&#226;ce &#224; son roman &#171; ethnologique &#187; posthume, Les Gouverneurs de la ros&#233;e (1944).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La publication de ses travaux, certains in&#233;dits, nous permet d'aborder l'int&#233;gralit&#233; d'un corpus &#224; la fois romanesque, po&#233;tique, scientifique, journalistique et &#233;pistolaire, dans son rapport avec les th&#233;matiques sociales que son texte le plus renomm&#233; contient en germe. Enrichi par un dossier consacr&#233; &#224; la fa&#231;on dont ces &#233;crits h&#233;t&#233;roclites ont &#233;t&#233; re&#231;us, le volume, coordonn&#233; et &#233;tabli par L&#233;on-Fran&#231;ois Hoffmann, pr&#233;sente de nombreuses contributions critiques, nous restituant la production d'un intellectuel &#171; organique &#187;, au sens gramscien du terme, doubl&#233; d'un artiste impliqu&#233; dans les combats id&#233;ologiques de son &#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Issu de l'&#233;lite cr&#233;ole et francophone du pays, Jacques Roumain a v&#233;cu une existence mouvement&#233;e, notamment &#224; cause de la conscience du r&#244;le et de la responsabilit&#233; qu'il avait de sa naissance privil&#233;gi&#233;e. Il a pourtant connu des difficult&#233;s financi&#232;res constantes qui ont affect&#233; ses s&#233;jours europ&#233;ens et am&#233;ricains ; et sa vie, son destin, ceux d'un homme, polyglotte et cosmopolite, b&#233;n&#233;ficiant d'une aisance sociale que lui avaient procur&#233;e ses origines, l'ont conduit &#224; une existence h&#233;riss&#233;e d'obstacles. Entre la Suisse, la France, l'Espagne, la Belgique, Ha&#239;ti, les &#201;tats-Unis, Cuba et le Mexique &#8211; &#233;tapes scandant ses &#233;tudes, son exil et, finalement, une br&#232;ve carri&#232;re diplomatique &#8211;, Roumain concevra toujours ses itin&#233;raires comme des d&#233;tours n&#233;cessaires &#8211; prolongement spatial oblig&#233; de l'engagement pour la cause du peuple dont il se voulait le porte-parole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s sa prime jeunesse, en 1934 &#8211; il sera un des fondateurs du Parti communiste ha&#239;tien &#8211;, Jacques Roumain a d&#233;velopp&#233;, dans son action de militant, une perspective internationale centr&#233;e sur la r&#233;flexion autour de la division raciale et sociale affectant la nation &#171; noire &#187;. Son appartenance &#224; la bourgeoisie et sa peau &#171; claire &#187; devaient &#234;tre pour lui les sympt&#244;mes v&#233;cus d'un malaise end&#233;mique ; d'ailleurs, sa biographie peut &#234;tre lue comme la mise &#224; l'&#233;preuve personnelle de l'&#233;largissement de la singularit&#233; ha&#239;tienne avec l'espoir d'une &#233;mancipation anthropologique des amarres et des cauchemars d'une trag&#233;die historique &#171; h&#233;rit&#233;e &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; le caract&#232;re fragmentaire et inachev&#233; de l'&#339;uvre de Roumain, il appara&#238;t int&#233;ressant de souligner, aussi &#224; travers les apports interpr&#233;tatifs de ses commentateurs, les correspondances la liant &#224; l'histoire culturelle ha&#239;tienne. Comme le remarque G&#233;rard Barth&#233;lemy dans &#171; Voyage au pays des gouverneurs &#187; (pp. 1266-1296), qui est une analyse des personnages agissant dans Les Gouverneurs de la ros&#233;e, chez Manuel, le h&#233;ros de la narration, le &#171; regard distanci&#233; &#187;, fruit amer de l'exil, s'impose en tant que conscience lucide qui forge la possibilit&#233; de &#171; remettre en cause un pays bloqu&#233; &#187; (p. 1283). En poursuivant cette lecture, le r&#233;cit de Roumain illustrerait, plus au plan symbolique que r&#233;aliste, la volont&#233; de l'&#233;crivain de se confronter &#224; un des avatars les plus n&#233;fastes et pervers de l'histoire de l'esclavage : la faille qu'a cr&#233;&#233;e la division d'Ha&#239;ti en