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	<title>Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui</title>
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	<description>L'association a pour but de d&#233;noncer les tentatives actuelles et r&#233;centes de recolonisation du monde, par l'agression &#233;conomique, culturelle et militaire ainsi que de d&#233;noncer les m&#233;faits du colonialisme ancien.</description>
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		<title>Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui</title>
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		<title>&#202;tre communiste au Venezuela</title>
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&lt;p&gt;Est-on d&#233;sormais sorti de la &#171; guerre hybride &#187; &#8211; ce type de conflit en &#171; zone grise &#187; qui d&#233;stabilise un pays par l'&#233;tranglement &#233;conomique, les cyber-attaques, les intrusions de groupes mercenaires, le sabotage d'infrastructures, l'ing&#233;rence &#233;lectorale et moult autres outils, &#224; commencer par la d&#233;sinformation ? La pression de Washington sur Caracas atteint un sommet in&#233;gal&#233; jusque-l&#224;. En d&#233;ployant depuis deux mois une imposante flotte navale dans les Cara&#239;bes, face aux c&#244;tes de la R&#233;publique bolivarienne du (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Am&#233;riques&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Est-on d&#233;sormais sorti de la &#171; guerre hybride &#187; &#8211; ce type de conflit en &#171; zone grise &#187; qui d&#233;stabilise un pays par l'&#233;tranglement &#233;conomique, les cyber-attaques, les intrusions de groupes mercenaires, le sabotage d'infrastructures, l'ing&#233;rence &#233;lectorale et moult autres outils, &#224; commencer par la d&#233;sinformation ? La pression de Washington sur Caracas atteint un sommet in&#233;gal&#233; jusque-l&#224;. En d&#233;ployant depuis deux mois une imposante flotte navale dans les Cara&#239;bes, face aux c&#244;tes de la R&#233;publique bolivarienne du Venezuela, le Pentagone est all&#233; jusqu'&#224; annoncer la mobilisation du &#171; Gerald R. Ford &#187;, le plus monumental de ses porte-avions.&lt;br class='autobr' /&gt;
par Maurice Lemoine &lt;br class='autobr' /&gt;
sur le site &lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Etre-communiste-au-Venezuela&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;medelu.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qui, devant un arsenal aussi disproportionn&#233;, peut croire &#224; la fable de la campagne contre le trafic de drogue ? Quelle que soit la forme de son d&#233;nouement, l'op&#233;ration ne poursuit qu'un seul objectif : un &#171; changement de r&#233;gime &#187; au Venezuela ; le renversement ou l'&#233;limination de Nicol&#225;s Maduro, rebaptis&#233; &#171; narco-dictateur &#187; par Donald Trump. C'est un processus progressif, mais chaque pas semble irr&#233;versible. &#171; La prochaine &#233;tape, c'est l'op&#233;ration terrestre &#187;, a menac&#233; le despote &#233;tatsunien, alors que la destruction en mer d'une quinzaine d'embarcations &#8211; pour un solde de l'ordre de 75 morts &#8211; &#233;tait en cours, sans que ne soit apport&#233;e aucune preuve tangible de leur implication dans le &#171; narcotrafic &#187;. Ce qui, de toute fa&#231;on, n'octroierait aucun droit de vie ou de mort &#224; quiconque sur ces &#233;ventuels d&#233;linquants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trump a estim&#233; ne pas avoir besoin d'un accord du Congr&#232;s pour valider des op&#233;rations militaires ou men&#233;es clandestinement par la CIA contre le Venezuela ou d'autres pays (rajoutant dans son collimateur la Colombie et son pr&#233;sident de gauche Gustavo Petro). En Am&#233;rique latine, les gouvernements inf&#233;od&#233;s au Bureau ovale &#8211; Argentine, Equateur, Paraguay, P&#233;rou, Salvador, Trinidad et Tobago, etc. &#8211; applaudissent plus ou moins discr&#232;tement. En France, d'Emmanuel Macron &#224; Rapha&#235;l Glucksmann, la droite a fait implicitement de m&#234;me en f&#233;licitant l'extr&#233;miste v&#233;n&#233;zu&#233;lienne Mar&#237;a Corina Machado, partisane d'un bombardement de son propre pays, pour son r&#233;cent &#171; Prix Nobel de la Paix &#187; [1].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gauche &#171; latina &#187; conna&#238;t ses classiques. Au prix de dizaines de milliers de victimes, elle a suffisamment subi les agressions de Washington pour comprendre la nature de ce qui se profile on ne peut plus ouvertement. De La Havane &#224; Bogot&#225;, cette gauche sonne le tocsin. Malgr&#233; son d&#233;sir de ne pas entrer dans une relation conflictuelle avec Washington, la pr&#233;sidente mexicaine Claudia Sheinbaum critique publiquement le d&#233;ploiement militaire am&#233;ricain. Puissance r&#233;gionale tr&#232;s mod&#233;r&#233;e, le Br&#233;sil a fait savoir qu'il &#171; s'oppose clairement &#224; une intervention ext&#233;rieure &#187; qui &#171; pourrait enflammer l'Am&#233;rique du Sud et conduire &#224; une radicalisation politique dans tout le continent. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En mode plus militant et &#233;voquant la Guerre d'Espagne, le puissant Mouvement des sans terre br&#233;silien (MST) annonce la cr&#233;ation de Brigades internationales si devait se produire une intervention militaire US au Venezuela. Au Chili, l'&#233;ventuelle Brigade internationaliste solidaire a par avance &#233;t&#233; baptis&#233;e &#171; Ram&#243;n Allende Garc&#233;s &#187;. Arri&#232;re-grand-p&#232;re de Salvador Allende, ce dernier lutta aux c&#244;t&#233;s de Sim&#243;n Bolivar lors des batailles de Boyac&#225; (1819) et de Carabobo, laquelle, en 1822, consacra l'ind&#233;pendance du Venezuela (alors int&#233;gr&#233; &#224; la Grande Colombie avec l'Equateur, le Panama et la Colombie) [2].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Europe en g&#233;n&#233;ral et en France en particulier, la gauche, courageusement&#8230; d&#233;tourne les yeux. Tout en manifestant un &#171; anti-imp&#233;rialisme &#187; aussi rituel que routinier, l'extr&#234;me-gauche &#171; anarcho-trotskisante &#187; s'est donn&#233;e pour t&#226;che principale de casser les solidarit&#233;s sur la base d'un &#171; ni Trump ni Maduro &#187; digne de l'hypocrite &#171; en m&#234;me temps &#187; macronnien. Une ligne hostile &#224; la R&#233;volution bolivarienne sur laquelle, depuis l'arriv&#233;e au pouvoir d'Hugo Ch&#225;vez, le Parti socialiste (PS) l'avait pr&#233;c&#233;d&#233;e. Fussent-ils catalogu&#233;s &#171; progressistes &#187;, les universitaires et autres docteurs en sciences politiques en mal de reconnaissance institutionnelle entendent demeurer &#171; m&#233;diatico-compatibles &#187;. Pour ce faire, ils s'alignent devant les micros sur la doxa dominante &#8211; et la confortent, s'il en &#233;tait besoin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la galaxie Bollor&#233; aux m&#233;dias dits de r&#233;f&#233;rence, en passant par le service public-priv&#233;, l'industrie du lavage de cerveau tient en effet sur &#171; le Venezuela de Maduro &#187; le m&#234;me discours que Fox News aux Etats-Unis. Une &#233;treinte telle que les plus lucides des observateurs, pour &#233;viter l'opprobre, finissent par s'autocensurer. Avec, outre le formatage de l' &#171; opinion publique &#187;, de d&#233;sastreux dommages collat&#233;raux : soumis &#224; une pression permanente sur ce th&#232;me devenu hautement toxique, m&#234;me les plus insoumis finissent par&#8230; se soumettre ! A l'exception de quelques individualit&#233;s, ils &#233;vitent d&#233;sormais de monter au cr&#233;neau pour d&#233;fendre le Venezuela (silence qui ne r&#233;duit en rien l'hostilit&#233; politico-m&#233;diatique &#224; leur &#233;gard, soit dit en passant).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour autant, tous ceux qui s'interrogent, &#224; gauche, en mode critique, sur la nature de la R&#233;volution bolivarienne, ne sont pas, par d&#233;finition, de mauvaise foi. Comment ne pas comprendre le doute qui saisit, plus encore que les autres, les militants du Parti communiste fran&#231;ais (PCF) lorsque c'est d'un &#171; parti fr&#232;re &#187;, le Parti communiste v&#233;n&#233;zu&#233;lien (PCV), que proviennent les plus funestes nouvelles sur la &#171; d&#233;rive &#187; de Maduro ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Traditionnel alli&#233; du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), c'est &#224; partir de 2019 que le PCV a provoqu&#233; la suspicion d'une partie de la gauche internationale &#224; l'&#233;gard du &#171; r&#233;gime &#187;, au terme d'un d&#233;ballage fracassant. En ao&#251;t 2020, une &#171; Lettre aux partis communistes et ouvriers du monde &#187; d&#233;nonce ainsi &#171; la politique &#233;conomique gouvernementale chaque fois plus soumise aux int&#233;r&#234;ts du capital, au d&#233;triment des conqu&#234;tes et des droits obtenus par les travailleurs, la paysannerie et les secteurs populaires au long du processus bolivarien [3] &#187;. Un an plus tard, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Oscar Figuera affirme que les diff&#233;rences entre le PCV et l'administration de Maduro sont d&#233;sormais &#171; irr&#233;conciliables &#187;, d&#233;nonce l' &#171; autoritarisme &#187; du gouvernement et conclue : &#171; Il ne s'agit pas de corriger des erreurs, mais de d&#233;monter le plan de Maduro. Ceci n'est pas un gouvernement chaviste. Il se fait appeler socialiste, mais il ne l'est pas [4]. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces dures accusations semblent confirm&#233;es quand, le 11 ao&#251;t 2023, le Tribunal supr&#234;me de justice (TSJ) annonce la destitution de la direction du PCV, jug&#233;e &#171; ill&#233;gitime &#187;, et son remplacement par une direction ad hoc, charg&#233;e de &#171; r&#233;tablir les processus d&#233;mocratiques au sein du parti &#187;. Un mois auparavant, Figuera avait accus&#233; &#171; un groupe de mercenaires au service du PSUV &#187; &#8211; &#171; une poign&#233;e de figures apparemment inconnues d&#233;clarant &#234;tre les bases du PCV &#187; pr&#233;cisa Tribuna Popular, l'organe du parti &#8211; de solliciter cette spoliation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour tenter de comprendre la nature du conflit, et parce que leur version des faits a fait l'objet d'un silence quasi-total de ce c&#244;t&#233; de l'Atlantique, nous avons retrouv&#233; deux de ces &#171; mercenaires &#187;, &#171; apparemment inconnus &#187; du PCV : Henry Parra (pr&#233;sident de la commission ad hoc), Griseldys Herrera (secr&#233;taire nationale d'organisation).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parra &#8211; maigre, le sourire facile, une certaine ironie dans la voix : &#171; Je milite au sein du PCV depuis septembre 1973. J'ai commenc&#233; dans la Jeunesse communiste [JC], cinq jours apr&#232;s la chute du camarade Allende. J'&#233;tais un jeune de 16 ans. &#187; Suit la longue description d'une trajectoire militante. Responsable de la JC pendant huit ans dans l'Etat du T&#225;chira ; s&#233;jour dans une &#233;cole de cadres en Union sovi&#233;tique ; membre du Comit&#233; central ; membre de la Commission nationale ex&#233;cutive ; d&#233;put&#233; PCV du T&#225;chira, quatre fois simultan&#233;ment&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Griseldys Herrera &#8211; secouant la t&#234;te et pesant ses mots : &#171; J'ai commenc&#233; formellement en 2000. Jusque-l&#224;, j'avais une militance empirique. Ma vision de jeune &#8211; on dit que tout jeune est r&#233;volutionnaire &#8211; m'a amen&#233;e &#224; int&#233;grer le PCV sur les principes marxistes-l&#233;ninistes. Depuis, je n'ai jamais cess&#233; de militer &#224; la base, comme femme, avec le Comit&#233; r&#233;gional de l'Etat de Monagas. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En accusateur principal de ces deux &#171; imposteurs &#187; qui, pour le compte du &#171; r&#233;gime &#187;, se sont empar&#233;s du parti : Oscar Figuera. Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral depuis 1996, celui-ci a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu en novembre 2022 au cours d'un Congr&#232;s rassemblant 83 participants &#8211; quand, en 2017, le Congr&#232;s pr&#233;c&#233;dent avait r&#233;uni 530 d&#233;l&#233;gu&#233;s !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'il ne p&#232;se pas d'un poids d&#233;terminant au sein de la R&#233;volution bolivarienne initi&#233;e en 1999 par Hugo Ch&#225;vez, le PCV y tient un r&#244;le &#233;minemment symbolique : fond&#233; en 1931, il a &#233;t&#233; le premier et longtemps le principal parti de gauche v&#233;n&#233;zu&#233;lien. A ce titre, il a connu la vie de toute formation politique (de quelque id&#233;ologie que ce soit) : des heures de gloire, des incertitudes, des erreurs, des d&#233;faites. Parmi les membres et dirigeants, il y eut des durs, des mod&#233;r&#233;s, des dissidents, des tra&#238;tres et des h&#233;ros. Des crises et des scissions, il y en eut aussi. Car celle qui nous occupe n'est pas la premi&#232;re. Sachant que, par de nombreux c&#244;t&#233;s, l'histoire du PCV a recoup&#233; celle de bien d'autres partis communistes latino-am&#233;ricains.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne pr&#233;tendra pas ici retracer le long itin&#233;raire du PCV, mais en d&#233;tacher quelques &#233;tapes significatives susceptibles d'&#233;clairer ce qui s'y passe en ce moment. En pr&#233;ambule, on s'arr&#234;tera sur 1922, ann&#233;e au cours de laquelle un impressionnant jet de p&#233;trole jaillit du puits &#171; Los Barrosos 2 &#187;, sur la c&#244;te est du lac de Maracaibo. L'&#233;v&#233;nement marque, sans qu'il le sache encore, le futur du pays. Et l'apparition d'une classe ouvri&#232;re. De ce fait, le 5 mars 1931, nait &#224; Caracas une premi&#232;re cellule communiste. Clandestine, elle s'affilie &#224; l'Internationale &#8211; le Komintern [5]. Il lui faut bien du courage. La sanglante dictature du &#171; Benmerito &#187; Juan Vicente G&#243;mez (1908&#8211;1935) a alors &#233;limin&#233; toute forme de d&#233;mocratie. G&#243;mez comble les &#171; Big Three &#187; (Dutch Shell, Gulf et Standard Oil) de privil&#232;ges. Consid&#233;r&#233; comme une trahison de la patrie, le d&#233;lit de &#171; communisme &#187; est puni de vingt ans de prison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;G&#243;mez est redoutable, redout&#233; et ha&#239;. G&#243;mez &#233;crase toutes les r&#233;sistances. G&#243;mez d&#233;joue tous les complots. G&#243;mez meurt de sa belle mort. Mal pay&#233;s, humili&#233;s, mourant de paludisme et d'accidents du travail, les milliers d'ouvriers du p&#233;trole sont f&#233;rocement exploit&#233;s. De d&#233;cembre 1936 &#224; janvier 1937, les militants communistes organisent en sous-main la premi&#232;re gr&#232;ve de ce secteur d'activit&#233;. Pr&#233;sident provisoire, le g&#233;n&#233;ral L&#243;pez Contreras r&#233;agit : accus&#233;s de &#171; men&#233;es communistes &#187;, 46 agitateurs sont exil&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; le p&#233;ril, le parti appara&#238;t en pleine lumi&#232;re, &#224; l'occasion de sa premi&#232;re Conf&#233;rence, le 8 ao&#251;t 1937. Semi-l&#233;gaux, ses militants vont bient&#244;t soutenir le gouvernement d'Isa&#237;as Medina Angarita. Ce dernier s'appuie sur des intellectuels et des &#171; bourgeois progressistes &#187; &#8211; Uslar Pietri, Eduardo Mendoza, Brice&#241;o Iragorri. Une nouvelle loi p&#233;troli&#232;re renforce les obligations des compagnies &#8211; d&#233;j&#224; &#224; la solde des multinationales, la presse tonne qu'on veut les &#233;corcher ! Mais, surtout &#8211; et la Seconde Guerre mondiale ayant &#233;clat&#233; &#8211;, le Komintern a ordonn&#233; au PCV de collaborer avec Medina, favorable aux alli&#233;s. En remerciement, un statut l&#233;gal sera octroy&#233; au parti en 1945.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le gouvernement de Medina jouit de l'appui de l'opinion publique. Entre en sc&#232;ne un nouvel acteur, Action d&#233;mocratique (AD). Depuis 1938, AD dispose en la personne de Romulo Betancourt d'un leader de premier plan. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; bri&#232;vement communiste dans les ann&#233;es 1920, Betancourt est pass&#233; au trotskisme. Le voil&#224; social-d&#233;mocrate. C&#244;t&#233; pile, il critique vivement la r&#233;partition encore insatisfaisante des revenus p&#233;troliers ; c&#244;t&#233; face, il s'oppose &#224; la politique sociale de Medina. Le 18 octobre 1945, soutenu par un groupe de jeunes officiers m&#233;contents et&#8230; l'ambassadeur des Etats-Unis &#8211; &#171; Incredible, isn't it ? &#187; &#8211;, Betancourt renverse Medina.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux jours avant le &#171; golpe &#187;, le PCV &#171; pro-Medina &#187; avait offert son premier grand meeting politique dans le &#171; Nuevo Circo &#187; de Caracas. Un ch&#339;ur de 500 personnes y avait chant&#233; publiquement et l&#233;galement l'Internationale ! Derri&#232;re la partie centrale de l'estrade, se dressait une gigantesque &#233;toile rouge accompagn&#233;e de la faucille et du marteau ; &#224; gauche, sur fond rouge, les silhouettes de Marx, L&#233;nine et Staline ; &#224; droite, sur arri&#232;re-plan tricolore, celles d'Isa&#237;as Medina, Sim&#243;n Bol&#237;var et Ezequiel Zamora [6].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sim&#243;n Bol&#237;var : &#171; El Libertador &#187; &#8211; tout le monde conna&#238;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ezequiel Zamora : &#171; G&#233;n&#233;ral du peuple souverain &#187;, h&#233;ros de la Guerre f&#233;d&#233;rale, chef du mouvement social paysan au cri de &#171; Terre et hommes libres, &#233;lection populaire, mort &#224; l'oligarchie ! &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'embl&#233;e, un marxisme tr&#232;s ostensiblement estampill&#233; &#171; Venezuela &#187;. Pour ne pas dire &#171; bolivarien &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne rappellera ici que pour m&#233;moire la fameuse biographie de Sim&#243;n Bol&#237;var &#233;crite par Karl Marx en 1857, pour la New American Cyclopaedia (NAC). Dans une lecture tr&#232;s europ&#233;enne d'une r&#233;gion dont il ne conna&#238;t strictement rien, ne travaillant que sur des sources de seconde main, le c&#233;l&#232;bre philosophe, qui a par ailleurs d'autres m&#233;rites, ne masque pas son antipathie pour le &#171; Libertador &#187;. Le pr&#233;sentant comme un chef militaire incomp&#233;tent, ambitieux et manipulateur, soulignant avec gourmandise ses suppos&#233;es &#171; erreurs strat&#233;giques &#187;, Marx fait de Bolivar un repr&#233;sentant des int&#233;r&#234;ts de l'oligarchie cr&#233;ole plut&#244;t qu'un r&#233;volutionnaire attach&#233; aux id&#233;aux de libert&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans s'attarder ici sur ce jugement p&#233;remptoire encore instrumentalis&#233; &#224; l'occasion aujourd'hui, on rappellera ce que du marxisme dit en 1965 un certain Fidel Castro : &#171; C'est un guide pour l'action r&#233;volutionnaire, non un dogme. Tenter de r&#233;duire le marxisme &#224; une sorte de cat&#233;chisme est anti-marxiste. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sous Betancourt, quoi qu'on en pense, le pays n'est plus celui de Juan Vicente G&#243;mez. Politique p&#233;troli&#232;re impos&#233;e aux compagnies : &#171; fifty-fifty &#187;. Augmentation des salaires, octroi d'une semaine de repos par an (AD doit pouvoir compter sur les travailleurs &#8211; certains militaires songent d&#233;j&#224; au coup d'Etat). Une r&#233;vision de la Constitution de 1936 permet l'&#233;lection du pr&#233;sident au suffrage universel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Campagne &#233;lectorale men&#233;e tambour battant. AD fait &#233;lire Romulo Gallegos (1948). Un &#233;crivain, issu de milieu modeste, &#233;pris de libert&#233;. Gallegos lance des r&#233;formes et r&#233;duit les privil&#232;ges des compagnies p&#233;troli&#232;res &#233;trang&#232;res. Il pousse toutefois un peu trop loin quand il fait voter une loi &#171; d'&#233;ducation r&#233;volutionnaire &#187; et une loi agraire destin&#233;e &#224; redistribuer les terres. Le 24 novembre 1948, un coup d'Etat le renverse, et avec lui son groupe d'intellectuels, meilleurs orateurs que tacticiens [7]. Une junte militaire prend le pouvoir, dirig&#233;e par trois colonels &#8211; Carlos Delgado Chalbaud, Luis Felipe Llovera, Marcos P&#233;rez Jim&#233;nez. Quatre ans plus tard, au terme d'un assassinat et de quelques coups tordus, il n'en reste qu'un. Marcos P&#233;rez Jim&#233;nez. Le plus mauvais des trois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout comme AD, le PCV plonge dans la clandestinit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'arm&#233;e, encore l'arm&#233;e, toujours l'arm&#233;e&#8230; Impossible d'ignorer cet acteur. D&#232;s 1955, le PCV prend acte et d&#233;veloppe une strat&#233;gie de captation d'officiers. Paradoxalement, le terreau s'y pr&#234;te. Le dictateur aime les grands travaux. Euphorie, sp&#233;culation, gaspillage. Il perfectionne la corruption. Les contrats vont &#224; ceux qui offrent les plus g&#233;n&#233;reuses commissions. Des aviateurs et des marins s'indignent de la fortune des officiers andins de l'arm&#233;e de terre, compatriotes de P&#233;rez Jim&#233;nez ; des colonels et g&#233;n&#233;raux voient avec effarement les privil&#232;ges des policiers [8]. Souvent m&#233;tis, les cadres subalternes savent que le racisme des classes dirigeantes leur interdira &#224; coup s&#251;r l'acc&#232;s aux grades &#233;lev&#233;s. En sourdine, dans certaines parties des casernes, il r&#232;gne un fort m&#233;contentement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Int&#233;gr&#233; par des noms qui, au cours des d&#233;cennies suivantes, deviendront familiers &#8211; Douglas Bravo, Teodoro Petkoff, Eloy Torres, Arr&#225;ez Morles &#8211;, le parti arrive &#224; la conclusion qu'il est possible d'impulser une r&#233;volution &#171; civico-militaire &#187;. &#171; Les militants communistes, racontera bien plus tard Douglas Bravo, avaient des liens directs, pour des raisons familiales ou d'amiti&#233;, ou humaines, avec des membres des Forces arm&#233;es nationales [FAN], dont la composition sociale est &#233;minemment populaire [9]. &#187; En m&#234;me temps que plusieurs brigades arm&#233;es, int&#233;gr&#233;es par des membres du parti et de la Jeunesse communiste &#8211; Luben Petkoff, Ar&#237;stides Rojas, &#171; Caraquita &#187; Urbina, Alfredo Maneiro &#8211;, na&#238;t en 1957 le Front militaire de carri&#232;re. Douglas Bravo, dont c'est la mission, revendiquera bient&#244;t la captation de plus de 200 officiers. Lorsque surgira l'ann&#233;e charni&#232;re de 1958, un &#233;tat-major clandestin rassemblera des civils du PCV et une cinquantaine de ces officiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La police politique de P&#233;rez Jim&#233;nez multiplie exactions et arrestations. Les diverses oppositions s'agr&#232;gent. Depuis le d&#233;but de 1957 il existe, en exil, une Junte patriotique (JP) dirig&#233;e par le journaliste Fabricio Ojeda (Union r&#233;publicaine d&#233;mocratique ; URD). En font partie &#224; haut niveau Silvestre Ortiz Bucar&#225;n (AD), Enrique Aristiguieta Gramko (Copei ; social-chr&#233;tien) et Guillermo Garc&#237;a Ponce du PCV. Aucun des membres de cette junte n'a plus de trente-cinq ans. Gr&#226;ce au parti communiste, la JP a des liens avec certains militaires. Le 1er janvier 1958, sous les ordres du colonel Hugo Trejo, une faction de l'arm&#233;e se soul&#232;ve. Partie de Maracay, une escadrille l&#226;che quelques bombes sur Caracas. L'op&#233;ration &#233;choue. Du moins, en apparence. La col&#232;re populaire prend de l&#8216;ampleur. Le 5 janvier, lors d'une manifestation &#224; El Silencio (Caracas), les brigades de choc du PCV font pour la premi&#232;re fois usage de leurs armes. La Junte patriotique lance un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Les ouvriers du p&#233;trole posent leurs outils. L'Eglise soutient officiellement la cause des conjur&#233;s. Caracas se h&#233;risse de barricades. Le peuple laisse exploser sa col&#232;re. Jusque-l&#224; loyaux au dictateur, les chefs de la Force arm&#233;e nationale sentent le vent tourner. Le 23 janvier, les armes &#224; la main, les cellules du PC participent &#224; l'apog&#233;e. Pour &#233;chapper &#224; l'&#233;meute, P&#233;rez Jim&#233;nez saute dans un avion. Les valises bourr&#233;es de 300 millions de dollars, il s'enfuit &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pr&#233;sid&#233;e par le commandant en chef de la marine, l'amiral Wolfgang Larrazabal, une junte s'installe au pouvoir. L'amiral est un homme honn&#234;te, plut&#244;t port&#233; vers la d&#233;mocratie. Les t&#234;tes pensantes de l'&#233;tat-major voient les choses d'une autre fa&#231;on. Richard Nixon aussi. En avril 1958, le vice-pr&#233;sident am&#233;ricain a la d&#233;sastreuse id&#233;e de d&#233;barquer &#224; Caracas. Personne n'a oubli&#233; la collusion entre les Etats-Unis et P&#233;rez Jim&#233;nez. La foule gronde, hue, chahute la voiture du &#171; yankee &#187;, les &#233;tudiants donnent le ton : &#171; Fuera Nixon ! &#187; &#171; Muerte al imperialismo ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;ponse intervient rapidement. Le 21 juillet 1958, le g&#233;n&#233;ral Castro L&#233;on, ministre de la D&#233;fense, pr&#233;sente &#224; la junte un ultimatum exigeant la dissolution du PCV et d'AD, sous peine de &#171; pronunciamiento &#187;. R&#233;action populaire, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est imm&#233;diatement d&#233;clench&#233;e. Pendant ce temps, &#224; Washington, le D&#233;partement d'Etat s'active aussi. A son instigation est sign&#233;, le 31 octobre, l'historique Pacte de Punto Fijo. Un sympathique partage du pouvoir : une alternance entre les trois partis dominants &#8211; AD, Copei, URD &#8211; permettra d'assurer la stabilit&#233; du pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;lections ont lieu le 7 d&#233;cembre. Le PCV et la gauche soutiennent Larrazabal. A commencer par Romulo Betancourt, les exil&#233;s politiques sont rentr&#233;s. Pour avoir b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien des communistes, Larrazabal perd les voix d'une partie des classes moyennes. Les r&#233;seaux d'AD font le reste. C'est finalement Betancourt qui l'emporte. Le 13 f&#233;vrier 1959, l'ex-tombeur de Medina Angarita prend ses fonctions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux grandes victoires viennent n&#233;anmoins de se succ&#233;der. Le renversement de P&#233;rez Jim&#233;nez puis, &#224; Cuba, coup de tonnerre encore plus puissant, celui de Fulgencio Batista. Pendant toute l'ann&#233;e 1958, au Venezuela, une campagne de collecte de fonds &#8211; &#171; Un bolivar pour la Sierra Maestra &#187; &#8211; s'est donn&#233;e pour but d'aider la r&#233;volution cubaine. Aux derniers mois de la marche triomphale des &#171; barbudos &#187;, Larraz&#225;bal leur a envoy&#233; un avion plein d'armes pour illustrer la solidarit&#233; latino-am&#233;ricaine. Ensuite, Caracas a &#233;t&#233; la premi&#232;re capitale &#224; reconna&#238;tre le pouvoir r&#233;volutionnaire install&#233; &#224; La Havane.