deux, c'est-&#224;-dire entre le peuple et l'&#233;lite, entre Noirs et mul&#226;tres. Roumain tente, en quelque sorte, d'&#233;chapper &#224; une telle logique. N&#233;anmoins, &#224; travers le tissu fictionnel de ses romans &#171; paysans &#187;, dont Les Gouverneurs de la ros&#233;e repr&#233;sente une sorte d'accomplissement narratif et stylistique, nous pouvons observer les limites s&#233;mantiques d'un internationalisme marqu&#233; par la tentative d'adh&#233;rer &#224; l'orthodoxie de la vulgate sovi&#233;tique. Sur ce sujet, &#201;mile Ollivier dans sa contribution (pp. 1296-1314) explore les &#171; zones d'ombre &#187; inh&#233;rentes &#224; la participation et &#224; la r&#233;flexion politiques de l'intellectuel. Car chez Roumain, l'&#233;criture se voulant l'instrument d'un regard engag&#233;, la fabrication de nouvelles possibilit&#233;s de penser et de donner sens &#224; la culture ha&#239;tienne traduisait la d&#233;couverte ethnographique, mais aussi l'invention litt&#233;raire de cette alt&#233;rit&#233; proche qu'&#233;tait, pour lui, le monde paysan. La recherche d'une unit&#233; &#224; construire qu'il faut retrouver dans le pass&#233; &#233;merge alors, face &#224; la division raciale d'un peuple d'anciens esclaves lib&#233;r&#233;s, comme une impossible solution &#224; subir une nouvelle ali&#233;nation, celle de leur retard sur l'&#233;chelle de l'&#233;volution. Contre ces stigmates de l'histoire, le po&#232;te opposait la passion pour l'ethnologie, sa carri&#232;re de chercheur entam&#233;e &#171; tardivement &#187;, seulement sept ans avant sa mort. &#201;l&#232;ve pendant un an de Paul Rivet &#224; Paris, &#233;tudiant &#233;ph&#233;m&#232;re pendant quelques mois (parce que dans l'impossibilit&#233; d'acquitter les frais d'inscription) &#224; la Columbia University de New York, &#224; l'&#233;poque o&#249; Franz Boas y enseignait, et enfin interlocuteur privil&#233;gi&#233; d'Alfred M&#233;traux en Ha&#239;ti, sa courte formation d'ethnologue lui permettra pourtant d'&#234;tre &#224; l'origine de la cr&#233;ation, en 1941, du Bureau national d'ethnologie d'Ha&#239;ti.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1 Contribution &#224; l'&#233;tude de l'ethnobotanique pr&#233;colombienne des Grandes Antilles (1942), Le Sacrifice (...)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans son texte &#171; Jacques Roumain et la fascination de l'ethnologie &#187; (pp. 1378-1428), Andr&#233;-Marcel d'Ans parle, &#224; juste titre, d'une attirance pour une mati&#232;re dont il n'apercevait pas toujours les bornes disciplinaires et qui l'amenait &#224; concevoir &#171; les recherches en arch&#233;ologie et en anthropologie physique, [ainsi que] l'observation de la culture des populations contemporaines &#187; (p. 1382) comme faisant partie d'un tout. Malgr&#233; cette &#171; confusion &#187;, l'intention, dans le projet, d'objectiver ethnologiquement l'histoire et la pr&#233;histoire ha&#239;tiennes est le reflet, comme le montre d'Ans, d'une approche anthropologique significative du &#171; clivage parisien &#187; entre Roumain, qui avait suivi les cours de Paul Rivet et Marcel Mauss &#224; l'Institut d'ethnologie, d'une part, et, d'autre part, ses compatriotes, comme Lorimer Denis et le futur dictateur Fran&#231;ois Duvalier, qui, dans leur travaux, revendiqueront le credo racialiste acquis au sein d'un autre &#233;tablissement de la capitale fran&#231;aise, l'&#201;cole d'anthropologie, o&#249; Georges Montandon donnait ses enseignements. Le syst&#232;me id&#233;ologique transmis par ce dernier prendra bient&#244;t la forme d'une l&#233;gitimation savante lorsque, succ&#233;dant &#224; Roumain &#224; la direction du Bureau national d'ethnologie d'Ha&#239;ti apr&#232;s sa mort en 1944, les m&#234;mes Lorimer Denis et Fran&#231;ois Duvalier en deviendront les divulgateurs. Cette diff&#233;rence de filiation institutionnelle, r&#233;percutant une distance th&#233;orique cruciale, nous fournit quelques indices pour expliquer la gen&#232;se du communautarisme et du racialisme &#171; noiriste &#187;, dont Duvalier sera le propagateur tristement fameux. &#192; ce propos, Alrich Nicholas, dans &#171; Jacques Roumain et l'Allemagne &#187; (pp. 1315-1326), fait remarquer que la trajectoire de l'anthropologue-&#233;crivain montre l'autre voie de l'indig&#233;nisme ha&#239;tien par rapport &#224; cette mystique du repli essentialiste qui caract&#233;risera le folklorisme de l'&#201;cole des Griots fond&#233;e par Louis Diaquoi, Duvalier et Denis. D'ailleurs, en reprenant l'analyse de d'Ans, la nomination de Roumain &#224; la t&#234;te d'un organisme, dont la cr&#233;ation s'inspirait du Bureau of American Ethnology, avait &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;e par A. M&#233;traux au pr&#233;sident d'Ha&#239;ti, &#201;lie Lescot, donne un aper&#231;u du contexte politique dans lequel la valeur ethnologique de la civilisation, ou plut&#244;t des civilisations ha&#239;tiennes, allait se construire. En fait, le Bureau d'ethnologie s'av&#233;ra constituer une sorte de contrepoids &#171; mus&#233;al &#187; &#224; la mobilisation provoqu&#233;e, au m&#234;me moment, par la &#171; campagne anti-superstitieuse &#187; et anti-vodouiste d&#233;clench&#233;e par le clerg&#233; catholique. L'implication, controvers&#233;e et contradictoire, du pr&#233;sident Lescot lui-m&#234;me dans cette campagne montre les logiques de pouvoir &#224; l'&#339;uvre dans les appropriations d'un pass&#233; culturel que Roumain, dans ses textes1, ses articles sur la superstition, parus dans le journal Le Nouvelliste (1942) et ses autres contributions publi&#233;es dans le Bulletin du Bureau d'ethnologie de la R&#233;publique Ha&#239;ti (1942-1943), avait l'intention d'&#233;tudier dans son travail d'ethnologue. Si on analyse de fa&#231;on attentive ses travaux, il ressort qu'ils rel&#232;vent d'un certain dilettantisme, mais que, n&#233;anmoins, sa &#171; fascination &#187; pour les sciences anthropologiques parvient &#171; &#224; rendre compatibles deux positions apparemment inconciliables : d'une part sa volont&#233; patriotique et progressiste d'&#233;lever le peuple de son pays vers des conditions de vie meilleures en le d&#233;livrant des mirages superstitieux qui l'affligent et le paralysent ; d'autre part le propos non moins d&#233;termin&#233; de pr&#233;server la langue et la religion populaires comme &#233;l&#233;ments d'un patrimoine vivant, dont la conservation incombe &#224; la nation au m&#234;me titre que celle des vestiges arch&#233;ologiques, dans la m&#234;me perspective jug&#233;s dignes d'int&#233;r&#234;t scientifique et d'appr&#233;ciation esth&#233;tique &#187; (d'Ans, pp. 1426-1427).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;bat qui s'est d&#233;velopp&#233; au cours des derni&#232;res d&#233;cennies autour de la recherche par Roumain d'une langue nouvelle ou polyphonique, &#224; cheval entre litt&#233;rature et sciences humaines, illustre l'inclusion, dans l'espace s&#233;miotique du roman ha&#239;tien contemporain, de diverses formes linguistiques. Alessandro Costantini, dans son texte &#171; La langue polyphonique de Jacques Roumain &#187; (pp. 1429-1467), nous parle de l'ambition qui fut celle de Roumain, &#224; partir de son premier &#171; roman paysan &#187;, La Montagne ensorcel&#233;e (1931), de forger une &#233;criture qui utilise plusieurs registres syntaxiques et serait capable de rendre compte de la &#171; distinction &#187;, mais aussi de la communication possible, entre le fran&#231;ais parl&#233; et &#233;crit par l'&#233;lite et le cr&#233;ole du peuple. Sur la r&#233;ussite de cette tentative, comme d'ailleurs sur celle du &#171; roman ethno-logique &#187; de Roumain, les opinions divergent, et le lecteur trouvera dans le