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;but 1959, surgit pr&#233;cis&#233;ment &#224; Caracas cette force de la nature qu'est Fidel Castro. Il est mieux re&#231;u que Nixon ! La plupart des instigateurs de la R&#233;volution v&#233;n&#233;zu&#233;lienne sont pr&#233;sents &#224; l'a&#233;roport pour l'accueillir : Larraz&#225;bal, Fabricio Ojeda (URD), Luis Beltr&#225;n Prieto (AD), Gustavo Machado (PCV). En revanche, &#224; quelques jours de s'installer &#224; Miraflores &#8211; le palais pr&#233;sidentiel &#8211; Betancourt rechigne &#224; rencontrer Castro. Sous une cordialit&#233; apparente, il ne le fait qu'en se pin&#231;ant le nez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aux 300 000 V&#233;n&#233;zu&#233;liens rassembl&#233;s &#224; Caracas sur la place du Silencio, le chef de l'&#238;le rebelle parle trois heures d'affil&#233;e. Il a commenc&#233; ainsi : &#171; Pourquoi suis-je venu au Venezuela ? Je suis venu au Venezuela, en premier lieu, par gratitude ; en second lieu, par un devoir &#233;l&#233;mentaire de r&#233;ciprocit&#233; envers toutes les institutions qui g&#233;n&#233;reusement m'ont invit&#233; &#224; participer, en ce jour glorieux qu'est le 23 janvier, au bonheur du Venezuela, mais aussi pour une autre raison : parce que le peuple cubain a besoin de l'aide du Venezuela ; parce que le peuple cubain, en cette heure difficile, bien que glorieuse de son histoire, a besoin du soutien moral du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien. &#187; Chacune des paroles de &#171; Fidel &#187; suscite des tonnerres d'applaudissements. Entre les deux pays, un lien affectif est n&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s sa prise de pouvoir, Betancourt s'efforce de rassurer les &#171; mod&#233;r&#233;s &#187;. Il y parvient. Si l'appui des masses lui a servi pour se faire &#233;lire, il n'est pas question de les laisser participer au pouvoir. La pression exerc&#233;e par Washington est forte et Caracas d&#233;pend &#233;conomiquement des Etats-Unis. Betancourt accentue son virage &#224; droite. M&#234;me l'aile gauche d'AD trouve trop timide son programme r&#233;formiste. Son refus cat&#233;gorique de voir Ernesto &#171; Che &#187; Guevara ou Ra&#250;l Castro participer &#224; un meeting du PCV en comm&#233;moration de la R&#233;volution russe accentue les tensions [10]. En avril 1961, bien que lui refusant tout soutien mat&#233;riel, Betancourt soutient l'invasion de la Baie des cochons. En novembre, alors que Cuba s'est d&#233;clar&#233;e &#171; socialiste &#187;, les relations diplomatiques sont rompues. A la mi-d&#233;cembre, le pr&#233;sident John F. Kennedy d&#233;barque &#224; son tour &#224; Caracas pour t&#233;moigner de son appui &#224; l'action men&#233;e contre &#171; le communisme &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Constitution de la R&#233;publique du Venezuela a &#233;t&#233; approuv&#233;e majoritairement le 23 janvier 1961. Vingt-quatre heures ne se sont pas &#233;coul&#233;es que Betancourt suspend les garanties constitutionnelles et entame une forte r&#233;pression contre les syndicats, les &#233;tudiants et les militants des partis de gauche. Par l'interm&#233;diaire de Fabricio Ojeda, les transfuges du secteur radical d'AD, qui ont cr&#233;&#233; le Mouvement de la gauche r&#233;volutionnaire (MIR) [11], commencent &#224; coop&#233;rer avec le PCV. Lors de son IIIe Pl&#233;num, en mars 1961, celui-ci adopte une double conduite : d'une part, il va continuer par tous les moyens l'action l&#233;gale au travers de ses sept d&#233;put&#233;s et deux s&#233;nateurs, sa presse et les syndicats ; de l'autre, il forme dans l'obscurit&#233; un appareil clandestin. Comptant toujours sur son contingent de 200 officiers, dont un certain nombre &#224; la t&#234;te de bataillons, le parti, sous l'impulsion de Pompeyo M&#225;rquez (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral), Teodoro Petkoff (dirigeant de la JC), Guillermo Garc&#237;a Ponce et Douglas Bravo, se dirige vers la r&#233;sistance arm&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les masses urbaines s'organisent. Le gouvernement Betancourt r&#233;pond : Caracas vit au quotidien les quadrillages rue par rue, les perquisitions, les implantations de postes arm&#233;s. Le 28 juin 1961, premi&#232;re insurrection militaire : 40 morts &#224; Barcelona. Le 4 mai 1962, un groupe de civils et de soldats aux ordres du capitaine Jes&#250;s Molina Villegas prennent Car&#250;pano. Ce &#171; Carupanazo &#187; est rapidement neutralis&#233;. Un mois plus tard, nouveau soul&#232;vement &#171; civico-militaire &#187; sur l'importante base navale de Puerto Cabello &#8211; le &#171; Porte&#241;azo &#187;. Au prix de 400 morts, un si&#232;ge et un bombardement mettent un terme &#224; la mutinerie. Entre autres cons&#233;quences, ces actions entra&#238;nent l'interdiction du PCV et du MIR (le 11 mai) ainsi que l'emprisonnement de nombreux officiers qui leur sont li&#233;s &#8211; et dont certains gagneront ult&#233;rieurement la gu&#233;rilla.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, le PCV et le MIR ont maintenant form&#233; un Front de lib&#233;ration nationale (FLN) dot&#233; d'une structure op&#233;rationnelle : les Forces arm&#233;es de lib&#233;ration nationale (FALN). Objectivement justifi&#233;es par les d&#233;sastreuses conditions sociales, des unit&#233;s de gu&#233;rilleros agissent et se d&#233;veloppent dans six Etat &#8211; M&#233;rida, Zulia, Miranda, Lara, Trujillo, Falc&#243;n.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au-del&#224; des apparences et des g&#233;n&#233;ralit&#233;s, les diverses options discut&#233;es et mises en &#339;uvre n'ont jamais fait l'unanimit&#233; au sein du parti. Une s&#233;paration y existait entre des militants honn&#234;tes du prol&#233;tariat, qui avaient consacr&#233; leur vie &#224; la lutte syndicale dans les entreprises dites &#171; nationales &#187; ou les trusts &#233;tatsuniens et les masses vivant en marge dans les campagnes ou les &#171; ranchitos &#187; [12], dans un combat quotidien pour la survie. Exploit&#233;s, certes, les premiers entendaient pr&#233;server leurs avantages acquis et se trouvaient dans une situation privil&#233;gi&#233;e par rapport aux seconds [13]. D'o&#249; la moindre app&#233;tence pour une guerre, au sens premier du mot. D'autre part, la notion d' &#171; alliance civico-militaire &#187; entra&#238;nait de fortes r&#233;sistances. Dans le d&#233;bat id&#233;ologique, rapportera le dirigeant historique Francisco &#171; el flaco &#187; Prada, &#171; existait la vision m&#233;canique de ce que militaire et fasciste sont une m&#234;me chose. La vision que nous vend le sovi&#233;tisme classique c'est que, avec les militaires, on ne peut rien faire. Notre histoire nous [a] dit autre chose [14]. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les actions d'&#233;clat de la gu&#233;rilla urbaine attirent en 1963 l'attention du monde entier (enl&#232;vement du footballeur argentin Alfredo Di Stefano, s&#233;questration de l'attach&#233; militaire am&#233;ricain, arraisonnement du cargo Anzoategui et d'un avion, etc.) L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, sur le plan international, a toutefois &#233;t&#233; bouscul&#233;e par un &#233;pisode d&#233;terminant : la crise des fus&#233;es (avril &#224; octobre 1962). Au terme du bras de fer entre Washington et Moscou, l'URSS s'est engag&#233;e &#224; retirer ses missiles de Cuba, mais aussi sa solidarit&#233; aux mouvements arm&#233;s du continent. Du nord au sud, les partis communistes ent&#233;rinent cette d&#233;cision. Seuls, dans un premier temps, le PCV (dont le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Pompeyo Marquez moisit en prison) et le Parti communiste colombien (PCC), qui, en 1964, fondera les Forces arm&#233;es r&#233;volutionnaires de Colombie (FARC), ne se croient pas oblig&#233;s d'ob&#233;ir &#224; Moscou [15]. Il n'emp&#234;che qu'en interne, au Venezuela, le d&#233;bat fait rage. Sur la ligne du repli pr&#244;n&#233; par l'Union sovi&#233;tique, une aile du parti, retranch&#233;e dans une semi-clandestinit&#233; ou recluse en prison, souhaite d&#233;cr&#233;ter une tr&#234;ve unilat&#233;rale et revenir &#224; l'action politique l&#233;gale. En adoptant la ligne de &#171; paix d&#233;mocratique &#187; en avril 1964, elle prend le dessus. A la fin 1965, la crise culmine. Les gu&#233;rillas des campagnes n'&#233;tant plus soutenues par les directions des villes, l'approvisionnement mat&#233;riel, les v&#234;tements et les armes font d&#233;faut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les causes profondes qui ont provoqu&#233; le passage au maquis sont toujours pr&#233;sentes. Douglas Bravo et Fabricio Ojeda refusent de d&#233;poser les armes. &#171; Les authentiques r&#233;volutionnaires, les authentiques marxistes-l&#233;ninistes qui militaient jadis au sein du vieux PC se sont regroup&#233;s en un nouveau parti, le vrai PC, le Parti de la R&#233;volution [PRV] &#187;, expliquera Douglas Bravo [16]. Commandant en chef des FALN, c'est lui qui dirige la formation, accompagn&#233; par les chefs de la gu&#233;rilla (dont les militaires ralli&#233;s), un secteur du PCV et une bonne partie des dirigeants communistes de Caracas (sans oublier les jeunes militants du MIR). Dans ses premiers &#233;crits intitul&#233;s &#171; Les Documents de la montagne &#187; (1964-1965), le communiste Douglas Bravo a revendiqu&#233; &#224; nouveau l'alliance entre civils et militaires patriotes, mais est all&#233; plus loin dans le processus de &#171; cr&#233;olisation &#187; de la r&#233;volution : &#171; Quand on nous a expuls&#233;s du Parti communiste c'est parce que nous revendiquions les &#233;l&#233;ments th&#233;oriques de Sim&#243;n Bolivar, de Sim&#243;n Rodriguez, de Zamora et d'autres de nos penseurs, dont les postulats se choquaient avec ceux de l'orthodoxie de la pens&#233;e sovi&#233;tique. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On retrouve &#224; ce moment, &#224; vingt ans de distance, les Bolivar et Zamora mis en avant par le PCV de 1945. Les a rejoint Sim&#243;n Rodriguez (1769-1854), le pr&#233;cepteur du jeune Bolivar, &#224; qui il demanda, pour lutter contre le joug espagnol, &#171; d'inventer, d'&#234;tre original, de ne plus copier la vieille Europe &#187; [17].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La rupture id&#233;ologique irr&#233;versible des rebelles avec le PCV, l'URSS et les partis prosovi&#233;tiques aura lieu en ao&#251;t 1966, lorsque Douglas Bravo th&#233;orisera un &#171; marxisme-l&#233;ninisme-bolivarien &#187; et &#171; la nationalisation de la pens&#233;e r&#233;volutionnaire &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En d&#233;cembre 1963, Action d&#233;mocratique a conserv&#233; le pouvoir en la personne de Ra&#250;l Leoni. L'arm&#233;e intensifie les op&#233;rations de &#171; pacification &#187;. Malgr&#233; de nouvelles pointes de violence insurrectionnelle en 1966 et 1967, la machine antigu&#233;rilla mise en place par le Southern Command [18] s'est r&#233;v&#233;l&#233;e d'une redoutable efficacit&#233;. Les gu&#233;rilleros ne portent plus que des coups limit&#233;s &#171; &#224; la clique militaire oligarchique, principal appareil r&#233;pressif de la bourgeoisie fantoche au service de l'imp&#233;rialisme yankee &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entre camarades du &#171; Gallo Rojo &#187; (le &#171; Coq Rouge &#187;, embl&#232;me du parti), l'affrontement ne manque pas non plus d'intensit&#233;. Le coup d'Etat contre le progressiste Juan Bosch et l'invasion de la R&#233;publique dominicaine par les &#171; marines &#187; US, en 1965, a revalid&#233;, s'il &#233;tait n&#233;cessaire, l'analyse des radicaux. D&#232;s 1966, Fabricio Ojeda et Douglas Bravo ont d&#233;nonc&#233; le comportement du bureau politique du PCV aupr&#232;s de La Havane. Le 13 mars 1967, dans un discours retentissant, Fidel Castro d&#233;nonce &#171; la trahison &#187; du PCV. Depuis l'exil, le nouveau secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du parti, Jes&#250;s Faria condamne en retour Bravo, stigmatisant &#171; le minuscule groupe antiparti dirig&#233; par un ancien membre du Comit&#233; central de tendances militaristes et caudillistes &#187; [19]. Bravo est expuls&#233; du Bureau politique. La rupture entre les FALN et le parti est consomm&#233;e lors de la conf&#233;rence de l'Organisation de solidarit&#233; des peuples latino-am&#233;ricains (OLAS), qui se tient &#224; La Havane en ao&#251;t 1967, en l'absence du PCV. Cette dislocation permet un relatif rapprochement entre le parti communiste et le gouvernement Leoni.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De 1969 &#224; 1974, le social-chr&#233;tien Rafael Caldera dirige le pays. Des convulsions continuent d'agiter le PCV. Mais, venues, cette fois, de&#8230; son aile droite ! Th&#233;oricien, membre du bureau politique jusqu'en 1969, Teodoro Petkoff entre en dissidence. Apr&#232;s avoir &#233;crit un livre sur l'invasion de la Tch&#233;coslovaquie par le Pacte de Varsovie, il attaque avec virulence la &#171; vieille garde &#187;, qui reste majoritaire, ainsi que l'orthodoxie du parti. Appelant lui aussi ses camarades &#224; red&#233;finir les rapports du PCV avec l'Union sovi&#233;tique (mais pas pour les m&#234;mes raisons), il les incite &#224; poser les probl&#232;mes du socialisme en termes nouveaux. Align&#233; sur le pr&#233;sident du parti, Gustavo Machado, et son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, Jes&#250;s Faria, l'organe officiel du PCV, Tribuna popular, tente d'&#233;touffer la pol&#233;mique. Sans r&#233;sultat probant : accompagn&#233; du leader historique Pompeyo M&#225;rquez, Petkoff claque la porte et fonde le Mouvement vers le socialisme (MAS).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, commente le quotidien fran&#231;ais Le Monde, le Venezuela compte deux partis communistes &#187;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;j&#224; ! On n'est ni en 2020 ni en 2025. On est en 1971.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Saut temporel : durant son passage par le MAS, de tendance sociale-d&#233;mocrate, Petkoff deviendra en 1996 un tr&#232;s n&#233;olib&#233;ral ministre du Plan, pendant le second mandat de Rafael Caldera. Deux ans plus tard, il quittera le MAS, en d&#233;saccord avec le soutien du parti &#224; la candidature d'Hugo Ch&#225;vez &#224; la pr&#233;sidence. Le MAS passera &#224; l'opposition en 2002. Journaliste et directeur du quotidien Tal Cual, Petkoff, jusqu'&#224; son d&#233;c&#232;s (2018), s'opposera frontalement au chavisme (mais condamnera la tentative de coup d'Etat du 11 avril 2002).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce qui le concerne, et &#224; partir de 2004, Pompeyo M&#225;rquez &#8211; lui aussi ministre (des fronti&#232;res) pendant le second mandat du n&#233;olib&#233;ral Caldera &#8211; deviendra jusqu'&#224; sa mort en juin 2017 l'un des porte-paroles (particuli&#232;rement appr&#233;ci&#233; du fait de son pass&#233;) de la droite la plus r&#233;calcitrante, contre le chef de l'Etat bolivarien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Frustr&#233; de s'&#234;tre fait &#171; voler &#187; sa r&#233;volution et devenu, sur le tard, ardent &#171; &#233;cologiste &#187;, Douglas Bravo s'opposera lui aussi &#224; Ch&#225;vez, mais sans jamais pactiser avec la droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En appui &#224; l'arm&#233;e, les b&#233;rets vers nord-am&#233;ricains ont mis sur pied des bataillons de &#171; chasseurs &#187; sp&#233;cialistes de la contre-gu&#233;rilla. La lutte arm&#233;e a &#233;t&#233; militairement vaincue. C'est Caldera, pendant son premier passage &#224; la pr&#233;sidence, qui a men&#233; &#224; son terme l'&#339;uvre de pacification. Les gu&#233;rilleros sortent de la clandestinit&#233;. Le pouvoir autorise la r&#233;apparition l&#233;gale du PCV. Ne demeurent dans le maquis que quelques groupes irr&#233;ductibles &#8211; dont les mao&#239;stes de Bandera Roja. C'est pour &#233;radiquer une de ces r&#233;surgences que, en 1976, on exp&#233;die le jeune lieutenant Hugo Ch&#225;vez, &#224; Cumana. Pendant ses crapahuts entre bourgades d&#233;sh&#233;rit&#233;es et paillottes mis&#233;rables, il d&#233;couvre le d&#233;nuement des paysans. Tant de souffrances le scandalise. Il peut comprendre leur r&#233;volte. Il la comprend. Il va s'attaquer &#224; la forteresse bourgeoise. Il m&#233;prise d&#233;finitivement ses lois. Il commence &#224; conspirer. Sa source d'inspiration ? La Sainte Trinit&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne : Bolivar, Rodr&#237;guez, Zamora.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Arrivent et Carlos Andr&#233;s P&#233;rez (1974-1979) et le boom p&#233;trolier. Le Venezuela devient le &#171; Venezuela saoudite &#187;. Tout ce qui fonctionne le mieux demeure tout de m&#234;me la corruption. Mais le fut&#233; social-d&#233;mocrate &#233;tablit des relations avec la Chine, Cuba et l'URSS. S&#233;duits ou &#171; pragmatiques &#187;, la PCV, le MIR et le MAS se rallient. Sans r&#233;ellement enthousiasmer les bases populaires : lors des &#233;lections, le PCV obtient entre 0,5 % et 1 % des voix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les pr&#233;sidents se succ&#232;dent. Gouvernement apr&#232;s gouvernement, les exclus vivent le cauchemar d'une interminable crise &#233;conomique et sociale. Il y a donc une logique &#224; ce que, sorti de la clandestinit&#233;, le communiste dissident Douglas Bravo et son PRV demeurent fid&#232;les &#224; la strat&#233;gie &#171; civico-militaire &#187;. Douglas a le contact avec un conspirateur de l'arm&#233;e de l'air, William Izarra. &#171; Il me passait le nom d'officiers pour que je les contacte &#187;, racontera celui-ci, &#233;voquant l'ex-gu&#233;rillero.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au sein du PRV, milite un professeur de la Facult&#233; des sciences de l'Universit&#233; des Andes et du Coll&#232;ge La Salle de M&#233;rida : Ad&#225;n Ch&#225;vez. C'est lui qui met son fr&#232;re Hugo en contact avec cette branche des officiers rebelles et Douglas Bravo. Au sein de cette loggia, Francisco Arias Cardenas exerce une tr&#232;s forte influence. Ch&#225;vez, lui, s'appuie fondamentalement sur sa promotion (Sim&#243;n Bolivar II) et ses Centaures (&#233;l&#232;ves de l'Acad&#233;mie militaire). Par des chemins diff&#233;rents, tous se retrouvent sur les fondamentaux &#171; bolivariens &#187;. &#171; Ce qui est s&#251;r, t&#233;moignera Cardenas, &#233;voquant son groupe, c'est que les concepts essentiels de r&#233;f&#233;rences historiques que nous avons adopt&#233;s venaient du PRV. C'est incontestable. Je les avais lus dans Ruptura (organe officiel du mouvement politique Rupture, bras l&#233;gal du PRV-FALN). &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extinction de l'utopie sociale-d&#233;mocrate. Le chaudron v&#233;n&#233;zu&#233;lien explose une premi&#232;re fois, le 27 f&#233;vrier 1989. Carlos Andr&#233;s P&#233;rez occupe Miraflores pour un second mandat. Impos&#233; par le FMI, son ajustement structurel frappe les gueux de plein fouet. Spontan&#233;s, anarchiques, d&#233;pourvus de leaders, des dizaines de milliers de recal&#233;s de l'Histoire mettent Caracas &#224; sac. L'insurrection se termine par une tuerie &#8211; 347 morts (officiellement), au moins 3 000 (chiffre g&#233;n&#233;ralement admis par les historiens).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pr&#233;c&#233;dant sa prochaine dissolution, l'effondrement de l'Union sovi&#233;tique rend alors le PCV inaudible et inop&#233;rant. M&#234;me dans le contexte d'une crise aussi fondamentale, ce n'est pas en son sein que se jouera l'avenir du pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En revanche, chez les militaires rebelles, ce &#171; Caracazo &#187; est le d&#233;tonateur qui l&#233;gitime d&#233;finitivement l'id&#233;e du soul&#232;vement. Lequel aura finalement lieu sans les civils &#8211; trop &#171; divis&#233;s &#187; et &#171; indisciplin&#233;s &#187;. En 1991, Ch&#225;vez, que son charisme a transform&#233; en leader de la s&#233;dition, prend ses distances avec Bravo et les ex-gu&#233;rilleros du PRV. Le 4 f&#233;vrier 1992, il passe &#224; l'action et tente de renverser Carlos Andr&#233;s P&#233;rez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le soul&#232;vement militaire du 4-F &#233;choue. Les V&#233;n&#233;zu&#233;liens d&#233;couvrent &#224; la t&#233;l&#233;vision le lieutenant-colonel Hugo Ch&#225;vez, ce curieux soldat. Un &#171; courageux &#187;. Plut&#244;t atypique. Devant les cam&#233;ras, il assume sa responsabilit&#233;. Dans un pays o&#249; personne n'est jamais responsable de rien ! Une vague de sympathie surgit spontan&#233;ment dans les &#171; barrios &#187;. Lourdement condamn&#233;s, les rebelles int&#232;grent la prison San Carlos, &#224; Caracas. Les militants du PCV se grattent l'occiput. Ils ne savent que penser. &#171; C'&#233;tait un militaire, se souvient Henry Parra. Pour nous, un militaire latino sentait mauvais. Un gorille de plus ! &#187; Dans son &#233;ditorial, Tribuna Popular, l'organe du parti, s'interroge tout de m&#234;me, quelques jours apr&#232;s les &#233;v&#233;nements : &#171; Comment peut-on esp&#233;rer que cette situation [&#233;conomique et sociale] ne se fasse pas sentir au sein des Forces arm&#233;es ? Ne sont-ils pas des enfants du peuple, les officiers et les soldats ? &#187; Moins d'un mois plus tard, Tribuna Popular va plus loin en publiant l'une des toutes premi&#232;res interviews des quatre principaux leaders du 4-F. Au journaliste Lino P&#233;rez Loyo, alors secr&#233;taire politique du Comit&#233; r&#233;gional du PCV &#224; Caracas, le d&#233;tenu Ch&#225;vez expose ses vues : &#171; N'ayons pas peur. Nous ne sommes pas anticommunistes &#8211; et un salut &#224; tous ces gens. Les communistes, comme les militaires (&#8230;), comme le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien, ont le droit d'&#234;tre entendus [20]. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1993, Carlos Andr&#233;s P&#233;rez est d&#233;chu pour corruption. Dissident du Copei, &#233;lu par une coalition de dix-sept partis, groupes et groupuscules allant de l'extr&#234;me droite &#224; l'extr&#234;me gauche (dont le PCV), Rafael Caldera revient au pouvoir. La situation sociale demeure si explosive que, pour desserrer l'&#233;tau de l'agitation populaire, il annonce en 1994 l'amnistie des militaires rebelles, &#224; condition qu'ils abandonnent l'arm&#233;e. La mort dans l'&#226;me, Ch&#225;vez se d&#233;pouille de son uniforme. Pas de ses ambitions. Il a mis &#224; profit son passage &#224; l'ombre pour cr&#233;er le Mouvement bolivarien r&#233;volutionnaire-200 (MBR-200). Il entreprend de parcourir le pays. De &#171; pueblo &#187; en &#171; pueblo &#187;, sa voix vibre sur un registre qui va devenir familier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A gauche, l'intrusion de cet ouragan dans la vie politique ne fait pas que des heureux. Au journaliste Ignacio Ramonet, Ch&#225;vez confiera : &#171; Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Parti Communiste a affirm&#233;, lorsque je suis sorti de prison, que &#8220;la pr&#233;sence du caudillo Ch&#225;vez nui[sai]t au mouvement populaire&#8221;. Il s'opposait m&#234;me &#224; ce que je participe &#224; des marches et &#224; des manifestations. Ils n'avaient rien compris. Ce qu'il y avait chez eux c'&#233;tait de la r&#233;cup&#233;ration &#233;lectorale et de l'opportunisme [21]. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le basculement de la base a lieu, les yeux fix&#233;s sur La Havane, le 14 d&#233;cembre 1994. &#171; On a compris qui &#233;tait Ch&#225;vez quand il a &#233;t&#233; re&#231;u par Fidel Castro. &#199;a a &#233;t&#233; la r&#233;f&#233;rence. Si Fidel le recevait ainsi, c'est qu'il &#233;tait des n&#244;tres ! &#187; D&#232;s lors, il n'y a plus de d&#233;bat. Anim&#233; par Henry &#171; el Gallo &#187; Parra, le comit&#233; r&#233;gional du T&#225;chira est le premier &#224; se prononcer pour soutenir la candidature de Ch&#225;vez &#224; la pr&#233;sidence. Au niveau national, le PCV devance &#233;galement les autres partis pour annoncer son soutien. Ch&#225;vez &#233;lu, fin 1998, le parti int&#232;gre l'Alliance patriotique et rejoint les forces bolivariennes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les militants du &#171; Gallo Rojo &#187; sont dans la rue, au milieu de la multitude enrag&#233;e quand, du 11 au 13 avril 2002, le chef de l'Etat est bri&#232;vement renvers&#233;. L'alliance des communistes avec les forces bolivariennes leur permettra en 2005 de faire &#233;lire huit d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Union ou pas, la direction du PCV voit sans enthousiasme d&#233;mesur&#233; la cr&#233;ation par Ch&#225;vez, en 2007, du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV). Tout en maintenant l'appui &#171; de la classe ouvri&#232;re consciente &#187; &#187; aux &#171; forces motrices de la r&#233;volution dans sa phase actuelle de transition &#187; [22], le PCV choisit de conserver son ind&#233;pendance. Il n'en autorise pas moins l'un des siens, le chef d'organisation David Vel&#225;squez, &#224; devenir ministre du Pouvoir populaire pour la participation et la protection sociale (PADES).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'emp&#234;che que les &#171; orthodoxes &#187; vivent mal la popularit&#233; du &#171; comandante &#187;, la mont&#233;e en puissance imm&#233;diate de ce parti multi classes qu'est le PSUV. Le 19 juin 2009, devant l'Assembl&#233;e nationale, le d&#233;put&#233; communiste (et futur secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral) Oscar Figuera remet implicitement &#224; l'ordre du jour la pol&#233;mique &#171; Marx-Bolivar &#187;, en mettant en cause le &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187; pr&#244;n&#233; par le chef de l'Etat et en martelant que &#171; l'unique socialisme qui existe est le socialisme scientifique &#187;. En janvier 2010, avec l'inconscience (ou l'arrogance) de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le b&#339;uf, le comit&#233; central appelle &#224; la formation d'une direction collective du processus r&#233;volutionnaire, &#171; incluant le pr&#233;sident Ch&#225;vez &#187; [23]. C'est trop g&#233;n&#233;reux !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les r&#233;gions, la base militante n'a pas r&#233;ellement conscience de cette animosit&#233; r&#233;currente. Elle travaille durement pour accompagner la politique sociale de Ch&#225;vez. Personne ne rate, le dimanche, le programme t&#233;l&#233;vis&#233; qu'il anime, &#171; Alo Pr&#233;sidente &#187;. Chacun se passionne pour ces plages de p&#233;dagogie politico-id&#233;ologique. &#171; La premi&#232;re chose qu'apprend un jeune de la JC, avant le marxisme-l&#233;ninisme, c'est l'anti-imp&#233;rialisme, pr&#233;cise Henry Parra. En tant que latinos, c'est la premi&#232;re chose qu'on apprend. Ch&#225;vez &#233;tait un patriote, sur la m&#234;me ligne que nous, donc, nous le d&#233;fendions. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut toutefois, comme Parra, monter au comit&#233; central, pour d&#233;couvrir avec effarement l'existence de tr&#232;s fortes dissensions. &#171; On n'y discutait plus de programme ni d'avanc&#233;es politiques, on dissertait &#224; n'en plus finir sur le culte de la personnalit&#233;, l'autoritarisme, la bureaucratie, etc&#8230; ; pour critiquer Ch&#225;vez, tous les pr&#233;textes devenaient bons. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien qu'en 2010/2011 les divergences se soient accentu&#233;es, le PCV appuie Ch&#225;vez pour ce qui sera sa derni&#232;re campagne pr&#233;sidentielle, en octobre 2012. Si aux voix de ses militants s'ajoutent celles de chavistes critiques trouvant par ce vote un moyen d'exprimer leur relatif m&#233;contentement, c'est bien l'appartenance du parti au Grand p&#244;le patriotique (GPP) qui lui permet de rassembler 485 000 des 8 millions de voix se portant sur le leader bolivarien (3 % du total des suffrages) [24].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le leader de la r&#233;volution disparu (5 mars 2013), &#171; le PCV demeure fermement avec ceux qui, comme Ch&#225;vez, savent vivre et mourir avec dignit&#233; pour les plus hauts int&#233;r&#234;ts du peuple [25]. &#187; R&#233;aliste, dans un contexte encore marqu&#233; par l'intense &#233;motion qu'a provoqu&#233; la disparition du &#171; comandante &#187;, le parti appuie l'&#233;lection de celui qu'il a d&#233;sign&#233; comme son dauphin, Nicol&#225;s Maduro. Il le fera encore en 2018, tout en multipliant les critiques, alors que la &#171; guerre &#233;conomique &#187; bat son plein. A tel point que, lors d'un Congr&#232;s national, des gu&#233;rilleros survivants des ann&#233;es 1960 quittent la salle, non sans avoir lanc&#233; &#224; Figuera : &#171; C'est pour cette r&#233;volution que nous nous sommes tous battus, alors cesse d'insulter ceux qui sont morts pour elle [26] ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'agression dissimul&#233;e, mais &#233;conomiquement d&#233;vastatrice de Washington, succ&#232;de une guerre ouverte, encore plus mortif&#232;re. Le d&#233;put&#233; Juan Guaido s'autoproclame pr&#233;sident le 23 janvier 2019. Donald Trump multiplie les sanctions. Trente milliards d'avoirs ext&#233;rieurs du pays sont confisqu&#233;s. Son industrie p&#233;troli&#232;re paralys&#233;e. Son secteur minier et aurif&#232;re mis au ban. Ses importations de m&#233;dicaments et d'aliments entrav&#233;es. En cons&#233;quence, les articles de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; disparaissent. Des queues interminables se forment pour se les procurer. Les conditions de travail se d&#233;t&#233;riorent. Les salaires s'effondrent, min&#233;s par l'inflation. &#171; Toutes les options sont sur la table ! &#171; , gronde chaque jour un peu plus fort la clique au pouvoir &#224; la Maison Blanche (Trump, Mike Pence, Mike Pompeo, John Bolton, etc.). L'&#233;conomie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne s'effondre. Pour beaucoup, dans le pays comme &#224; l'&#233;tranger, le &#171; r&#233;gime &#187; va se diviser ; l'arm&#233;e va se rebeller ; la population va se soulever ; les jours de Maduro sont compt&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Quand le bateau coule, les premiers qui le quittent sont les rats &#187;, ricane avec le recul Parra. En 2020, la &#171; c&#250;pula &#187; (direction) du PCV rompt publiquement avec le chef de l'Etat en raison de &#171; la mise en &#339;uvre d'un programme d'ajustement agressif, impopulaire et ultralib&#233;ral &#187; camoufl&#233; derri&#232;re &#171; un discours anti-imp&#233;rialiste et &#8220;de gauche&#8221; fallacieux &#187;. Une &#171; trahison du chavisme &#187;, si l'on doit r&#233;sumer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parra : &#171; Ils ont rendu Maduro responsable du d&#233;sastre &#233;conomique et social, alors qu'il y a un blocus criminel, mille mesures prises par Trump contre notre patrie. Dans cette situation, n'importe quel bon trotskiste t'expliquera que le coupable c'est Maduro ! Ils ont totalement d&#233;contextualis&#233; la situation. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le PCV &#171; figueriste &#187; (&#171; dirig&#233; par Figuera &#187;) et d'autres formations tr&#232;s secondaires quittent le Grand p&#244;le patriotique pour cr&#233;er l'Alternative populaire r&#233;volutionnaire (APR). Lors des l&#233;gislatives de d&#233;cembre 2020, cette &#171; opposition de gauche &#187; pr&#233;sente ses candidats. Une ample partie de la droite sous le charme de Guaido boycottant le scrutin, le PSUV l'emporte largement (68,4 %). L'ensemble APR/PCV ne recueille qu'un maigre 2,7 %.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le T&#225;chira est la zone la plus &#171; chaude &#187; du Venezuela, l&#224; o&#249; les &#171; guarimbas &#187; (manifestations insurrectionnelles de l'opposition en 2014 et 2017) ont &#233;t&#233; les plus violentes, l&#224; o&#249; la proximit&#233; de la fronti&#232;re colombienne repr&#233;sente un authentique danger. En 2021, &#224; l'occasion de l'&#233;lection des gouverneurs, deux candidats s'y pr&#233;sentent contre la droite : l'un du Grand p&#244;le patriotique, Freddy Bernal, un leader chaviste historique, particuli&#232;rement respect&#233; ; l'autre du PCV, Juan Carlos Guevara. Personne n'a consult&#233; le Comit&#233; r&#233;gional pour imposer ce dernier. Agressif, Guevara se pr&#233;sente comme &#171; le seul candidat de gauche &#187; : Bernal, d&#233;clare-t-il, &#171; repr&#233;sente Nicol&#225;s Maduro et ses politiques n&#233;ocapitalistes et lib&#233;rales. Il repr&#233;sente l'agression contre la gauche, l'atteinte aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs et l'exploitation de la classe ouvri&#232;re du pays. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Si tu divises, tu peux perdre, soupire Parra. Si la droite avait gagn&#233;, et elle le pouvait, elle ramenait les paramilitaires. Alors, avec un groupe de camarades, on a d&#233;cid&#233; qu'on n'allait pas appuyer la candidature du candidat lanc&#233; par le PCV. On a fait campagne pour Bernal, je le connais depuis des ann&#233;es. Et, heureusement, on a gagn&#233;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Repr&#233;sailles : le 12 novembre 2021, est annonc&#233;e l'expulsion d'Henry Parra (et du secr&#233;taire politique r&#233;gional Jaime Otero) : &#171; Il me reste seulement &#224; dire, expose la messag&#232;re Yhon Luna, que le Parti communiste du Venezuela se renforce en se d&#233;purant de l'individualisme et de l'opportunisme. Depuis le PCV, nous vous souhaitons un bon voyage. &#187; L' &#171; exclusion &#187; a lieu de fa&#231;on informelle, aucune des proc&#233;dures internes du parti n'a &#233;t&#233; respect&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une contestation silencieuse se d&#233;veloppe au sein de la base. Beaucoup de militants s'en vont. &#171; Le mouvement d'insurrection est parti du Monagas, raconte Griseldys Herrera. Les statuts du parti disent qu'il est marxiste-l&#233;niniste et qu'il appuie la r&#233;volution. En accompagnant le discours et les actions anti-chavistes, le &#8220;figuerisme&#8221; changeait la ligne. On s'est r&#233;unis avec un groupe de camarades et on a commenc&#233; &#224; discuter. &#8220;Ils&#8221; savent qu'ils font le jeu de la droite ! Tout a une limite, &#8220;camarada&#8221; ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Llaneros &#187;, andinos &#187;, &#171; orientales &#187; [27], les protestataires sont localis&#233;s et contact&#233;s. Depuis les cellules et les comit&#233;s r&#233;gionaux, l'opposition interne s'organise&#8230; A Caracas, n'importe quelle excuse devient valable pour que ces m&#233;contents ne participent plus &#224; aucune activit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que le XVIe Congr&#232;s national du 6 novembre 2022 ne r&#233;unit que 83 d&#233;l&#233;gu&#233;s, quand ils &#233;taient 530 cinq ans auparavant. &#171; Quiconque &#233;tait en d&#233;saccord avec &#8220;la ligne anti-chaviste&#8221; n'a pas pu participer. &#187; Figuera est confirm&#233; &#224; son poste de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral et dot&#233; d'un Comit&#233; central quasiment familial, compl&#233;t&#233; de &#171; camarades historiques &#187; de 85 ou 90 ans, dont certains n'ont m&#234;me pas assist&#233; au Congr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce d&#233;ni de d&#233;mocratie d&#233;clenche d&#233;finitivement la r&#233;bellion. &#171; Le peuple militant du PCV &#187; revendique ses droits. Il n'a plus d'instances pour le faire &#224; l'int&#233;rieur du parti, la derni&#232;re &#224; laquelle il aurait pu recourir &#233;tant&#8230; le Congr&#232;s. &#171; Il y aurait bien eu la Cour c&#233;leste, s'esclaffe Parra, mais nous sommes ath&#233;es ! &#187; En d&#233;sespoir de cause, les &#171; camaradas &#187; se tournent vers le Tribunal supr&#234;me de justice (TSJ). Assist&#233;s d'un groupe d'avocats, ils ont &#233;labor&#233; un document d&#233;montrant qu'ils sont militants et r&#233;clament un nouveau Congr&#232;s. Le 11 ao&#251;t 2023, le TSJ leur donne raison. Il ordonne que soit nomm&#233;e une commission ad hoc &#8211; pas un Bureau politique ! &#8211; charg&#233;e d'organiser un nouveau Congr&#232;s auquel participeront tous les militants [28].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Personne n'est exclu, personne n'est expuls&#233;. Pas plus Figuera qu'un autre. Si Figuera demeure en dehors du processus, c'est qu'il n'accepte pas la d&#233;cision du TSJ. Qu'il la questionne. Qu'il l'attaque. Qu'il d&#233;nonce les militants issus des vingt-quatre Etats du Venezuela lorsque, en mai 2023, ils &#233;lisent un pr&#233;sident de Commission &#8211; Henry Parra. &#171; Des mercenaires du dictateur Maduro ! &#187;, pr&#233;tend Figuera, mettant en &#233;moi nombre de PC dispers&#233;s dans le monde entier. D&#232;s lors, toutes les outrances sont de mises : &#171; Ils veulent en terminer avec le PCV parce qu'ils pr&#233;tendent liquider l'histoire r&#233;volutionnaire, liquider le pass&#233;, &#233;crit le dirigeant &#171; orthodoxe &#187; Rafael Uzc&#225;tegui. Le pr&#233;sident Nicol&#225;s Maduro n'a pas d'histoire, aucun souvenir qu'il puisse exhiber en tant que r&#233;volutionnaire ; il a besoin de s'identifier &#224; une gauche qui n'existe pas et liquider tout ce qui t&#233;moigne de l'accumulation de valeurs r&#233;volutionnaires [29]. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ancien syndicaliste, le &#171; pr&#233;sident-ouvrier &#187; Maduro a &#233;t&#233; ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de Ch&#225;vez durant la longue p&#233;riode au cours de laquelle leur politique recevait l'appui du PCV.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans sa logique victimaire, et dans l'immuable phras&#233;ologie indigeste qui accompagne tout communiqu&#233; &#8211; &#171; en tant que parti r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re , agissant en totale ind&#233;pendance par rapport aux facteurs du capital et de l'Etat bourgeois, orient&#233; par les principes du marxisme-l&#233;ninisme, de l'anticolonialisme, de l'anti-imp&#233;rialisme et de l'internationalisme prol&#233;tarien, en protection de la paix et de la souverainet&#233; des peuples et inspir&#233; de l'id&#233;al &#233;mancipateur, latino-am&#233;ricaniste et unificateur du lib&#233;rateur Simon Bolivar [30]&#8230; &#187; &#8211; le &#171; figuerisme &#187; fustige en 2023 l'in&#233;ligibilit&#233; de la leader d'extr&#234;me droite Mar&#237;a Corina Machado, laquelle n'a de cesse de r&#233;clamer des sanctions et m&#234;me une intervention militaire contre le Venezuela. C'est cet appui de plus en plus ostensible &#224; la droite d&#233;complex&#233;e qui vaudra &#224; Figuera, en janvier 2024, l'expulsion, cette fois bien r&#233;elle, du PCV. Lequel, en vue de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 28 juillet, se range derri&#232;re Maduro : &#171; Le Grand p&#244;le patriotique est l'endroit d'o&#249; jamais nous n'aurions d&#251; sortir ! O&#249; tu es dans la tranch&#233;e, ou hors de la tranch&#233;e. Tu ne peux pas &#234;tre au milieu. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 25 juin 2024, le &#171; figuerisme &#187; (rebaptis&#233; &#171; PCV-Dignit&#233; &#187;) avise que, pour la pr&#233;sidentielle, il n'appuiera &#171; ni Nicol&#225;s Maduro ni l'autre faction bourgeoise qui l'affronte depuis l'opposition &#187;. Non sans cr&#233;er une certaine surprise, le parti se rallie au candidat Enrique M&#225;rquez, du mouvement Centrados en la gente (&#171; Centr&#233;s sur les gens &#187;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Elu d&#233;put&#233; une premi&#232;re fois en 2000, M&#225;rquez s'est toujours oppos&#233; &#224; Ch&#225;vez, trait&#233; de &#171; caudillo &#187; et, pire encore, de&#8230; &#171; communiste &#187; ! Un temps membre du parti Un Nuevo Tiempo (UNT), dont il a &#233;t&#233; expuls&#233; en 2018 pour avoir refus&#233; de suivre la consigne d'abstention en soutenant le candidat de droite mod&#233;r&#233;e Henry Falc&#243;n, il est pass&#233; par le Conseil national &#233;lectoral dont il a &#233;t&#233; membre, en tant que repr&#233;sentant de l'opposition, de 2021 &#224; 2023.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mod&#233;r&#233;, M&#225;rquez ? Derri&#232;re sa candidature se cache en r&#233;alit&#233; le &#171; Plan B &#187; de l'extr&#234;me droite. Apr&#232;s la confirmation de l'in&#233;ligibilit&#233; de Mar&#237;a Corina Machado, il a &#233;t&#233; pressenti pour repr&#233;senter l'opposition en cas de rejet par le pouvoir de la candidature d'Edmundo Gonz&#225;lez Urrutia, l'homme de paille choisi pour la remplacer. M&#225;rquez repr&#233;senterait &#233;galement l'extr&#234;me droite si Gonz&#225;lez, ce &#171; petit vieux &#187;, devait abandonner la campagne en raison de sa sant&#233; fragile et se retirer avant le jour du scrutin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Secret de Polichinelle [31], ce pacte provoque de vives r&#233;actions au sein de ce qui reste du PCV &#171; orthodoxe &#187;. Avec, en retour, un grand classique : &#171; Apr&#232;s une longue enqu&#234;te, le plenum de notre comit&#233; central a d&#233;couvert que les responsables historiques de notre d&#233;partement de relations internationales &#8211; le d&#233;put&#233; Carolus Wimmer et Ursula Aguilera &#8211; &#233;taient en r&#233;alit&#233; des tra&#238;tres au service du r&#233;gime de Maduro. &#187; Imm&#233;diate, une nouvelle purge en termine avec toute contestation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec Edmundo Gonz&#225;lez, M&#225;rquez est le seul candidat (sur dix) qui refuse de signer l'Accord de respect des r&#233;sultats &#233;lectoraux promu par le CNE. Avec Edmundo Gonz&#225;lez, il est le seul qui, cautionnant le &#171; d&#233;compte &#187; parall&#232;le et ill&#233;gal mis en place par l'extr&#234;me droite, refuse de reconna&#238;tre la victoire de Maduro. En sa compagnie, le &#171; figuerisme &#187; hurle &#224; la dictature ! M&#225;rquez ouvre de nombreuses proc&#233;dures judiciaires pour demander l'annulation de l'&#233;lection. Puis M&#225;rquez est arr&#234;t&#233;. Le &#171; figuerisme &#187; m&#232;ne campagne et alerte la &#171; communaut&#233; internationale &#187; sur le th&#232;me de la pers&#233;cution.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'apr&#232;s les autorit&#233;s, M&#225;rquez a &#233;t&#233; d&#233;tenu pour deux raisons : il aurait r&#233;dig&#233; un document pr&#233;voyant de faire pr&#234;ter serment en tant que &#171; chef de l'Etat &#233;lu &#187; &#224; Edmundo Gonz&#225;lez, dans une ambassade, hors du Venezuela. Pr&#233;tendant ainsi recr&#233;er de fait une pr&#233;sidence ill&#233;gitime similaire &#224; celle du patron des patrons Pedro Carmona, durant le bref coup d'Etat contre Ch&#225;vez en 2002, ou de Juan Guaido, durant la com&#233;die de l'auto-proclamation (janvier 2019-janvier 2023). Par ailleurs, M&#225;rquez aurait des liens avec un agent du FBI impliqu&#233; dans la d&#233;stabilisation du pays et d&#233;tenu peu de temps auparavant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Il n'y a pas de division. Ici, il n'y a qu'un seul PCV, dont nous sommes responsables en ce moment. &#187; Un temps, la Commission ad hoc de Parra et des siens n'a gu&#232;re avanc&#233;. Quatre scrutins se succ&#233;daient &#8211; r&#233;f&#233;rendum sur l'Esequibo, puis pr&#233;sidentielle en 2024 ; l&#233;gislatives et gouverneurs, puis municipales en 2025. &#171; On &#233;tait en campagne permanente, il n'&#233;tait pas possible de parler du Congr&#232;s. Maintenant, il n'y a plus d'&#233;lections pendant quatre ans. On peut s'y coller. &#187; Le 25 octobre dernier a eu lieu une conf&#233;rence nationale extraordinaire &#171; pour la r&#233;cup&#233;ration du PCV &#187;. Au terme du rassemblement, les repr&#233;sentants venus de tout le pays ont pr&#233;vu d'organiser le XVIe Congr&#232;s en 2026 &#8211; &#171; pas avec des cellules fant&#244;mes, comme pour celui de Figuera &#187;. Comme il se doit en cette p&#233;riode tendue, le communiqu&#233; final a mentionn&#233; l'engagement de d&#233;fendre la patrie &#171; face &#224; une possible agression de l'Empire nord-am&#233;ricain appel&#233; aujourd'hui &#8220;le Royaume des Etats-Unis&#8221; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &#171; figuerisme &#187;, pour sa part, multiplie les diatribes in&#233;vitablement divis&#233;es en deux volets : l'un contre l'&#171; agression politique et militaire am&#233;ricaine &#187; ; l'autre contre l'utilisation de cette conjoncture par le &#171; gouvernement ill&#233;gitime &#187; et &#171; social-d&#233;mocrate &#187; de Maduro &#171; pour aggraver la r&#233;pression interne et la crise sociale &#187;. Sans multiplier les exemples d'absurdit&#233;s, on retiendra celle particuli&#232;rement significative du membre du Bureau politique Carlos Lazo accusant Maduro de profiter &#233;galement de la menace militaire US &#171; pour faire avancer son projet de c&#233;der la souverainet&#233; [du pays]. A de nombreuses reprises, Maduro a offert le pays au capital transnational en &#233;change de reconnaissance et de son maintien au pouvoir (&#8230;) Maduro se pr&#233;sente aux Etats-Unis comme le principal garant de leurs int&#233;r&#234;ts &#187; [32]. Que l'on appr&#233;cie ou pas le chef de l'Etat v&#233;n&#233;zu&#233;lien, tout, dans ce type de discours, respire la plus caricaturale des mauvaises foi. Et que penser des injonctions &#224; un d&#233;part volontaire de Maduro pour que soit &#233;vit&#233;e au pays une possible invasion de &#171; marines &#187; &#233;tatsuniens [33] ? Elles ne sont que duplication du discours de la droite radicale et totale soumission &#224; l'intimidation et au chantage exerc&#233;s par l'administration Trump sur la R&#233;publique bolivarienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant ce temps, 40 000 conseils communaux et pr&#232;s de 5 000 communes d&#233;veloppent l'exp&#233;rience de d&#233;mocratie participative la plus ambitieuse jamais vue depuis longtemps &#224; l'&#233;chelle d'un pays [34]. Pendant ce temps, dans le cadre de l'alliance &#171; civico-militaire-polici&#232;re &#187; &#8211; grand classique de l'histoire du pays &#8211; des centaines de milliers de V&#233;n&#233;zu&#233;liens se mobilisent au sein de la Milice bolivarienne, au coude &#224; coude avec leur pr&#233;sident, pour d&#233;fendre la r&#233;volution, ou m&#234;me tout simplement la souverainet&#233; nationale, si le pire devait arriver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; On a &#233;t&#233; insult&#233;s, trait&#233;s de mercenaires, on vient d'un parti totalement d&#233;truit ! &#187; Alors que, comme l'extr&#234;me droite, le &#171; figuerisme &#187; a refus&#233; de participer aux derni&#232;res l&#233;gislatives et municipales, le PCV a entrepris de sortir du trou dans lequel la strat&#233;gie du courant &#171; anti-chavistes &#187; l'avait jet&#233;. Avec une &#233;vidente r&#233;ussite. Certes modestes, les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes. A la pr&#233;sidentielle, le parti a recueilli 103 000 voix. Vient l'&#233;lection des d&#233;put&#233;s : 196 000 voix. Puis les municipales : 260 000 voix. Un progr&#232;s lent, mais r&#233;gulier. Lors des l&#233;gislatives, le parti est pass&#233; d'un &#224; six d&#233;put&#233;s. Le PCV dispose en outre d&#233;sormais de quatre d&#233;put&#233;s r&#233;gionaux, 82 conseillers et quatre maires &#8211; l&#224; aussi en progression.&lt;br class='autobr' /&gt;
En face, &#171; le groupe Figuera est mort ! Ils n'ont plus aucun groupe r&#233;gional, on en a vingt-quatre ! &#187; Il a n&#233;anmoins fallu au PCV faire campagne sans pouvoir utiliser un seul local, dans tout le Venezuela. Il a organis&#233; ses r&#233;unions dans les maisons des camarades, sous les manguiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Henry Parra : &#171; Ils sont rest&#233;s avec tous les biens mat&#233;riels et nous avec les militants ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Reste la bataille de l'&#171; international &#187;. Pour l'heure, les &#171; figueristes &#187; ont le dessus. &#171; Ils frayent avec l'extr&#234;me droite, mais on les croit communistes, l&#226;che Griseldys Herrera. Ils tiennent parce qu'ils ont conserv&#233; les r&#233;seaux du parti. &#187; Sans gravit&#233; exceptionnelle lorsque le sous-groupuscule PCRF (Parti communiste r&#233;volutionnaire de France) organise une collecte de fonds pour soutenir Tribuna Popular, organe du PCV &#171; soumis &#224; une pers&#233;cution intol&#233;rable de la part de l'Etat v&#233;n&#233;zu&#233;lien et du gouvernement social-d&#233;mocrate de Nicolas Maduro &#187; [35]. Moins anecdotique lorsqu'une d&#233;l&#233;gation &#171; figueriste &#187; figure &#224; la F&#234;te de l'Humanit&#233; (12 au 14 septembre 2025), invit&#233;e par un Parti communiste fran&#231;ais (PCF) peu inform&#233; et divis&#233;, ou pour le moins troubl&#233; par la situation (bien qu'&#224; la base, du fait de sa proximit&#233; avec Cuba, la cause de la R&#233;volution bolivarienne d&#233;clenche de la sympathie).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La visite &#171; figueriste &#187; a en fait &#233;t&#233; plut&#244;t br&#232;ve. Compos&#233;e d'un V&#233;n&#233;zu&#233;lien vivant &#224; Madrid et d'un Europ&#233;en r&#233;mun&#233;r&#233;, cette d&#233;l&#233;gation cens&#233;e repr&#233;senter la &#171; gauche v&#233;n&#233;zu&#233;lienne &#187; fut install&#233;e sur un stand partag&#233; avec des militants du Parti communiste colombien (PCC). Elle n'y resta que le samedi et, le dimanche, disparut. &#171; Tant qu'ils se sont content&#233;s de parler de corruption, on a laiss&#233; faire, nous expliqua, le dimanche en question, une militante du PCC. Mais, quand ils ont commenc&#233; &#224; expliquer aux visiteurs que le Venezuela est une dictature, on a mis le hol&#225;. Nous, on conna&#238;t la r&#233;alit&#233; de la r&#233;gion. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sents quasi-clandestinement sur la F&#234;te, Parra et Herrera ont pu intervenir et d&#233;noncer l'ampleur de l'agression imp&#233;rialiste &#233;tatsunienne sur les stands du P&#244;le de renaissance communiste en France (PRCF) et de l'Union pour la Reconstruction Communiste (URC) [36].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec en chef de file le Parti communiste grec (KKE), vent debout contre &#171; l'attaque du PSUV, avec la complicit&#233; des forces r&#233;actionnaires de droite &#187;, contre &#171; le camarade Figuera &#187;, les partis europ&#233;ens demeurent enclins &#224; soutenir ce dernier, qu'ils connaissent et fr&#233;quentent depuis longtemps. En Am&#233;rique latine, le PC chilien s'est cass&#233; en deux &#8211; une faction s'alignant sur le pr&#233;sident Gabriel Boric, repr&#233;sentant d'une gauche dite &#171; morale &#187; plus proche de son nombril que des r&#233;alit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On aurait pourtant tort de croire que Maduro et le PCV alli&#233; au chavisme sont isol&#233;s. Au contraire. Au sein de la famille se r&#233;clamant du marxisme, ils jouissent d'un fort appui. C'est bien devant le Parti communiste du Br&#233;sil (PCdoB) et avec son assentiment que le pr&#233;sident Luiz In&#225;cio Lula da Silva, d&#233;non&#231;ant la croissante pression am&#233;ricaine, d&#233;clare qu' &#171; aucun pr&#233;sident d'aucun pays ne doit dicter ce que seront le Venezuela et Cuba &#187;. Proche de la famille communiste, le Mouvement des sans terre (MST) non seulement soutient Caracas, mais collabore directement avec les Communes et le gouvernement de Maduro. Les d&#233;l&#233;gations &#8211; et non des moindres &#8211; ne manquent pas &#224; Caracas, que ce soit, &#224; haut niveau, pour des n&#233;gociations officielles ou, &#224; l'&#233;tage &#171; solidarit&#233; &#187;, lors des Congr&#232;s antifascistes r&#233;guli&#232;rement organis&#233;s : Partis communistes cubain, colombien, p&#233;ruvien, argentin, chinois, vietnamien, sud-cor&#233;en, philippin, n&#233;palais, sud-africain, espagnol, portugais, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Alors, conclut Griseldys Herrera, notre combat c'est d'expliquer aux autres que les &#8220;figueristes&#8221; ont cr&#233;&#233; une matrice d'opinion hors contexte en pr&#233;tendant &#234;tre des pers&#233;cut&#233;s politiques. En r&#233;alit&#233;, ils utilisent en permanence les installations du parti, et ils accusent le gouvernement d'&#234;tre fasciste, tout en s'exprimant librement et se d&#233;pla&#231;ant all&#233;grement dans tout le Venezuela. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Maurice Lemoine&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='[1] Lire &#171; Le P&#232;re Nobel est une ordure &#187; (14 octobre 2025) &#8211; [2] Lire (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Etre-communiste-au-Venezuela&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;medelu.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[1] Lire &#171; Le P&#232;re Nobel est une ordure &#187; (14 octobre 2025) &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Le-Pere-Nobel-est-une-ordure-3110&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.medelu.org/Le-Pere-Nobel-est-une-ordure-3110&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[2] Lire Thierry Deronne, &#171; Au Venezuela, Marx rencontre la commune, Bolivar&#8230; et la Guerre d'Espagne &#187; (26 octobre 2025) &#8211; &lt;a href=&#034;https://venezuelainfos.wordpress.com/2025/10/26/au-venezuela-marx-rencontre-la-commune-bolivar-et-la-guerre-despagne/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://venezuelainfos.wordpress.com/2025/10/26/au-venezuela-marx-rencontre-la-commune-bolivar-et-la-guerre-despagne/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;https://elcomun.es/2020/09/10/carta-a-los-partidos-comunistas-y-obreros-del-mundo-del-partido-comunista-de-venezuela/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://elcomun.es/2020/09/10/carta-a-los-partidos-comunistas-y-obreros-del-mundo-del-partido-comunista-de-venezuela/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[4] Aporrea, Caracas, 8 juillet 2021.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[5] N&#233;e en 1919, la Troisi&#232;me Internationale communiste ou Komintern vise &#224; exporter la r&#233;volution mondiale selon le mod&#232;le sovi&#233;tique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[6] El Nacional (pp. 15), Caracas, 17 octobre 1945.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[7] Gallegos vivra exil&#233; &#224; Cuba puis au Mexique jusqu'en 1958, ann&#233;e de son retour au Venezuela, o&#249; il r&#233;side jusqu'&#224; sa mort, en 1969.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[8] Jean Ulric, Venezuela, Petite plan&#232;te, Paris, 1966.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[9] Alberto Garrido, Guerrilla y conspiracion militar en Venezuela, Editorial venezolana, M&#233;rida, 1999.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[10] Xavier Calmettes, &#171; La r&#233;forme contre la r&#233;volution ? Les relations v&#233;n&#233;zolano-cubaines (1958-1961) &#187;, Revue interdisciplinaire de travaux sur les Am&#233;riques &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.revue-rita.com/notes-de-recherche6/xavier-calmettes.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.revue-rita.com/notes-de-recherche6/xavier-calmettes.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[11] Plus tard encore, de cette mouvance, surgira le Mouvement &#233;lectoral du peuple (MEP).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[12] Bidonvilles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[13] Th&#232;se d&#233;velopp&#233;e par Louis Constant in Avec Douglas Bravo dans les maquis v&#233;n&#233;zu&#233;liens, &#171; Dossiers partisans &#187;, Fran&#231;ois Maspero, Paris, 1968.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[14] Alberto Garrido, Guerrilla y conspiracion militar en Venezuela, op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[15] Les FARC se d&#233;finissent alors comme une organisation politico-militaire marxiste-l&#233;niniste d'inspiration bolivarienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[16] Avec Douglas Bravo dans les maquis v&#233;n&#233;zu&#233;liens, op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[17] Lire Thierry Deronne, &#171; Au Venezuela, renaissance et victoire du Parti communiste &#187; (17 juin 2025) &#8211; &lt;a href=&#034;https://venezuelainfos.wordpress.com/2025/06/17/au-venezuela-renaissance-et-victoire-du-parti-communiste/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://venezuelainfos.wordpress.com/2025/06/17/au-venezuela-renaissance-et-victoire-du-parti-communiste/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[18] Commandement Sud de l'arm&#233;e des Etats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[19] Marcel Niedergang, Les 20 Am&#233;riques latines, Seuil, Paris, 1969.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[20] &lt;a href=&#034;https://prensapcv.wordpress.com/2013/03/25/lealtad-historica-con-chavez-y-la-revolucion/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://prensapcv.wordpress.com/2013/03/25/lealtad-historica-con-chavez-y-la-revolucion/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[21] Ignacio Ramonet, Hugo Ch&#225;vez. Ma premi&#232;re vie, Galil&#233;e, Paris, 2015.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[22] Point n&#168;2 de la r&#233;solution politique du XIIIe Congr&#232;s (extraordinaire) de 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[23] Informe pol&#237;tico del 32 Pleno del CC, 16 y 17 de enero 2010.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[24] Le syst&#232;me &#233;lectoral permet de voter sp&#233;cifiquement pour l'un des partis qui appuie un candidat (PSUV, PCV, PPT, Tupamaros, etc.) ce qui permet, par addition, de conna&#238;tre le r&#233;sultat final du candidat, mais aussi le poids relatif de chacun des partis au sein de la coalition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[25] &lt;a href=&#034;https://prensapcv.wordpress.com/2013/03/25/lealtad-historica-con-chavez-y-la-revolucion/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://prensapcv.wordpress.com/2013/03/25/lealtad-historica-con-chavez-y-la-revolucion/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[26] Thierry Deronne, &#171; Au Venezuela, renaissance et victoire du Parti communiste &#187;, op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[27] &#171; Llaneros &#187; : des plaines (&#171; los llanos &#187;) ; &#171; andinos &#187; : des Andes ; &#171; orientales &#187; : de la r&#233;gion bord&#233;e par la Cara&#239;be, au nord-est du pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[28] Dans les statuts, un d&#233;l&#233;gu&#233; pour cinq cellules.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[29] &lt;a href=&#034;https://prensapcv.wordpress.com/wp-content/uploads/2023/07/tp_3040.pdf&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://prensapcv.wordpress.com/wp-content/uploads/2023/07/tp_3040.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[30] Entre autres, Tribuna Popular, 28 novembre 2023.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[31] M&#234;me France Info l'&#233;voquera, c'est dire que le secret &#233;tait largement &#233;vent&#233; ! &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.franceinfo.fr/monde/venezuela/venezuela-la-figure-de-l-opposition-enrique-marquez-detenue-arbitrairement-affirme-sa-coalition_7001837.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.franceinfo.fr/monde/venezuela/venezuela-la-figure-de-l-opposition-enrique-marquez-detenue-arbitrairement-affirme-sa-coalition_7001837.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[32] &lt;a href=&#034;https://www.aporrea.org/tiburon/n411346.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.aporrea.org/tiburon/n411346.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[33] Neirlay Andrade (PCV) : &#171; Los venezolanos estamos hoy entre dos espadas &#187;, Contrapunto, 30 octobre 2025 &#8211; &lt;a href=&#034;https://contrapunto.com/entrevistas-ctp/neirlay-andrade-los-venezolanos-estamos-hoy-entre-dos-espadas/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://contrapunto.com/entrevistas-ctp/neirlay-andrade-los-venezolanos-estamos-hoy-entre-dos-espadas/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[34] Lire &#171; Communes et communards du Venezuela &#187; (6 janvier 2025) &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Communes-et-communards-du-Venezuela&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.medelu.org/Communes-et-communards-du-Venezuela&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[35] &lt;a href=&#034;https://www.pcrf-ic.fr/Soutenons-la-presse-ouvriere-au&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.pcrf-ic.fr/Soutenons-la-presse-ouvriere-au&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[36] Organisation n&#233;e de la fusion, en 2024, de l'Association nationale des communistes (ANC) et du Rassemblement communiste (RC).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#171; La th&#233;orie d&#233;coloniale tombe dans l'id&#233;alisme &#187; </title>