volume mati&#232;re &#224; r&#233;flexion dans la partie intitul&#233;e &#171; Dossier de l'&#339;uvre &#187;. Plusieurs commentateurs ont interpr&#233;t&#233; le monde populaire des Gouverneurs de la ros&#233;e comme un espace linguistiquement et ethnologiquement mythifi&#233; de la part d'un auteur absorb&#233; par la t&#226;che de cr&#233;er une langue originale, expression v&#233;ridique d'une culture nationale. En ce sens, au point de vue du r&#233;alisme narratif, si la valeur artistique du roman est indiscutable, dans des textes plus juv&#233;niles, comme La Proie et l'Ombre (1930) et Les Fantoches (1931), les d&#233;veloppements litt&#233;raires du milieu que Roumain connaissait le mieux, celui des cercles citadins et bourgeois d'o&#249; il &#233;tait issu, semblent constituer un contrepoint descriptif plus convaincant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le devenir de celle qui, depuis ses origines, se veut une R&#233;publique noire aspirant &#224; se faire (re) conna&#238;tre &#224; travers ses lettres blanches, est analys&#233; par Ulrich Fleischmann dans &#171; Jacques Roumain dans la litt&#233;rature d'Ha&#239;ti &#187; (pp.1229-1265). Ainsi, la figure et l'&#339;uvre de Roumain refl&#232;teraient les contradictions intrins&#232;ques &#224; l'h&#233;g&#233;monie d'une &#233;lite lettr&#233;e confront&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; et au d&#233;fi id&#233;ologiques de soutenir l'ind&#233;pendance de la nation. La fiction s'affirmant comme forme de connaissance objectivante et comme ressource politique, la r&#233;ception du roman majeur de Roumain durant la dictature duvali&#233;riste aurait &#233;t&#233; paradoxale : &#171; ...sous un r&#233;gime politique qui provoquait l'&#233;touffement de la litt&#233;rature nationale d'Ha&#239;ti, cette m&#234;me litt&#233;rature est constitu&#233;e par le pouvoir en corpus de textes canoniques dans les manuels d'histoire de la litt&#233;rature ha&#239;tienne &#187; (p. 1263). Le consensus et le succ&#232;s des Gouverneurs de la ros&#233;e serait donc l'histoire de &#171; l'aboutissement du r&#234;ve indig&#233;niste, celui d'une nation une et indivisible &#187; (Jean Michel Dash, &#171; Jacques Roumain romancier &#187;, p. 1377). En r&#233;alit&#233;, il s'agirait surtout de la conclusion d'un &#233;chec ou d'une condition d'&#233;chec. Si l'ethnologue-&#233;crivain pr&#233;tend d&#233;passer la litt&#233;rature traditionnelle en utilisant la figure du paysan comme une &#171; alt&#233;rit&#233; r&#233;demptrice &#187; (p. 1363), l'ambigu&#239;t&#233; de l'entreprise se situe dans la relation qu'il instaure avec une r&#233;alit&#233; qui semble &#233;chapper aussi bien &#224; ses habitants qu'&#224; ses observateurs cultiv&#233;s et citadins. L'impression est donc celle d'une v&#233;rit&#233; en exil dissimulant l'avortement du r&#234;ve inspirateur de la R&#233;publique noire : &#171; Ni le natif-natal, Ha&#239;tien authentique, ni le militant indig&#232;ne en lui ne peuvent &#233;tablir un rapport avec ce monde myst&#233;rieux. Il ne reste &#224; Roumain que le langage documentaire de l'enqu&#234;te ethnographique, et la forme du r&#233;cit de voyage &#187; (p. 1364). En m&#234;me temps, cette opacit&#233; discursive nous permet, peut-&#234;tre, de mieux saisir les faiblesses internes &#224; la tentative de Roumain, ainsi que les contradictions id&#233;ologiques et s&#233;mantiques relatives &#224; la r&#233;appropriation nationale de l'&#339;uvre en question. Son id&#233;e de similarit&#233;s existant entre art, science et combat politique para&#238;t &#234;tre une des raisons de ces contradictions. Yasmina Tippenhauer, dans &#171; La r&#233;ception de l'&#339;uvre de Jacques Roumain par ses compatriotes &#187; (pp. 1327-1344), insiste justement sur l'ancrage colonial de la litt&#233;rature ha&#239;tienne &#224; un ailleurs, ou, pourrions-nous ajouter, &#224; un autrefois mythique, aujourd'hui utopique, projet&#233; dans l'avenir. Cette double relation sanctionnerait, en effet, la possibilit&#233; qu'aurait aper&#231;u Roumain lui-m&#234;me d'associer dans son travail la recherche &#171; arch&#233;ologique &#187; des origines &#224; la n&#233;cessit&#233; de rendre solidaire l'histoire nationale avec les vertus cr&#233;atrices de la fiction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour conclure cette trop br&#232;ve pr&#233;sentation d'une production &#224; multiples facettes, que la mort pr&#233;matur&#233;e de son auteur a laiss&#233;e inachev&#233;e, nous reprendrons les mots qu'a utilis&#233;s Ren&#233; Depestre en ouverture du volume et qui rendent bien compte du legs conceptuel que Jacques Roumain nous laisse, comme un viatique pour une anthropologie de la litt&#233;rature ha&#239;tienne :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Dans ces ann&#233;es 40, tout se passe comme si Jacques Roumain avait le pressentiment qu'aussit&#244;t disparu de la sc&#232;ne, un folklorisme d'&#201;tat, &#224; hauteur de tonton macoute, ferait militairement main basse sur le savoir ethnologique, afin de d&#233;voyer la connaissance des fondements de l'identit&#233; ha&#239;tienne vers la n&#233;gritude totalitaire ou &#8220;int&#233;grisme noir&#8221; &#224; la Papa Doc &#187; (p. xxvii).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En refusant, comme le dit R. Depestre, de se complaire dans sa n&#233;gritude face au lourd h&#233;ritage d'une histoire &#171; blanche &#187;, Jacques Roumain, malgr&#233; et souvent &#224; l'encontre de son appartenance de caste, a su exprimer la n&#233;cessit&#233; de sortir rationnellement et po&#233;tiquement de toute &#171; mythologie raciale &#187; et communautaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;NOTES&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1 Contribution &#224; l'&#233;tude de l'ethnobotanique pr&#233;colombienne des Grandes Antilles (1942), Le Sacrifice du tambour-ass&#244;t&#244;(r) (1943).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;POUR CITER CET ARTICLE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;f&#233;rence papier Gaetano Ciarcia, &#171; Jacques Roumain, &#338;uvres compl&#232;tes &#187;, Gradhiva, 1 | 2005, 261-263.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;f&#233;rence &#233;lectronique Gaetano Ciarcia, &#171; Jacques Roumain, &#338;uvres compl&#232;tes &#187;, Gradhiva [En ligne], 1 | 2005, mis en ligne le 10 d&#233;cembre 2008, consult&#233; le 27 avril 2013. URL : &lt;a href=&#034;http://gradhiva.revues.org/403&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://gradhiva.revues.org/403&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;AUTEUR&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gaetano Ciarcia ciarcia.gaetano@wanadoo.fr&lt;/p&gt; &lt;p&gt;ARTICLES DU M&#202;ME AUTEUR&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rh&#233;toriques et pratiques de l'inculturation [Texte int&#233;gral] Une g&#233;n&#233;alogie &#171; morale &#187; des m&#233;moires de l'esclavage au B&#233;nin Paru dans Gradhiva, 8 | 2008 Impressions d'Europe [Texte int&#233;gral] Les Indiens de la galerie Catlin du Far West au Far East Paru dans Gradhiva, 3 | 2006 M&#233;moire de l'esclavage au B&#233;nin. Le pass&#233; &#224; venir [Texte int&#233;gral] Introduction Paru dans Gradhiva, 8 | 2008&lt;/p&gt; &lt;p&gt;DROITS D'AUTEUR &#169; mus&#233;e du quai Branly&lt;/p&gt; &lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
Texte int&#233;gral de cet article en libre acc&#232;s disponible dans la Revue Gradhiva :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gradhiva.revues.org/403&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://gradhiva.revues.org/403&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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