		<link>http://www.acca.1901.org/spip.php?article217</link>
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		<dc:date>2025-05-23T20:52:53Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre Gaussens</dc:creator>



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&lt;p&gt;En reprenant &#224; son compte les cat&#233;gories forg&#233;es par la colonisation comme celles de noir ou de blanc et en se focalisant sur la race, la th&#233;orie d&#233;coloniale reste prisonni&#232;re de la matrice colonialiste, explique le sociologue, pour qui seule une critique radicale du capitalisme permettra de sortir de cette impasse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre GAUSSENS in l'Humanit&#233;.fr&lt;br class='autobr' /&gt;
Sociologue au coll&#232;ge du Mexique, chercheur-r&#233;sident &#224; l'Institut d'&#233;tudes avanc&#233;es de Paris (2024-2025), Pierre Gaussens est l'un des auteurs de Critique (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Am&#233;riques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En reprenant &#224; son compte les cat&#233;gories forg&#233;es par la colonisation comme celles de noir ou de blanc et en se focalisant sur la race, la th&#233;orie d&#233;coloniale reste prisonni&#232;re de la matrice colonialiste, explique le sociologue, pour qui seule une critique radicale du capitalisme permettra de sortir de cette impasse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pierre GAUSSENS &lt;br class='autobr' /&gt;
in l'&lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/en-debat/amerique-latine/pierre-gaussens-sociologue-la-theorie-decoloniale-tombe-dans-lidealisme&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Humanit&#233;.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sociologue au coll&#232;ge du Mexique, chercheur-r&#233;sident &#224; l'Institut d'&#233;tudes avanc&#233;es de Paris (2024-2025), Pierre Gaussens est l'un des auteurs de Critique de la raison d&#233;coloniale1. Publi&#233; &#224; l'origine au Mexique, cet ouvrage r&#233;unit les contributions d'universitaires latino-am&#233;ricains qui plaident en faveur d'un anticolonialisme r&#233;volutionnaire et libertaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que la th&#233;orie d&#233;coloniale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La th&#233;orie d&#233;coloniale trouve ses origines en Am&#233;rique latine et aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1990 et 2000. La comm&#233;moration des 500 ans de la &#171; d&#233;couverte &#187; des Am&#233;riques par Christophe Colomb, en 1992, est l'occasion de mouvements indig&#232;nes importants, comme le soul&#232;vement zapatiste. La conjoncture politique r&#233;gionale se pr&#234;te &#224; un questionnement du colonialisme et de son h&#233;ritage.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des intellectuels et universitaires fondent le groupe Modernit&#233;/colonialit&#233; autour de deux grandes figures : le philosophe d'origine argentine Enrique Dussel et le sociologue p&#233;ruvien Anibal Quijano. Ils seront rejoints par d'autres universitaires : Walter Mignolo, Ramon Grosfoguel, Arturo Escobar, Catherine E. Walsh, Edgardo Lander ou encore Maria Lugones. Plusieurs disciplines sont repr&#233;sent&#233;es, en particulier la philosophie, la sociologie et les &#233;tudes culturelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont ses principaux concepts ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le postulat de base des &#233;tudes d&#233;coloniales, conceptualis&#233; dans la cat&#233;gorie de colonialit&#233;, est la persistance dans les structures sociales latino-am&#233;ricaines contemporaines du colonialisme. Celle-ci expliquerait en grande partie les in&#233;galit&#233;s sociales et raciales observ&#233;es en Am&#233;rique latine depuis la conqu&#234;te, en 1492. Inspir&#233;es de la th&#233;orie des syst&#232;mes mondes d'Immanuel Wallerstein, issues du marxisme mais critiques du mat&#233;rialisme historique, les &#233;tudes d&#233;coloniales proposent une nouvelle philosophie de l'histoire recentr&#233;e sur l'Am&#233;rique Latine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elles font remonter la modernit&#233; occidentale &#224; la conqu&#234;te des Am&#233;riques, dont le pillage des richesses va permettre la construction de l'h&#233;g&#233;monie occidentale. Ce processus est accompagn&#233; de l'&#233;mergence d'une sorte de r&#233;gime de domination &#224; l'&#233;chelle globale dont le principal axe de domination est le racisme. La race est le deuxi&#232;me concept fondamental des &#233;tudes d&#233;coloniales. Elle aurait &#233;t&#233; invent&#233;e dans le processus m&#234;me de colonisation pour justifier la conqu&#234;te des peuples colonis&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle structure les in&#233;galit&#233;s sociales de la colonisation jusqu'&#224; nos jours, en opposant les ex-colonies aux m&#233;tropoles, aujourd'hui les pays du Sud &#224; ceux du Nord, et en divisant les populations : populations racis&#233;es et non racis&#233;es dans le Nord et, au Sud, des &#233;lites blanches qui dominent les populations des pays anciennement colonis&#233;s. Cette id&#233;e de division raciale est centrale dans les &#233;tudes d&#233;coloniales. Elle serait la cat&#233;gorie premi&#232;re pour comprendre l'oppression et la domination, rel&#233;guant le genre et la classe au second plan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La persistance du colonialisme n'est-elle pas r&#233;elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre critique de la th&#233;orie d&#233;coloniale est anticolonialiste ou, pour r&#233;sumer, une critique de gauche. Nous partageons donc le postulat de base de la persistance du colonialisme. Son h&#233;ritage historique contribue &#224; expliquer en partie les in&#233;galit&#233;s sociales que nous pouvons observer, qui sont aussi des in&#233;galit&#233;s raciales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La justification de la colonisation par un discours raciste n'est-elle pas aussi une r&#233;alit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La race a &#233;t&#233; instrumentalis&#233;e par le colonisateur pour justifier la domination de l'Europ&#233;en sur le non-Europ&#233;en, mais il ne faut pas faire d'anachronisme. Lors de la conqu&#234;te des Am&#233;riques, la controverse de Valladolid ne portait pas tant sur le fait que les Indiens soient dot&#233;s d'une &#226;me ou non, mais sur les moyens de l'&#233;vang&#233;lisation. Les conquistadors attribuaient de facto une &#226;me aux indig&#232;nes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le concept contemporain de race n'appara&#238;t qu'au XIXe si&#232;cle. Fond&#233; sur le darwinisme social, le racisme a une dimension biologique. Ce point de vue pseudo-scientifique finira par donner naissance au nazisme. Nous pointons du doigt aussi le risque de consid&#233;rer la race comme un facteur primant sur d'autres facteurs, au d&#233;triment d'une conception de la domination plus complexe et qui int&#232;gre les facteurs de genre ou de classe sociale, par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que les &#233;tudes coloniales appellent modernit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est gu&#232;re compr&#233;hensible. On pourrait penser que la modernit&#233; renvoie au capitalisme, mais comme cette th&#233;orie entre en comp&#233;tition avec le mat&#233;rialisme historique, elle semble plut&#244;t en &#234;tre un substitut, pour ne pas parler des processus historiques d'accumulation. Pour prendre le contrepied du marxisme, la th&#233;orie d&#233;coloniale tombe dans l'id&#233;alisme. Elle donne plus d'importance aux id&#233;es, &#224; la philosophie europ&#233;enne et au d&#233;veloppement des arts et de la culture &#224; partir de la Renaissance en Europe. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'un des concepts centraux de la th&#233;orie d&#233;coloniale est l'eurocentrisme selon lequel la domination de l'Europe occidentale ou de l'Occident sur le reste du monde est aussi li&#233;e &#224; une domination culturelle. Cela passe par la production de connaissances, c'est la colonialit&#233; du savoir. La th&#233;orie d&#233;coloniale se focalise sur l'importance de l'h&#233;g&#233;monie culturelle de l'Occident, qui passe par la construction de la science, par l'imposition du mod&#232;le universitaire et de l'universit&#233; en tant que lieu symbolique de l'universalisme europ&#233;en.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout savoir n'est-il pas situ&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;videmment, tout savoir est situ&#233;. La question est quelle est la nature de cette situation ? Pour les auteurs d&#233;coloniaux, le lieu g&#233;ographique d'&#233;nonciation compte avant tout. Ce qui importe, c'est si on &#233;crit depuis le Sud ou depuis le Nord ou depuis le Nord du Sud ou le Sud du Nord. On retrouve ici un certain d&#233;terminisme g&#233;ographique qui fait correspondre, du point de vue d'une g&#233;opolitique de la raison, un positionnement g&#233;ographique avec un positionnement &#233;pist&#233;mologique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous, nous disons qu'il faut prendre en compte les conditions de production de l'&#339;uvre et le positionnement de l'auteur dans son ensemble, qui n'est pas que g&#233;ographique. Les moyens universitaires mis &#224; disposition des chercheurs ne sont pas les m&#234;mes si on compare les &#201;tats-Unis &#224; la France, au Mexique ou &#224; la Bolivie. Mais il faut prendre aussi en compte l'insertion du producteur en termes de classe sociale, de genre, et &#233;galement comment l'&#339;uvre produite s'inscrit dans un march&#233; de consommation des biens culturels. On ne peut donc pas r&#233;sumer un auteur au fait qu'il soit du Nord ou du Sud, ou &#224; sa couleur de peau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi, selon vous, la th&#233;orie d&#233;coloniale qui se r&#233;clame de Frantz Fanon a-t-elle travesti le sens de son &#339;uvre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons aussi &#233;crit ce livre en r&#233;action aux traductions de l'&#339;uvre de Frantz Fanon et en particulier de son livre Peau noire et masques blancs par une maison d'&#233;dition espagnole, dont la postface a &#233;t&#233; &#233;crite par des auteurs d&#233;coloniaux. Frantz Fanon est pr&#233;sent&#233; comme un pr&#233;curseur de la th&#233;orie d&#233;coloniale en calquant les cat&#233;gories de celle-ci sur son &#339;uvre dont elles sont pourtant absentes. Fanon n'a jamais employ&#233; les termes de colonialit&#233; ou d'eurocentrisme. Nous critiquons cette tentative de r&#233;cup&#233;ration plus symbolique que th&#233;orique. Il s'agit aussi de recontextualiser l'&#339;uvre de Frantz Fanon et ne pas la lire avec les lunettes d'aujourd'hui. Il est fondamentalement anti-essentialiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fanon raille gentiment le mouvement de la n&#233;gritude et ses figures, comme L&#233;opold S&#233;dar Senghor et Aim&#233; C&#233;saire, en se moquant de leur mouvement narcissique o&#249; le Noir, l'homme de la nature, devient une goutte de soleil sur la terre en lien avec ses anc&#234;tres. Il leur reproche d'embellir cette couleur de peau alors que, selon lui, il faut d&#233;passer la dichotomie entre le Blanc et le Noir. Parler de Blancs, de Noirs, de M&#233;tis, de Cr&#233;oles ou de Mul&#226;tres, c'est employer des cat&#233;gories produites historiquement par le colonialisme pour diviser la population entre groupes inf&#233;rieurs et sup&#233;rieurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fanon explique que, tant que l'on raisonnera dans ses termes, on continuera &#224; penser enferm&#233;s dans la cage historique du colonialisme et on perdra de vue ce qui, par-del&#224; la couleur de peau, fait de nous des &#233;gaux. Il faut se rappeler que Fanon est un &#233;l&#232;ve de l'&#233;cole r&#233;publicaine &#224; la fran&#231;aise : libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233;. Ce qui lui importe, c'est de retrouver cette humanit&#233; et reconstruire cet universel qui a justement &#233;t&#233; ab&#238;m&#233; par le colonialisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux cat&#233;gories coloniales, Fanon oppose les damn&#233;s de la terre&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi les damn&#233;s de la terre, il y a des Blancs et des Noirs. Penser dans les termes dichotomiques de la pens&#233;e d&#233;coloniale ne permet pas de prendre en compte toute la complexit&#233; de la domination. Il existe des Blancs pauvres, une bourgeoisie indig&#232;ne dans les pays d'Am&#233;rique du Sud et une bourgeoisie afro-am&#233;ricaine aux &#201;tats-Unis. Quand on s'enferme dans une vision culturaliste binaire qui oppose Blancs et non-Blancs, racis&#233;s et non racis&#233;s, on perd de vue les autres facteurs de domination. On ne per&#231;oit pas non plus que le colonialisme historique extra-europ&#233;en a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; par un colonialisme interne. Parler de l'Irlande, par exemple, c'est parler d'un processus colonial interne &#224; l'Europe. Dans les Am&#233;riques, les empires comme l'empire Azt&#232;que &#233;taient des puissances coloniales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous plaidez pour une conception des rapports de domination et d'exploitation imbriqu&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un certain marxisme a commis l'erreur de consid&#233;rer que la lutte des classes &#233;tait en surplomb et que toutes les autres contradictions allaient se r&#233;soudre m&#233;caniquement dans le socialisme. La th&#233;orie d&#233;coloniale menace de tomber &#224; son tour dans cette esp&#232;ce de r&#233;ductionnisme o&#249; la &#171; lutte des races &#187; serait premi&#232;re et les autres contradictions seraient secondaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne faudrait pas se lancer dans une course &#224; la victimisation, mais plut&#244;t penser les facteurs de domination de fa&#231;on non hi&#233;rarchis&#233;e et faire ensuite du cas par cas. Si on est Noir, femme ou Occitan, c'est diff&#233;rent. Tout d&#233;pend de la multiplicit&#233; de nos identit&#233;s. Selon la position d'un individu ou d'un groupe, il sera plus ou moins domin&#233; si l'on consid&#232;re un facteur ou un autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rapport d'exploitation est-il un rapport de domination comme un autre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne faut pas diluer ce rapport d'exploitation. Dans les &#233;tudes d&#233;coloniales, la classe vient &#224; la fin d'une &#233;num&#233;ration et plus par rh&#233;torique qu'autre chose. Quand on lit les auteurs d&#233;coloniaux, il est curieux de constater que l'accumulation, le capital et la classe sont quasiment absents de leur discours ou ne viennent qu'en compl&#233;ment de la race. Il y a une tendance &#224; effacer la question sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon certains critiques, votre livre serait tr&#232;s latino-centr&#233;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le livre n'a pas &#233;t&#233; pens&#233; pour un public fran&#231;ais. Nous n'avons malheureusement pas eu les moyens d'adapter la version originale mexicaine. C'est une traduction partielle enrichie d'un chapitre plus th&#233;orique issu d'un autre ouvrage, mais amput&#233;e des chapitres consacr&#233;s &#224; la dimension militante du d&#233;colonial. Ce qui distingue les &#233;tudes d&#233;coloniales des postcoloniales (ant&#233;rieures), c'est en effet son ambition politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le livre reste tr&#232;s latino-centr&#233;, mais les &#233;tudes d&#233;coloniales le sont aussi. Si on importe d'Am&#233;rique latine un courant de pens&#233;e et ses travaux, alors il est logique et normal de s'int&#233;resser aussi aux critiques qui en ont &#233;t&#233; faites et qui proviennent d'Am&#233;rique latine. En r&#233;sidence de recherche pour un an en France, je me suis rendu compte que la th&#233;orie d&#233;coloniale conna&#238;t surtout un succ&#232;s dans les sph&#232;res militantes, alors qu'en Am&#233;rique latine, il est aussi acad&#233;mique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que l'anticolonialisme r&#233;volutionnaire et libertaire dont vous vous revendiquez ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;tudes d&#233;coloniales se pr&#233;sentent comme novatrices. Elles essaient de se faire passer pour la nouvelle avant-garde des subalternes ou des damn&#233;s de la terre et de s'arroger le monopole de la critique anticoloniale. Elles ont parfois tendance &#224; ignorer des th&#233;ories et des concepts anticoloniaux pr&#233;existants, tels que le marxisme noir ou les traditions de pens&#233;e des peuples autochtones d'Am&#233;rique latine. Par exemple, la notion de colonialit&#233; du pouvoir ressemble &#233;trangement &#224; celle de colonialisme interne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette id&#233;e selon laquelle l'ind&#233;pendance des pays anciennement colonis&#233;s est incompl&#232;te et que les processus coloniaux continuent de se reproduire a &#233;t&#233; forg&#233;e dans les ann&#233;es 1960 par des sociologues mexicains comme Pablo Gonzalez Casanova et Rodolfo Stavenhagen. Face au succ&#232;s du d&#233;colonial, il serait opportun de revenir aux classiques de cet anticolonialisme, &#224; commencer par Frantz Fanon.&lt;br class='autobr' /&gt; entretien avec Pierre Gaussens r&#233;alis&#233; par Pierre-Henri LAB&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1) &lt;a href=&#034;https://www.lechappee.org/collections/versus/critique-de-la-raison-decoloniale&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Critique de la raison d&#233;coloniale&lt;/a&gt;, ouvrage collectif, &#233;ditions de l'&#201;chapp&#233;e, 256 pages, 19 euros. &#8617;&#65038;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;in l'&lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/en-debat/amerique-latine/pierre-gaussens-sociologue-la-theorie-decoloniale-tombe-dans-lidealisme&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Humanit&#233;.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mort de Pepe Mujica, ancien pr&#233;sident de l'Uruguay et figure politique embl&#233;matique du sous-continent</title>
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		<dc:date>2025-05-14T19:07:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luis Reygada</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Jos&#233; Alberto Mujica Cordano, pr&#233;sident de l'Uruguay entre 2010 et 2015, s'est &#233;teint ce mardi, sept jours avant de pouvoir souffler ses quatre-vingt-dix bougies. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; Diagnostiqu&#233; avec une tumeur &#224; l'&#339;sophage l'ann&#233;e derni&#232;re, il avait annonc&#233; en janvier que son cancer s'&#233;tait propag&#233; et qu'il ne se soumettait pas &#224; d'autre traitement. par Luis Reygada&lt;br class='autobr' /&gt;
in l'humanit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une vie de lutte et d'engagement politique et populaire, &#171; Pepe &#187; Mujica, comme l'appelaient affectueusement ses camarades, est (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Am&#233;riques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jos&#233; Alberto Mujica Cordano, pr&#233;sident de l'Uruguay entre 2010 et 2015, s'est &#233;teint ce mardi, sept jours avant de pouvoir souffler ses quatre-vingt-dix bougies. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; Diagnostiqu&#233; avec une tumeur &#224; l'&#339;sophage l'ann&#233;e derni&#232;re, il avait annonc&#233; en janvier que son cancer s'&#233;tait propag&#233; et qu'il ne se soumettait pas &#224; d'autre traitement.&lt;br class='autobr' /&gt;
par Luis Reygada&lt;/p&gt; &lt;p&gt;in l'&lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/monde/amerique-latine/mort-de-pepe-mujica-ancien-president-de-luruguay-et-figure-politique-emblematique-du-sous-continent&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;humanit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s une vie de lutte et d'engagement politique et populaire, &#171; Pepe &#187; Mujica, comme l'appelaient affectueusement ses camarades, est parti vers l'au-del&#224; des r&#233;volutionnaires, rejoindre ses anciens homologues et amis de l'&#233;poque de la mar&#233;e rose latino-am&#233;ricaine. Des chefs d'&#201;tat latino-am&#233;ricains tels que l'argentin N&#233;stor Kirchner, le v&#233;n&#233;zu&#233;lien Hugo Ch&#225;vez, le cubain Fidel Castro ou encore son compatriote l'&#233;crivain Eduardo Galeano (respectivement d&#233;c&#233;d&#233;s en 2010, 2013, 2016 et 2015), compa&#241;eros qui avaient crois&#233; sa route durant cette p&#233;riode o&#249; des gouvernements osant enfin s'affirmer d&#233;cidaient d'&#233;crire eux-m&#234;mes l'histoire, de la main gauche et &#224; l'encre rouge, d'un sous-continent bien d&#233;cid&#233; &#224; s'unir pour mieux s'&#233;manciper de la tutelle de Washington.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trop souvent r&#233;duit &#224; une caricature forg&#233;e autour de sa personnalit&#233; &#171; atypique &#187; (refus des conventions, style de vie modeste, verbe spontan&#233;) &#8211; selon les crit&#232;res de la presse dominante occidentale &#8211; et qui expliquerait sa popularit&#233;, Pepe Mujica &#233;tait en r&#233;alit&#233; bien plus que cela. Il &#233;tait de ces hommes et femmes qui se battent toute leur vie pour qu'advienne un autre monde, d&#233;fiant avec radicalit&#233; l'ordre n&#233;olib&#233;ral, engag&#233; pour la justice sociale, de ces personnes que Bertolt Brecht appelait &#171; les indispensables &#187;. Et, qui plus est, il menait ce combat avec l'arme la plus efficace : celle de l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De la lutte arm&#233;e &#224; la pr&#233;sidence&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 1935 dans une famille modeste de Montevideo, Mujica grandit dans ce petit pays coinc&#233; entre l'Argentine et le Br&#233;sil, marqu&#233; par les in&#233;galit&#233;s. Jeune homme, il prend vite conscience de l'exploitation cruelle de la paysannerie, des petits &#233;leveurs et des ouvriers du complexe agroalimentaire, rouages essentiels d'une &#233;conomie dop&#233;e par l'exportation de viande. Il milite au sein du Parti national, puis fonde l'Union populaire avant de faire le choix des armes en rejoignant le Mouvement de lib&#233;ration nationale &#8211; Tupamaros, une gu&#233;rilla urbaine inspir&#233;e par la r&#233;volution cubaine et les luttes anti-imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Arr&#234;t&#233; en 1972 et consid&#233;r&#233; comme un otage par la dictature civico-militaire (1973-1985), il passe treize ans en prison dont une longue p&#233;riode dans des conditions extr&#234;mement dures, et subit la torture. Lib&#233;r&#233; apr&#232;s la chute du r&#233;gime anti-communiste, il reprend le chemin du combat politique et int&#232;gre en 1989 le Front large (FA), une coalition de partis de gauche, tout en fondant avec d'autres ex-gu&#233;rilleros le Mouvement de participation populaire. &#201;lu d&#233;put&#233; (1994) puis s&#233;nateur (1999), il parvient &#224; faire du mouvement la premi&#232;re force politique au sein du FA en s'imposant peu &#224; peu comme une de ses figures centrales. Il est ensuite nomm&#233; ministre de l'Agriculture, en 2005, lorsque ce parti parvient &#224; propulser Tabar&#233; V&#225;zquez &#224; la pr&#233;sidence (2005-2010 puis 2015-2020). Il est enfin &#233;lu pr&#233;sident, en 2009, avec 52 % des suffrages et un mandat clair : approfondir les r&#233;formes sociales engag&#233;es par son pr&#233;d&#233;cesseur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;duction de la pauvret&#233; et r&#233;partition des richesses
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est durant sa pr&#233;sidence que Pepe Mujica devient une ic&#244;ne mondiale. Refusant le palais pr&#233;sidentiel, il continue de vivre dans sa ferme modeste de Rinc&#243;n del Cerro, en p&#233;riph&#233;rie rurale de Montevideo, avec son &#233;pouse Luc&#237;a Topolansky, ancienne gu&#233;rillera elle aussi. Il reverse 90 % de son salaire &#224; des associations et se d&#233;place dans une vieille Coccinelle, ce qui lui vaudra le surnom de &#171; pr&#233;sident le plus pauvre du monde &#187;. &#171; Je ne suis pas pauvre, je suis sobre &#187;, disait-il, en pourfendeur inv&#233;t&#233;r&#233; d'une soci&#233;t&#233; capitaliste &#171; qui confond bonheur avec consommation &#187;. Sous son mandat, l'Uruguay l&#233;galise le mariage homosexuel, d&#233;p&#233;nalise l'avortement et devient un des premiers pays au monde &#224; encadrer la production et la vente de cannabis, ce qui d&#233;tonne en Am&#233;rique latine et fait s'extasier la presse internationale. Mais pourquoi se limiter &#224; ces quelques avanc&#233;es ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quid de la r&#233;duction historique de la pauvret&#233;, de la meilleure r&#233;partition des richesses et du d&#233;veloppement de l'&#233;conomie du pays, des avanc&#233;es en mati&#232;re de sant&#233; et d'&#233;ducation pour les plus d&#233;munis ? Sous son mandat et le premier de Tabar&#233; V&#225;zquez, la gauche a permis de faire chuter le taux de pauvret&#233; de 40 &#224; 12 % de la population, et de diviser par dix la pauvret&#233; extr&#234;me. Durant la m&#234;me d&#233;cennie, l'&#233;conomie a bondi de 75 % et les d&#233;penses publiques de pr&#232;s de 50 %, avec notamment une large hausse des d&#233;penses sociales, favorisant les plus pauvres et r&#233;duisant au passage le taux d'in&#233;galit&#233;, au point d'atteindre le niveau le plus bas de l'histoire de l'Uruguay. Et ce en partie gr&#226;ce &#224; l'introduction du premier imp&#244;t sur le revenu, tout comme une augmentation de 50 % du salaire minimum.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lutte des classes, salaires et droits syndicaux
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout ces avanc&#233;es qu'il faudra retenir, ainsi que son ent&#234;tement sur le plan international pour d&#233;noncer sans rel&#226;che la &#171; financiarisation de notre soci&#233;t&#233; &#187; ainsi que &#171; la mondialisation qui enrichit une poign&#233;e et appauvrit des millions &#187;. Et bien s&#251;r son ardente promotion d'une int&#233;gration latino-am&#233;ricaine solidaire et combative, fier &#233;tendard d'un Sud affranchi d'un &#171; Nord qui veut nous dominer &#187;. En 2014, il confiait au Guardian croire toujours &#171; en la lutte des classes &#187; : une &#171; guerre &#187; qui n'a plus les traits r&#233;volutionnaires de sa jeunesse mais dont les champs de bataille sont d&#233;sormais &#171; les salaires et les droits syndicaux &#187;. Un an plus tard, Mujica quittait le pouvoir avec une popularit&#233; intacte, prouvant qu'une politique sobre pouvait aussi parvenir &#224; ses fins, sans besoin de fastes ni d&#233;corum.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;in l'&lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/monde/amerique-latine/mort-de-pepe-mujica-ancien-president-de-luruguay-et-figure-politique-emblematique-du-sous-continent&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;humanit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui se cache derri&#232;re la tentative de coup d'&#201;tat contre la d&#233;mocratie br&#233;silienne ?</title>
		<link>http://www.acca.1901.org/spip.php?article147</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.acca.1901.org/spip.php?article147</guid>
		<dc:date>2023-01-31T20:36:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Salim LAMRANI</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 8 janvier 2023, plusieurs milliers de partisans de l'ancien pr&#233;sident Jair Bolsonaro ont pris d'assaut les trois principales institutions d&#233;mocratiques du Br&#233;sil. Le Congr&#232;s, le Tribunal supr&#234;me f&#233;d&#233;ral et le Palais pr&#233;sidentiel de la place des Trois-Pouvoir dans la capitale ont &#233;t&#233; saccag&#233;s pendant plusieurs heures dans une tentative de coup d'&#201;tat. Cette attaque, minutieusement planifi&#233;e, a suscit&#233; une indignation mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
sources : m&#233;moires des luttes medelu.org ou T&#233;moignages&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 30 octobre (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique22" rel="directory"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 8 janvier 2023, plusieurs milliers de partisans de l'ancien pr&#233;sident Jair Bolsonaro ont pris d'assaut les trois principales institutions d&#233;mocratiques du Br&#233;sil. Le Congr&#232;s, le Tribunal supr&#234;me f&#233;d&#233;ral et le Palais pr&#233;sidentiel de la place des Trois-Pouvoir dans la capitale ont &#233;t&#233; saccag&#233;s pendant plusieurs heures dans une tentative de coup d'&#201;tat. Cette attaque, minutieusement planifi&#233;e, a suscit&#233; une indignation mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;sources :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Qui-se-cache-derriere-la-tentative-de-coup-d-Etat-contre-la-democratie&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;m&#233;moires des luttes medelu.org&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
ou &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.temoignages.re/international/monde/qui-se-cache-derriere-la-tentative-de-coup-d-etat-contre-la-democratie-bresilienne,106316&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;T&#233;moignages&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 30 octobre 2022, lors du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, les Br&#233;siliens ont orient&#233; leur suffrage vers le candidat du Parti des Travailleurs, Lula da Silva, en lui accordant une courte avance face au Pr&#233;sident sortant d'extr&#234;me droite Jair Bolsonaro. Avec un total de 50,9%, Lula a obtenu deux millions de voix de plus que son adversaire sur un total de 124 millions d'&#233;lecteurs. Apr&#232;s deux mandats cons&#233;cutifs couronn&#233;s de succ&#232;s entre 2003 et 2010 et 80% d'opinion favorable, l'ancien dirigeant ouvrier revient au pouvoir pour une nouvelle gouvernance de quatre ans, jusqu'en 2027 [1].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Pr&#233;sident Lula aurait d&#251; r&#233;investir le Palais pr&#233;sidentiel d&#232;s janvier 2019, &#233;tant le candidat favori des &#233;lections de 2018. Mais suite &#224; une conspiration orchestr&#233;e par le procureur Sergio Moro dans le cadre de l'affaire de corruption Lava Jato, afin de l'emp&#234;cher de pr&#233;senter sa candidature, Lula a &#233;t&#233; arbitrairement condamn&#233; en 2017 &#224; une peine de neuf ans et six mois de prison &#8211; peine alourdie &#224; 12 ans de prison en appel &#8211; pour corruption passive et blanchiment d'argent, sans qu'aucune preuve mat&#233;rielle ne soit pr&#233;sent&#233;e lors au Tribunal. La Commission des Droits de l'Homme des Nations unies a condamn&#233; le proc&#232;s contre Lula soulignant qu'il &#171; a viol&#233; son droit d'&#234;tre jug&#233; par un tribunal impartial, son droit &#224; la vie priv&#233;e et ses droits politiques [2] &#187;. Ce dernier a pass&#233; 580 jours en prison, d'avril 2018 &#224; novembre 2019, ce qui a permis &#224; Bolsonaro de s'emparer du pouvoir sans difficult&#233;. Le leader d'extr&#234;me droite n'a m&#234;me pas tent&#233; de sauver les apparences, s'empressant de remercier le procureur Moro en le nommant Ministre de la Justice [3]. En 2019, la Cour supr&#234;me a annul&#233; la condamnation de Lula, d&#233;non&#231;ant l'instrumentalisation politique du proc&#232;s &#224; son encontre [4].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bolsonaro est un dirigeant ouvertement fasciste. &#171; Allons directement &#224; la dictature &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233; par le pass&#233; [5]. Nostalgique du r&#233;gime militaire br&#233;silien qui a meurtri le pays entre 1964 et 1985, ennemi des principes d&#233;mocratiques, l'ex-pr&#233;sident a ainsi qualifi&#233; en 2019 de &#171; h&#233;ros national &#187; le colonel Carlo Alberto Ustra, condamn&#233; pour actes de torture et de barbarie par la justice br&#233;silienne. Dilma Roussef, Pr&#233;sidente du Br&#233;sil de 2011 &#224; 2016, avait &#233;t&#233; tortur&#233;e par les services d'Ustra alors qu'elle &#233;tait une jeune militante r&#233;volutionnaire oppos&#233;e &#224; l'autocratie des g&#233;n&#233;raux [6].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s quatre ans de gouvernance, le bilan de Bolsonaro est singuli&#232;rement n&#233;gatif, notamment marqu&#233; par l'ultraconservatisme, le renforcement du pouvoir de l'&#201;glise &#233;vang&#233;lique, les propos haineux &#224; l'&#233;gard des populations de couleur, des femmes, de la diversit&#233; sexuelle et de la gauche [7]. Sa gestion catastrophique de la pand&#233;mie du Covid-19 a fait du Br&#233;sil l'un des pays au monde ayant le taux de l&#233;talit&#233; le plus &#233;lev&#233;. Sa politique antisociale a fait exploser le taux de pauvret&#233; : 33 millions de personnes souffrent de la faim. Sous son mandat, la d&#233;forestation de l'Amazonie a atteint des niveaux in&#233;gal&#233;s, avec une hausse de 60%, d&#233;truisant les terres indig&#232;nes et suscitant l'inqui&#233;tude de la communaut&#233; mondiale. Au niveau international, sa politique a conduit &#224; la distension des liens avec de nombreux pays [8].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; la transparence du scrutin de 2022, Bolsonaro a toujours refus&#233; de reconna&#238;tre la victoire de son adversaire, faisant courir des rumeurs de fraude et chauffant &#224; blanc son &#233;lectorat, qui a multipli&#233; les actions violentes depuis octobre 2022, en bloquant notamment les routes. De plus, depuis cette date, des centaines de personnes campaient devant le quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e &#224; Brasilia, scandant le slogan &#171; S.O.S Forces arm&#233;es &#187;, exigeant explicitement une intervention militaire afin de rompre la l&#233;galit&#233; constitutionnelle et d'emp&#234;cher l'accession de Lula au pouvoir le 1er janvier 2023, tout cela avec l'accord tacite de Bolsonaro [9]. En outre, ce dernier n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; exercer une forte pression sur le Tribunal sup&#233;rieur &#233;lectoral afin qu'il annule les &#233;lections. Mais le TSE a refus&#233; de c&#233;der aux menaces et a valid&#233; le scrutin, d&#233;non&#231;ant l'action de Bolsonaro et qualifiant ses all&#233;gations de &#171; ridicules et illicites &#187;, affirmant qu'elles &#233;taient &#171; ostensiblement conspiratrices &#224; l'&#233;gard de l'&#233;tat de droit d&#233;mocratique &#187;. M&#234;me le Minist&#232;re de la D&#233;fense a conclu &#224; l'absence de fraude dans un rapport de novembre 2022 [10].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 30 d&#233;cembre 2022, &#224; deux jours de la c&#233;r&#233;monie d'investiture de Lula, Bolsonaro a quitt&#233; le pays en direction des &#201;tats-Unis, refusant de se plier &#224; la tradition r&#233;publicaine de remise de l'&#233;charpe &#224; son successeur, symbole d'une transition pacifique. C'est la premi&#232;re fois depuis l'av&#232;nement de la d&#233;mocratie en 1985 qu'un pr&#233;sident sortant refuse de saluer le nouveau dirigeant. Cette ann&#233;e-l&#224;, le g&#233;n&#233;ral Joao Figueredo, dernier chef de la junte militaire, avait refus&#233; de participer &#224; la c&#233;r&#233;monie d'investiture du Pr&#233;sident &#233;lu Jos&#233; Sarney [11]. L'attitude de Bolsonaro a m&#234;me &#233;t&#233; publiquement critiqu&#233;e par son vice-pr&#233;sident sortant, le g&#233;n&#233;ral Hamilton Mourao : &#171; Les leaders qui doivent rassurer et unir la nation autour d'un projet pour le pays ont laiss&#233; leur silence ou leur action inopportune et nocive cr&#233;er un climat de chaos et de d&#233;sint&#233;gration sociale [12] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 1er janvier 2023, la c&#233;r&#233;monie d'investiture a r&#233;uni de nombreuses d&#233;l&#233;gations officielles venues du monde entier pour assister &#224; l'intronisation de Lula comme Pr&#233;sident de la R&#233;publique, illustrant ainsi le soutien international au nouveau pouvoir. Des centaines de milliers de Br&#233;siliens ont effectu&#233; le d&#233;placement dans la capitale pour saluer l'av&#232;nement d'une &#232;re diff&#233;rente pour le Br&#233;sil, marqu&#233; par quatre ann&#233;es difficiles. Pour symboliser la nouvelle &#233;tape pour le peuple br&#233;silien, en particulier pour les cat&#233;gories les plus d&#233;munies, Lula a choisi une femme &#233;boueur de 33 ans, Aline Sousa, pour la remise de l'&#233;charpe pr&#233;sidentielle [13].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lors de son discours d'investiture, Lula est revenu sur la longue bataille jalonn&#233;e d'obstacles qu'il a men&#233;e et qui a conduit &#224; la victoire, d&#233;non&#231;ant l'utilisation de fonds publics &#224; des fins &#233;lectorales par son adversaire. Il a dress&#233; un r&#233;quisitoire du gouvernement sortant qui a proc&#233;d&#233; &#224; &#171; la destruction des politiques publiques qui promouvaient la citoyennet&#233;, les droits essentiels, la sant&#233; et l'&#233;ducation &#187;. Il a promis aux Br&#233;siliens une &#171; vie digne, sans faim, avec un acc&#232;s &#224; l'emploi, &#224; la sant&#233; et &#224; l'&#233;ducation [14] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une semaine plus tard, le 8 janvier 2023, des milliers de militants d'extr&#234;me-droite se sont retrouv&#233;s dans la capitale Brasilia dans ce qui a &#233;t&#233;, &#224; l'&#233;vidence, une op&#233;ration minutieusement organis&#233;e. Ils ont lanc&#233; un assaut de plusieurs heures contre les trois principales institutions d&#233;mocratiques du pays, le Congr&#232;s, le Palais pr&#233;sidentiel et le Tribunal supr&#234;me, trois joyaux de la Place des Trois Pouvoirs, &#233;difi&#233;s par l'architecte Oscar Niemeyer, saccageant les lieux et d&#233;truisant des &#339;uvres d'art d'une valeur inestimable, avec comme objectif de rompre la l&#233;galit&#233; constitutionnelle. Deux ann&#233;es, presque jour pour jour, apr&#232;s l'attaque du Capitole &#224; Washington par les partisans de Donald Trump qui refusaient de reconna&#238;tre les r&#233;sultats des &#233;lections, le Br&#233;sil a v&#233;cu le m&#234;me &#233;pisode dramatique. La communaut&#233; internationale a unanimement condamn&#233; l'atteinte &#224; l'&#201;tat de droit [15].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Pr&#233;sident Lula a sign&#233; un d&#233;cret d&#233;l&#233;gant la s&#233;curit&#233; de la capitale aux autorit&#233;s f&#233;d&#233;rales jusqu'&#224; fin janvier 2023 [16]. Pas moins de 1 200 personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es et la Cour supr&#234;me a ordonn&#233; le d&#233;mant&#232;lement des camps des putschistes dans un d&#233;lai de 24 heures [17].&lt;br class='autobr' /&gt;
Les responsabilit&#233;s&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; ses d&#233;n&#233;gations, le principal auteur intellectuel de cette tentative de coup d'&#201;tat est le pr&#233;sident sortant lui-m&#234;me [18]. En effet, Bolsonaro n'a eu de cesse de remettre en cause les r&#233;sultats &#233;lectoraux, pourtant unanimement reconnus, attisant ainsi la ranc&#339;ur de ses partisans et galvanisant les secteurs les plus radicaux tent&#233;s par une action ill&#233;gale. Comme le souligne le New York Times, l'assaut a constitu&#233; &#171; le point culminant violent des attaques rh&#233;toriques incessantes de M. Bolsonaro contre le syst&#232;me &#233;lectoral du pays [19] &#187;. Pour sa part, CNN a soulign&#233; que &#171; Bolsonaro n'a cess&#233; de semer le doute sur la l&#233;gitimit&#233; du vote, sans pr&#233;senter de preuves [20] &#187;. L'ancien chef d'&#201;tat a ainsi ouvert la voie &#224; une action violente sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire du Br&#233;sil d&#233;mocratique. Par le biais de son avocat, il a persist&#233; &#224; qualifier les &#233;v&#232;nements de &#171; mouvement social spontan&#233; men&#233; par la population &#187;. La Cour supr&#234;me a annonc&#233; l'ouverture d'une enqu&#234;te &#224; son encontre. Selon la presse &#233;tasunienne, &#171; il ne fait aucun doute qu'il a inspir&#233; les quelque 5 000 personnes pr&#233;sentes &#224; la manifestation qui a tourn&#233; &#224; la violence [21] &#187;. A la responsabilit&#233; de Bolsonaro s'ajoute celle des groupes ayant apport&#233; un soutien mat&#233;riel et financier &#224; l'organisation d'une telle op&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les services de renseignements int&#233;rieurs disposaient, sans aucun doute possible, de toutes les informations n&#233;cessaires sur les projets violents des militants bolsonaristes. Ainsi, de nombreux messages circulant sur Telegram et WhatsApp appelaient &#224; &#171; organiser des attaques contre des infrastructures strat&#233;giques, telles que des raffineries de p&#233;trole et &#224; &#233;riger des barrages routiers &#187;. Il ne fait aucun doute que les groupes de manifestants ont &#233;t&#233; infiltr&#233;s par des agents des renseignements g&#233;n&#233;raux, comme cela est le cas dans n'importe quel pays au monde. Ainsi, selon une note de la police militaire de Brasilia, pas moins de 100 autocars transportant plus de 4 000 personnes sont arriv&#233;s dans la capitale entre le vendredi 6 janvier et le dimanche 8 janvier 2023 [22]. Pourtant, aucune mesure n'a &#233;t&#233; prise pour proc&#233;der &#224; l'arrestation des organisateurs et emp&#234;cher l'assaut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, la responsabilit&#233; de l'arm&#233;e est clairement engag&#233;e, celle-ci ayant accept&#233; la pr&#233;sence du campement putschiste, appelant &#224; la rupture de l'ordre constitutionnel, pendant plus dix semaines dans une zone de s&#233;curit&#233; nationale. De surcro&#238;t, le jour des &#233;meutes, le bataillon de la garde pr&#233;sidentielle qui stationne en permanence au Palais du chef de l'&#201;tat n'a pas jug&#233; bon d'intervenir pour emp&#234;cher l'invasion. Ces militaires &#171; auraient m&#234;me emp&#234;ch&#233;, &#224; plusieurs reprises, la police de proc&#233;der &#224; l'arrestation des &#233;meutiers &#187;, selon Le Monde [23].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, la responsabilit&#233; des forces de s&#233;curit&#233; cens&#233;es prot&#233;ger la capitale ne fait aucun doute. Le contingent d'agents de police pr&#233;sents sur les lieux &#233;tait bien inf&#233;rieur &#224; celui requis pour veiller sur les diff&#233;rentes institutions de la d&#233;mocratie br&#233;silienne. Pourtant, les risques d'incidents &#233;taient tr&#232;s &#233;lev&#233;s au vu de la pr&#233;sence massive et belliqueuse des extr&#233;mistes de Bolsonaro. Une r&#233;union avait eu lieu le 6 janvier entre Flavio Dino, nouveau Ministre de la Justice, et les autorit&#233;s locales dont le gouverneur de Brasilia, Ibaneis Rocha, et le responsable de la s&#233;curit&#233; de Brasilia, Anderson Torres, et un accord avait &#233;t&#233; trouv&#233; au sujet du nombre d'agents &#224; d&#233;ployer pour prot&#233;ger les institutions en pr&#233;vision de la manifestation du dimanche. Or, contre toute attente, le contingent pr&#233;sent &#233;tait bien inf&#233;rieur &#224; ce qui avait &#233;t&#233; convenu. Le Ministre Dino a d&#233;nonc&#233; un changement de derni&#232;re minute, sans explication aucune de la part des autorit&#233;s de Brasilia [24]. Ainsi, alors que l'esplanade devait &#234;tre ferm&#233;e aux manifestants, le gouverneur Rocha a d&#233;cid&#233; au dernier moment d'en ouvrir l'acc&#232;s. Le Ministre de la Justice n'a appris la nouvelle que&#8230; par la presse [25]. Au lieu de remplir sa mission qui consiste &#224; prot&#233;ger les lieux, la police s'est distingu&#233;e par son inaction voire sa complicit&#233; &#224; l'&#233;gard des putschistes. Le New York Times a exprim&#233; sa stup&#233;faction : &#171; Des vid&#233;os ont circul&#233; en ligne montrant les officiers pr&#233;sents semblant escorter les manifestants vers des b&#226;timents f&#233;d&#233;raux, et s'arr&#234;tant pour prendre des selfies avec eux [26] &#187;. Le Pr&#233;sident Lula a d&#233;nonc&#233; pour sa part &#171; la connivence explicite de la police avec les manifestants &#187;. La justice br&#233;silienne a d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; agir en proc&#233;dant &#224; l'arrestation du responsable de la s&#233;curit&#233; dans la capitale [27].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un premier temps, la Cour supr&#234;me a suspendu pour 90 jours le gouverneur Torres de Brasilia, un fervent soutien de Bolsonaro dont il a &#233;t&#233; Ministre de la Justice [28]. Mais les enqu&#234;teurs ont d&#233;couvert &#224; son domicile un projet de d&#233;cret pr&#233;sidentiel destin&#233; &#224; annuler l'&#233;lection de Lula par une prise de contr&#244;le du Tribunal sup&#233;rieur &#233;lectoral par le gouvernement f&#233;d&#233;ral, causant un scandale sans pr&#233;c&#233;dent au Br&#233;sil. Ce document non dat&#233; portait le nom de Bolsonaro &#224; la fin avec un espace r&#233;serv&#233; pour sa signature. Torres, dans une tentative de d&#233;fense maladroite, a appel&#233; &#224; ne pas juger ce document &#171; hors de son contexte &#187;, reconnaissant ainsi la paternit&#233; du projet et l'authenticit&#233; du document destin&#233; &#224; pr&#233;parer un coup d'&#201;tat. Il a imm&#233;diatement &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par les autorit&#233;s, dans l'attente de son jugement [29].&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Code p&#233;nal fran&#231;ais&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans n'importe quelle d&#233;mocratie occidentale, les &#233;v&#232;nements du 8 janvier seraient sanctionn&#233;s par de lourdes peines de prison. Ainsi, selon l'article 412-1 du code p&#233;nal fran&#231;ais, &#171; le fait de commettre un ou plusieurs actes de violence de nature &#224; mettre en p&#233;ril les institutions de la R&#233;publique &#187; est &#171; puni de trente ans de d&#233;tention criminelle et de 450 000 euros d'amende &#187;. En outre, les peines sont port&#233;es &#224; la d&#233;tention criminelle &#224; perp&#233;tuit&#233; et &#224; 750 000 euros d'amende lorsque les actes sont &#171; commis par une personne d&#233;positaire de l'autorit&#233; publique &#187;. L'article 412-4 sanctionne d'une peine &#171; de quinze ans de d&#233;tention criminelle et de 225 000 euros d'amende le fait de participer &#224; un mouvement insurrectionnel &#187;. Ce dernier est d&#233;fini de fa&#231;on claire : &#171; en occupant &#224; force ouverte ou par ruse ou en d&#233;truisant tout &#233;difice ou installation ; en assurant le transport, la subsistance ou les communications des insurg&#233;s ; en provoquant &#224; des rassemblements d'insurg&#233;s, par quelque moyen que ce soit [30] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La tentative de coup d'&#201;tat orchestr&#233;e par les partisans de Bolsonaro illustre le v&#233;ritable visage de l'extr&#234;me droite, incapable de respecter les principes d&#233;mocratiques d&#232;s lors que le suffrage populaire lui est d&#233;favorable. Dans un pays qui porte encore les douloureuses cicatrices laiss&#233;es par les deux d&#233;cennies de dictature militaire, fractur&#233; et polaris&#233; par l'administration sortante, la mission du Pr&#233;sident Lula est de retrouver la coh&#233;sion nationale n&#233;cessaire et de rappeler &#224; tout le peuple br&#233;silien, quelle que soit sa tendance politique, que la nation appartient &#224; tous et qu'elle a le devoir moral de s'occuper des cat&#233;gories les plus fragiles. &#171; Ordre et Progr&#232;s &#187;, telle est la devise r&#233;publicaine du Br&#233;sil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Illustration : Envahisseurs sur la rampe du Palais des Congr&#232;s. Marcelo Camargo / Ag&#234;ncia Brasil &#8211; 8 janvier 2023 / Wikimedia CC&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[1] Agence France-Presse, &#171; Congratulations Pour In for Brazil President-Elect Lula &#187;, 31 octobre 2022.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] United Nations Human Right Office of the Hight Commissionner, &#171; Brazil : Criminal proceedings against former President Lula da Silva violated due process guarantees, UN Human Rights Committee finds &#187;, United Nations, 28 avril 2022. &lt;a href=&#034;https://www.ohchr.org/en/press-releases/2022/04/brazil-criminal-proceedings-against-former-president-lula-da-silva-violated&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.ohchr.org/en/press-releases/2022/04/brazil-criminal-proceedings-against-former-president-lula-da-silva-violated&lt;/a&gt; (site consult&#233; le 18 janvier 2023).&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Glenn Greenwald &amp; Victor Poury, &#171; Hidden Plot. Exclusive : Brazil's Top Prosecutors Who Indicted Lula Schemed in Secret Messages to Prevent His Party From Winning 2018 Election &#187;, The Intercept, 9 janvier 2019. &lt;a href=&#034;https://theintercept.com/2019/06/09/brazil-car-wash-prosecutors-workers-party-lula/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://theintercept.com/2019/06/09/brazil-car-wash-prosecutors-workers-party-lula/&lt;/a&gt; (site consult&#233; le 16 janvier 2023).&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Reuters, &#171; Brazil judge orders ex-president Lula released from prison &#187;, 8 novembre 2019.&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] Jack Nicas &amp; Carly Olson, &#171; Who is Jair Bolsonaro &#187;, The New York Times, 8 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[6] Reuters, &#171; Brazil's Bolsonaro extols convicted torturer as a &#8216;national hero' &#187;, 8 ao&#251;t 2019.&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] Jack Nicas &amp; Carly Olson, &#171; Who is Jair Bolsonaro &#187;, The New York Times, 8 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] Heriberto Araujo, &#171; For Lula and the World, the Tough Job of Saving the Amazon Begins &#187;, The New York Times, 31 d&#233;cembre 2022 ; Ecole de Politique Appliqu&#233;e, &#171; Election pr&#233;sidentielle au Br&#233;sil : le retour historique de Lula &#187;, Facult&#233; de Lettres et Sciences Humaines, Universit&#233; de Sherbrook, 8 novembre 2022. &lt;a href=&#034;https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse/3324&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse/3324&lt;/a&gt; (site consult&#233; le 16 janvier 2023).&lt;br class='autobr' /&gt;
[9] Vanessa Barbara, &#171; The &#8216;Trump of the Tropics' Goes Bust &#187;, The New York Times, 9 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[10] Rob Picheta, &#171; The violent attack on Brazil's government was months in the making. Here's what you need to know &#187;, CNN, 9 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[11] AFP/Le Point, &#171; Br&#233;sil : Bolsonaro s'envole pour les Etats-Unis avant la fin de son mandat &#187;, 31 d&#233;cembre 2022.&lt;br class='autobr' /&gt;
[12] Jack Nicas &amp; Andr&#233; Spigariol, &#171; Lula Becomes Brazil's President, With Bolsonaro in Florida &#187;, The New York Times, 1er janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[13] Jack Nicas &amp; Andr&#233; Spigariol, &#171; Lula Becomes Brazil's President, With Bolsonaro in Florida &#187;, The New York Times, 1er janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[14] Lula da Silva, &#171; Discurso de posse do presidente Lula no Congresso Nacional &#187;, 1er janvier 2023. &lt;a href=&#034;https://lula.com.br/discurso-de-posse-lula-2023/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://lula.com.br/discurso-de-posse-lula-2023/&lt;/a&gt; (site consult&#233; le 16 janvier 2023).&lt;br class='autobr' /&gt;
[15] The New York Times, &#171; Governments Condemn Brazil Protests &#187;, 8 janvier 2023 ; Jack Nicas &amp; Andr&#233; Spigariol, &#171; Bolsonaro Supporters Lay Siege to Brazil's Capital &#187;, The New York Times, 8 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[16] David Biller, &#171; Authorities probe who was behind uprising in Brazil capital &#187;, Associated Press, 9 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[17] Ana Ionova &amp; Jack Nicas, &#171; Here's the latest on the riot in the Brazilian capital &#187;, The New York Times, 9 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[18] Jack Nicas, &#171; Bolsonaro has been holed up thousands of miles away in Florida &#187;, The New York Times, 8 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[19] Jack Nicas &amp; Andr&#233; Spigariol, &#171; Her's what to know about the protest fueled by false claims of electoral fraud &#187;, The New York Times, 8 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[20] Rob Picheta, &#171; The violent attack on Brazil's government was months in the making. Here's what you need to know &#187;, CNN, 9 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[21] Jack Nicas &amp; Andr&#233; Spigariol, &#171; Bolsonaro Faces Investigation for Inspiring Brazil's Capital Riot &#187;, The New York Times, 13 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[22] Alan Yuhas, &#171; What We Know About the Investigations Into the Brazil Protests &#187;, The New York Times, 9 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[23] Bruno Meyerfeld, &#171; Au Br&#233;sil, les limites de la purge de Lula dans l'arm&#233;e, apr&#232;s les &#233;meutes du 8 janvier &#187;, Le Monde, 21 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[24] Jack Nicas, &#171; What Drove a Mass Attack on Brazil's Capital ? Mass Delusion &#187;, The New York Times, 9 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[25] Jack Nicas &amp; Simon Romero, &#171; &#8216;We Wille Die for Brazil' : How a Far-Right Mob Tried to Oust Lula &#187;, The New York Times, 13 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[26] Amanda Taud, &#171; A Vital Question for Brazil's Democracy : Where Were the Police ? &#187;, The New York Times, 11 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[27] Tara John Rodrigo Pedroso &amp; Kareem El Damanhoury, &#171; Brazilian President Lula criticizes police for protesters' breach of government buildings &#187;, CNN, 10 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[28] Reuters, &#171; Brazil's Top Court Removes Brasilia Governor Over pro-Bolsonaro Riots &#187;, 8 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[29] Agence France-Presse, &#171; Election au Br&#233;sil : r&#233;velations compromettantes dans l'entourage de Bolsonaro &#187;, 13 janvier 2023 ; Le Monde, &#171; Au Br&#233;sil, Anderson Torres, ancien ministre de la justice de Jair Bolsonaro, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; &#187;, 14 janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
[30] Code p&#233;nal fran&#231;ais, &#171; Article 412-1 &amp; 412-4 &#187;. &lt;a href=&#034;https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070719/LEGISCTA000006136044/#LEGISCTA000006136044&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070719/LEGISCTA000006136044/#LEGISCTA000006136044&lt;/a&gt; (site consult&#233; le 18 janvier 2023).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;source : &lt;a href=&#034;https://www.medelu.org/Qui-se-cache-derriere-la-tentative-de-coup-d-Etat-contre-la-democratie&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;m&#233;moires des luttes medelu.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>HA&#207;TI - Radiographie de l'intervention : </title>
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		<dc:creator>Lautaro Rivera </dc:creator>



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&lt;p&gt;Depuis 20 ans Ha&#239;ti vit sous l'&#233;tat d'exception permanent : l'histoire r&#233;cente du pays est une sorte de serpent qui menace de se mordre la queue et de revenir au point de d&#233;part. Le premier &#233;tat d'exception a &#233;t&#233; g&#233;opolitique et militaire, comme la menace qui p&#232;se de nos jours sur le pays avec la demande du Premier ministre Daniel Henry, des &#201;tats-Unis et des Nations Unies d'intervenir dans le pays, pour la dixi&#232;me fois au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
24 octobre 2022 - Quelles sont les caract&#233;ristiques (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 20 ans Ha&#239;ti vit sous l'&#233;tat d'exception permanent : l'histoire r&#233;cente du pays est une sorte de serpent qui menace de se mordre la queue et de revenir au point de d&#233;part. Le premier &#233;tat d'exception a &#233;t&#233; g&#233;opolitique et militaire, comme la menace qui p&#232;se de nos jours sur le pays avec la demande du Premier ministre Daniel Henry, des &#201;tats-Unis et des Nations Unies d'intervenir dans le pays, pour la dixi&#232;me fois au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;24 octobre 2022 - Quelles sont les caract&#233;ristiques de la crise ha&#239;tienne ? Quelles sont les raisons qui poussent les &#201;tats-Unis &#224; une nouvelle intervention militaire sur l'&#238;le ? Quelles sont les alternatives pacifiques et souveraines pour r&#233;soudre la crise end&#233;mique de la nation carib&#233;enne ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tat d'exception permanent : un cercle vicieux&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis 20 ans Ha&#239;ti vit sous l'&#233;tat d'exception permanent : l'histoire r&#233;cente du pays est une sorte de serpent qui menace de se mordre la queue et de revenir au point de d&#233;part. Le premier &#233;tat d'exception a &#233;t&#233; g&#233;opolitique et militaire, comme la menace qui p&#232;se de nos jours sur le pays avec la demande du Premier ministre Daniel Henry, des &#201;tats-Unis et des Nations Unies d'intervenir dans le pays, pour la dixi&#232;me fois au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est en 2004 que l'escalade des tensions entre le gouvernement de l'ex pr&#233;sident Jean-Bertrand Aristide et ses opposants a atteint son climax, sans d&#233;border de ce qui jusqu'&#224; ce moment-l&#224; &#233;tait une lutte factieuse strictement locale. Aristide avait &#233;t&#233; le premier gouvernant d&#233;mocratiquement &#233;lu lors de la tortueuse post-dictature consomm&#233;e apr&#232;s la chute de la dictature &#224; vie du clan Duvalier, renvers&#233; ensuite par un coup d'&#201;tat appuy&#233; par les &#201;tats-Unis et perp&#233;tr&#233; par les forces arm&#233;es locales, et revenu ensuite au pouvoir gr&#226;ce &#224; la m&#233;diation de l'administration de Bill Clinton.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce contexte de crise interne, une force de d&#233;ploiement rapide, compos&#233;e de troupes et d'&#233;quipement militaire des &#201;tats-Unis, de la France et du Canada, occupa le pays pr&#233;parant les conditions d'obtenir ce que serait, une fois obtenu le &#171; consensus &#187; post facto &#8211; par ce qui avait &#233;t&#233; une action totalement unilat&#233;rale&#8211;, le d&#233;ploiement futur de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation de Ha&#239;ti (MINUSTAH). Appel&#233;e &#224; rester six mois, cette mission est rest&#233;e 13 ans dans le pays, jusqu'en 2017, avec la participation de nombreux contingents militaires latino-am&#233;ricains &#8211; &#224; la digne exception du Venezuela et de Cuba &#8211; et avec des r&#233;sultats que nous avons d&#233;taill&#233;s en d'autres occasions. Ce fut le cycle MINUSTAH qui a achev&#233; de d&#233;structurer le pays, chose plus dangereuse et plus d'inqui&#233;tante pour l'establishment que le charismatique et messianique leader sal&#233;sien, Jean Bertrand Aristide, lui qui avait assum&#233; &#224; son retour une orientation de plus en plus conservatrice, pro-entrepreneuriale : les troupes des Casques bleus achev&#232;rent de d&#233;truire les derniers vestiges de ce qui avait &#233;t&#233; le mouvement social le plus puissant et radical depuis la r&#233;volution des &#171; cinq glorieuses &#187; de l'ann&#233;e 1946 : le mouvement Lavalas (l'averse ou l'avalanche, en cr&#233;ole).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme cela se produit dans le cas des missions de paix (qui sont plut&#244;t de guerre ou de post-guerre, administratrices de leurs s&#233;quelles) dans les pays du Sud global qui ont eu la chance &#233;trange d'entrer dans le radar des int&#233;r&#234;ts humanitaires de l'Occident, c'est la Mission elle-m&#234;me et ses promoteurs (&#201;tats-Unis, OEA, Nations Unies) qui se sont charg&#233;s de pr&#233;parer le terrain pour une gouvernance civile quand la garde pr&#233;torienne des troupes d'occupation quitta finalement la sc&#232;ne, entour&#233;e de rancunes internes et fortement discr&#233;dit&#233;e par les cas de violences sexuelles, de massacres perp&#233;tr&#233;s dans des quartiers populaires et l'introduction dans le pays de l'&#233;pid&#233;mie de chol&#233;ra.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'&#233;merge le Pati Ayisyen T&#232;t Kale (Parti Ha&#239;tien des T&#234;te ras&#233;es dans sa traduction litt&#233;rale), une formation politique de laboratoire, une cr&#233;ature incub&#233;e par la &#171; communaut&#233; internationale &#187; avec financement externe et recrutement d'&#233;l&#233;ments pro nord-am&#233;ricains de la diaspora ha&#239;tienne des &#201;tats-Unis et d'&#233;l&#233;ments r&#233;siduels du duvali&#233;risme, en particulier des tristement c&#233;l&#232;bres Tonton Macoutes, la force de choc paramilitaire cr&#233;&#233;e par Fran&#231;ois Duvalier, entra&#238;n&#233;e et financ&#233;e par la CIA. Leur leader m&#234;me, et premier pr&#233;sident surgi de ce groupe politique, le chanteur de konpa Michel Martelly, a &#233;t&#233; lui-m&#234;me dans sa jeunesse un macoute. Ce n'est pas par hasard que la courbe de d&#233;gradation de la situation ha&#239;tienne la plus grave co&#239;ncide assez bien avec l'arriv&#233;e au pouvoir, en 2011, du PHTK, parti que nous pourrions comparer aujourd'hui aux droites &#233;mergentes et r&#233;actionnaires comme celles de Bolsonaro au Br&#233;sil, de Viktor Orb&#225;n en Hongrie et de Donald Trump aux &#201;tats-Unis , pour ne citer que quelques exemples embl&#233;matiques dans diff&#233;rentes r&#233;gions du globe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ce parti qui a instaur&#233; le second &#233;tat d'exception, de type politico-institutionnel, et a gouvern&#233; le pays avant et apr&#232;s le d&#233;part de la MINUTASH et la mission qui lui a succ&#233;d&#233;, la MINUJUST. Le caract&#232;re autoritaire de cette formation s'est affermi avec l'arriv&#233;e au pouvoir de l'ex pr&#233;sident Jovenel Mo&#239;se qui, au cours de son mandat assuma la rupture de l'ordre d&#233;mocratique du pays, en violant son mandat constitutionnel, en &#233;tablissant des relations de promiscuit&#233; avec le crime organis&#233;, en suspendant les &#233;lections, en fermant virtuellement le congr&#232;s de la r&#233;publique et en interf&#233;rant dans les principaux tribunaux du pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'ordre pr&#233;caire &#233;tabli par le PHTK et ses alli&#233;s internationaux commen&#231;a &#224; s'&#233;roder d&#232;s l'arriv&#233;e m&#234;me au pouvoir de Moise : les d&#233;nonciations de fraudes massives des comices qui le port&#232;rent &#224; la pr&#233;sidence, les &#171; marches de la faim &#187;, les revendications des travailleuses et des travailleurs des zones franches industrielles d'un salaire minimum et l'impact de l'ouragan Mathew, en 2016, ont commenc&#233; &#224; saper sa maigre l&#233;gitimit&#233; originelle. L'&#233;quilibre a fini par se rompre avec l'insurrection populaire de juillet 2018 motiv&#233;e par l'augmentation des combustibles, lanc&#233;e par le gouvernement sur recommandation du FMI et, plus tard, par le scandale provoqu&#233; par la d&#233;valuation, op&#233;r&#233;e par la classe politique ha&#239;tienne, de l'argent liquide disponible dans les coffres de l'&#201;tat, occasionn&#233;e par la participation de Ha&#239;ti &#224; la plateforme &#233;nerg&#233;tique de Petrocaribe. Plus tard Mo&#239;se s'en retirerait de fa&#231;on unilat&#233;rale, provoquant ainsi une crise &#233;nerg&#233;tique chronique dans un pays qui se tourna alors vers le co&#251;teux march&#233; du carburant nord am&#233;ricain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est alors que commen&#231;a le troisi&#232;me des &#233;tats d'exception : quand l'&#233;tat d'exception g&#233;opolitique et militaire de la MINUSTAH avait d&#233;j&#224; abandonn&#233; le pays et quand l'&#233;tat d'exception politico-institutionnel se montra incapable d'&#233;tablir une digue de contention au m&#233;contentement populaire massif d&#233;ploy&#233; dans les rues du pays, les classes dominantes locales et leurs alli&#233;s internationaux commenc&#232;rent &#224; tenter une autre strat&#233;gie : la para-militarisation du pays. De fait, et co&#239;ncidant avec le pic des manifestations, commenc&#232;rent &#224; entrer en Ha&#239;ti &#8211; d&#233;tect&#233;s par les autorit&#233;s polici&#232;res locales &#8211; des mercenaires et des ex marines &#233;tats-uniens qui entr&#232;rent dans le pays dans le but pr&#233;cis d'armer, d'entra&#238;ner et de financer ces groupes criminels, &#233;tant donn&#233; que ces derniers jouent dans le pays un r&#244;le appr&#233;ciable dans la r&#233;pression paramilitaire du mouvement social organis&#233;, en infusant une terreur g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Avec un certain succ&#232;s, cela paralysa pour un temps le cycle de mobilisation massive et permanente qui avait d&#233;but&#233; au cours de l'ann&#233;e 2018.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, en juillet 2021, un fait vint &#224; nouveau troubler les eaux de la politique nationale : le magnicide de Jovenel Mo&#239;se, perp&#233;tr&#233; par un peloton de mercenaires colombiens et &#233;tats-uniens. &#192; ce jour, les investigations n'ont pas avanc&#233;, non seulement pour ce qui est du pouvoir judiciaire ha&#239;tien, ni ce qui est du ressort des investigations ouvertes par la justice des &#201;tats-Unis eux-m&#234;mes. Quelles que soient les raisons profondes de ce magnicide &#8211;nous avons &#233;voqu&#233; quelques hypoth&#232;ses dans d'autres articles &#8211;, et en consid&#233;rant les soup&#231;ons s&#233;rieux qui p&#232;sent sur l'entourage m&#234;me de l'ex pr&#233;sident et sur son parti politique, la r&#233;alit&#233; est que son assassinat a permis d'installer le quatri&#232;me &#233;tat d'exception &#8211; et un &#233;tat de si&#232;ge formellement d&#233;clar&#233; &#8211; portant au pouvoir int&#233;rimaire Ariel Henry, provoquant un &#233;tat de choc g&#233;n&#233;ralis&#233; et justifiant le renvoi &#224; l'infini de la normalisation politique et &#233;lectorale que Mo&#239;se avait finalement promise dans les derniers soubresauts de son mandat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Henry n'est pas parvenu non plus &#224; stabiliser le pays, ni par la r&#233;pression, ni par le consensus inenvisageable. En interne, Henry ne re&#231;oit l'appui que d'une partie de la bourgeoisie importatrice et de l'oligarchie ha&#239;tienne, les deux fractions principales des classes dominantes locales. M&#234;me les puissantes familles de la classe dominante mul&#226;tre, noire et syro-libanaise, sont oppos&#233;s &#224; sa permanence au pouvoir, en partie pour les m&#234;mes raisons qui ont motiv&#233; l'opposition &#224; la derni&#232;re partie du mandat de Moise : l'instabilit&#233; et la mauvaise gouvernance chronique, pour certains secteurs du capital, n'assurent pas les conditions minimales pour garantir leur croissance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ne donner qu'un exemple : les &#171; maquilas &#187; ont besoin que leurs travailleurs ne soient pas dans les rues mais bien dans les usines ; les capitaux de l'&#233;nergie &#233;lectrique ont besoin de fourniture de combustible pour pouvoir la g&#233;n&#233;rer et la vendre ; les concessionnaires automobiles ont besoin de la capitalisation la plus &#233;l&#233;mentaire des classes moyennes et moyennement hautes pour vendre leurs v&#233;hicules et les importateurs ont besoin d'une fronti&#232;re stable et ouverte avec la R&#233;publique dominicaine. Tout cela sans compter les puissants int&#233;r&#234;ts internationaux, li&#233;s &#224; l'agriculture de monocultures d'exportation, aux initiatives de m&#233;ga exploitations mini&#232;res, aux projets touristiques d'enclaves, aux zones franches industrielles et aux &#171; remesas &#187; de la diaspora. Le principal appui et soutien de Henry, comme ceux des gouvernements de Michel Martelly, et Jovenel Mo&#239;se, est international , ce qui explique que toutes les mobilisations contre leur gouvernement se manifestent de fa&#231;on invariable, et avant m&#234;me la proposition formelle d'intervention, contre les ambassades des &#201;tats-Unis, de la France, du Canada, ou contre des &#233;tablissements des Nations Unies et ceux de l'Union europ&#233;enne. Mais les facteurs strictement externes ne sont pas suffisants pour garantir l'ordre, du moins de fa&#231;on permanente : m&#234;me le puissant empire britannique avait besoin de ses cipayes pour garantir sa domination coloniale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sortir du labyrinthe&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;bat politique concernant Ha&#239;ti semble &#234;tre paralys&#233; : il y a ceux qui pr&#233;tendent qu'il est impossible d'organiser des &#233;lections, d'appeler un gouvernement de transition ou de normaliser la situation politique et institutionnelle du pays dans un contexte de violence et de prolif&#233;ration de groupes criminels et de bandes de paramilitaires. Il s'agit des m&#234;mes qui paradoxalement ont lanc&#233; l'organisation d'&#233;lections tr&#232;s discutables dans des contextes aussi dramatiques que ceux de 2010 qui ont eu comme toile de fond la plus grande catastrophe naturelle de l'histoire du pays, le s&#233;isme du 12 janvier qui fit plus de 300 mille victimes ; ou ceux qui ont valid&#233; de nombreuses &#233;lections r&#233;alis&#233;es sous l'&#233;tat d'exception permanent de l'occupation militaire multilat&#233;rale de la MINUSTASH, au fil d'une longue p&#233;riode de 13 ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La raison du refus du PHTK, des classes dominantes ha&#239;tiennes et de leurs alli&#233;s europ&#233;ens et nord am&#233;ricains d'organiser des &#233;lections est beaucoup plus simple et d'autant moins humanitaire : quel que soit le candidat que pr&#233;senterait l'establishment dans ce contexte de discr&#233;dit total il perdrait largement face &#224; tout rival progressiste ou de gauche, ou m&#234;me face &#224; un outsider impr&#233;visible. Il faut rappeler que le pr&#233;d&#233;cesseur de Henry, Jovenel Mo&#239;se est arriv&#233; au pouvoir apr&#232;s deux &#233;lections cons&#233;cutives qualifi&#233;es de frauduleuses par de nombreux acteurs nationaux et internationaux et que, m&#234;me ainsi, il a acc&#233;d&#233; &#224; la pr&#233;sidence avec une participation de seulement 18% des voix. Mais pour Mo&#239;se au moins le vote a eu lieu. Henry, en revanche, aujourd'hui occupe par int&#233;rim la charge &#224; laquelle il a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; de fa&#231;on ridicule et in&#233;dite par un tweet du Core Group, le groupe auto-d&#233;sign&#233; &#171; groupe des pays amis de Ha&#239;ti &#187; qui noyaute les principales puissances ayant des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et g&#233;opolitiques dans le pays tels que les &#201;tats-Unis, la France, le Canada et d'autres. Le mandat de Henry aurait d&#251; s'achever le 7 f&#233;vrier de cette ann&#233;e et il aurait fallu organiser des &#233;lections. Elles n'ont jamais &#233;t&#233; organis&#233;es. En outre la constitution ha&#239;tienne reconna&#238;t comme principale autorit&#233; nationale un pr&#233;sident qui aujourd'hui n'est plus de ce monde, et non un premier Ministre qui devrait &#234;tre &#233;lu par le pr&#233;sident lui-m&#234;me pour n'exercer qu'en tant que chef du gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le pi&#232;ge, donc, est de dire qu'il n'y a pas de solutions nationales aux probl&#232;mes nationaux de Ha&#239;ti, et que la crise de l'ins&#233;curit&#233; peut et doit prolonger, jusqu'&#224; une date ind&#233;termin&#233;e, la situation de crise politique, institutionnelle et &#233;conomique. Bien au contraire, l'absence d'autorit&#233; politique, avec un minimum de l&#233;gitimit&#233; et de consensus social, est la principale raison qui explique la paralysie totale de l'&#201;tat ha&#239;tien, son incapacit&#233; totale &#224; affronter des probl&#232;mes fondamentaux d'ordre &#233;conomique, social ou s&#233;curitaire. Comment, par exemple, une Police nationale, appauvrie, affaiblie, d&#233;moralis&#233;e et priv&#233;e d'orientation et de commandement peut-elle faire face &#224; de puissants groupes criminels aliment&#233;s par un trafic massif d'armes en provenance des &#201;tats-Unis ? En revanche, comment pourrait une force militaire internationale affronter un probl&#232;me essentiellement national en faisant abstraction de ses bases &#233;conomiques &#8211; les politiques d'aust&#233;rit&#233; mortelles &#8211; et g&#233;opolitiques &#8211; de l'implication m&#234;me des mercenaires, &#233;quip&#233;s d'armes venues des &#201;tats-Unis, au sein des bandes arm&#233;es elles-m&#234;mes. Une des critiques unanimes de la MINUTASH a &#233;t&#233; l'erreur op&#233;rationnelle d'utiliser des forces militaires, incapables d'affronter des probl&#232;mes de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, dans des fonctions essentiellement polici&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela pourrait s'aggraver &#233;norm&#233;ment si on consid&#232;re le renforcement des groupes criminels ces derni&#232;res ann&#233;es. Plus encore si on consid&#232;re l'&#233;norme rejet qu'engendre l'id&#233;e d'une occupation dans la population ha&#239;tienne. Un affrontement &#224; grande &#233;chelle entre une mission multilat&#233;rale et les bandes ferait des populations, en particulier les plus vuln&#233;rables, des otages d'un conflit de caract&#232;re d&#233;sormais international.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'autre aspect de ce pi&#232;ge est &#224; relier &#224; la d&#233;n&#233;gation des nombreuses propositions que la soci&#233;t&#233; civile et les forces ha&#239;tiennes elles-m&#234;mes ont &#233;labor&#233; de fa&#231;on publique et manifeste au cours des derni&#232;res ann&#233;es de la crise : certaines d'entre elles proposent la tenue imm&#233;diate d'&#233;lections. D'autres, majoritaires peut-&#234;tre, se sont constitu&#233;es autour de l'Accord de Montana, une coalition dans laquelle plusieurs centaines d'organisations politiques, syndicales, paysannes, religieuses, de tout type, ont &#233;lu un Conseil national de Transition et &#233;labor&#233; un Plan de Transition, pour prendre les rennes de l'&#201;tat, avec un vaste &#233;ventail de forces politiques et sociales. L'Accord de Montana pr&#233;voit un gouvernement coll&#233;gial et int&#233;rimaire qui puisse affronter les probl&#232;mes les plus urgents qui accablent la population ha&#239;tienne, tels que l'inflation, la faim, l'ins&#233;curit&#233;, ainsi qu'introduire une r&#233;forme politique qui puisse garantir d'ici &#224; trois ans, les premi&#232;res &#233;lections propres et transparentes depuis fort longtemps. En d&#233;finitive, les alternatives sont nombreuses, mais toutes sont et doivent &#234;tre obligatoirement nationales, sur la base du respect de la souverainet&#233; et de l'autod&#233;termination de la plus ancienne r&#233;publique ind&#233;pendante constitu&#233;e au sud du R&#237;o Bravo, sous peine d'aggraver les drames du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Conseil de s&#233;curit&#233;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La ligne interventionniste a subi un revers important lors du dernier Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies. Le veto presque garanti de la Chine et de la Russie &#224; l'intervention militaire soutenue par les &#201;tats-Unis, a conduit &#224; ce que les &#201;tasuniens, avec le Mexique, proposent une sortie plus consensuelle focalis&#233;e sur l'application d'une s&#233;rie de sanctions l&#233;gales et financi&#232;res &#224; l'encontre des bandes arm&#233;es. Au de l&#224; de l'efficacit&#233; relative que puissent avoir ces mesures, cela laisse un peu de temps pour optimiser la pression internationale contre une intervention que les &#201;tats-Unis pourraient lancer de fa&#231;on unilat&#233;rale, sans l'appui n&#233;cessaire de l'organisme supranational (comme ce fut le cas r&#233;guli&#232;rement ces derni&#232;res ann&#233;es).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mieux encore, la r&#233;solution m&#234;me, sign&#233;e par les 15 membres du Conseil, a revalid&#233; l'application &#224; Ha&#239;ti du chapitre VII de la Chartre de Nations unies, qui consid&#232;re que le pays est une &#171; menace pour la paix et la s&#233;curit&#233; de la r&#233;gion &#187;, en brandissant l'&#233;p&#233;e de Damocl&#232;s qui peut donner un alibi l&#233;gal &#224; une intervention prochaine. Les &#201;tats-Unis ont d&#233;j&#224; annonc&#233; qu'ils pr&#233;parent un autre brouillon de r&#233;solution pour avaliser l'occupation de la nation carib&#233;enne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une intervention qui n'a rien de nouveau ni ne peut donner de r&#233;sultats diff&#233;rents de ceux du pass&#233; : une dizaine de missions militaires ou civiles ont occup&#233; le pays ces trente derni&#232;res ann&#233;es, poursuivant l'objectif d&#233;clar&#233; d'atteindre la &#171; stabilisation &#187;, la &#171; paix &#187; ou la &#171; justice &#187; dans le pays. Dans un communiqu&#233; que l'OEA elle-m&#234;me a reconnu il y a quelques mois, cette politique d'intervention a spectaculairement &#233;chou&#233;. Pourquoi serait-elle un succ&#232;s aujourd'hui, dans des conditions sociales plus dramatiques et plus explosives encore que celles d'hier ? Le co&#251;t on&#233;reux d'une mission de la MINUSTAH &#233;quivaut aujourd'hui &#224; la moiti&#233; du PIB ha&#239;tien. Ces ressources pourraient &#234;tre investies dans des syst&#232;mes d'eau potable, un r&#233;seau &#233;lectrique national, des vaccins, ou en soutien aux paysans et &#224; la production agricole. Elles ne doivent pas &#234;tre utilis&#233;es pour des armes, des tanks, sur une sc&#232;ne qui pourrait encourager une guerre civile de caract&#232;re international. Les principaux motifs avanc&#233;s pour lancer une nouvelle occupation internationale en Ha&#239;ti sont de la responsabilit&#233; directe ou indirecte des m&#234;mes acteurs internationaux qui promeuvent aujourd'hui l'intervention. Rien de bon ne peut sortir de tout cela.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lautaro Rivera est un sociologue argentin, doctorant en Histoire (CONICET) et enseignant universitaire. Il est journaliste et analyste sp&#233;cialiste des sujets latino-carib&#233;ens. Il est correspondant de Globetrotter (Independent Media Institute) et &#233;diteur g&#233;n&#233;ral d'ALAI ainsi que coordinateur des livres El nuevo Plan C&#243;ndor et Internacionalistas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Traduction fran&#231;aise de Fran&#231;oise Cou&#235;del.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Source (espagnol) : &lt;a href=&#034;https://www.alai.info/radiografia-de-la-intervencion-por-que-estados-unidos-quiere-ocupar-militarmente-haiti&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.alai.info/radiografia-de-la-intervencion-por-que-estados-unidos-quiere-ocupar-militarmente-haiti&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>lls veulent tuer l'exemple cubain !</title>
		<link>http://www.acca.1901.org/spip.php?article106</link>
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		<dc:date>2021-09-22T07:58:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Michel TAUPIN</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans sa campagne &#233;lectorale, Biden avait promis que &#171; les &#201;tats-Unis s'engageraient &#224; examiner soigneusement les d&#233;cisions politiques prises sous l'Administration pr&#233;c&#233;dente contre Cuba &#187;, et que Washington &#233;tait &#171; d&#233;termin&#233; &#187; &#224; r&#233;examiner la d&#233;cision de l'ancien pr&#233;sident Trump de d&#233;signer Cuba comme &#171; &#201;tat parrain du terrorisme &#187;. Mais plus de 8 mois apr&#232;s sa prise de fonction le 20 janvier dernier, Biden, qui a pourtant &#233;t&#233; le vice-pr&#233;sident d'Obama, n'a strictement rien entrepris ! Il n'a absolument pas boug&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Am&#233;riques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans sa campagne &#233;lectorale, Biden avait promis que &#171; les &#201;tats-Unis s'engageraient &#224; examiner soigneusement les d&#233;cisions politiques prises sous l'Administration pr&#233;c&#233;dente contre Cuba &#187;, et que Washington &#233;tait &#171; d&#233;termin&#233; &#187; &#224; r&#233;examiner la d&#233;cision de l'ancien pr&#233;sident Trump de d&#233;signer Cuba comme &#171; &#201;tat parrain du terrorisme &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais plus de 8 mois apr&#232;s sa prise de fonction le 20 janvier dernier, Biden, qui a pourtant &#233;t&#233; le vice-pr&#233;sident d'Obama, n'a strictement rien entrepris ! Il n'a absolument pas boug&#233; d'un pouce pour soulager Cuba, pr&#233;textant que la r&#233;forme de la politique de Washington &#224; l'&#233;gard de Cuba &#034;ne faisait pas partie de ses priorit&#233;s pour le moment &#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une autre fa&#231;on pour l'Empire yankee, peut-&#234;tre moins brutale que celle de Trump, mais terriblement plus hypocrite et tout aussi ignominieuse, de maintenir des ch&#226;timents cruels contre le peuple cubain en raison de son choix politique et de son audace &#224; ne rien c&#233;der depuis 60 ans, malgr&#233; les graves souffrances qu'il endure. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que Washington continue d'&#233;touffer &#233;conomiquement le peuple Cubain par un blocus impitoyable, Biden ose, comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs, reprocher au gouvernement cubain de ne pas respecter les Droits de l'Homme. Il ne faut avoir ni honneur ni dignit&#233;, pour accuser Cuba de violation des Droits de l'Homme alors m&#234;me que son administration exerce sur l'&#206;le un blocus &#233;conomique et financier soixantenaire f&#233;roce, et que pour cette raison, l'&#206;le ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un pays libre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais malgr&#233; un &#233;tat de si&#232;ge de 60 ans, Cuba figure aujourd'hui &#224; la 17&#232;me place au niveau mondial selon l'Indicateur de d&#233;veloppement humain non &#233;conomique (Sant&#233;, &#201;ducation, Culture, Droits des Femmes, Droit des enfants, Droit &#224; un logement, &#201;limination de l'analphab&#233;tisme, de l'extr&#234;me pauvret&#233;, de la faim, etc&#8230;). C'est le pays en d&#233;veloppement affichant les meilleurs r&#233;sultats. Cuba peut ainsi administrer aux yankees, une le&#231;on magistrale en mati&#232;re de respect des Droits de l'Homme. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet dans ce domaine, les &#201;tats-Unis n'ont aucune l&#233;gitimit&#233;. Il suffit de regarder les r&#233;sultats tragiques de leur incomp&#233;tence dans le contr&#244;le de la pand&#233;mie (ch&#244;mage de masse, couverture maladie quasi inexistante), le chaos politique caus&#233; par le d&#233;sordre &#171; d&#233;mocratique &#187; &#233;tasunien (la politique fauss&#233;e par l'argent a d&#233;natur&#233; et &#233;touff&#233; l'opinion publique, transformant les &#233;lections en un &#034;one-man show&#034; de la classe des riches), la discrimination raciale dont souffrent les minorit&#233;s ethniques, la menace &#224; la s&#233;curit&#233; publique pos&#233;e par la d&#233;fiance envers l'ordre social, l'aggravation des in&#233;galit&#233;s sociales due &#224; la polarisation croissante entre riches et pauvres (la mis&#232;re s'est encore accrue dans les couches populaires) et les catastrophes humanitaires caus&#233;es par les d&#233;cisions &#233;tasuniennes de fouler aux pieds les r&#232;gles internationales. Et je ne parle pas de la zone de non droit de la base de Guantanamo, des massacres par armes &#224; feu, etc&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, Washington ne cesse de les invoquer en gesticulant et accusant tous les pays, notamment ceux d'Am&#233;rique Latine qui ne se soumettent pas &#224; sa domination, de les violer syst&#233;matiquement. Son but est de d&#233;truire toute vell&#233;it&#233; d'ind&#233;pendance politique, &#233;conomique et financi&#232;re, en fomentant des coups d'&#201;tat &#171; soft &#187; qui, avec l'aide des m&#233;dias et des r&#233;seaux sociaux &#224; sa botte, donnent en p&#226;ture &#224; la na&#239;vet&#233; populaire, les gouvernements qui lui d&#233;sob&#233;issent et qui sont accus&#233;s des pires forfaits contre leurs peuples, avec une double d&#233;tente : faire oublier le d&#233;sastre de son propre bilan. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui s'est pass&#233; &#224; Cuba en juillet de cette ann&#233;e d&#233;montre avec &#233;clat que Biden, comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs, n'entend pas renoncer &#224; changer le r&#233;gime politique de Cuba et ce, quelqu'en soit le co&#251;t humain. Pas de socialisme &#224; sa porte ! La Maison Blanche se fiche comme de son premier indien mort, du vote de l'ONU condamnant &#224; une &#233;crasante majorit&#233; et pour la 29&#232;me fois cons&#233;cutive, le blocus cruel qu'il inflige au peuple cubain. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que la CIA et la mafia de Floride ont tent&#233; de soulever le peuple cubain contre son gouvernement, esp&#233;rant exploiter l'&#233;puisement r&#233;el de la population qui lutte avec acharnement contre la pand&#233;mie venue s'ajouter au blocus mortif&#232;re. Ce fut de nouveau un &#233;chec ! L'unit&#233; du peuple cubain autour de sa r&#233;volution, sa conscience politique, sa confiance dans ses dirigeants qui ne l'ont jamais trahi, ont permis de faire avorter cette tentative de coup d'&#201;tat &#233;labor&#233;e par l'administration Biden et les gusanos de Miami. Dans un contexte terriblement difficile, que l'on peut assimiler en termes de souffrance &#224; la p&#233;riode sp&#233;ciale, le peuple cubain et la R&#233;volution ont triomph&#233; une fois de plus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le peuple cubain et ses dirigeants n'ont pas trembl&#233;. Ils ont fait face, unis, fiers et dignes, encaissant des coups tr&#232;s durs, sans jamais baisser les yeux ni les bras, sans jamais poser un genou &#224; terre. Au contraire, ils s'adaptent, cr&#233;ent, inventent. Par exemple, ce petit pays de 11 millions d'habitants a mis au point ses propres vaccins anti-covid-19 : Soberana et Abdala, les seuls vaccins latino-am&#233;ricains ! Cent millions de doses sont en cours de fabrication. Cuba est en train de vacciner tout son peuple, y compris les enfants, et distribuera ses vaccins &#224; prix co&#251;tant aux pays demandeurs. La France, elle, pays de Pasteur, n'a m&#234;me pas son vaccin ! &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; donc un pays, les Etats-Unis, qui persiste &#224; poursuivre une politique particuli&#232;rement &#233;go&#239;ste &#034;America First&#034; (&#034;l'Am&#233;rique d'abord&#034;), une politique isolationniste et unilat&#233;rale, &#224; imposer des sanctions pour leur seul b&#233;n&#233;fice et selon leur bon vouloir, &#224; intimider et menacer des organisations internationales, des pays, &#224; soutenir les pires dictatures, et &#224; traiter avec cruaut&#233; les demandeurs d'asile. Le voil&#224; ce pays qui se permet de donner des le&#231;ons de Droits de l'Homme au monde entier ! Qui sont les plus grands fauteurs de troubles pour la s&#233;curit&#233; et la stabilit&#233; mondiales, sinon les &#201;tats-Unis ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le blocus &#233;tasunien n'a pas seulement un impact sur Cuba, ses cons&#233;quences sont mondiales. L'ONU, l'Europe devraient d&#233;clarer haut et fort que les lois extra-territoriales &#233;dict&#233;es par les autocrates de l'Empire et qui violent impun&#233;ment le Droit International, sont ill&#233;gales. Une Europe ind&#233;pendante devrait s'opposer clairement aux sanctions financi&#232;res &#233;tasuniennes contre les entreprises europ&#233;ennes, et d&#233;fendre avec vigueur celles qui veulent coop&#233;rer ou commercer avec Cuba.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette p&#233;riode de crise mondiale exacerb&#233;e par la pand&#233;mie, des tensions de plus en plus dangereuses apparaissent. Et la plupart du temps, ce sont les USA qui sont &#224; la man&#339;uvre ou qui manipulent en sous-main. En Am&#233;rique Latine, c'est l'OEA (Organisation des &#201;tats Am&#233;ricains), consid&#233;r&#233;e comme le &#171; minist&#232;re des colonies &#187; des USA et dirig&#233;e par l'inf&#226;me Almagro, qui participe &#224; la d&#233;stabilisation des pays qui n'ont pas l'heur de plaire &#224; Washington, aid&#233;e en cela par ses affid&#233;s tels que Bolsonaro au Br&#233;sil, et Duke en Colombie. N'oublions jamais que l'OEA est l'organisation qui, au service des &#201;tats-Unis, a salu&#233; les tentatives d'isolement de Cuba, les interventions militaires en Am&#233;rique latine et dans les Cara&#239;bes, les coups d'&#201;tat et les dictatures militaires. Mais l'OEA, discr&#233;dit&#233;e, inf&#233;od&#233;e &#224; Washington, est peu &#224; peu marginalis&#233;e gr&#226;ce aux changements r&#233;cents de politique en Bolivie, au P&#233;rou et au Mexique. L'OEA risque fort d'&#234;tre abandonn&#233;e au profit d'une autre structure totalement ind&#233;pendante des USA et qui n'est le laquais de personne, la CELAC (Communaut&#233; des &#201;tats Latino-Am&#233;ricains et Cara&#239;bes), cr&#233;&#233;e en 2010 et qui regroupe 33 &#201;tats d'Am&#233;rique Latine et Cara&#239;bes. La CELAC est donc un v&#233;ritable espoir pour les pays d'Am&#233;rique Latine et pour Cuba dans la mesure o&#249; la coop&#233;ration s'effectuera dans le respect des choix politiques de chacune des nations. Le tout r&#233;cent sommet de cette organisation (septembre 2021) a concr&#233;tis&#233; 11 ans d'efforts engag&#233;s par Fidel Castro et Hugo Chavez, et suscite beaucoup d'espoir pour la stabilisation, la coop&#233;ration et le d&#233;veloppement du continent sud-am&#233;ricain. Cuba y aura toute sa place. Son combat contre le blocus &#233;tasunien y trouvera un r&#233;el &#233;cho. C'est sans doute par cette voie et avec l'appui massif de la solidarit&#233; internationale que le blocus sera vaincu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, la solidarit&#233; avec Cuba est essentielle et doit &#234;tre renforc&#233;e. Malgr&#233; un blocus renforc&#233; et une pand&#233;mie ravageuse, Cuba poursuit ses efforts en mati&#232;re de d&#233;fense des droits de l'&#234;tre humain. Cela devrait &#234;tre le principal motif de d&#233;nonciation de toutes les organisations qui, sur la plan&#232;te, parlent des droits de l'Homme. En effet, malgr&#233; toutes les limitations, malgr&#233; tous les probl&#232;mes, l'important est qu'&#224; Cuba, l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; n'ont qu'un seul objectif : l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, l'int&#233;r&#234;t de l'&#234;tre humain et non le profit financier de quelques uns.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les yankees &#233;touffent Cuba parce que ce petit pays leur fait peur, parce que son choix de soci&#233;t&#233;, le socialisme, celui de son d&#233;veloppement &#233;conomique et humain risquent fort de leur donner tort, de contrarier durablement leur ancrage capitaliste lib&#233;ral, de signifier au monde des exploit&#233;s qu'une autre voie, celle qui privil&#233;gie l'&#234;tre humain, est possible et viable, et de lui cheviller au c&#339;ur et au corps l'espoir d'y parvenir un jour. Toute autre all&#233;gation est mensonge et manipulation, donc nulle et non avenue ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Viva Cuba,&lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Taupin&lt;br class='autobr' /&gt;
Cuba Si France&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Y-a-t-il une r&#233;volution au V&#233;n&#233;zuela ?</title>
		<link>http://www.acca.1901.org/spip.php?article77</link>
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		<dc:date>2019-06-04T06:37:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Atilio Boron</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Quelques voyages r&#233;cents en Espagne et en Italie m'ont donn&#233; l'occasion de m'entretenir avec de nombreux intellectuels, universitaires et politiciens progressistes existant encore dans ces pays. Apr&#232;s avoir pass&#233; en revue la situation europ&#233;enne inqui&#233;tante et l'avanc&#233;e de l'extr&#234;me droite, mes interlocuteurs m'ont demand&#233; de leur parler de l'actualit&#233; latino-am&#233;ricaine, car, m'ont-ils assur&#233;, ils avaient du mal &#224; comprendre ce qui s'y passait. J'ai commenc&#233; par passer en revue l'offensive brutale du (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Am&#233;riques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelques voyages r&#233;cents en Espagne et en Italie m'ont donn&#233; l'occasion de m'entretenir avec de nombreux intellectuels, universitaires et politiciens progressistes existant encore dans ces pays. Apr&#232;s avoir pass&#233; en revue la situation europ&#233;enne inqui&#233;tante et l'avanc&#233;e de l'extr&#234;me droite, mes interlocuteurs m'ont demand&#233; de leur parler de l'actualit&#233; latino-am&#233;ricaine, car, m'ont-ils assur&#233;, ils avaient du mal &#224; comprendre ce qui s'y passait. J'ai commenc&#233; par passer en revue l'offensive brutale du gouvernement de Donald Trump contre le Venezuela et Cuba ; j'ai poursuivi en passant en revue l'involution politique malheureuse subie par l'Argentine et le Br&#233;sil aux mains de Macri et Bolsonaro et les vents encourageants de changement qui sont venus du Mexique ; le caract&#232;re central des prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles qui auront lieu en octobre en Argentine, en Bolivie et en Uruguay cl&#244;turant ainsi ce premier panorama de la politique r&#233;gionale, d&#233;non&#231;ant la perp&#233;tuation du terrorisme d'Etat en Colombie, avec un nombre choquant d'assassinats de dirigeants politiques et sociaux qui ont surpris mes interlocuteurs parce qu'ils &#233;taient presque totalement ignor&#233;s en Europe, ce qui en dit long sur les m&#233;dias d&#233;j&#224; d&#233;finitivement convertis en organes de propagande de droite et imp&#233;rialiste. Lorsque je me suis arr&#234;t&#233; pour donner des informations plus d&#233;taill&#233;es sur l'ampleur criminelle de l'agression perp&#233;tr&#233;e contre la R&#233;publique bolivarienne du Venezuela, surgissait, telle un coup de tonnerre, la question : &#034; peut-on vraiment parler d'une r&#233;volution au Venezuela ?&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma r&#233;ponse a toujours &#233;t&#233; oui, bien qu'il faille la nuancer car les r&#233;volutions - et pas seulement au Venezuela - sont toujours des processus, jamais des actes consomm&#233;s une bonne fois pour toutes. Impressionn&#233; par une visite &#224; la Chapelle Sixtine pour contempler, une fois de plus, l'&#339;uvre g&#233;niale de Michel-Ange, il m'est venu &#224; l'esprit que pour beaucoup de mes interlocuteurs - et pas seulement europ&#233;ens - la r&#233;volution est quelque chose comme le peintre florentin a repr&#233;sent&#233; la cr&#233;ation des hommes ou des &#233;toiles : Dieu, avec un geste, le sourcil fronc&#233;, un doigt qui montre un lieu et l&#224; est l'homme, l&#224; est Jupiter, l&#224; est la r&#233;volution ! Ce &#034;cr&#233;ationnisme r&#233;volutionnaire&#034; soutenu avec une ardeur religieuse m&#234;me par les ath&#233;es - qui &#224; la place de Dieu installent l'Histoire avec un H majuscule, bien h&#233;gelienne - contraste avec l'analyse marxiste des r&#233;volutions qui &#224; partir de Marx, Engels et L&#233;nine ont toujours &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;es comme des processus et jamais comme des &#233;clairs divins qui, un jour tranquille, tournent irr&#233;m&#233;diablement une page de l'histoire. Poursuivant l'analogie inspir&#233;e par la Chapelle Sixtine, on pourrait dire que contre le &#034;cr&#233;ationnisme r&#233;volutionnaire&#034;, expression d'un id&#233;alisme r&#233;siduel profond&#233;ment anti-mat&#233;rialiste, s'impose le &#034;darwinisme r&#233;volutionnaire&#034;, c'est-&#224;-dire une r&#233;volution con&#231;ue comme un processus continu et &#233;volutif de changements et r&#233;formes &#233;conomiques, sociaux, culturels et politiques qui aboutit &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau type historique de soci&#233;t&#233;. En d'autres termes, la r&#233;volution est une longue construction dans le temps, o&#249; la lutte de classe est exacerb&#233;e jusqu'&#224; l'inimaginable. Un processus qui remet en cause le d&#233;terminisme triomphaliste des &#034;cr&#233;ationnistes&#034; et qui a toujours une fin ouverte, car chaque r&#233;volution porte en son sein les germes de la contre-r&#233;volution, qui ne peut &#234;tre neutralis&#233;e que par la conscience et l'organisation des forces r&#233;volutionnaires. Ce serait la conception s&#233;culi&#232;re et darwinienne - c'est-&#224;-dire marxiste - de la r&#233;volution, et non th&#233;ologique. Et ce n'est pas trop, anticipant mes critiques habituels, de se rappeler que ce n'est pas par hasard que Marx a d&#233;di&#233; le premier volume de Capital &#224; Charles Darwin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;volutions sociales sont donc des processus acc&#233;l&#233;r&#233;s de changement dans la structure et aussi, ne l'oublions pas, dans la superstructure culturelle et politique des soci&#233;t&#233;s. Des processus difficiles, jamais lin&#233;aires, toujours soumis &#224; d'&#233;normes pressions et devant faire face &#224; d'immenses obstacles de la part des forces int&#233;rieures mais surtout de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, gardien supr&#234;me de l'ordre capitaliste international. Cela s'est produit avec la Grande R&#233;volution d'Octobre puis avec les r&#233;volutions en Chine, au Vietnam, &#224; Cuba, au Nicaragua, en Afrique du Sud, en Indon&#233;sie, en Cor&#233;e. L'image vulgaris&#233;e, malheureusement dominante dans une grande partie des militants et de l'intellectualit&#233; de la gauche, d'une r&#233;volution comme une fl&#232;che s'&#233;levant en ligne droite vers le ciel du socialisme est d'une grande beaut&#233; po&#233;tique mais n'a rien &#224; voir avec la r&#233;alit&#233;. Les r&#233;volutions sont des processus dans lesquels les confrontations sociales acqui&#232;rent une brutalit&#233; singuli&#232;re parce que les classes et les institutions qui d&#233;fendent l'ordre ancien font feu de tout bois pour avorter ou noyer dans leur berceau les sujets sociaux porteurs de la nouvelle soci&#233;t&#233;. La violence est impos&#233;e par ceux qui d&#233;fendent un ordre social fondamentalement injuste et non par ceux qui luttent pour se lib&#233;rer de leurs cha&#238;nes. Nous le constatons aujourd'hui au Venezuela, &#224; Cuba et dans tant d'autres pays de Notre Am&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela dit, quelle a &#233;t&#233; ma r&#233;ponse &#224; mes interlocuteurs ? Oui, il y a une r&#233;volution en cours au Venezuela et la meilleure preuve en est que les forces de la contre-r&#233;volution se sont d&#233;cha&#238;n&#233;es dans ce pays avec une intensit&#233; inhabituelle. Une v&#233;ritable temp&#234;te d'agressions et d'attaques de toutes sortes, qui ne peut &#234;tre comprise que comme la r&#233;ponse dialectique &#224; la pr&#233;sence d'une r&#233;volution dans le processus de construction, avec ses contradictions in&#233;vitables. C'est pourquoi un test infaillible pour savoir si un processus r&#233;volutionnaire est en cours dans un pays est fourni par l'existence de la contre-r&#233;volution, c'est-&#224;-dire d'une attaque, ouverte ou cach&#233;e, plus ou moins violente selon les cas, destin&#233;e &#224; d&#233;truire un processus que certains &#034;docteurs &#232;s r&#233;volution&#034; consid&#232;rent inoffensif, r&#233;formiste ou m&#234;me pas. Mais les sujets de la contre-r&#233;volution et de l'imp&#233;rialisme, comme leur grand chef d'orchestre, ne commettent pas de telles erreurs grossi&#232;res et avec un certain instinct ils essaient par tous les moyens de mettre un terme &#224; ce processus car ils savent tr&#232;s bien que, une fois franchie une mince ligne sans retour, le r&#233;tablissement de l'ancien ordre avec ses exactions, privil&#232;ges et pr&#233;rogatives serait impossible. Ils ont appris de ce qui s'est pass&#233; &#224; Cuba et ils ne veulent pas prendre le moindre risque. La r&#233;volution est-elle toujours inachev&#233;e au Venezuela ? Sans aucun doute. Elle fait face &#224; des d&#233;fis tr&#232;s s&#233;rieux en raison des pressions de l'imp&#233;rialisme et de ses propres faiblesses, du cancer de la corruption ou de certaines politiques gouvernementales mal con&#231;ues et mal ex&#233;cut&#233;es ? Sans aucun doute. Mais c'est un processus r&#233;volutionnaire qui tend vers une fin inacceptable pour la droite et l'imp&#233;rialisme, et c'est pourquoi il est combattu avec fureur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Colombie, par contre, les forces de la contre-r&#233;volution agissent de concert avec le gouvernement pour tenter d'&#233;craser la r&#233;volution naissante qui fr&#233;mit de l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re. Ces forces visent-elles &#224; renverser les gouvernements du Honduras, du Guatemala, du P&#233;rou, du Chili, de l'Argentine, du Br&#233;sil ? Non, parce que dans ces pays il n'y a pas de gouvernements r&#233;volutionnaires et donc l'empire et ses pions ne m&#233;nagent pas leurs efforts pour soutenir ces gouvernements lamentables. Ils attaquent le Venezuela ?. Oui, et aussi durement que possible, en appliquant chacune des recettes des guerres de cinqui&#232;me g&#233;n&#233;ration, parce qu'ils savent qu'une r&#233;volution s'y d&#233;roule. Et pourquoi tant de col&#232;re contre le gouvernement de Nicolas Maduro ? Facile : parce que le Venezuela poss&#232;de la plus grande r&#233;serve de p&#233;trole de la plan&#232;te et est, avec le Mexique, l'un des deux pays les plus importants au monde pour les Etats-Unis, m&#234;me si ses diplomates, son acad&#233;mie et ses &#034;paniaguados&#034; des m&#233;dias rejettent avec moquerie cet argument. C'est fatigant de les combattre parce que ces gens remplissent simplement le r&#244;le qui leur est assign&#233; et pour lequel ils sont g&#233;n&#233;reusement r&#233;compens&#233;s. Le Venezuela a plus de p&#233;trole que l'Arabie Saoudite, et beaucoup plus d'eau, de min&#233;raux strat&#233;giques et de biodiversit&#233;. Et tout cela &#224; trois ou quatre jours de navigation des ports am&#233;ricains. Et le Mexique a aussi du p&#233;trole, de l'eau (surtout au Chiapas), de grandes r&#233;serves de min&#233;raux strat&#233;giques et, comme si cela ne suffisait pas, c'est un pays frontalier avec les &#201;tats-Unis. Un empire qui se croit imprenable parce qu'il est prot&#233;g&#233; par deux grands oc&#233;ans mais qui se sent vuln&#233;rable par le sud, o&#249; une longue fronti&#232;re de 3169 kilom&#232;tres est son talon d'Achille irr&#233;m&#233;diable qui le place face &#224; une Am&#233;rique latine en perp&#233;tuelle fermentation politique en qu&#234;te de sa seconde et d&#233;finitive ind&#233;pendance. D'o&#249; l'importance absolument exceptionnelle que rev&#234;tent ces deux pays, une question qui est incompr&#233;hensiblement sous-estim&#233;e, m&#234;me par la gauche. Et Cuba ? Comment expliquer les plus de soixante ans de harc&#232;lement contre cette &#238;le rebelle h&#233;ro&#239;que ? Parce que depuis 1783, John Adams, deuxi&#232;me pr&#233;sident des Etats-Unis, affirmait dans une lettre de Londres (o&#249; il avait &#233;t&#233; envoy&#233; pour r&#233;tablir des liens commerciaux avec le Royaume-Uni) qu'&#233;tant donn&#233; le grand nombre de colonies que la Couronne britannique poss&#233;dait dans les Cara&#239;bes, Cuba devait &#234;tre annex&#233;e sans plus attendre afin de contr&#244;ler la porte d'entr&#233;e au bassin des Cara&#239;bes. Cuba, enclave g&#233;opolitique exceptionnelle, est une vieille et maladive obsession am&#233;ricaine qui commence bien avant le triomphe de la R&#233;volution cubaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'offensive contre-r&#233;volutionnaire ne s'arr&#234;te pas dans les trois pays mentionn&#233;s ci-dessus. C'est aussi contre le gouvernement d'Evo Morales en Bolivie, qui a r&#233;alis&#233; une prodigieuse transformation &#233;conomique, sociale, culturelle et politique, faisant de l'un des trois pays les plus pauvres de l'h&#233;misph&#232;re occidental (avec Ha&#239;ti et le Nicaragua) l'un des plus prosp&#232;res de la r&#233;gion, selon des organisations comme la CEPAL, la Banque mondiale et la presse financi&#232;re mondiale. Il a repris le contr&#244;le de ses richesses naturelles, a sorti des millions de personnes de l'extr&#234;me pauvret&#233; et il l'a fait avec Evo Morales, membre d'un de ces groupes ethniques autochtones qui est devenu pr&#233;sident, un exploit historique sans pareil dans cette partie du monde. Et le Nicaragua est aussi dans la ligne de mire, parce que peu importe le nombre de d&#233;fauts ou d'erreurs que peut avoir la r&#233;volution sandiniste, la simple pr&#233;sence d'un gouvernement qui ne veut pas s'agenouiller devant le Caligula am&#233;ricain (comme le font Macri, Bolsonaro, Duque et compagnie) est plus que suffisante pour d&#233;cha&#238;ner les furies de l'enfer contre son gouvernement. Et, en outre, il y a la question cruciale - en termes g&#233;opolitiques - du nouveau canal inter-oc&#233;anique que les Chinois pourraient construire et qui constitue un v&#233;ritable crachat sur le visage de ceux qui se sont empar&#233;s &#224; nouveau du canal de Panama et l'ont satur&#233;, une fois encore, de bases militaires pr&#234;tes &#224; semer la mort et la destruction dans nos pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je termine en rappelant une phrase sage de Fidel quand il a dit que &#034; la principale erreur que nous avons faite &#224; Cuba a &#233;t&#233; de croire qu'il y avait quelqu'un qui savait comment faire une r&#233;volution &#034;. Il n'y a pas de manuel ou de livre de recettes. Il s'agit de processus continus. Il est n&#233;cessaire de fixer nos regards non seulement sur le moment pr&#233;sent, sur la foudre d&#233;concertante de la situation qui accable aujourd'hui le Venezuela, mais aussi de visualiser la direction du mouvement historique et de prendre en compte toutes ses contradictions. Ce faisant, il ne fait aucun doute que le Venezuela est au milieu d'un processus r&#233;volutionnaire convuls&#233; qui, esp&#233;rons-le, et &#034;pour le bien de tous&#034;, comme l'a dit Mart&#237;, finira par l'emporter sur les forces de l'empire et la r&#233;action. Notre Am&#233;rique a besoin de cette victoire. Tout effort pour faciliter un r&#233;sultat aussi heureux sera bienvenu&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Traduit avec l'aide de &lt;a href=&#034;http://www.DeepL.com/Translator&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.DeepL.com/Translator&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article de Atilio Boron paru sur son propre site, dans rebelion.org, telesurtv.net et legransoir.info entre autres...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La construction d'une coalition de gauche progresse en Ha&#239;ti</title>
		<link>http://www.acca.1901.org/spip.php?article76</link>
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		<dc:date>2019-05-03T07:11:17Z</dc:date>
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		<dc:creator>Acca</dc:creator>



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&lt;p&gt;Bref rapport sur la situation actuelle en Ha&#239;ti qui reste tr&#232;s explosive avec le gouvernement de Jovenel Mo&#239;se qui ne peut gouverner et un divorce total entre les institutions &#233;tatiques et la population. par Camille Chalmers&lt;br class='autobr' /&gt;
Jovenel Mo&#239;se poursuit la mise en &#339;uvre de politiques n&#233;olib&#233;rales agressives, confirm&#233;es par un r&#233;cent accord sign&#233; avec le FMI en f&#233;vrier 2019 pour obtenir un pr&#234;t de 229 millions de dollars sur 3 ans. Il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; de privatiser le secteur de l'&#233;nergie et l'approvisionnement (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bref rapport sur la situation actuelle en Ha&#239;ti qui reste tr&#232;s explosive avec le gouvernement de Jovenel Mo&#239;se qui ne peut gouverner et un divorce total entre les institutions &#233;tatiques et la population.&lt;br class='autobr' /&gt;
par Camille Chalmers&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jovenel Mo&#239;se poursuit la mise en &#339;uvre de politiques n&#233;olib&#233;rales agressives, confirm&#233;es par un r&#233;cent accord sign&#233; avec le FMI en f&#233;vrier 2019 pour obtenir un pr&#234;t de 229 millions de dollars sur 3 ans. Il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; de privatiser le secteur de l'&#233;nergie et l'approvisionnement en hydrocarbures apr&#232;s la cl&#244;ture de l'accord Petrocaribe. Il est &#224; noter que cet accord avec le FMI a &#233;t&#233; sign&#233; imm&#233;diatement apr&#232;s le vote d'Ha&#239;ti contre la r&#233;volution bolivarienne &#224; l'OEA. Le budget du gouvernement continue avec les m&#234;mes tendances de r&#233;pression fiscale antipopulaire. Toujours dans une d&#233;cision honteuse qui a suscit&#233; l'indignation g&#233;n&#233;rale de la jeune population, Moise a d&#233;cid&#233; de voter contre Nicol&#225;s Maduro &#224; plusieurs reprises &#224; l'OEA et a reconnu le &#034;gouvernement&#034; fantoche et ill&#233;gal de Juan Guaid&#243;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Coordonn&#233; par le d&#233;partement d'&#201;tat, Ha&#239;ti a vendu au Qatar la dette de 4,2 milliards que nous avons contract&#233;e aupr&#232;s du gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien. On soup&#231;onne que le gouvernement du Qatar, avec cette op&#233;ration, verse un volume important d'argent &#224; Juan Guaid&#243; et qu'il a obtenu du gouvernement ha&#239;tien des promesses peu claires pour le contr&#244;le de certaines ressources strat&#233;giques. Les Etats-Unis utilisent le gouvernement de Jovenel Moise comme cheval de Troie pour briser la CARICOM et intensifier le processus de recolonisation des &#238;les des Cara&#239;bes dans le but strat&#233;gique de d&#233;truire la r&#233;volution cubaine, de renverser le gouvernement bolivarien et de prendre le contr&#244;le des &#233;normes ressources strat&#233;giques de la Grande Cara&#239;be.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant quelques semaines, la situation est devenue tr&#232;s tendue avec une activit&#233; permanente des gangs dans les quartiers populaires et un foyer de r&#233;bellion install&#233; par un des chefs de ces gangs - Arnel - dans la r&#233;gion de l'Artibonite. Nous venons d'apprendre qu'Arnel prenait avec les armes la caserne de la commune appel&#233;e Petite Rivi&#232;re de l'Artibnite. Cette activit&#233; de gang est associ&#233;e &#224; des &#233;pisodes de massacres contre les principaux quartiers populaires de la capitale (la salin, cit&#233; sol&#232;y, Canaan, Gran Ravin... etc).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Actuellement, le pr&#233;sident tente d'obtenir la nomination d'un nouveau premier ministre totalement contr&#244;l&#233; par le clan PHTK (Jean Michel Lapin) et tente, avec le ferme soutien de l'imp&#233;rialisme yankee, de convaincre certains secteurs de la social-d&#233;mocratie de participer &#224; ce gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les forces populaires, nous construisons une nouvelle coalition de forces de gauche qui regroupe 6 structures politiques : GRML, AKAO, KONTRAPEPLA, RASIN Kan P&#232;p La, Ayiti Djanm, BOURAD. Depuis f&#233;vrier, nous avons tenu 13 r&#233;unions avec un processus positif de rapprochement - encore fragile - mais qui suscite de nombreux espoirs d'avancer dans la construction d'un front unitaire de forces de gauche qui est le seul moyen de changer la corr&#233;lation des forces dans notre terrain politique. Nous avons publi&#233; deux d&#233;clarations sur la crise qui ont &#233;t&#233; bien accueillies par la population.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au niveau tactique, nous entamons des conversations avec d'autres secteurs politiques afin de ralentir le processus de n&#233;gociation dans le contexte de la formation d'un nouveau gouvernement. Nous voulons maintenir l'exigence fondamentale des secteurs populaires de la d&#233;mission du Pr&#233;sident et de la dissolution du Parlement. Il est vital d'y parvenir et d'avancer vers la formation d'un gouvernement de transition. Nous pensons que les forces politiques de centre droit et social-d&#233;mocrate telles que : OPL, Fusion, MOKRENA, Ayisyen pou Ayiti, Verite, Veye yo, T&#232;t ansanm, MOPOD, Fanmi Lavalas, Pitit Desalin seront d'accord avec cet objectif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est vital pour les forces populaires et le r&#233;tablissement de la d&#233;mocratie en Ha&#239;ti :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1) Briser le monopole de toutes les structures de pouvoir de l'Etat par le clan d'extr&#234;me droite autour du parti PHTK et de ses alli&#233;s, command&#233; par les Etats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2) Emp&#234;cher les prochaines &#233;lections d'ouvrir l'espace pour la restauration d'un n&#233;o-duvalierisme. Le fils de Jean Claude Duvalier - Nicolas Duvalier) a entam&#233; une campagne pr&#233;sidentielle agressive, avec le m&#234;me soutien que lors d'une autre &#233;lection qui a &#233;lu des candidats d'extr&#234;me droite, au Br&#233;sil, en Espagne...etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3) Emp&#234;cher le Parlement actuel, totalement contr&#244;l&#233; par l'imp&#233;rialisme et le clan PHTK, d'adopter des r&#233;formes dans le texte de la Constitution qui signifieraient la destruction de tous les acquis d&#233;mocratiques des 30 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4) Dans la p&#233;riode de transition, nous devons changer radicalement le syst&#232;me &#233;lectoral qui est sous le contr&#244;le de l'imp&#233;rialisme, du PHTK, de certaines familles de l'oligarchie et des trafiquants de drogue. Ils se pr&#233;parent &#224; clore le jeu &#233;lectoral &#224; leur profit exclusif pour un contr&#244;le total de la vie politique du pays pour les 40 prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5) Arr&#234;ter le processus d'accaparement des terres historiquement occup&#233;es par les paysans qui cherchent &#224; transf&#233;rer leurs terres &#224; des soci&#233;t&#233;s transnationales et &#224; de grandes soci&#233;t&#233;s ha&#239;tiennes. Ces transferts visent &#224; consolider les secteurs suivants : Zones franches pour l'exportation de produits textiles vers le march&#233; am&#233;ricain, industries exploitant des ressources mini&#232;res m&#233;talliques, tourisme commercial, agro-industries pour l'exportation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous pensons que dans la situation actuelle, il est possible de construire une large alliance pour freiner les plans des groupes dominants en Ha&#239;ti.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Camille Chalmers&lt;/p&gt; &lt;p&gt;source : &lt;a href=&#034;http://www.resumenlatinoamericano.org/2019/04/27/haiti-avanza-la-construccion-de-una-coalicion-de-izquierda/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;resumenlatinoamericano.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Traduit avec &lt;a href=&#034;http://www.DeepL.com/Translator&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.DeepL.com/Translator&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Br&#233;sil de Bolsonaro et les relations internationales </title>
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		<dc:date>2018-11-23T16:11:35Z</dc:date>
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&lt;p&gt;L'&#233;lection de Jair Bolsonaro &#224; la t&#234;te du Br&#233;sil impliquera s&#251;rement un alignement avec Washington, un rapprochement avec Isra&#235;l et un coup d'arr&#234;t aux relations Sud-Sud, selon le journaliste Romain Migus, install&#233; en Am&#233;rique latine depuis 2005.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a y est. &#171; Ele fue eleito presidente &#187;. Il est &#233;lu. Lui, c'est Jair Messias Bolsonaro, le nouveau pr&#233;sident du Br&#233;sil. Ces derniers jours, impossible d'&#233;chapper aux diff&#233;rents commentaires &#8211; g&#233;n&#233;ralement d'indignation &#8211; qui accompagnent le r&#233;sultat des &#233;lections (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique22" rel="directory"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'&#233;lection de Jair Bolsonaro &#224; la t&#234;te du Br&#233;sil impliquera s&#251;rement un alignement avec Washington, un rapprochement avec Isra&#235;l et un coup d'arr&#234;t aux relations Sud-Sud, selon le journaliste Romain Migus, install&#233; en Am&#233;rique latine depuis 2005.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a y est. &#171; Ele fue eleito presidente &#187;. Il est &#233;lu. Lui, c'est Jair Messias Bolsonaro, le nouveau pr&#233;sident du Br&#233;sil. Ces derniers jours, impossible d'&#233;chapper aux diff&#233;rents commentaires &#8211; g&#233;n&#233;ralement d'indignation &#8211; qui accompagnent le r&#233;sultat des &#233;lections pr&#233;sidentielles dans la 8e puissance mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette effervescence m&#233;diatique autour du nouveau pr&#233;sident br&#233;silien s'explique par deux ph&#233;nom&#232;nes. D'une part, elle est en partie motiv&#233;e par la d&#233;ferlante actuelle de nouveaux acteurs populistes conservateurs sur la sc&#232;ne politique occidentale. Jair Bolsonaro viendrait en effet confirmer une tendance actuelle &#224; la contestation apparente d'un ordre politique qui allait de soi, il y a encore quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autre part, le retentissement de l'&#233;lection de cet homme politique, aux d&#233;clarations aussi violentes que controvers&#233;es, est aussi d&#251; au poids que repr&#233;sente ce pays-continent au niveau international. Or qu'en est-il vraiment ? La marche du monde va-t-elle &#234;tre boulevers&#233;e par l'accession au pouvoir de Jair Bolsonaro ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que change l'arriv&#233;e de Jair Bolsonaro au pouvoir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Durant la premi&#232;re d&#233;cennie du XXIe si&#232;cle, l'Am&#233;rique Latine s'&#233;tait dot&#233;e d'organismes supranationaux dont le but &#233;tait de renforcer l'int&#233;gration et la coop&#233;ration entre les pays latino-am&#233;ricains. Une vision ind&#233;pendante qui permettait de b&#226;tir des solutions communes hors de l'ing&#233;rence de Washington. La construction d'un monde multipolaire, et l'&#233;dification d'une diplomatie Sud-Sud visant &#224; l'&#233;laboration de politiques conjointes en mati&#232;re de finances, de d&#233;veloppement, d'agriculture, d'&#233;nergie et de commerce, ont &#233;t&#233; l'horizon commun de la plupart des pays latino-am&#233;ricains durant la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente. Durant cette p&#233;riode, le Br&#233;sil de Lula a jou&#233; un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans la construction de l'Union des nations sud-am&#233;ricaines (Unasur), de la Communaut&#233; d'Etats latino-am&#233;ricains et carib&#233;ens (Celac), ou encore du forum bi-r&#233;gional Am&#233;rique du Sud-Afrique (ASA), qui regroupait 55 pays d'Afrique et 12 d'Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce panorama r&#233;gional &#233;tait d&#233;j&#224; largement &#233;corn&#233; avant l'&#233;lection de Jair Bolsonaro. Sous les coups de butoir d'une droite d&#233;complex&#233;e, qui a rong&#233; son frein pendant une d&#233;cennie, l'Unasur traverse une crise sans pr&#233;c&#233;dent. Six pays sur les douze qui la composent (dont le Br&#233;sil) ont fait conna&#238;tre leur souhait de suspendre leur participation &#224; cet organisme. Quand au Forum ASA, il est au point mort et n'a plus tenu de r&#233;union pl&#233;ni&#232;re depuis 2013.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt; Son &#233;lection mettra un coup d'arr&#234;t aux organismes de coop&#233;ration r&#233;gionale ainsi qu'&#224; la dynamique des relations Sud-Sud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment en est-on arriv&#233; l&#224; ? Les raisons sont avant tout politiques. L'arriv&#233;e au pouvoir de plusieurs gouvernements de droite a chang&#233; la donne. Ces gouvernements, dont la ligne politico-&#233;conomique renoue avec le n&#233;olib&#233;ralisme, pr&#233;f&#232;rent &#233;tablir des trait&#233;s &#233;conomiques bilat&#233;raux ou des accords commerciaux r&#233;gionaux &#8211; comme l'Alliance du Pacifique rassemblant le Chili, le P&#233;rou, la Colombie et le Mexique &#8211; plut&#244;t que de parier sur la coop&#233;ration comme moteur du d&#233;veloppement r&#233;gional. Jair Bolsonaro s'ins&#232;re dans cette dynamique et il y a fort &#224; parier que son &#233;lection mettra un coup d'arr&#234;t aux organismes de coop&#233;ration r&#233;gionale, ainsi qu'&#224; la dynamique des relations Sud-Sud.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me s'il existe, pour l'instant, plus d'indices que de propositions programmatiques chez le nouveau pr&#233;sident br&#233;silien, on peut d'ores et d&#233;j&#224; d&#233;celer une certaine coh&#233;rence entre son programme &#233;conomique ultra-lib&#233;ral et sa vision internationale. Tout comme il rejette toute r&#233;gulation de l'&#233;conomie par les secteurs &#233;tatiques, il n'acceptera aucune contrainte internationale qui pourrait aller &#224; l'encontre de la r&#233;alisation de son projet politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est dans cette optique qu'il faut comprendre sa position par rapport &#224; l'Accord de Paris. Jair Bolsonaro a r&#233;affirm&#233; qu'il n'en sortirait pas &#224; la condition qu'aucune contrainte &#233;cologique ext&#233;rieure n'entrave son projet de d&#233;veloppement de l'agro-industrie, de l'&#233;levage intensif et de l'industrie mini&#232;re dans la r&#233;gion amazonienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui est choquant n'est pas tant la r&#233;affirmation de la souverainet&#233; br&#233;silienne sur les 3/5e de la for&#234;t amazonienne, que son projet politique et &#233;conomique aux antipodes des pr&#233;occupations &#233;cologiques internationales. Le futur nous dira qui gagnera ce bras de fer. L'Accord de Paris r&#233;sistera-t-il &#224; la sortie du Br&#233;sil apr&#232;s celle des Etats-Unis ? Ou tout sera-t-il fait pour &#233;viter une sortie du g&#233;ant sud-am&#233;ricain ? La r&#233;ponse semble d&#233;j&#224; faire partie de la question.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les positions de Jair Bolsonaro nous rappellent surtout qu'aucun trait&#233; ou organisme international ne r&#233;ussit &#224; s'imposer aux choix politiques et &#233;conomiques d'une nation souveraine, si d&#233;testables qu'ils puissent nous para&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il en a &#233;t&#233; de m&#234;me par le pass&#233; lorsque les gouvernements de gauche d'Am&#233;rique latine ont fait capoter l'Accord de libre-&#233;change pour les Am&#233;riques ou lorsque le Venezuela d&#233;cida de se retirer de la Communaut&#233; andine des nations, sans que le ciel ne lui tombe sur la t&#234;te. En dernier lieu, le d&#233;positaire de la souverainet&#233; reste le peuple et son expression &#233;lectorale. A moins de remettre en cause le principe de d&#233;mocratie repr&#233;sentative, mais ceci est un autre sujet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relations ambigu&#235;s avec la Chine &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelle peut &#234;tre la marge de man&#339;uvre du nouveau pr&#233;sident br&#233;silien face &#224; la Chine ? Durant sa campagne, Jair Bolsonaro a multipli&#233; les d&#233;clarations hostiles et provocantes contre la grande nation asiatique. Sa volont&#233; de s'aligner sur la diplomatie de Washington pourrait laisser penser qu'un virage diplomatique drastique pourrait &#234;tre op&#233;r&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Jair Bolsonaro a multipli&#233; les d&#233;clarations hostiles et provocantes contre la grande nation asiatique&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N&#233;anmoins, la r&#233;alit&#233; des liens entre la Chine et le Br&#233;sil devrait pousser le nouveau chef d'&#201;tat &#224; une position plus pragmatique, surtout &#224; court et moyen terme, le mandat pr&#233;sidentiel ne durant que quatre ans. En effet, 54 milliards de dollars ont &#233;t&#233; investis par les Chinois sur une centaine de projets de 2003 &#224; 2018. Le gouvernement non &#233;lu de Michel Temer, peu suspect de sympathie pour le communisme ou le monde multipolaire a, sur la seule ann&#233;e 2017, port&#233; les investissements du g&#233;ant asiatique &#224; 10,8 milliards de dollars. Ni les &#201;tats-Unis, ni l'Europe n'&#233;tant en mesure de constituer une alternative cr&#233;dible &#224; cet investissement massif, les relations de Brasilia avec Beijing devront se faire sous l'angle du pragmatisme &#233;conomique et non de l'id&#233;ologie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me si le Br&#233;sil pourra restreindre certains investissements chinois, tourner le dos aux BRICS ou &#224; la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures, dont le Br&#233;sil fait partie, reste peu probable sinon suicidaire pour son &#233;conomie. De m&#234;me, il ne semble pas vraisemblable que le Br&#233;sil s'isole du projet de Nouvelle route de la soie en Am&#233;rique Latine, n&#233;goci&#233; au sein du Forum Celac-Chine, laissant ainsi des concurrents r&#233;gionaux profiter des avantages tir&#233;s de tels accords.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qui plus est, si les exportations br&#233;siliennes vers la Chine repr&#233;sentaient &#224; peine 2% avant l'arriv&#233;e de Lula au pouvoir, elles totalisent en 2018, 26% du total des exportations, principalement dans le domaine de l'agro-business, l'un des piliers du soutien au nouveau pr&#233;sident br&#233;silien. Si le Br&#233;sil est en droit de diversifier les pays o&#249; il exporte, via l'accord Union europ&#233;enne-Mercosur, par exemple, le march&#233; chinois apporte un d&#233;bouch&#233; bien plus s&#251;r et stable pour ses produits que ne pourrait l'&#234;tre l'Europe ou les Etats-Unis, r&#233;gions du monde o&#249; commence &#224; s'agiter l'&#233;tendard du protectionnisme &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Venezuela&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'un des th&#232;mes r&#233;currents de la campagne de Bolsonaro a &#233;t&#233; le Venezuela. Rien d'&#233;tonnant. Depuis quelques ann&#233;es, le pays bolivarien s'invite en guest-star de nombreux processus &#233;lectoraux &#224; travers le monde. Du Chili &#224; l'Espagne en passant par l'Argentine, la France et m&#234;me les Etats-Unis, une campagne &#233;lectorale ne semble pas &#234;tre aboutie sans qu'une r&#233;f&#233;rence au mod&#232;le chaviste soit utilis&#233;e par les candidats de droite pour stigmatiser leurs adversaires politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jair Bolsonaro n'a pas fait exception &#224; cette r&#232;gle, vocif&#233;rant tout au long de la campagne qu'il mettrait tout en &#339;uvre pour que &#171; le Br&#233;sil ne devienne pas un autre Venezuela &#187;. Nul doute que le nouveau pr&#233;sident br&#233;silien augmentera la pression politique et diplomatique contre son voisin. L'&#233;change t&#233;l&#233;phonique entre Mike Pompeo et le nouveau pr&#233;sident du Br&#233;sil au lendemain de son &#233;lection va dans ce sens. Le secr&#233;taire d'Etat &#233;tasunien ayant &#233;voqu&#233; une n&#233;cessaire coordination entre les deux pays sur la question du Venezuela.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Le Venezuela deviendra un argument de change dans les relations qu'entretiendra Jair Bolsonaro et son &#233;quipe avec l'administration Trump, fervent opposant au gouvernement de Nicolas Maduro&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce contexte, comment interpr&#233;ter les d&#233;clarations de certains proches du nouveau pr&#233;sident ? Son fils Eduardo, ainsi que le g&#233;n&#233;ral Augusto Heleno y Luiz Philippe de Orleans, pressentis pour occuper respectivement le minist&#232;re de la D&#233;fense et celui des Affaires &#233;trang&#232;res ont laiss&#233; entendre qu'une intervention militaire contre le pays bolivarien n'&#233;tait pas &#224; exclure. Si Jair Bolsonaro s'est lui m&#234;me d&#233;fendu de toute aventure guerri&#232;re, il para&#238;t &#233;vident que le Venezuela deviendra un argument de change dans les relations qu'entretiendront Jair Bolsonaro et son &#233;quipe avec l'administration Trump, fervent opposant au gouvernement de Nicolas Maduro.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut aussi se rappeler que l'Etat du Roraima, frontalier avec le Venezuela, est aliment&#233; en &#233;lectricit&#233; par le pays bolivarien. Dans un conflit aggrav&#233;, le Venezuela disposerait donc de la possibilit&#233; de rationner cet approvisionnement et de g&#233;n&#233;rer une situation chaotique dans un Etat d&#233;sormais gouvern&#233; par Antonio Denarium, un partisan du pr&#233;sident &#233;lu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une intervention du Br&#233;sil en terres bolivariennes aurait des r&#233;percussions sur tout le continent. Non seulement le Venezuela compte sur des soutiens diplomatiques ou militaires de poids (russes, chinois et cubains) mais la nouvelle doctrine militaire de ce pays, &#233;labor&#233;e d&#232;s 2005, mise sur une strat&#233;gie adapt&#233;e aux conflits non conventionnels et &#224; la guerre de quatri&#232;me g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Agresser le Venezuela reviendrait &#224; cr&#233;er une poudri&#232;re r&#233;gionale et un bourbier militaire qui s'&#233;tendrait sur plusieurs ann&#233;es. Pas s&#251;r que le Br&#233;sil sorte vainqueur d'un tel affrontement ni que Bolsonaro y gagne en popularit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Isra&#235;l et le Proche Orient&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jair Bolsonaro entretient des liens politiques et religieux tr&#232;s fort avec Isra&#235;l et s'est m&#234;me fait baptiser dans les eaux du Jourdain. Il a plusieurs fois rappel&#233; son attachement &#224; la &#171; d&#233;mocratie isra&#233;lienne &#187; qu'il consid&#232;re comme un exemple &#224; suivre. Ce faisant, il se d&#233;marque de la politique ext&#233;rieure du PT qui avait reconnu l'Etat de Palestine et rappel&#233; son ambassadeur en Isra&#235;l pour protester contre l'op&#233;ration Bordure Protectrice en 2014.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, le gouvernement de Dilma Roussef s'&#233;tait oppos&#233; &#224; la nomination de Dani Dayan comme ambassadeur de Tel Aviv au Br&#233;sil. Motif invoqu&#233; : alors que le gouvernement br&#233;silien d&#233;non&#231;ait l'occupation de la Palestine, Dani Dayan, membre du parti extr&#233;miste Foyer Juif, et ancien pr&#233;sident du conseil de Yesha, qui repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts des colons isra&#233;liens, pouvait perturber les relations entre les deux pays. Une campagne de soutien au diplomate isra&#233;lien avait &#233;t&#233; orchestr&#233; par la d&#233;put&#233;e Geovania da S&#233;, membre du groupe parlementaire &#233;vang&#233;liste &#224; l'assembl&#233;e br&#233;silienne, groupe parlementaire qui comptait parmi ses membres un certain Jair Bolsonaro.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt; Le Br&#233;sil de Bolsonaro deviendra sans aucun doute l'un des soutiens majeurs de la politique isra&#233;lienne au Proche Orient&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Suivant le mouvement initi&#233; par Donald Trump, ce dernier a annonc&#233; le transfert de l'ambassade br&#233;silienne &#224; J&#233;rusalem et a promis de fermer l'ambassade de l'Etat Palestinien, ouverte en 2016 en d&#233;clarant : &#171; La Palestine est-elle un pays ? La Palestine n'est pas un pays, donc elle ne devrait pas avoir d'ambassade ici &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Br&#233;sil de Bolsonaro deviendra sans aucun doute l'un des soutiens majeurs de la politique isra&#233;lienne au Proche-Orient et d&#233;veloppera certainement des partenariats rapproch&#233;s avec l'Etat d'Isra&#235;l. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bolsonaro au-del&#224; des maux&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le tournant g&#233;opolitique que repr&#233;sente l'&#233;lection de Jair Bolsonaro doit se comprendre dans son contexte r&#233;gional. La direction g&#233;opolitique que prendra la nouvelle &#233;quipe dirigeante devrait peu diff&#233;rer de celle d&#233;j&#224; en vigueur dans les pays latino-am&#233;ricains dirig&#233;s par des gouvernements n&#233;o-lib&#233;raux. En cela, il renforcera cette tendance, qui s'inscrit d&#233;sormais comme un virage continental qui balaie les politiques et les avanc&#233;es r&#233;alis&#233;es par les gouvernements post-lib&#233;raux du d&#233;but du si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au-del&#224; des mots et des maux, l'alignement sur les politiques de Washington dans la r&#233;gion, et un certain pragmatisme par rapport &#224; la Chine, caract&#233;riseront surement le mandat du nouveau pr&#233;sident br&#233;silien, qui, pour mettre en &#339;uvre sa politique autoritaire sur le plan int&#233;rieur ne pourra se payer le luxe d'&#234;tre isol&#233; diplomatiquement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Romain Migus pour &lt;a href=&#034;https://francais.rt.com/opinions/55141-bresil-bolsonaro-relations-internationales-romain-migus&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;RTFrance&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>un texte d'Evo Morales sur la dette et les dettes</title>
		<link>http://www.acca.1901.org/spip.php?article64</link>
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		<dc:date>2018-08-25T11:31:06Z</dc:date>
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		<dc:creator>Acca</dc:creator>



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&lt;p&gt;Moi, Evo Morales, je suis venu ici pour vous rencontrer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ici donc, moi, descendant de ceux qui peuplaient l'Am&#233;rique il y a quarante mille ans, je suis venu &#224; la rencontre de ceux qui l'ont trouv&#233;e il y a seulement cinq cents ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ici, nous nous rencontrons tous. Nous savons ce que nous sommes, et c'est beaucoup.&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, originaire de la noble terre am&#233;ricaine, je d&#233;clare que mon fr&#232;re des douanes europ&#233;ennes me demande du papier &#233;crit avec un visa pour d&#233;couvrir ceux qui m'ont d&#233;couvert.&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, venant (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.acca.1901.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Am&#233;riques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_24 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.acca.1901.org/local/cache-vignettes/L500xH266/evo_dettes1-38671.jpg' width='500' height='266' alt='JPEG - 60.1&#160;ko' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Moi, Evo Morales, je suis venu ici pour vous rencontrer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ici donc, moi, descendant de ceux qui peuplaient l'Am&#233;rique il y a quarante mille ans, je suis venu &#224; la rencontre de ceux qui l'ont trouv&#233;e il y a seulement cinq cents ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ici, nous nous rencontrons tous. Nous savons ce que nous sommes, et c'est beaucoup.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Moi, originaire de la noble terre am&#233;ricaine, je d&#233;clare que mon fr&#232;re des douanes europ&#233;ennes me demande du papier &#233;crit avec un visa pour d&#233;couvrir ceux qui m'ont d&#233;couvert.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Moi, venant de la noble terre am&#233;ricaine, je d&#233;clare que le fr&#232;re usurier europ&#233;en me demande de payer une dette contract&#233;e par Judas, que je n'ai jamais autoris&#233; &#224; me vendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Moi, originaire de la noble terre am&#233;ricaine, je d&#233;clare que le fr&#232;re l&#233;gislateur proc&#233;durier europ&#233;en m'explique que toute dette se paye avec int&#233;r&#234;ts, m&#234;me si pour cela il faut vendre des &#234;tres humains et des pays entiers sans demander leur consentement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'apprends &#224; les conna&#238;tre. Et moi aussi, je peux r&#233;clamer des paiements et des int&#233;r&#234;ts. Dans les Archives des Indes, papier apr&#232;s papier, re&#231;u apr&#232;s re&#231;u et signature apr&#232;s signature, entre 1503 et 1660 seulement, 185 tonnes d'or et 160 mille tonnes d'argent provenant d'Am&#233;rique sont arriv&#233;s &#224; San Lucas de Barrameda.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pillage ? Je ne le croirais pas ! Car ce serait penser que les fr&#232;res chr&#233;tiens ont manqu&#233; &#224; leur septi&#232;me commandement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Spoliation ? Gardez-moi Tanatzin d'imaginer que les Europ&#233;ens, comme Ca&#239;n, tuent et nient le sang de leur fr&#232;re !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;G&#233;nocide ? ce serait donner cr&#233;dit aux calomniateurs, comme Bartolom&#233; de las Casas, qui d&#233;crivent la rencontre comme la destruction des Indes, ou aux ultras comme Arturo Uslar Pietri, qui pr&#233;tend que le d&#233;but du capitalisme et la civilisation europ&#233;enne actuelle r&#233;sultent de l'inondation en m&#233;taux pr&#233;cieux !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, ces 185 tonnes d'or et 160 mille tonnes d'argent doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme le premier de nombreux autres pr&#234;ts amicaux accord&#233;s par l'Am&#233;rique et destin&#233;s au d&#233;veloppement de l'Europe. L'inverse nous ferait pr&#233;sumer l'existence de crimes de guerre, ce qui donnerait non seulement le droit d'exiger le remboursement imm&#233;diat, mais aussi l'indemnisation du pr&#233;judice subi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Moi, Evo Morales, je pr&#233;f&#232;re penser &#224; la moins offensante de ces hypoth&#232;ses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette fabuleuse exportation de capitaux n'&#233;tait que le d&#233;but d'un plan &#034; MARSHALLTESUMA &#034; pour assurer la reconstruction de l'Europe barbare, ruin&#233;e par ses guerres d&#233;plorables contre les cultes musulmans, cr&#233;ateurs de l'alg&#232;bre, de la m&#233;decine, de bains quotidiens et d'autres r&#233;alisations sup&#233;rieures de la civilisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par cons&#233;quent, alors que nous c&#233;l&#233;brons le 500e anniversaire de l'emprunt, nous pouvons nous demander : les fr&#232;res europ&#233;ens ont-ils fait un usage rationnel, responsable ou au moins productif des fonds si g&#233;n&#233;reusement avanc&#233;s par le Fonds international indo-am&#233;ricain ? Nous d&#233;plorons d'avoir &#224; r&#233;pondre non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Strat&#233;giquement, ils l'ont gaspill&#233; dans les batailles de Lepante, dans des Invincibles Armadas, dans des troisi&#232;mes reichs et d'autres formes d'extermination mutuelle, sans autre destin que celui de finir occup&#233; par les troupes yankees de l'OTAN, comme au Panama, mais sans canal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En termes financiers, ils ont &#233;t&#233; incapables, apr&#232;s un moratoire de 500 ans, de rembourser le capital et les int&#233;r&#234;ts, ou de ne plus d&#233;pendre des liquidit&#233;s, des mati&#232;res premi&#232;res et de l'&#233;nergie bon march&#233; que l'ensemble du tiers monde exporte et leur fournit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce tableau d&#233;plorable corrobore l'affirmation de Milton Friedman selon laquelle une &#233;conomie subventionn&#233;e ne peut jamais fonctionner et nous oblige &#224; exiger d'eux, pour leur propre bien, le paiement du capital et des int&#233;r&#234;ts que nous avons si g&#233;n&#233;reusement retard&#233; durant tous ces si&#232;cles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En disant cela, nous disons clairement que nous ne nous abaisserons pas &#224; faire payer &#224; nos fr&#232;res europ&#233;ens les vils et sanguinaires taux d'int&#233;r&#234;t de 20 et m&#234;me 30 pour cent que les fr&#232;res europ&#233;ens font payer aux peuples du Tiers Monde. Nous exigerons simplement le remboursement des m&#233;taux pr&#233;cieux avanc&#233;s, plus le modeste int&#233;r&#234;t fixe de 10 %, accumul&#233; seulement au cours des 300 derni&#232;res ann&#233;es, avec 200 ans de gr&#226;ce.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur cette base, et en appliquant la formule europ&#233;enne des int&#233;r&#234;ts compos&#233;s, nous informons les d&#233;couvreurs qu'ils nous doivent, comme premier paiement de leur dette, une masse de 185 tonnes d'or et 16 mille tonnes d'argent, &#233;lev&#233;s tous deux &#224; la puissance 300.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est-&#224;-dire un nombre dont l'expression totale n&#233;cessiterait plus de 300 chiffres, et qui d&#233;passe de loin le poids total de la plan&#232;te Terre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces masses d'or et d'argent sont tr&#232;s lourdes ; combien p&#232;seraient-elles, calcul&#233;es en sang ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Faire valoir que l'Europe, en un demi-mill&#233;naire, n'a pas &#233;t&#233; capable de g&#233;n&#233;rer suffisamment de richesse pour annuler ce modeste int&#233;r&#234;t serait admettre son &#233;chec financier absolu et/ou l'irrationalit&#233; insens&#233;e des hypoth&#232;ses du capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De telles questions m&#233;taphysiques, bien s&#251;r, ne nous inqui&#232;tent pas, nous les Indo-Am&#233;ricains.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais nous exigeons la signature d'une lettre d'intention pour discipliner les peuples d&#233;biteurs du Vieux Continent et les obliger &#224; remplir leur engagement par le biais d'une privatisation ou d'une reconversion rapide de l'Europe, ce qui leur permettra de nous la livrer toute enti&#232;re, en premier paiement de la dette historique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s le v&#233;cu et le r&#234;ve, le plus important c'est le r&#233;veil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Traduit avec &lt;a href=&#034;http://www.DeepL.com/Translator&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.DeepL.com/Translator&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://insurgente.org/hace-un-ano-evo-morales-pronuncio-unas-palabras-ante-los-jefes-de-estado-de-los-paises-productores-de-petroleo-que-vale-la-pena-recordar/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;lien vers l'article en espagnol&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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